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  • Brexit : Corbyn veut rester dans l’Europe, pour renforcer ses garanties sociales

    Franchement, je suis assez fan de Corbyn. Décrit à l’origine comme un illuminé rescapé, il ne cesse de tracer une excellente route pour le Labour. Calme, réfléchi, collectif, et… très politique. Oui, ça existe…

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    Nos amis british vont voter dans dix semaines sur le référendum qui décidera de l’avenir du Royaume-Uni en Europe, et le point de vue de Jeremy Corbyn était très attendu. Il a été sans ambiguïté : « Le Labour est massivement en faveur du maintien de la Grande-Bretagne dans l’Union européenne ».

    Sur cette question, on attendait Corbyn… car il a voté en 1975 contre l’adhésion à la Communauté européenne, en 1992 contre le traité de Maastricht, et en 2008 contre le traité de Lisbonne. Or, parce qu’il faut renforcer l’Europe sociale, il vote pour le Remain, se montrant offensif et raisonnable, et loin des lubies de Cameron. Il n’a pas choisi ce débat, mais les choses sont ainsi : le sort de l’Europe dépend de sa campagne.

    Cameron est simplificateur, et sonne faux. D’après lui, il faut voter Remain parce que l'accord passé à Bruxelles le 18 février est ce qu’on peut faire de mieux, et que quitter l’Europe serait une catastrophe absolue. On dirait du Sarko...

    La réalité est bien différente, explique Corbyn.

    Il faut changer l’Europe pour renforcer les mécanismes de solidarité, et « vous ne pouvez pas construire un monde meilleur si nous ne vous engagez pas dans ce monde ». Corbyn rappelle avec le sourire qu’il n’y a pas si longtemps il était tricard au sein du Labour face à la machinerie de Blair et Brown, mais que s’il a pu inverser la ligne du parti, c’est bien en restant dans le parti.

    Et puis, ce droit européen, quelles que soient ses faiblesses, reste la meilleure garantie contre les délires néo-libéraux de Cameron. Si on quitte l’Europe, on se retrouve à la merci de ces allumés, prêts à tout vendre : « L'UE a aidé à soutenir l'investissement, l'emploi et les protections pour les travailleurs, les consommateurs et l'environnement ». L’Europe est loin d’être un modèle, mais elle impose un cadre minimal qui limite les sauvages de la finance.

    Oki ? Très bien, mais en plus, Corbyn efface le personnel derrière le collectif. L’ex-marginal a obtenu une solide majorité dans le parti, et il claironne : « C'est la position qui a été choisie à l'issue d'un grand débat par le parti. Et c'est le parti que je dirige ». En vrai stratège, il explique que, même s’il vote pour le Remain, comme Cameron, c’est comme opposant, et avec des motifs bien différents. Un Brexit serait une défaite de Cameron, qui a si mal mené cette affaire, mais pas la sienne, car il poursuit un objectif opposé, à savoir renforcer l’Europe sociale.

    La campagne et le vote vont être très intéressants, alors que Cameron braque les indécis avec des restrictions budgétaires provocatrices – aides aux handicapés – et patauge avec son patrimoine planqué au Panama.

    - Donc l’Europe, c’est moyen, mais il faut y rester pour renforcer sa dimension sociale ?

    - Yes, it is.

    - On combat le néo-libéralisme, et on reconstruit la Gauche en s’opposant à la Droite ?

    - Yes, it is.

    - Et la ligne de clivage est la solidarité contre la loi du marché ?

    - Yes, it is.

    - Dis donc, ton Corbyn, ça ne lui dirait pas de prendre la nationalité française et de se présenter en mai 2017 ?

    - May be,… mais il voudra remplacer le PS par le Labour.

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