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  • Crimée – Mayotte, même combat

    Le président casqué a bien parlé : « Il ne peut y avoir de référendum sur l'avenir de la Crimée sans que l'Ukraine elle-même n'ait décidé de l'organiser». J’approuve, mais petit problème : c’est exactement cette faute qu'a commis la France pour s’accaparer Mayotte, et avec récidive. Un seul droit, et deux lectures : c’est chez ces gens-là une habitude.

    Ukraine/Crimée

    L’Ukraine est un Etat souverain, et même si la Crimée bénéfice d’un statut constitutionnel lui reconnaissant une certaine autonomie, la constitution ukrainienne n'autorise pas les dirigeants locaux à organiser un référendum d’autodétermination. Le rattachement de la Crimée à l’Ukraine résulte d’un acte d’Etat à Etat, consenti par les organes souverains, et confirmé par 30 ans de pratique juridique et politique. Aujourd’hui encore, la Russie prend grand soin d’expliquer qu’elle respecte la souveraineté de l’Ukraine. 

    Alors, ce référendum aura-t-il lieu, dans quelles conditions, et la Russie en acceptera-t-elle les effets, si une majorité se prononcera pour rattachement ? Nous verrons bien.

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    Comores/ Mayotte

    Mais la France est mal placée pour donner une leçon, car c’est justement par des référendums illégaux organisés sur une partie du territoire de l’Etat des Comores qu’elle se donne une apparence de légalité, alors qu’elle n’a aucune souveraineté là-bas.

    Pour la décolonisation des Comores, conduite en application de la grande résolution 1514 (XV) du 14 décembre 1960 de l’AG ONU, portant « Déclaration sur l’octroi de l’indépendance aux pays et aux peuples coloniaux », a été organisé un référendum d’autodétermination, par un protocole du 15 juin 1973 conclu entre les Comores et la France.

    Le référendum s’est tenu le 22 décembre 1974, et est ressorti très majoritaire pour l’indépendance, sauf sur l’ile de Mayotte. Bafouant le protocole qu’elle avait signé, la France a alors adopté en urgence une loi vicieuse affirmant que le résultat devait être lu ile par ile. Une grosse truanderie.

    L’ONU est passée outre, et l’archipel des Comores a été admis comme Etat membre de l’ONU (Résolutions du Conseil de sécurité n° 376 du 17 octobre 1975 et de l’AG ONU n° 3385 du 12 novembre 1975), soulignant « la nécessité de respecter l’unité et l’intégralité de l’archipel des Comores composé des îles d’Anjouan, de la Grande-Comore, de Mayotte et de Mohéli ». 

    Un Etat, quatre iles, et un seul référendum : tout était clair, et ce régime juridique d’unité des quatre îles est rappelé de manière constante par l’ONU. La Constitution comorienne indique en son article 1 que les Comores regroupent les quatre îles.

    Non contente d’avoir truandé le référendum d’autodétermination, la France, ignorant l’ONU, a depuis organisé deux autres référendums à Mayotte, les 8 et 11 février 1976, pour tenter de donner un habillage à son coup de force, et le 29 mars 2009, pour décider d’un statut de « départementalisation », ne nous gênons surtout pas ! 

    A maintes reprises, l’AG ONU a souligné l'absence de valeur de « toute forme de référendum ou consultation qui pourrait être organisée ultérieurement en territoire comorien de Mayotte par la France ». C'est sûr: imaginez la Russie organiser un référendum de départementalisation en Crimée... Le président des Comores est allé à la tribune de l'ONU pour dire que ce référendum était nul et non avenu, mais que faire contre un membre permanent du Conseil de Sécurité qui viole le droit international ?  

    ukraine,comores

    Alors, cher président casqué, et grand donneur de leçons, tu en penses-quoi des référendums organisé par la France sur le territoire souverain des Comores ? Oh, président casqué, pourquoi tu tousses ? 

  • Imany, un festival de bonheur

    Elle est splendide... Oh cette voix, cette manière de poser les mots... Je suis fan, et sur scène, avec les musiciens et le public, c'est la grande artiste... Sa musique ? C’est sa vie : venue des Comores, grandie en France, vécue à New-York. Unique et merveilleuse... C’est du très grand soul, oui, mais la ligne de fond est imprégnée du blues. Et rappelez-vous bien : quand vous parlez de l’Afrique, pensez à la beauté. L’Afrique…  You Will Never Know... 


    Dessau, Beatclub

    http://www.youtube.com/watch?v=RN3MsWig1ZU

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    Paris, Bobino

    http://www.youtube.com/watch?v=dzKJIazG1Xo

    46532-imany.jpg

    Manosque

    http://www.youtube.com/watch?v=Rka7ONk7T9I

    37087-couverture_d_acoustic_sessions_d_imany.jpg

  • La France, puissance occupante, doit rendre Mayotte aux Comores

    Un nourrisson âgé de deux mois est mort au centre de rétention administrative (CRA) de Mayotte, c’est grave. Ce qui est encore plus grave est que la cause profonde est le maintien de la France de manière illégale, comme puissance occupante et en violation flagrante du droit international.

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    D’abord les faits

    Mercredi 14, à 22 h 45, la marine nationale française a intercepté une barque avec 26 occupants, en provenance des trois autres îles des Comores et qui se rendaient sur la terre de leurs familles, Mayotte.

    Les occupants sont arrivés à terre vers 1 heure le jeudi 15, et conduits sous escorte au centre hospitalier de Mayotte où a été effectué, non des examens médicaux, mais une « évaluation sanitaire » par un infirmier. Du travail superficiel, car à 2 h 40, les 26 étaient enfermés au CRA (horaires donnés par la préfecture).

    Vers 7 h 30, la mère, après quelques heures de sommeil, a constaté que son enfant ne se réveillait pas. L’enfant était mort et les services de secours sont arrivés pour le constater.

    D’après l’autopsie, le bébé serait mort d’étouffement et d'asphyxie, après un reflux œsophagien. Le procureur Philippe Faisandier ose évoquer « une mort naturelle ».

    La question des expulsions à Mayotte

    Les chiffres sont bien connus. Il y a chaque année autant d’expulsions depuis la métropole (28 000 en 2010) que depuis Mayotte en direction des Comores (26 000). Pour la même année, on a compté 356 enfants en CRA en métropole et 6 400 mineurs au CRA de Mayotte.

    De plus, le CRA de Mayotte ne dispose que de 60 places alors que la moyenne d'occupation est de 140 personnes, avec des séjours dans des conditions indignes. Pas même de couchettes, et l’hygiène inexistante.

    Le décès de ce bébé s’inscrit donc dans des données parfaitement connues. Elles sont humainement inadmissibles, mais aussi indéfendables en droit. Regardons çà de plus près.

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    Les jérémiades du Gouvernement  

    Manuel Valls est pris la main dans le sac à embrouilles car il a signé le 7 juillet un circulaire pour suspendre le placement des mineurs en CRA… sauf à Mayotte. A part çà, vive le discours normal sur l’égalité normale devant la loi normale...

    Avec le ministre des Outre-mer, Victorin Lurel, ils ont publié un communiqué pas piqué des hannetons. Après des larmes émues et sincères pour ce drame qui les bouleverse, ils en viennent aux explications, et c’est une vraie réécriture de l’histoire.

    « L'île est exposée à des difficultés sans équivalent par rapport au reste du territoire français, puisque la pression migratoire irrégulière représente environ 25 % de la population mahorais. Si aucune action de maîtrise de ce phénomène n'était recherchée, la population augmenterait d'environ 10 % chaque année, ce qui compromettrait tout développement social et économique ».

    Tout le monde a bien compris : Mayotte, c’est comme un petit coin de Bourgogne, mais les Comoriens y affluent sans raison, alors les gentils Gaulois se défendent.

    La réalité : la France se maintient illégalement à Mayotte

    En réalité, ce sont les Comoriens, comme le petit bébé de deux mois, qui sont chez eux à Mayotte, et la République Française a juste à faire ses valises et indemniser pour les nombreux dommages causés.

    Il n’y a aucun doute sur l’état du droit international.

    L’archipel des Comores a été admis comme Etat membre de l’ONU  suite à deux résolutions : n° 376 du 17 octobre 1975 du Conseil de sécurité et n° 3385 (XXX) du 12 novembre 1975, de l’Assemblée générale.

    L’Assemblée générale de l'ONU a admis les Comores en soulignant « la nécessité de respecter l’unité et l’intégralité de l’archipel des Comores composé des îles d’Anjouan, de la Grande-Comore, de Mayotte et de Mohéli, comme le soulignent la résolution 3391 (XXIX) du 13 décembre 1974 et d’autres résolutions de l’assemblée générale ». La Constitution comorienne indique en son article 1 que les Comores regroupent les quatre îles, ce qui était le résultat du référendum de 1974 sur l’indépendance, organisé sous le contrôle de l’ONU, sur les quatre îles.  

    Plusieurs autres résolutions ont confirmé cette situation de droit évidente (n° 31/4 du 21 octobre 1976, n° 49/18 du 28 novembre 1994 et n° 49/151 du 23 décembre 1994). Elles font toutes références au cadre juridique général de la décolonisation, la résolution 1514 (XV) du 14 décembre 1960 relative à l’octroi de l’indépendance aux pays et aux peuples coloniaux qui garantit l’unité nationale et l’intégrité territoriale de ces pays.

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    Le référendum de 1976 ? Aucune valeur en droit

    J’entends déjà la réplique : la France a organisé un référendum à Mayotte les 8 et 11 février 1976, qui a donné un résultat très favorable pour le rattachement à France. Et maintenant, Mayotte est un département…

    Ce référendum n’a aucune valeur juridique… car il a été organisé par la puissance occupante. Seul l’Etat comorien a le droit d’organiser un référendum, ce qu’il a fait au moment de l’indépendance et sur la totalité du territoire.

    L’AG ONU, dans sa résolution N° 31/4 du 21 octobre 1976, « condamne énergiquement la présence de la France à Mayotte, qui constitue une violation de l’unité nationale, de l’intégrité territoriale et de la souveraineté de la République indépendante des Comores » et rejette les référendums organisés par la France à Mayotte, les considérant nuls et non avenus.

    La France est puissance occupante d’un territoire sur lequel elle ne dispose d’aucune souveraineté. Elle doit en tirer les conséquences.

    Retour à la mort du bébé

    Une fois rétabli le cadre juridique, l'analyse est plus cohérente que ce soudain envahissement de la France par les Comoriens décrit par Bichou et Bidou,... euh par Valls et Lurien.

    La France n’avait aucun droit pour placer en rétention le bébé et sa mère car elle n’a aucun droit pour exercer des actes de souveraineté sur un territoire qui ne lui appartient pas.

    Les Comores doivent enfin obtenir l’unité des quatre îles, reconnue par l’ONU depuis quarante ans, et les habitants des îles d’Anjouan, de la Grande-Comore, et de Mohéli viendront tranquillement voir leurs familles aux Comores.

    La France pourra alors conclure des accords de coopération avec l’Etat comorien, mais l’occupation militaire française de Mayotte doit prendre fin, et le plus tôt sera le mieux. En 2011, tous les mécanismes juridiques, onusiens ou européens, existent pour rétablir le droit. Les entreprises qui permettent cette colonisation ou en profitent sont les plus exposées. 

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    " Ah bon, ils n'ont toujours pas compris ? "

  • Comores : De quel droit la France se maintient-elle à Mayotte ?

    colonisation,comoresLe ministère de l’Intérieur qui dénonce les Comoriens qui ne respecteraient pas la loi… C’est vraiment l’histoire de la paille et de la poutre ! De quel droit la France se maintient-elle à Mayotte ? La question est occultée, alors que les données juridiques sont certaines: aucun droit.  

     

    La question posée est celle de l'autodétermination des peuples, qui est un droit inaliénable.

     

    Le temps des empires a pris fin, même si la France met bien du temps à le comprendre. C’est un processus considérable, entrepris depuis les années 1950, comme une marche irréversible vers le respect des souverainetés, et l’action actuelle de l’ONU s’inscrit dans l’achèvement de ce mouvement d’émancipation. Lors de l’ouverture de la session 2011 du Comité spécial de l’ONU sur la décolonisation,  Ban Ki-moon été clair : « L’achèvement du processus de décolonisation nécessitera des efforts concertés de toutes les parties concernées : d’abord et avant tout du Comité spécial, des puissances administrantes et des peuples des territoires non autonomes ».

     

    Or, contre vents et marées, contre les principes et les traités, la France se maintient à Mayotte, comme si elle était là-bas chez elle. Mayotte est française ? Non, la présence française à Mayotte n'est qu'une occupation.

     

    L’état du droit a été clairement dit par l’ONU. Le Conseil de Sécurité, spécialement avec la résolution n° 376 du 17 octobre 1975, et l’Assemblée générale, avec ses résolutions n° 3385 (XXX) du 12 novembre 1975, n° 31/4 du 21 octobre 1976, n° 49/18 du 28 novembre 1994 et n° 49/151 du 23 décembre 1994. Tous ces documents sont parfaitement accessibles et bien connu, sauf de ceux qui pensent que le colonialisme est l’avenir de la France.  

     

    La référence décisive est la résolution 3385 d’admission des Comores à l’Organisation des Nations-Unies. L’assemblée générale est explicite, affirmant : « la nécessité de respecter l’unité et l’intégralité de l’archipel des Comores composé des îles d’Anjouan, de la Grande-Comore, de Mayotte et de Mohéli, comme le soulignent la résolution 3391 (XXIX) du 13 décembre 1994 et d’autres résolutions de l’assemblée générale ».

     

    Cette résolution rappelle que l’occupation par la France de l’île comorienne de Mayotte constitue une atteinte flagrante à l’unité nationale de l’Etat comorien, occupation qui viole les principes fondamentaux défendus par l’ONU et en particulier la résolution 1514 (XV) de l’assemblée générale du 14 décembre 1960 relative à l’octroi de l’indépendance aux pays et aux peuples coloniaux qui garantit l’unité nationale et l’intégrité territoriale de ces pays.

     

    Dans cette résolution, l’assemblée générale de l’ONU a condamné les référendums des 8 et 11 février 1976 organisés dans l’ile comorienne de Mayotte par le gouvernement français qui sont considérés comme nuls et non avenus.

     

    De même, l’Assemblée  a rejeté :

    -        toute forme de référendum ou consultation qui pourrait être organisée ultérieurement en territoire comorien de Mayotte par la France ;

    -        toute législation étrangère tendant à légaliser une quelconque présence coloniale française en territoire comorien de Mayotte. 

     

    Cette résolution demande à la France de « se retirer immédiatement de l’île comorienne de Mayotte » pour « respecter sa souveraineté » et elle invite tous les Etats membres de l’ONU à apporter « individuellement et collectivement une aide efficace à l’Etat comorien et à coopérer avec lui dans tous les domaines pour lui permettre de défendre et sauvegarder son indépendance, l’intégrité de son territoire et sa souveraineté nationale ».

     

    Donc, la France doit revenir à la légalité et rendre  ce qui ne lui appartient pas. Or, loin de respecter le droit, la France entend inscrire la violation du droit dans la durée, par la départementalisation. Ces législations internes, et qui ne tiendront pas devant l’ordre public international.

     

    Sur l’Ile de Mayotte, la France est un occupant, et n’a aucune souveraineté.  On attend toujours son contre argumentaire aux résolutions de l’ONU. Elle se contente d’user de son influence comme membre permanent du Conseil de sécurité et elle sait pourvoir compter sur le consensus dans l’opinion publique française, du fait de la méconnaissance entretenue du sujet.

     

    L’Union des Comores, ou la société civile comorienne,  aurait beaucoup à faire, et elle y viendra tôt ou tard, car la souveraineté est inaliénable. Le temps qui passe ne règle rien. L’archipel des Comores a été admis comme Etat membre de l’ONU, regroupant un archipel de quatre iles : Anjouan, La Grande-Comore, Mohéli et Mayotte.

     

    En 2011, tous les mécanismes juridiques, onusiens ou européens, existent pour rétablir le droit. La France peut conclure des accords de coopération avec l’Etat comorien, mais l’occupation militaire française de Mayotte doit prendre fin, et le plus tôt sera le mieux.

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