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climat

  • Le réchauffement climatique et la guerre en Syrie

    waronterrorhoax.jpgLes députés dépités s’étant engagés à voter les lois sans les lire, nous voici amenés à nous concentrer sur l’essentiel, décrypter la pensée complexe du Prince, avec pour aujourd'hui un gros morceau : « On ne peut pas lutter contre le terrorisme sans action résolue contre le réchauffement climatique ». Une haute pensée qui me fait flipper grave, à cette époque de consensus war against terrorist. Il va falloir choisir son camp : « Tu es avec nous ou contre nous ». Brrr… Et Hulot en treillis militaire, on va pas s’ennuyer…

    Pour trouver quelques explications, je suis  allé voir du côté de la presse scientifique, et j’ai trouvé Libé parfait pour nous expliquer la guerre en Syrie :

    « De son côté, en 2015, l’Académie des sciences américaine a clairement corrélé la sécheresse syrienne, qui a eu lieu de 2006 à 2009, à la naissance du conflit syrien en mars 2011 contre le régime de Bachar al-Assad, et par ricochet à l’émergence du groupe Etat islamique. Par ailleurs, des experts américains ont conclu, en analysant la carte des territoires victimes de sécheresse et celle des territoires dominés par l’EI, qu’elles étaient quasi identiques.

    « Selon les chercheurs de cette Académie, en provoquant le déplacement de près d’1,5 million de Syriens vers des zones urbaines, la sécheresse a conduit à la hausse des prix des denrées alimentaires et donc à des tensions importantes fragilisant la stabilité de la société et du système politique ».

    Parfait : l’Académie des sciences américaine a clairement tout dit.Libé n'a pas lu l'étude, et n'en donne ni des extraits sérieux, ni les références, mais c'est la guerre, alors pas le temps de finasser.

    Petit problème, j'ai poursuivi ma lecture de la presse scientifique avec Challenges, qui dit presque la même chose, mais en réalité pas du tout :

    « Et pourtant. Dès la fin de l'année 2016, à quelques jours de la tenue de la Cop 21 à Paris, à la fin de l'année 2015, on pouvait lire sur le site du Huffington post (On y trouve l'article qui par de l'étude, mais pas l'étude, si vous le trouvez, ça va nous intéresser, en attendant toute la presse en parle sans la citer), l'Académie américaine des sciences avait publié une étude très sérieuse, établissant un lien entre ce qu'était devenue la Syrie et la crise climatique qui l'avait frappée à compter de 2006. "Au départ, on avait une société agraire assez stable et qui fonctionnait bien. Et puis tout le monde est parti s'installer dans des banlieues où il n'y avait rien pour les accueillir, et le gouvernement n'a rien fait", indiquait alors Mark Cane, l'un des auteurs de l'étude citée par le Huff.

    « L'étude disait que l'engrenage menant à la naissance du terrorisme s'était ainsi enclenché : la sécheresse a fait monter le prix des aliments, du coup elle a aggravé les maladies infantiles liées à la malnutrition, ce qui a engendré des mouvements de population, ce qui contribué encore à l'instabilité politique, le tout finissant par mener la Syrie à la guerre civile. Les islamistes radicaux ont alors saisi cette opportunité et ainsi est né le terrorisme lié à cette mouvance… ».

    J'ai donc puisé dans un autre journal scientifique Le JDD, qui fait référence aux mêmes études « américaines », mais identifie lui le « facteur de stress » qui – le perfide - a fait le lit de Daech.

    « Dans une autre zone géographique, la Syrie, on note aussi le même genre d'effets, avec le long épisode de sécheresse qu'a connu le pays entre 2006 et 2011. Ce phénomène entraîne une perte historique des récoltes et des migrations massives, ce qui déstabilise le pays. Or, c'est sur cette déstabilisation, sur cet Etat failli, que peuvent ensuite prospérer les différents groupes djihadistes. Dans un rapport intitulé The Arab spring and climate change, les chercheurs Francesco Femia et Caitlin Werrel, fondateurs du Center for Climate and Security, vont plus loin en liant émergence de l'Etat islamique et phénomènes de sécheresse. Le changement climatique représenterait ainsi un "facteur de stress", également appelé par les chercheurs "multiplicateur de menaces", dans des régions déstabilisées ».

    Scientifique ? Cette étude The Arab spring and climate change est rédigée par une grande équipe de deux chercheurs, qui gèrent le « Center for American Progress », un groupe de lobby pro-Clinton, sans le moindre lien avec les universités.

    Et puis, enquête « américaine »…. Je regrette que notre brave presse n’ait pas davantage cité le grand scientifique qu’est le prince Charles, publiant des travaux décisifs en 2015 sur le même thème.

    En réalité, ces petits marquis reprennent « La Voix de son Maître », à savoir le si sympatique Obma, qui expliquait lui aussi avoir étudié scientifiquement l’étude scientifique, prouvant que deux degrés de plus – jamais mesurés, mais si on s’arrête à ce genre de détail… – étaient la cause du terrorisme en Syrie :

    « Understand, climate change did not cause the conflicts we see around the world.  Yet what we also know is that severe drought helped to create the instability in Nigeria that was exploited by the terrorist group Boko Haram.  It’s now believed that drought and crop failures and high food prices helped fuel the early unrest in Syria, which descended into civil war in the heart of the Middle East.  So, increasingly, our military and our combatant commands, our services -- including the Coast Guard -- will need to factor climate change into plans and operations, because you need to be ready ».

    Traduction maison :

    « Comprenez, le changement climatique n'a pas causé les conflits que nous voyons à travers le monde. Pourtant, ce que nous savons également, c'est que la sécheresse sévère a contribué à créer l'instabilité au Nigeria qui a été exploitée par le groupe terroriste Boko Haram. On croit maintenant que la sécheresse et les récoltes et les prix élevés de la nourriture ont contribué à alimenter les premiers troubles en Syrie, qui sont descendus dans la guerre civile au cœur du Moyen-Orient. Donc, de plus en plus, nos commandements militaires et nos combattants, nos services - y compris la Garde côtière - devront tenir compte du changement climatique dans les plans et les opérations, car il faut être prêt ».

    Par objectivisme, je dois signaler la rédaction d’Atlantico n’a pas l’air de comprendre, mais c’est normal, ce n’est pas un journal scientifique :

    « Mais il n'est pas à la portée de tout à chacun de le comprendre. Seul un esprit supérieur et complexe peut accéder à la bonne parole supérieure et complexe de notre président. Tel est, en toute modestie, mon cas. Une première hypothèse nous (j'utilise ici le pluriel de majesté avant qu'Emmanuel Macron s'en empare…) vient à l'esprit. Il se peut qu'un des collaborateurs du chef de l'Etat se soit trompé en lui glissant une des deux moutures du discours. La première, la bonne, la plus claire des deux évoquait le réchauffement islamique et le terrorisme climatique. »


    Perso, je me permets de poser une question scientifique : « dans le mesure où le réchauffement climatique est la cause du terrorisme en Syrie, pourquoi larguer des bombes, et pas de l’eau ? »

     

  • Trump quitte sans contrainte l’Accord de Paris… qui n’était pas contraignant !

    Hier soir, en deux minutes, Trump a pu piétiner l’accord de Paris, du 12 décembre 2015, pourtant signé par les Etats-Unis (Amérique du Nord, Territoire indien occupé), sans le moindre risque juridique. Tous les braves gens hurlent et dénoncent, mais pas un ne pose la question : comment est-ce possible, vu que c’est un traité international, ratifié par les États, et ayant force contraignante ? Et bien c’est possible car la réalité juridique est différente : ce n’est pas un traité, et cet accord n’est pas contraignant.

    - Donc, ça a été une mise en scène, pour se fiche de nous

    - Oui, tout à fait...

    - Mais une telle duperie, c’est pas moral…

    - T’as raison, demande à Bayrou d’ajouter ça dans sa loi de moralisation.

    climat,traité,droit international,us

    Un traité contraignant, c’est facile à identifier : après signature par les chefs d’Etat, le texte est ratifié par les Parlements ; sur le plan technique, les termes sont précis, et il est prévu un mécanisme de sanction en cas de manquement. Toutes choses qui n’existent dans l’accord de Paris,… mais impossible de le faire entendre vu la force de la propagande. C’était le leitmotiv dans toute la presse : « La COP21 s’est achevée, samedi au Bourget, par l’adoption d’un texte universel et contraignant pour lutter contre le réchauffement climatique ». Fabius avait fièrement affirmé ce caractère contraignant, versant sa larme attendrie vu cette contribution permanente au bonheur de l’humanité. Il était tout mignon entre Hollande et Ban Ki-moon, pour vanter cet accord « juste, durable, dynamique et juridiquement contraignant ». Du pur enfumage, pour un mec qui alors – rien de moins – visait le Nobel de la Paix.

    On a vu hier ce qu’il en était de la contrainte… CQFD.

    Cet accord n’était pas contraignant : ce n’était pas un Traité, il laissait des objectifs flous, et il ne prévoyait ni mécanisme coercitif, ni sanction pour les pays qui ne respecteraient pas le texte.

    Le protocole de Kyoto, le texte d’origine, demandait que soit mis en place un « comité de contrôle du respect des dispositions », et des mécanismes de sanction. Tout est passé à la trappe.

    Depuis le premier jour, ce sont les États-Unis qui foutent le bazar. Mais comme ce sont nos grands amis, éternels et bienfaiteurs, impossible de le dire. Le prix de notre servilité devant l’impérialisme US.

    On a d’abord retenu le terme flou d’« accord » pour ne pas entrer dans la catégorie stricte de « traité », ce qui aurait imposé une ratification par le Congrès étasunien, impossible. Obama a approuvé l’accord par un executive order, une forme de décret présidentiel, pour éviter les parlementaires. Trump a donc utilisé la même forme pour se casser, et tchao.

    Ensuite, il y avait eu, le matin de la clôture, un grand coup de chaud des US, découvrant que la version finale du texte retenait le mot shall (on doit) et non pas should (On devrait). Catastrophe avec le paragraphe 4 de l’article 4 de la version précédente. Il était alors écrit que « les pays développés doivent continuer à être en première ligne pour mener à bien des plans nationaux de réduction d’émissions de gaz à effet de serre ». Vous voyez le drame ? Eh bien, même pour cette formulation, la délégation US, conduite par John Kerry, avait imposé d’utiliser le conditionnel, et tout le monde s’était couché.

    - Un accord contraignant rédigé au conditionnel ?

    - Et oui…

    D’ailleurs, avant la conférence, John Kerry avait été clair, lors d’un entretien au Financial Times, assumant la rupture avec Kyoto : « Ce ne sera certainement pas un traité. Il n'y aura pas d'objectifs de réduction juridiquement contraignants comme cela avait été le cas à Kyoto ». Et pourtant, la légende française a prospéré. La duperie dans la politique, comme mensonge d’État…

    Le discours depuis hier, c'est qu'il n'y a rien à renégocier. Sans doute rien à renégocier sur le fond, mais à l'évidence, il est nécessaire de modifier l'accord pour en faire un véritable traité, supprimer le conditionnel, et mettre en œuvre les procédés contraignant prévus par le protocole de Kyoto et demander aux parlements nationaux de le ratifier. Les paroles sont belles, et quasi-grandioses, mais si on ne transforme pas l'accord informel en traité, on se fiche du monde.

  • COP21 : Ségolène et Jean-Louis collent Fafa au tapis

    Et voici mon génial Fafa qui commence sa fonction de président du Conseil constitutionnel par une splendide humiliation. Il renonce à cumuler cette fonction avec la présidence de la COP 21, en gardant un bureau au Quai d’Orsay et tout ce qui va avec. Une bataille perdue, mais pas la guerre.

    Pour ceux qui ne connaissent pas trop les affaires du Parti socialiste, il faut rappeler en quelques mots le souverain mépris de Fafa à l’égard de Hollande. Il était Premier ministre en 1984 alors que Hollande était encore simple conseiller de Mitterrand, et Fafa s’est tracassé pendant des années à constituer son courant dans le Parti pour lui assurer son pouvoir, alors que Hollande n’a jamais su le faire, ce qui reste la première cause de sa fragilité.

    Lorsque, pour 2012, Hollande avait déclaré sa candidature alors que DSK était en tête des sondages, Fafa avait décrit la situation comme les éléphants du Parti socialiste découvrant une fraise des bois… Trop sympa.  

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    Les attraits du pouvoir étant si doux, Fafa - perdant de la primaire - s’était rangé derrière Hollande, qui reconnaissant, l’a nommé sinistre des Affaires étrangères.

    Très vite, Le Drian a préempté l’Afrique, le vrai secteur d’influence de la France, et Fafa a dû chercher à s’illustrer sur le reste. Il s’est ridiculisé sur la question iranienne, puis sur la question syrienne,… mais il restait la COP21. Comme le précédent épisode, à Copenhague, avait été un échec, Fafa s’est donné les moyens de la réussite médiatique : un accord rédigé au conditionnel, et dénué de procédé de sanction. Du bidon, déjà remis en cause par la justice des Etats-Unis (Amérique du Nord, territoire indien occupé).

    Au final, tout ceci est secondaire : simplement, Fafa a vu l’opportunité d’être nommé Prix Nobel de la Paix, et ça, ça le branche. D’où sa désinvolture ces derniers jours.

    Il n’a pas attendu que le président de la République prononce la dissolution du gouvernement, utilisant sa méthode bien connue de quitter la réunion avant la fin pour faire les annonces lui-même à la presse. Donc, il n’est plus ministre, il va être nommé président du Conseil constitutionnel par « fraise des bois », et il reste président de la COP21 avec un bureau au Quai d’Orsay.

    Le minable Ayrault, amputé d’une fonction importante, n’a rien dit car il n’a rien à dire, comme d’hab’.

    Ségolène Royal était fumace, car elle a négocié avec Monsieur Ex pour voir les compétences du ministère de l'Environnement élargies aux « Relations internationales sur le climat ».

    Jean-Louis Debré, l'actuel président du Conseil Constitutionnel, a dû lui aussi faire comprendre que ce mélange des fonctions juridictionnelles et exécutives était impossible.

    Hier, Fafa a écrit à « fraise des bois » pour dire qu’il renonçait à la fonction de président de la COP21, alors que « fraise des bois » n’avait jamais songé lui laisser. L'autorité du Conseil constitutionnel n'en ressort pas renforcée, mais s'il faut s’arrêter à ce genre de détails...

    Pour autant, ne croyez pas que le match en restera là. Fafa garde les clés des grands réseaux qui vont se charger de le sponsoriser pour le Prix Nobel.

    - Ségolène a gagné.

    - Mouais...

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  • Cop21 : Les Etats-Unis bloquent tout le processus

    70137.jpgLundi matin, le chef de l’Etat (d’urgence) était beau comme un camion pour donner le coup d'envoi de la COP 21, en présence de 150 chefs d’État (pas d’urgence).

    Dans ce discours, on trouvait de la guimauve trop cuite, genre Hollande pur sucre, du style « faire en sorte que toutes nos sociétés se mettent en mouvement…. Le monde se trouve au pied du mur… En quelques jours, nous allons décider pour plusieurs années », avant de promettre pour le 12 décembre, un accord « universel, différencié et contraignant. » Contraignant… C’est sûr que si l’accord n’est pas contraignant, on se demande à quoi sert la signature d'un accord international. 

    Barack Obama, chef de l’Etat (le plus riche du monde, premier consommateur d'énergie) a appelé les dirigeants du monde à « être à la hauteur des enjeux », rappelant que les États-Unis s’étaient engagés sur une réduction de 26 % à 28 % de leurs émissions de gaz à effet de serre d'ici 2025, par rapport à 2005. C’est le « Projet pour une énergie propre ». Grandiose.

    Sauf que…
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    Sauf que ce mardi, le Congrès américain, tenu par les frapadingues du Parti Républicain, a annulé la réglementation anti-carbone d’Obama, par 242 voix contre 180. Un vote explicite le lendemain de l’ouverture de la conférence de Paris... Obama peut jouer de son veto, pour cette législation interne, mais on voit que sa marge de manœuvre réelle est proche de zéro.

    Sauf que John Kerry avait été très clair, lors d’un entretien au Financial Times la semaine dernière : « Ce ne sera certainement pas un traité. Il n'y aura pas d'objectifs de réduction juridiquement contraignants comme cela avait été le cas à Kyoto ». Le roi de la sauce tomate a ensuite expliqué qu’il avait été mal compris, mais il n’a pas démenti…

    Sauf que pour qu’un accord soit effectivement contraignant, et crée des obligations en droit interne, il faut qu’il fasse l’objet d’un vote favorable du Congrès US, et chacun sait que cela ne se fera jamais.

    Sauf que pour sauver les apparences, il se négocie ces jours-ci qu’en fait il n'y aura pas de régime de sanctions, mais seulement une « obligation de transparence et l'effet de réputation », selon les propos de la négociatrice française Laurence Tubiana. La contrainte juridique ramenée à « l'effet de réputation »... C'est donc bien Kerry qui était franc en affirmant que ce se ne sera pas un traité, et qu'il n'y aura pas d'objectifs contraignants. 

    En fait, l’essentiel est une bonne photo de fin de congrès, et ca, ça justifie de vrais sacrifices.

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