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cruauté

  • Que vaut la vie d’un enfant afghan ?

    Voici les noms de cinq salopards : Andrew Holmes, Michael Wagnon, Jeremy Morlock, Adam Winfield et Calvin Gibbs, des soldats US.

    Ca se passe en Afghanistan, en novembre 2009.

    Calvin Gibbs, 25 ans, est sergent d'état-major. Il a pris ses grades en Irak et arrive comme un mastard sur une base située dans la province de Kandahar. Il explique à ses petits copains que sa joie est de tuer des civils au hasard, et recrute. Se forme ainsi une équipe de cinq salopards qui va entre janvier et mai 2010 se livrer à des assassinats sur des civils. Pour le fun.

    Dans la base, c’est un secret de polichinelle. Mais en juin, sur fond de trafic de  drogue, les soldats se sont viandés entre eux. La hiérarchie a du intervenir, des soldats menacés ont balancé, et les cinq salopards ont été arrêtés. Ils ont été inculpés d'assassinat. Les uns ont reconnus, les autres nient. C’est l’excellent Guardian qui a révélé l’affaire.

    Il y a évidemment de quoi se méfier de « l’enquête », qui a été conduite par les services US. On se doute de la volonté de faire toute la lumière… « L’enquête » a établi plusieurs crimes: Gul Muldin, tué par une grenade et des tirs de fusil ; Marach Agha, fusillé avant de faire un montage photo ; Mullah Adadhdad, à la grenade et au fusil.

    Ces sauvages absolus dépeçaient ensuite les cadavres, pour emporter un souvenir : des os, des doigts ou des dents.

    Andrew Holmes avait vidé le chargeur de son arme sur un adolescent, avant de se faire prendre en photo à côté – comme un chasseur et son gibier – et il lui avait coupé un doigt, en guise de trophée.

    Jeudi, il était jugé devant une cour martiale de la base Lewis-McChord, dans l'Etat de Washington (US). Il a reconnu « avoir pris une mauvaise décision » en abattant à bout portant le jeune villageois. « J’aimerais pouvoir dire à son père et à ses frères que je suis désolé ».

    Sept ans de prison. A ce stade, on doit aussi qualifier de salopards les « juges ».

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     " Une mauvaise décision "

    Sept ans de prison

  • Il faut abroger la règle du faux-départ

    Usain Bolt empêché de courir ! L’homme le plus rapide du monde, sportif exemplaire, disqualifié devant les caméras du monde entier, laissant la place à une finale irréductiblement frappée d’injustice. Un cauchemar.  

    Dope, mauvais geste, propos déplacé, tenue non-conforme ? Non, rien. Alors qu’il attendait tant cette finale du 100 mètres au championnat du monde, à Daegu, cette finale préparée minute après minute depuis un an, le grand Usain Bolt a été fauché par le plus débile des règlements : dans le monde impitoyable de l'Association internationale des fédérations d'athlétisme (IAAF) un faux départ vaut élimination. Sans aucune marge d’appréciation ou de discussion.  

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    Monsieur Bolt, vous êtes l’homme le plus rapide du monde. Monsieur Bolt, vous êtes un sportif hors pair, inconnu des commissions de discipline. Monsieur Bolt, vous êtes respecté car vous êtes fairplay. Monsieur Bolt, vous représentez ce que veut dire se construire par l’effort. Monsieur Bolt, dans un monde qui se morcelle, vous réunissez des connaisseurs, des admirateurs et des curieux du monde entier. Monsieur Bolt, vous étiez l’un des grands moments de ce championnat du monde. Monsieur Bolt votre talent et votre personnalité font de vous un exemple pour les sportifs du monde. Eh bien, Monsieur Bold, vous ne courrez pas. Dégagez, dégagez avec toutes vos qualités. Vous ne serez plus champion du monde. Au vestiaire !

    Encore les ravages de cette punaise fielleuse qu’est la tolérance zéro. La tolérance zéro, c’est l’arrêt de la pensée.  

    La règle précédente était parfaite : les coureurs avaient collectivement droit à un faux départ, et le second faux départ était disqualifiant. Sévère mais juste, avec une proportion entre la rigueur nécessaire et les réalités humaines les plus évidentes.   

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    La raison est sportive ? Non ! Aucun motif sportif ! C’est tout simplement une bonne histoire de fric : la télé veut un spectacle qui ne s'éternise pas. Ce qui montre la bêtise absolue de la règle. Après le faux-départ, il a bien fallu donner un second départ. Si Usain Bolt avait pu courir, ça aurait changé quoi ?

    S’il y a des abus, il est très facile de les sanctionner, humainement. Il suffit de mettre au point un système d’avertissements disciplinaires, pour graduer le comportement. Là, rien. A l’heure H moins une seconde, tu es exemplaire ; à l’heure H, tu es bon pour l’Ile du Bagne.  

    Cette réglementation cruelle est l’œuvre de psychorigides désincarnés. Il faut l’abroger d’urgence.

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    Tiens bon Usain, tu as la soutien du blog

  • Prison ferme pour avoir martyrisé un chien

    9ou8b69h.jpgLa cruauté : asperger un chien d'essence, puis l’enflammer. Comme ça, pour voir ce que ça donne, histoire de passer un moment. Mambo a été retrouvé dans un état désespéré, mais il a eu la vie sauve, et un mois plus tard les brûlures commencent à cicatriser.

    Dans le petit village d'Espira-de-l'Agly (Pyrénées orientales), ce fut l’émotion, et la mobilisation. Une pétition a circulé sur Internet, pour recueillir 14 000 signatures, avec de grands noms parmi les philosophes modernes : Alain Delon, Zinedine Zidane, Brigitte Bardot, Michel Drucker…

    En cause, l’article 521-1 du Code pénal : « Le fait, publiquement ou non, d'exercer des sévices graves, ou de nature sexuelle, ou de commettre un acte de cruauté envers un animal domestique, ou apprivoisé, ou tenu en captivité, est puni de deux ans d'emprisonnement et de 30000 euros d'amende. » Existe une qualification alternative, conventionnelle, avec l’article R. 654-1 pour les mauvais traitements. Mais là, pas de doute, le cap de la cruauté était atteint.

     

    L’enquête, rondement menée, a identifié deux auteurs : l’un tenait le chien, l’autre a allumé le feu.  Hier, une jeune femme de 22 ans, celle qui tenait le chien, comparaissait devant le tribunal correctionnel de Perpignan : six mois de prison ferme, une peine correspondant aux réquisitions du procureur de la République.

    L'autre personne impliquée est un mineur, qui comparaîtra plus tard devant un juge pour enfants.2-paul-Ka.jpg

    La Fondation 30 Millions d'Amis s’est constituée partie civiles, mais elle n’a pas été rassasiées : «Nous plaiderons la peine maximale », avait annoncé leur avocat, Maître Xavier Bacquet.

    Ah, ah !... Mais depuis quand et sur la base de quel texte les parties civiles prennent-elles position sur les réquisitions pénales ? La Fondation défend les droits civils de la personne morale qu’elle est, ce qui est déjà beaucoup alors qu’elle défend la cause animale, et que les animaux sont juridiquement des choses. Donc, on oublie la caméra, et on se calme, le cas échéant avec une petite trempette du croupion dans une bassine d'eau froide.

    Les juges ont-ils été sévères ? Une femme de vingt deux ans qui part en taule pour six mois, c’est très sévère, surtout s’il s’agit d’un premier passage devant le tribunal, et qu’il y a eu des regrets. Mais je ne sais rien de ce que savait le tribunal, à savoir le contexte, le casier, la personnalité. Donc, à voir. Le tribunal répondra qu’il a été modéré, la loi permettant de prononcer une sanction 4 fois plus sévère.

    Très bien. La cruauté doit être sanctionnée. Mais la sévérité de la loi devrait être relativisée, car, dans cette formulation-là, elle ne vise que les animaux domestiques. J’ai quelques amis végétariens qui me considèrent comme un grand sauvage quand je me régale, en toute innocence et si loin du Code pénal, d’une bonne barbaque, venant d’une brave bête qui ne demandait rien à personne. Quant aux beaux manteaux de fourrure, j’avoue que ça coince. Dépecer un animal pour en faire un vêtement, alors qu’il y a tant d’autres moyens de se vêtir,…ou de rester à poils. 

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  • Fourniret : La cruauté et nous

    Fourniret : La cruauté et nous. Alors que s’ouvre devant la Cour d’Assises des Ardennes le procès du tueur en série présumé Michel Fourniret et de son épouse Monique Olivier, une question se pose d’évidence : pourquoi tout ça ?

     

    D’abord, pourquoi un tel procès, deux mois, alors que tout semble réglé d’avance. L’interview des avocats ne laisse pas beaucoup de doute. Tous disent que se sera la peine maximale pour Fourniret, et, sans doute pour son épouse. L’un des enjeux est de savoir si Michel Fourniret cherchera à adoucir le sort de son épouse, ou au contraire à la maintenir au cœur du pacte criminel qui les lie depuis l’origine. Michel Fourniret depuis sa prison où il finissait de purger une peine, écrit à Monique Olivier « Nous nous marierons devant les hommes et, unis par des liens distants des conventions, nous ne serons jamais les meilleurs amants que nous aurions pu être si la confiance avait pu abolir toute barrière au risque de se reconnaître comme deux monstres, mais si infiniment, tendrement épris l’un pour l’autre ». Et la future épouse de répondre « Tu sais c’est avec plaisir que j’exécuterai tes ordres (…) Non je ne suis pas une petite bourgeoise, je veux travailler auprès de mon fauve, le seconder ».

     

    Les faits sont largement établis par les éléments matériels et les déclarations. Pas de doute là-dessus non plus. Alors deux mois de procès … Oui deux mois, car il est nécessaire de comprendre. La justice doit s’entourer de la procédure la plus prudente. Car ce procès, c’est le viol et l’assassinat de 7 jeunes filles : Isabelle Laville 17 ans, Fabienne Leroy 20 ans, Jeanne-Marie Desramault 21 ans, Elizabeth Brichet 12 ans, Natacha Danaïs 13 ans, Céline Saison 18 ans, Mananya Thumpong 13 ans.

     

    Viennent alors les vraies questions : Pourquoi ces faits ? Comment ce comportement ? Et il y a deux manières de répondre.

     

    La première est le rejet de ces monstres. Des prédateurs sexuels, criminels sans conscience. Ils représentent l’envers de ce qu’est l’humanité. La seule solution est de les rejeter le plus loin possible et de les écarter d’une communauté humaine dans laquelle ils n’ont aucune place. De fait, si la justice confirme les accusations, la réponse sera la réclusion. Et vu l’âge de Michel Fourniret, 66 ans, ce sera une fin de vie en prison.

     

    La seconde est une interrogation sur la place de la cruauté dans le comportement humain.

     

    Dans cette affaire, la cruauté est quasiment parfaite. Elle est liée à une préméditation méthodique et alliée au plaisir. L’assassinat doit être, dans ce rituel criminel, précédé du viol de ce que les jeunes filles ont de plus intime, leur virginité. Deux morts en une seule mort. Tout serait simple si nous pouvions simplement rejeter la cruauté comme étant extérieure à l’homme. Or, personne n’a mieux posé le problème que Freud dans Malaise dans la culture : « Il n’y aurait aucun sens, ni aucune nécessité d’interdire le meurtre si l’homme n’y aspirait pas fortement. La passion pour le meurtre est première. La morale est une construction historique secondaire ». L’homme bon par nature, distribuant au mieux sa générosité pour un monde meilleur ... Non, c’est le fruit d’une construction morale. D’ailleurs, pendant très longtemps, la justice rendue aux noms des hommes ne se comprenait pas sans la cruauté, par la torture et des peines très violentes. Avec un raffinement, la peine de mort.

     

    L’un des plus grands criminels de l’histoire, que Nietzsche dans Généalogie de la morale appelait « la figure du maître », est Gilles de Rais. Un noble : petit neveu de Bertrand Du Guesclin, héros de la Guerre de Cent Ans, riche et fastueux … Mais, un noble non civilisé, qui poursuivait sa domination par l’asservissement des enfants. Combien de viols et d’assassinats pour Gilles de Rais ? Peut-être 140 victimes et en tout cas 50 ossements retrouvés. Et lorsque son juge Pierre de l’Hôpital interrogeait Gille de Rais celui-ci répondait que c’était seulement pour son plaisir et sa délectation charnelle.

     

    La société et la morale ont permis de dépasser cet état sauvage. Il n’en reste pas moins que la cruauté est au cœur des démarches humaines. Et le procès est l’occasion de se poser la question : où en sommes-nous avec la cruauté ?

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