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  • Julien Coupat dans le texte

    manif-coupat2.jpgCe qui est reproché à Julien Coupat et ses joyeux amis, pour leur valoir des mises en examen pour  « direction ou organisation d’un groupement formé en vue de la préparation d’un acte de terrorisme», je n’en sais rien. Il faudrait avoir les pièces de la procédure, mais pas de doute que 6 mois d’enquête ont permis de pressuriser les faits et il serait surprenant que la procédure évolue beaucoup encore. Disons simplement que si la remise en liberté ne veut pas dire non-lieu, elle ne correspond pas exactement à ce qui était annoncé au début de la procédure, sur le démantèlement de l’extrême gauche anarcho-je-ne-sais-quoi-qui-est-un-péril-pour-la-société-française.

    Il ne ressort rien d’autre du dossier que ces dégradations des équipements SNCF. Nous pouvons donc tous partir l’esprit en paix pour une beau week end au soleil : la menace terroriste en France parait relativement limitée… Coupat et ses amis protestent de leur innocence : l’avenir dira, mais dors et déjà les déclarations péremptoires de MAM semblent se nourrir de l’apesanteur. Une comédie qui rappelle d’illustres précédents : gonfler ses muscles devant de pseudo affaires de terrorisme est une tentation permanente desfanfaron.jpg gouvernements, et plus d’un, malgré les enseignements de l’Evangile, a succombé. Dans l’immédiat, les avocats vont contester la qualification d' «infraction d’association de malfaiteurs en relation avec une entreprise terroriste», avec cet argument : le sabotage des trains coûte de l’argent et colle les abeilles aux utilisateurs, mais ne remet pas en péril les vies. C’est un vrai débat, car la répression « anti-terroriste » bénéfice de toute sorte de règles dérogatoires, et il faut quand même que l’acte reproché ressemble un peu à du terrorisme.

    Nous verrons donc pour les faits, mais nous pouvons déjà voir ce qu’il en est du discours, car le site de soutien à  Julien Coupat et ses amis, reproduit une interview du plus célèbre épicier de Tarnac. Et bien, nous sommes face à un cas intéressant qui combine les syndromes du enflement de tête et de l’adolescence mal assumée, conduisant à l’enfermement dans un monde imaginaire.

    Julien Coupat nous invite à se placer dans une perspective historique, rien de moins. C’est « la fin d’une période de gel historique dont l’acte fondateur fut l’accord passé entre gaullistes et staliniens en 1945 pour désarmer le peuple sous prétexte d’éviter une guerre civile ». Et d’expliquer : « La droite renonçait à ses accents ouvertement fascistes, la gauche abandonnait entre soi toute perspective sérieuse de révolution ». Oui, mais voilà, « la clique sarkozyste a pris l’initiative, unilatéralement, de rompre ce pacte. » Heureusement, Julien Coupat veillait à notre bonheur.

    « Face à ce pouvoir en guerre qui ose penser stratégiquement et partager le monde en amis, ennemis et quantités négligeables », il n’existe plus aucun obstacle : gauche lâche et compromise, extrême gauche qui offre la grisaille soviétique améliorée, bureaucraties syndicales « plus vendues que jamais ». D’où la conclusion : « Dans ces conditions, la seule force qui soit à même de faire pièce au gang sarkozyste, son seul ennemi réel dans ce pays, c’est la rue, la rue et ses vieux penchants révolutionnaires. »

    un_monde_ideal_02.jpgAprès cette analyse de haut vol, Julien Coupat théorise la place du droit dans la société :

    « Quand on ne parvient plus à contenir ce qui déborde, on peut encore lui assigner une case et l’y incarcérer. Or celle de "casseur" où se croisent désormais pêle-mêle les ouvriers de Clairoix, les gamins de cités, les étudiants bloqueurs et les manifestants des contre-sommets, certes toujours efficace dans la gestion courante de la pacification sociale, permet de criminaliser des actes, non des existences. Et il est bien dans l’intention du nouveau pouvoir de s’attaquer à l’ennemi, en tant que tel, sans attendre qu’il s’exprime. Telle est la vocation des nouvelles catégories de la répression. »

    Et comme péroraison, ce modèle de diatribe populiste : « Mais la plus remarquable imposture du système judiciaro-pénitentiaire consiste certainement à prétendre qu’il serait là pour punir les criminels quand il ne fait que gérer les illégalismes. N’importe quel patron – et pas seulement celui de Total –, n’importe quel président de conseil général – et pas seulement celui des Hauts-de-Seine–, n’importe quel flic sait ce qu’il faut d’illégalismes pour exercer correctement son métier. Le chaos des lois est tel, de nos jours, que l’on fait bien de ne pas trop chercher à les faire respecter et les stups, eux aussi, font bien de seulement réguler le trafic, et non de le réprimer, ce qui serait socialement et politiquement suicidaire. »

    Donc, d’un coté, les puissants, qui sont riches et méchants, et de l’autre les faibles, qui sont pauvres et gentils. Pas de doute qu’avec de tels fondements idéologiques, les révolutionnaires de Tarnac font changer le monde.

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