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  • Brésil : Dilma, un projet politique face aux usurpateurs

    Hier soir dans la rue, bien des Brésiliens faisaient la fête, et plus à l’écart, les tenants de l’ancienne dictature se frotaient les mains. Bien sûr que le Parti des travailleurs a commis des fautes. Evidemment que Dilma, trop sûre d’elle, a négligé le jeu politique. Mais attention, les bases sont lourdes. La situation économique est mauvaise, l’endémique corruption mine le système, le régime du financement politique renforce les caciques et la Constitution conduit à la recherche d’invraisemblables coalitions, ce qui mine l’autorité politique. Dilma a gagné la présidentielle, mais le Parti des Travailleurs est resté très minoritaire au Congrès des députés. Un pays de 200 millions d’habitants, puissance économique émergente, gouverné par des coalitions parlementaires. Imaginez qu’on fasse le test en France...

    Le vote d’hier au Congrès des députés a été tranché, avec une majorité nette au-dessus deux tiers. Alors un grand moment démocratique ? Toute la presse qui scrute, entre la morgue et le délice, la chute de l’ancienne guérillera, se garde bien de parler d’une victoire démocratique. Car dans cette victoire, tout est pourri.

    Le grand manœuvrier est Eduardo Cunha, le président du Congrès, du parti centriste PMDB, un ultraconservateur, à droite de la Droite. Il est inculpé pour « corruption et blanchiment d’argent » dans l’affaire Petrobras, avec 5 millions de dollars planqués sur des comptes en Suisse.

    Le grand bénéficiaire est le vice-président Michel Temer, dirigeant du PMDB, la marionnette d’Eduardo Cunha. Il n’est pas encore inculpé, mais il est cité et récité dans le dossier. Temer s’est engagé auprès de Dilma pour être nommé vice-président, et il l’a aussitôt trahie en organisant la guerre contre elle… parce que si Dilma est suspendue, c’est lui qui hérite du pouvoir. Dilma est impopulaire, oki ; mais lui est à 1% dans l’opinion.

    Les fantassins sont les députés membres de la Commission spéciale qui ont approuvé le rapport préconisant l’ouverture du procès en destitution de Dilma. Sur les 65 membres de cette Commission, 36 sont inculpés ou ont déjà été condamnés pour des infractions pénales.

    Oki ? Ce en rappelant que Dilma n’est pas poursuivie pour corruption, et qu’elle n’est ni citée, ni inquiétée dans l’affaire Petrobras, et qu’on lui reproche juste d’avoir financé une dépense fiscale par un emprunt transitoire, sans aucun surcout.

    Aussi on comprend que notre presse molle, qui s’amuse du spectacle d’une Dilma en difficulté, n’arrive pas trouver les mots pour saluer cette victoire.

    Et maintenant

    Le dossier va maintenant passer au Sénat, qui regroupe 80 membres, pour un vote qui doit avoir lieu avant le 11 mai. S’il se dégage une majorité simple, de 41 voix, Dilma sera suspendue, et Michel Temer assumera la présidence. Il formera un gouvernement, et ce qui sera un joyeux spectacle vu que tout a été promis et à tout le monde. Mais il y aura un consensus, car la priorité de ce gouvernement est d’adopter des lois restreignant les pouvoirs de juges, que le Parti des Travailleurs avait libérés, car les gagnants d’hier ont besoin d’une justice muselée pour sauver leur peau.

    Il y a aura ensuite un vote aux deux tiers par le Sénat, puis si le vote est favorable, le dossier sera transmis à la Cour Suprême. Là, Dilma retrouvera les droits de la défense, notamment celui de soutenir que le fait reproché - l’habillage momentané d’une dépense fiscale par un prêt - n’est pas un crime de responsabilité permettant la destitution. C’est dire qu’en toute hypothèse, l’affaire n’est pas pliée, et nous pouvons compter sur Dilma pour résister, et l’emporter, car ses adversaires violent le droit et n’ont d’autre projet politique que la revanche.

    Le sort de Dilma est-il scellé devant le Sénat ? Les analyses sont contradictoires. Pour les unes, le Sénat est conservateur, son président, Renan Calheiros, est membre du PMDB, celui de Cunha et Temer, et le vote à la majorité simple sera une formalité. Pour les autres, Dilma bénéficie en réalité du soutien du président du Sénat, qui saura se montrer légaliste et refuser ce qui n’est rien d’autre qu’une remise en cause du vote démocratique issu des élections de l’an dernier. Le Sénat redouterait aussi de se trouver désavoué ensuite par la Cour Suprême.

    Alors, on verra, et on suivra de près. Quoi qu’il en soit, chacun comprend que l’issue est ailleurs, et qu’un gouvernement rafistolé et corrompu conduit Nemer n’ira pas loin. Aussi, il s’agit de savoir qui gagnera les prochaines élections, et donc comment s’organisent les forces politiques et sociales.

    Hier soir, Dilma a pris la parole, et voici ses principales déclarations :

    « J'ai reçu 54 millions de voix et je me sens indignée par cette décision, victime d'une profonde injustice. Mais je ne me laisserai pas abattre, le combat ne fait que commencer. J'ai le courage, la force nécessaire pour affronter cette injustice.

    « La pratique budgétaire qui m’est reprochée a été pratiquée par tous les présidents avant moi, et avait été considérée légale. On me réserve un traitement qui n'a été réservé à personne. Il ne pèse sur moi aucune accusation d'enrichissement illicite. Moi, je n'ai pas de comptes à l'étranger.

    « Il est très étrange et révélateur aussi de voir un vice-président en exercice conspirer ouvertement contre une présidente. Dans aucune démocratie au monde une personne qui ferait cela serait respectée.

    « Dans ma jeunesse j'ai affronté la dictature par conviction. J'affronte aujourd'hui dans ma maturité un coup d’État, pas un coup d’État traditionnel comme ceux de ma jeunesse, mais un coup d’État avec l'apparence d'un processus légal. Aujourd’hui nous vivons dans une démocratie, on ne torture plus, on ne tue plus comme sous la dictature, mais d'une certaine forme mes rêves sont torturés ».

    Pour poursuivre, voici un entretien au Nouvel Obs avec Laurent Delcourt, historien, auteur du livre "Le Brésil de Lula : un bilan contrasté" et chargé d’étude au CETRI (Centre tricontinental, Louvain-la-Neuve, Belgique). Propos recueillis par Sevin Rey-Sahin.

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    Brésil : "Ce sont 300 voleurs qui ont voté la destitution" 

    Entretien avec avec Laurent Delcourt

    Etes-vous surpris par l’issue du vote de dimanche soir ?Haut du formulaireBas du formulaire

    - Je ne suis absolument pas surpris étant donné que le vote émanait d’un parlement qui n’a jamais été aussi conservateur et qui est composé des forces politiques les plus rétrogrades du pays. On dit d’ailleurs que le congrès est dominé par le lobby du BBB pour "Boi, Biblia e Bala", c’est-à-dire "propriétaires terrien, Bible, et défenseurs des armes à feu".

    Le parlement a voté la destitution de Dilma pour prendre le pouvoir qu’ils n’ont pas réussi à obtenir par la voie électorale. Cependant, je m’attendais à plus d’abstention. Certains députés avaient annoncé qu’ils allaient s’abstenir et ont changé d’avis à la dernière minute. On les accuse d’avoir été payés par des entreprises. Il y a sûrement eu des formes d’achat de vote, c’est très classique au Brésil.

    Quelles sont les chances de Rousseff lors du vote au Sénat au mois de mai ?

    - Le vote au Sénat m’apparaît comme une simple formalité : ils vont accepter la destitution parce que le Sénat est dominé par le Parti du mouvement démocratique brésilien (PMDB), c’est-à-dire les mêmes qui sont à la chambre des députés.

    Les partisans de Dilma Rousseff parlent d’un coup d’Etat. Cette tentative de destitution est-elle comparable aux autres coups d’Etat qu’a connu le Brésil ?

    - Oui, il s’agit bien d’un coup d’Etat. La plupart des organisations de défense des droits de l’homme qui agissent en Amérique latine le disent comme Luis Almagro, le secrétaire général de l’Organisation des Etats américains.

    Il s’agit là du mode opératoire du courant réactionnaire qu’on retrouve à plusieurs reprises dans l’histoire du Brésil. En 1954, Getulio Vargas, qu’on appelait le père des pauvres, a été évincé par l’armée. Dix ans plus tard, Joao Goulart a été écarté par une junte militaire en raison de ses politiques sociales. Aujourd’hui, il s’agit d’un coup d’Etat institutionnel.

    Quels sont les enjeux derrière cette destitution ?

    - Les véritables enjeux sont la suppression des acquis du lulisme, la diminution des aides à la sante et à l’éducation, l'étouffement de certaines affaires de corruption et, un enjeu dont on parle très peu, celui de la privatisation des ressources pétrolières brésilienne en haute mer. C’est la raison pour laquelle les marchés réagissent très bien aux annonces de destitution. C’est aussi pour cette raison que la Fédération patronale des industries de Sao Paulo (FIESP) a soutenu les manifestants pro-impeachment. Les gros canards en plastique utilisés lors des manifestations sont le symbole de cette fédération patronale.

    Quelles sont les accusations portées contre la présidente ?

    - On veut destituer Dilma Rousseff pour une affaire presque anodine : on lui reproche le "pédalage fiscal". Il s’agit d’un recours passager à l’emprunt auprès d’institutions publiques pour financer les dépenses publiques notamment les dépenses sociales et le report de l’enregistrement de ces dépenses. C’est une pratique courante de tous les gouvernements depuis les années 90 et la pratique est toujours utilisée par certains Etats brésiliens. Et aujourd’hui, c’est devenu un prétexte pour destituer la présidente.

    Il faut savoir que Dilma Rousseff n’a jamais été inquiétée dans les affaires de corruption ou de détournement. Quand elle est arrivée au pouvoir en 2011, elle a elle-même destitué sept de ses ministres soupçonnés de corruption. En revanche, sur les 65 membres de la commission parlementaire chargée d’autoriser le vote sur la destitution, 36 avaient été inquiétés pour des affaires de malversation.

    Plus de 300 membres sur les 513 que compte le congrès brésilien font l’objet d’une enquête ou ont déjà été condamnés pour corruption, fraude électorale, utilisation de travailleurs forcés dans des plantations de soja et même de kidnapping ou de meurtre. Ce sont donc 300 voleurs qui ont voté la destitution d’une présidente plutôt honnête. Et ce sont eux qui vont reprendre les rênes du pays pour échapper à la justice.

    On fait donc au Brésil en ce moment le procès de l’honnêteté plutôt que celui de la corruption ?

    - Non, parce que le Parti des Travailleurs (PT) a été inquiété dans l’affaire Petrobras. A son arrivée au pouvoir, le parti de Lula était le centre de l’éthique et de la lutte anti-corruption face à un congrès de voleurs, et finalement il a fini par tomber à son tour dans ce travers. Cependant, quand on examine les accusations dans l’affaire Petrobras, on se rend compte que le PT est un acteur mineur par rapport aux autres partis.

    Comment expliquez l’impopularité de Dilma Rousseff ?

     - Dilma Rousseff n’est soutenue que par 10% de la population brésilienne ; c’est une présidente très impopulaire qui passe mal dans les médias. Elle est cassante et n’a pas hésité à exclure certains ministres. Dilma Rousseff a laissé travailler la justice dans les affaires de corruption alors que ses prédécesseurs l’ont toujours entravé. C’est aussi une personne qui n’a pas le talent de négociation de Lula. En revanche, le vice-président Temer, son probable successeur, n’a même pas 1% d’opinions favorables, et le président du Congrès des députés, Eduardo Cunha, qui mène la bataille contre la présidente est soupçonné d’avoir détourné des millions. Son nom est d'ailleurs cité dans les Panama Papers.

    Quelle est actuellement la position de l’opinion publique brésilienne ?

    - Il y a une grande division de classes dans la société brésilienne. La plupart des pauvres de régions comme le Nordeste, qui ont beaucoup profité des politiques sociales mises en place par Lula et Rousseff, sont contre la destitution. Pour eux, même si Lula a volé, il a amélioré les conditions des pauvres.

    Ceux qui défilent dans la rue sont issus des classes moyennes supérieures, ont des diplômes universitaires et des revenus au-delà de dix salaires minimums. Ils appartiennent à l’élite. Parmi eux, il y a un ras le bol généralisé des affaires de corruption mais aussi le refus des politiques de redistribution. Dans leurs slogans, on retrouve le rejet de l’impôt et des propos haineux à l’encontre des pauvres accusés d’avoir été entretenus par le PT.

    En cas de destitution, peut-on s’attendre à d’autres révoltes de la part des populations défavorisées ?

    - Tout dépend des politiques qu’on va mener. Michel Telmer a déjà négocié un programme politique nommé "Pont vers le futur" qui remet en cause certains acquis sociaux de Lula, notamment les budgets destinés à la santé et à l’éducation. Pour l’instant, les réactions de la part des partisans du PT sont assez contenues. Mais la société brésilienne s’est fortement fracturée ces derniers temps. Le Brésil va probablement basculer dans une période de chaos politique suivie de beaucoup d’autres manifestations.

    Comment jugez-vous la couverture de cette crise dans les médias européens ?

    - Les médias européens se sont tous alignés sur les grands titres de la presse brésilienne. Ils ont repris les unes des journaux brésiliens sans distance politique. Depuis un an, les médias brésiliens n’ont pas ménagé leurs efforts pour aiguiller l’opinion publique contre Dilma Rousseff. Ils sont complètement silencieux par rapport aux affaires de corruption de certains députés qui ont voté la destitution. Il faut savoir que 117 parlementaires au Brésil sont liés directement ou indirectement à des entreprises de presse.

    Seuls les journaux "Der Spiegel" et le "New York Times" ont fait un travail critique et ont parlé des dangers représentés par cette destitution pour la démocratie brésilienne. Les autres ont présenté cette crise comme l’indignation de tout un peuple contre la corruption alors qu’elle n’était qu’un prétexte.

    Propos recueillis par Sevin Rey-Sahin 

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  • Incroyable mais vrai : Le foot serait pourri par l’argent

    panem-et-circenses.pngQuelle incroyable stupeur… Le foot serait gangréné par l’argent, et entrain de pourrir comme le poisson… par la tête…

    Alors que nous admirons tant nos si sympathiques sportifs du rallon bond, que nous avons des services de police au taquet pour détecter les trafics, que des associations bidon cassent les régimes africains en leur faisant la leçon par des plaintes post-coloniales pour corruption, alors que notre admirable et vaillante presse « sportive » squatte des heures et des heures de grande écoute pour des séances d’onanisme collectif, alors que le monde « politique » vient se recueillir aux messes molles (et puant la bière) (et puant la violence) (et puant le racisme) que sont les grands matchs de foot, je découvre avec effarement que ce beau monde des grandes valeurs du foot serait pourri jusqu’à la moelle.

    Suivez les dépêches, ça part dans tous les sens, et comme tous ces encravatés ont les jetons de se faire entauler, ça va être un tsunami de balances.

    Prochaine coupe du monde au Qatar ? Pour les immenses valeurs de la fraternité sportive, on va jouer la coupe du monde au Qatar, dans des stades climatisés, qui ne serviront ensuite à rien, et qui ont été construits par le sous prolétariat indien et indonésien. Des milliers de morts, d’accidents du travail et de maladies professionnelles pour ces pauvres gens…1207042-gf.jpg

    Greg Dyke, le président de la Fédération anglaise de football, donne l’ambiance : « Si j’étais le Qatar, en ce moment, je ne serais pas très à l’aise ! ». Deux des 14 personnes concernées par l’enquête, Nicolas Leoz, ancien patron de la Confédération sud-américaine, et Jack Warner, ancien vice-président de la Fifa et ex-président de la Concacaf (Amérique du Nord, Amérique centrale, et Caraïbes) ont participé au scrutin du 2 décembre 2010. Ce même scrutin qui a attribué la Coupe du monde 2022 au Qatar, en toute pureté sportive.

    Ancien vice-président du club de foot de mon village, où nous accueillions quinze équipes de jeunes, passionnés et doués de tant de talents, à commencer par celui de jouer en équipe, je ne peux que manifester le mépris le plus total pour ces jeux du cirque, qui nous pourrissent la vie.

    Ce qui est rigolo, c’est que la plainte est partie d’une enquête aux Etats-Unis (Amérique du Nord, territoire indien occupé) contre la fédération US du foot. C’est donc d'un pays où le foot est très peu populaire que la plainte est partie, qui par ricochet va faire tomber la FIFA.

    - Tu veux dire que dans les pays qui adorent le foot, on n’aurait jamais pu imaginer une telle enquête ?

    - Oui, oui, c’est exactement ce que je veux dire.    

  • Sarko : Le problème, c’est la corruption !

    Sortir de garde-à-vue comme mis en examen pour corruption à 2 heures du matin, et faire le 20 heures de TF1 pour vomir sur la Justice, montre que les liens d’amitiés entre Sarko et Bouygues, son témoin de mariage, sont solides, et franchement, c’est une bonne nouvelle dans nos temps où tout se perd. Merci Martin.

    La_CorruptionC’était affligeant. Sarko n’écoute jamais personne, ce qui peut passer quand ça va bien, mais qui fait dérailler quand ça ne va pas. Son interview était nulle à chi… euh, nulle à chialer.

    La tonalité était simple : c’est la faute des autres. Deux méchantes « dames », dont une est syndicaliste – quelle horreur, mon chou – qui voulaient l’humilier. Fine et excellente analyse. La preuve : Moranoapprouve. La défense va donc être très simple : Sarko va demander la récusation des juges pour partialité. Bien sûr, il n’en fera rien, ce qui montre la nullité de l’argument tartiné sur TF1.

    Ensuite, les dames l’ont entendu à 2 heures du matin pour le mettre en examen, ce qui est la preuve de la machination. Parfaitement débile… Les dames sont restées au bureau jusqu’à deux heures du matin pour éviter à Sarko de passer la nuit dans une geôle de garde-à-vue, ce qui aurait été le sort de tout autre justiciable. Sarko a donc bénéficié d’un sort privilégié, et a pu finir la nuit dans son douillet dodo. Il devrait remercier les juges.

    Au passage : «Je n’ai jamais commis un acte contraire à l’Etat de droit ». De 1), on dit contraire « à la loi », et de 2) le Conseil constitutionnel a sanctionné le compte de campagne, contraire à la loi. Donc…

    Au passage aussi, cette vacherie sur Bygmalion, montrant que Sarko prépare déjà la prochaine procédure… Si Bygmalion a géré des surcoûts, c’est une truanderie qui regarde l’UMP, et l’UMP doit porter plainte. Donc, Sarko n’a jamais su qu’il dépensait pour sa campagne deux fois la somme autorisée. Ça va saigner pour la suite… Sarko fera tout pour sauver sa peau.

    Enfin, vient le procès de l’abominable garde-à-vue, alors que le plus grand criminel de tous les temps, le perruquier Cahuzac, n’y avait pas eu droit… Réflexion débile, mais qui montre bien l’esprit d’un ancien « ministre » de l’Intérieur : la garde-à-vue sert à humilier. Non, la garde-à-vue ne préjuge rien de l’existence de griefs : elle est une modalité de l’enquête de police, centrée sur l’efficacité de l’enquête.

    Cahuzac a agi tout seul, et il s’est déballonné à la première question du premier flic : une garde-à-vue aurait été parfaitement injustifiée. Pour Sarko et ses joyeux amis, le jeu était d’entendre isolément des personnes qui passent leur temps, notamment par des portables empruntés, à se concerter pour brouiller les pistes. La preuve que la garde-à-vue a été proportionnée,… c’est qu’elle a été utile…

    En effet, et là on passe dans le dur. Sur le volet « rêve de poste à Monaco », la procédure d’origine visait le trafic d’influence. Donc des pressions amicales pour attendrir le juge, ce qui n’est pas correct, nous sommes d’accord. Mais en fin de matinée du mardi, soit au 2° jour de la garde-à-vue de Herzog et des deux magistrats, et quelques heures après les auditions de Sarko, les flics ont obtenu des informations nouvelles, ha ha ha… Lesquelles ? Je n’en sais rien, mais je vois que les flics, grands pros, ont avisé le procureur financier, qui a aussitôt fait délivrer un réquisitoire supplétif, c’est-à-dire a demandé aux flics d’enquêter sur des faits nouveaux de corruption. Les juges d’instruction ont considéré qu’effectivement il existait des indices graves et concordants de corruption active. Un ancien prédisent de la République corrupteur d’un haut magistrat de la Cour de cassation, c’est très très grave. Ne mettons pas tout sur le même plan.

    Pour finir, vient une sérieuse question. De toute part, on nous vend que le poste de procureur général à Monaco est prestigieux,… alors que c’est juste de la merde dans des bas de soie. Azibert, une carrière de feu, président de la chambre d’accusation de Paris, directeur de l’administration pénitentiaire, directeur de l’Ecole nationale de la magistrature, secrétaire général du ministère de la justice,… qui serait prêt à tout pour être nommé procureur à Monaco… Hum hum…

    Les seules vraies questions devaient tourner autour de la corruption. Sarko a répondu que tout est faux, et basta. Oki. Sauf que les magistrats sont un peu plus méthodiques que notre Elkabbach à la gomme. Et sauf qu’avoir un ancien président de la République accusé de corruption active, c’est un dommage causé aux droits de tous les citoyens.

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  • Guéant : « Mon amour contrarié avec le fisc »

    Avec sa bouille de moine malicieux, Claude Guéant m’avait longtemps fait rire, genre gros malin chez les allumés de la Sarkozie (In memoriam). Jusqu’au jour où, embrassant Marine Le Pen sur la bouche, il avait déclaré qu’il y avait trop d’immigrés en France. Une belle crapulerie xénophobe,… (Je n’oublie pas que lorsque Pujadas avait interrogé Hollande sur cette analyse pourave, le leader minimo avait tergiversé 10 minutes avant de lâcher : « Mais, qui les a fait venir ? ») Fin de la parenthèse. 

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    Il en avait ajouté une couche en expliquant que les enfants d'immigrés représentaient les deux tiers de l'échec scolaire. 

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    Voici les propos de Guéant, dans le cadre de la campagne présidentielle, sur l’immigration légale (soit l’arrivée sur le territoire selon les critères de la loi), que Marine Gonflette avait déclaré excessive : « Nous acceptons sur notre sol chaque année 200.000 étrangers en situation régulière. C'est l'équivalent d'une ville comme Rennes, c'est deux fois Perpignan. Moi aussi je trouve que c'est trop. Pourquoi est-ce trop ? Parce que je souhaite comme le gouvernement, comme le président de la République, que les étrangers qui viennent chez nous soient intégrés, adoptent nos lois, adoptent notre mode de vie ». Tout est dans le « aussi ».

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    Ah… mais, mon bon Guéant, la loi et le mode de vie ne supposent-ils pas de déclarer ses revenus aux impôts ? Qu’en penses-tu, mon petit chouchou de souche ?

    Guéant achète son électroménager

    Sacré coquin… Tu racontes avoir perçu, en ta qualité d’agent public de dir’ cab’ du ministre de l’Intérieur des primes en liquide. Et tu racontes avoir acheté pour 25 000 € de casseroles et d’électoménager… Pour ta garçonnière, petit fripon ? Oh, purée… Vous imaginez Guéant, qui ne sait pas faire cuire un œuf, s’acheter une collection de maxi-broyeurs chez Darty… avec autant de sorbetières et de services à fondue ?…

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    La blague : le dir’ cab’ du ministre de l’Intérieur payé au black… Mais, fiston, tu feras comment pour tes points retraites ???

    En attendant, c’est ballepeau pour le fisc.

    Et l’histoire des deux croûtes…

    En 2008, alors qu’il vit « chichement », genre un kebab à midi et une pomme le soir, Claude ressent l’envie urgente de vendre ses croûtes… Et en un coup de fil, il trouve un looser malaisien pour lui acheter le lot deux fois au-dessus du prix du marché… Mais tellement pris par sa lutte contre les immigrés légaux qui envahissent la douce France, Claude n’a pas le temps de déclarer au fisc les jolis revenus qu’il vient de se faire avec cette revente...

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    Pourtant, les chiffres marquent. A 1,3 millions €, tu es à l’impôt sur la fortune. Et Claude, pour faire propre dans son HLM, se débarrasse de ses deux croûtes pour 500 000 €, payés en liquide...

    Restons sérieux. Mon ami Claude, une question : vu que tu vas avoir du temps de libre, pourquoi ne pas de lancer dans la chirurgie capillaire ? Si tu veux, je peux te filer  un bon contact… 

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  • Affaire des mallettes : Bon courage aux flics !

    02a.jpgDe la corruption, des millions de dollars, le financement occulte de campagnes électorales… D’urgence, ouvrons une enquête. Oui, bien sûr, mais bon courage aux flics…

    Hier, le feu a pris par cette interview de mon excellent confrère Robert Bourgi. Notre ami nous explique que 1995 à 2005, il remettait de l’argent en liquide à Chirac et Villepin, par millions, en provenance de chefs d’Etat africains. Tout ceci a pris fin, car Villepin l’a viré avec un coup de pied au cul.

    Fâché, il est allé voir Sarko et lui a tout raconté. Sarko l’a embauché et il est devenu son Monsieur Afrique. Sur RTL, il avait expliqué il y un an comment il avait géré le limogeage de Bockel, un peu trop regardant. Il nous dit encore que depuis qu’il travaille avec Sarko, pas un seul billet frauduleux n’est passé. Donc, tout propre de chez propre depuis six ans. Oui, mais voilà, son esprit est hanté par ces choses qui n’étaient pas bien, et il veut se mettre d’équerre avec sa conscience. Il a donc décidé de donner une interview au JDD.

    Attention, grosses manips en vue !

    Mon excellent confrère ne saurait ignorer l’article 40 du Code de procédure pénale. Les infractions, on les raconte d’abord à la police, pas à la presse, surtout si c’est pour « libérer sa conscience ».

    Le problème est qu’un pv de la maison poulaga est moins visible que la Une et trois pages du JDD. Donc, il ne s’agit pas de libérer sa conscience mais de foutre un gros barouf médiatique. Et personne ne peut croire que le Monsieur Afrique de Sarko balance dans la presse sans le feu vert de qui vous savez. couv.jpg

    Ensuite, mon excellent confrère a pu contenir ce besoin de tout dire (Enfin, presque…) pendant six ans, mais il craque soudain le 11 septembre 2001. Il n’est jamais trop tard pour bien faire, certes. Mais, je ne crois pas un instant à ce besoin pressant.

    Cette interview vient ce dimanche pour une seule et bonne raison : parce que mercredi sort le livre de Pierre Péan, « La République des mallettes ». Un livre pour dézinguer mon excellent confrère ? Pas du tout. Robert Bourgi est cité dans le livre, mais Pierre Péan explique qu’il faut être plus que prudent car personne n’est en mesure de confirmer ou d’apporter des preuves tangibles.

    Non, la cible principale de Pierre Péan est Alexandre Djouhri. Profil plus qu’atypique pour un ancien petit roublard de Sarcelles des années 1980 devenu un grand entremetteur aux confins de la finance et de la politique. Pierre Péan a cerné le rôle de cet inconnu du grand public, omniprésent d’après lui sur tous les dossiers chauds : infirmières bulgares, manœuvres dans le nucléaire français, divorce présidentiel, Clearstream, Angolagate, armements… Le livre de Pierre Péan se termine par cette phrase prêtée au sympathique Alexandre Djouhri : « Je les tiens tous par les couilles ».

    Alors, un contre-feu pour détourner l’attention ? La confession subite au JDD devient plus compréhensible… D’autant plus que l’enquête des flics s’annonce particulièrement difficile.

    Pieds_Nickeles_4.jpgRobert Bourgi va être entendu et il va raconter des histoires qui sont bien plausibles, certes. Mais quelles preuves ? De l’agent liquide, chiffré en million, sans écrit, ni témoin. Impossible de faire un procès avec çà. Les anciens de l’équipe Gbagbo vont confirmer, mais ont-ils gardé le moindre indice de preuve ? Et après le lâchage par la France, quelle fiabilité ? Il sera difficile de prendre pour « argent comptant » les déclarations de ces personnes qui expliquent avoir organisé des trafics insensés pendant plus de dix ans… C’est mal barré.

    On en saura un peu plus via les procès en diffamation qui vont suivre la publication du livre de Péan, mais ça restera limité. Ce qui est demandé à un journaliste, c’est de faire une enquête sérieuse. On ne lui demande pas d’être une cour d’appel, qui ne condamne qu’en explicitant les preuves. Le tribunal peut écarter la diffamation même si la preuve exacte des faits n’est pas rapportée.

    Or, il y a de très fortes raisons de penser que le critère du sérieux de l’enquête est atteint. Péan est un grand pro. Il a de la méthode mais il n'est pas infaillible. De plus, les confessions subites de Robert Bourgi accréditent le travail de Péan. Et puis, des témoins ont accepté de dire quelques mots. Dont un certain Hervé Morin, qui alors ministre de Défense, avait mis en garde Sarkozy : « Nicolas, fais attention, dans ton entourage, il y a des gens pas nets et dangereux. J'ai trop de retours sur Ziad Takieddine et Alexandre Djouhri ». Hervé Morin vient de confirmer.

    Que les journalistes fassent leur travail, c’est surtout d’eux qu’on pourra en apprendre. En attendant, j’ai demandé à mon libraire de mettre un exemplaire du livre de Péan de côté (Fayard, 450 pages, 23 €), car il va y avoir de la demande.  

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