30.10.2011
Obama va-t-il dégager de l’UNESCO ?
Les Etats-Unis veulent dégager de l’UNESCO parce que la Palestine va y entrer ? Banco ! Ça illustrerait un peu, pour ceux qui ont tant de peine à ouvrir les yeux, l’obscurantisme du gouvernement étatsunien.
Quand on focalise trop sur nos affaires européennes ou celles de l’Oncle Sam, on en arrive à oublier que pour la très grande majorité des Etats de la planète, la Palestine est un Etat. Un Etat sous occupation militaire, mais un Etat : les deux ne sont en rien inconciliables: l’Allemagne fédérale a été proclamée et reconnue alors qu’elle était sous occupation militaire, et l’occupation a ensuite pris fin. En réalité, tous les Etats sont d'accord pour la Palestine. Les seuls qui bloquent sont les US – on a vu comment Obama met en œuvre la politique que lui dicte Netanyahou – et ils mettent la pression au max.
Pour ceux qui auraient un doute, je précise que l’Europe a signé un traité de coopération économique avec l’Autorité Nationale Palestinienne. Cet accord reconnait comme territoire de la Palestine celui dit de la frontière d’avant 1967, et la Cour de Justice de l’Union Européenne a validé cette lecture du droit international, disant que seuls les dirigeants Palestiniens peuvent exercer l’autorité dans ce territoire (Arrêt Brita, 15 février 2010). Où est donc le problème ?
Les Palestiniens, qui siègent à l’UNESCO (Organisation des Nations unies pour l’éducation, la science et la culture) avec le statut de « mission d’observation », ont demandé l’adhésion de la Palestine comme Etat membre, et le vote est prévu ce lundi 31. Le vote doit être acquis à une majorité des deux tiers des 193 membres, mais l’évidence de la Palestine est telle que les Palestiniens sont assurés d’obtenir cette majorité.
Obama s’agite dans tous les sens, avec cet argument clé : si la Palestine est admise, on se casse avec notre contribution de 22% du budget. Eh, bien, qu’ils se cassent, et basta ! L’UNESCO a déjà vécu sans les US, de 1984 à 2003, et la terre avait continué de tourner. Tant pis pour eux, et tant mieux pour nous. La Palestine qui revendique sa place dans le monde de la culture et les Etats-Unis prennent peur... c’est un bel et bon aveu, qui ramène à peu de choses les déclarations faisandées de Barack et Hillary sur les valeurs US et toute la sauce. Au moins c’est clair.
J’espère que les dirigeants palestiniens et l’assemblée générale de l’UNESCO renverront les dirigeants US à leur inculture. Mais une petite question au passage. Pourquoi les Etats-Unis qui assurent à eux-seuls 44% des dépenses militaires dans le monde ne s’engagent-ils que pour 22% des dépenses pour la culture au sein de l'UNESCO ?

Eglise de la Nativité, Bethléem, Palestine
00:19 Publié dans Droit international | Lien permanent | Commentaires (35) | Envoyer cette note | Tags : culture, etats unis, obama, palestine
13.08.2011
BB King : Un Must en prison
1971… Il y a quarante ans. BB King au sommet, pour un concert en prison, la "Cook Country Jail", près de Chicago, dans l'Illinois.

Every Day I have the Blues
How Blues Can You Get
Worry Worry
http://www.youtube.com/watch?v=Zxtlxq7yqXA

The Frill Is Gone
http://www.youtube.com/watch?v=dpuqM035Abw

Please Accept My Love
http://www.youtube.com/watch?v=20QMRrjBFJ4&list=PL5BBFF73C9C26C4BB&index=1
23:29 Publié dans justice pénale | Lien permanent | Commentaires (4) | Envoyer cette note | Tags : prison, culture
19.02.2011
Zemmour, l’inculte
Zemmour provoque à la haine, profitant des invitations du décérébré Ardisson pour balancer ses propos racistes, pendant que le décérébré se marre.
Zemmour a été condamné par la 17° chambre du TGI de Paris. Il a dix jours pour faire appel. Est-il raciste ? Ce n’est pas le débat. En revanche, ses propos le sont.
Un vieux et si estimable procureur général à la retraite me le disait il y a quelques jours : « Le grand problème, c’est l’inculture ». Des farfadets au QI de moule deviennent des leaders d’opinion. La télé des « grandes » chaines est devenue une pourriture.
La 17° chambre du tribunal correctionnel fait la jurisprudence en droit de la presse parce qu’elle travaille dans la sérénité et que les principaux organes de presse ont leur siège à Paris. Un jugement de la 17°, ça pèse, croyez moi.
Le 6 mars 2010 dans une émission de l’inculte Ardisson sur Banal+, l’andouille blanchâtre Zemmour pérore : « Mais pourquoi on est contrôlé 17 fois ? Pourquoi ? Parce que la plupart des trafiquants sont noirs et arabes, c'est comme ça, c'est un fait ».
Le chouchou du fatigué (et fatiguant) Bilger poursuit sur France Ô, expliquant que les employeurs « ont le droit » de refuser des Arabes ou des Noirs.
Pour la 17° chambre, Zemmour a incité à la discrimination raciale car « par cette phrase catégorique et péremptoire, il justifie directement et clairement les contrôles, aussi arbitraires que systématiques, envers certaines catégories de population ».
S’agissant de la discrimination à l'embauche, Zemmour ne pouvait « légitimer une pratique illégale, en la présentant comme licite ».
L’ahuri a « dépassé les limites autorisées du droit à la liberté d'expression » et ce d'autant plus que c'est « un professionnel des médias et de l'expression qui revendique la maîtrise des mots et de leur portée ».
Le crétin de service est Thierry Mariani (UMP), glorieux secrétaire d’Etat aux transports (d’allégresse ?), spécialiste du glycol par temps de neige à Roissy, et donc très connaisseur de la jurisprudence en droit de la presse. Il a aussitôt exprimé sa « consternation ».
Cinquante huit députés UMP (Union pour la Majorité Provocatrice) regroupés dans le « Collectif pour la Liberté d'expression » déplore (sans l’avoir lue) cette condamnation qui « illustre la dérive judiciaire contre la liberté d’expression dans notre pays » (...) « qui précède la dérive totalitaire » et « impose désormais la révision des lois qui la permettent ». Oui, mes chéris, changez vite la loi… Les occasions de rire ne sont pas si fréquentes.
Héros de ces hautes sphères de la pensée, le Bien-Aimé-de-sa-Dame Résidant de la République lance un grand débat sur « la place de l’islam dans la République ». C’est en effet un sujet jamais abordé et qui est une urgence. Sœur Caroline Forest de la Bénédiction Laïque en frétille déjà.
Pas de doute pour un électeur de Droite. A ce niveau, mieux vaut voter Marine que Nicolas. C’est plus franc. Et au deuxième tour, Martine ou François se feront élire à 70 % des voix.

00:47 Publié dans Droit | Lien permanent | Commentaires (253) | Envoyer cette note | Tags : culture, racisme
13.07.2009
La maître-chanteuse contre les chanteurs
Viré des francofolies, Orelsan l’avait eu saumâtre, mais la réaction de ce grand dangereux avait été de vouloir rencontrer Ségolène Royal : « En fait, je n'ai pas grand chose à lui dire, je voudrais juste connaître les raisons de ma déprogrammation. Ils essayent de noyer le poisson avec plein d'excuses bidon. J'aimerais que ce soit clair. Je suis persuadé qu'elle n'a écouté ni l'album ni rien d'autre et que bien évidement elle n'a jamais vu un de mes concerts. Je ne comprends pas comment des gens peuvent faire annuler quelque chose qu'ils n'ont pas vu ? »
C’est Cali qui a fait redémarrer la machine, avec une lettre aux organisateurs, publiée le jour de l’ouverture du festival. « Avec cette terrible décision, les Francos de La Rochelle, le festival de la découverte et du parrainage de jeunes artistes, le festival de tous les chanteurs confirmés, le festival des grands chanteurs de notre patrimoine, le festival qui m'a personnellement tout donné, se discrédite totalement. (…) C'est la mise à mort d'un artiste à l'aube de sa carrière. De plus, la décision d'interdire de scène ce chanteur risque de provoquer et de cautionner des autocensures très peu propices à la création (...). La précieuse liberté d'expression est ici clairement bafouée. » Et d’ajouter : « Une de mes chansons parle d'un ado qui a mangé ses parents. C'est une manière de traiter la folie. Dans un autre texte, je suis un homme qui découpe sa victime et la range soigneusement dans des sacs-poubelles. Suis-je un serial killer que l'on doit éloigner de la vie publique? L'art n'est pas forcément beau et agréable, il doit nous faire réfléchir sur nous-mêmes et sur le monde qui nous entoure. »
D’autres artistes ont pris le relais. Le chanteur du groupe Tryo, Christophe Mali, s'est dit dimanche « complètement contre l'annulation » du concert. Olivia Ruiz a ouvert son concert samedi soir en le dédiant à « celui qui n'est pas là, monsieur Orelsan. » Pour Dominique A, la déprogrammation d'Orelsan est lamentable : « C'est de la censure déguisée. »
Alors, les organisateurs désavoués par les artistes ? 
Frédéric Charpail, l’un des dirigeants du festival patauge carrément, affirmant à Sud Ouest qu’Orelsan n’a jamais été programmé. Chose étonnante, le nom d'Orelsan figure sur toutes les affiches… « Il était seulement sur une liste d'artistes programmables, mais il en a été écarté dès la fin du mois de février. Les tracts ont été imprimés avant, et si nous n'avons pas enlevé plus tôt Orelsan du site Internet, c'est que nous sommes débordés, c'est juste une connerie». Au concours de mensonges organisés, Frédéric ne passe pas les éliminatoires.
Pas de chance, en effet, Orelsan publie la première phrase d’un premier courrier du 15 mai, signé de la main de Gérard Pont, directeur des Francofolies: « Nous sommes heureux d’accueillir Orelsan pour notre 25° édition des Francofolies de la Rochelle »... Et son manageur explique que la dénonciation est intervenue plus tard, par un mail.
Gérard Pont s’avance : « De nombreuses pressions ont été exercées sur le préfet, mais j'ai pris seul la décision de déprogrammer Orelsan, car des concerts entre des haies de CRS, ce n'est pas mon style. » Bidonnage du côté de la préfecture, qui explique avoir découvert l'affaire dans la presse. Et que ce soit à Evreux, la semaine dernière ou au Printemps de Bourges, en avril, le rappeur s’est produit dans la paix et la tranquillité.
On y voit plus clair avec Jean-Louis Foulquier, créateur du festival, qui met les pieds dans le plat, hier après-midi sur RTL : « C'est Ségolène Royal l'instigatrice de tout ça. Elle s'est positionnée en maître-chanteuse : où il arrêtait la programmation, où il n'avait plus de subventions. » Rappelant que Cali est l’un des vaillants soutiens de Ségolène Royal, Foulquier ajoute : « Est-ce qu'il va aller chanter, dans ses concerts de soutien et de fraternité, pour une femme qui clame la censure ?
Alors, il déconne l’ami Foulquier ?
Ecoutons Alexandre Godin, le directeur de cabinet de la présidente de la région : «Nous avons été alertés par des associations féministes en février-mars. Nous avons alors joint le festival qui a assuré qu'Orelsan n'était pas programmé. » Aucune intervention, donc...
Quatre mois plus tard, rebelote. Le collectif des Elu-es contre les violences faites aux femmes s’adresse à Ségolène Royal. « Oui, nous avons envoyé une lettre à la région, mais aussi au maire et au conseil général. Nous refusons que les pouvoirs publics subventionnent à la fois notre association et ce contre quoi elle se bat », explique Michèle Loup, présidente de l'association, et par ailleurs vice-présidente du Groupe Vert du Conseil Régional d'Ile-de-France. Nouveau contact avec la direction du festival. Nouveau démenti de la présence d'Orelsan. En réponse, Ségolène Royal écrit dans un courrier destiné à l'association avoir «repris contact avec les organisateurs qui m'indiquent qu'Orelsan n'a jamais été programmé et ne le sera pas.» Mais Oreslan est encore là… avant soudain de disparaître, pour de bon.
Alors, pour savoir, mieux vaut s’adresser à Dieu qu’à ses saints. Aujourd’hui silencieuse, Ségolène Royal était plus prolixe dans Sud Ouest du 4 juillet : « Je l'avais déjà fait au mois de mars. Je ne sais pas ce qui les a conduits à reprogrammer ce rappeur. En tant que femme et présidente de la région Poitou-Charentes, je n'ai absolument pas envie de sponsoriser sur mon territoire une personne qui vante les violences faites aux femmes. Même si je n'ai pas à me mêler des choix artistiques, j'assume, et je me réjouis qu'il ne chante pas ses paroles de haine et de meurtre aux Francofolies.
Précision : le conseil régional subventionne le festival à hauteur d’environ 400.000 euros, selon une délibération relative au budget du conseil régional en date du 13 janvier 2009.
00:45 Publié dans Musique | Lien permanent | Commentaires (39) | Envoyer cette note | Tags : culture, ordre moral
10.07.2009
La Librairie Résistances attaquée
Un groupe d’extrémistes qui attaque une librairie, pour y détruire des livres. Geste criminel, tant de fois reproduit, et toujours dans les pires scénarios. Cette fois-ci, c’était vendredi dernier, au coeur de Paris. Aujourd’hui, ils étaient en correctionnelle, et demain ils seront en prison.
La librairie Résistances, à Paris, c’est une adresse qui ne se loupe pas. On aime ou on aime pas, mais on respecte, et pour tant de raisons.
Les livres, bien sûr. Ouvrir un livre, c’est respirer le bon air de l’article 11 de la Déclaration des droits de l’homme de 1789 : « La libre communication des pensées et des opinions est un des droits les plus précieux de l'Homme : tout Citoyen peut donc parler, écrire, imprimer librement, sauf à répondre de l'abus de cette liberté dans les cas déterminés par la Loi. » Alors, s’en prendre aux livres, c’est nier l’esprit humain.
Et cette librairie Résistances, dans le XVII°, ce n’est pas rien. C’est une vraie libraire, indépendante. Une libraire habitée par des personnes qui y croient, qui cherchent des auteurs, dénichent des livres rares, donnent leur chance à des textes difficiles. Nicolas Shahshahani, le maître des lieux, éclaire dans les choix et dégage des chemins inattendus. Résistances, c’est le refus de l’indifférence. Prendre parti, dire, discuter, débattre, n’être jamais d’accord, sauf pour toujours débattre. Et puis, chez Résistances, les livres parlent et invitent à parler. Conférences et rencontres se succèdent.
Bon, vous avez compris que chez Résistances, on ne craint pas le parti pris, et ce parti c’est celui des mouvements de libération. Le venimeux « choc des civilisations » terrassé par les vertus du droit des peuples à disposer d’eux-mêmes. Ce qui fait de la librairie l’un des lieux les plus attentifs à la cause palestinienne, qui est d’abord et avant tout, un résistance.
C’est cette insupportable librairie, lieux de repère des auteurs et des idées, qui a été la cible de cette attaque : un commando casqué et masqué qui entre en bloc, casse les ordis, renverse les tables, jette les livres sur le sol, et les arrose d’huile.
Ces dangereux ahuris ont été arrêtés mercredi, et jugés ce vendredi. Quatre majeurs et un mineur, proches du groupuscule nervi « La Ligue de défense juive (LDJ) ». Le parquet a requis des peines allant d'un an ferme à six mois avec sursis dont trois ferme. De nombreuses voix s’élèvent pour demander l'interdiction de ce groupe misérable.
Encore une chose, que je me permets de soumettre à l’Administration pénitentiaire : fournir les bibliothèques des prisons à partir de la Librairie Résistances. Ce serait l’occasion pour les hébergés de la République de découvrir des livres magnifiques : Le Dérèglement du monde, d’Amin Maalouf, chez Grasset ; Impérialisme humanitaire. Droit de l’homme, droit d’ingérence, droit du plus fort ? de Jean Bricmont, chez Aden ; Enfermés dehors par Caroline Kobelinsky et Chowra Makaremi, une enquête sur le confinement des étrangers, aux Editions du Croquant ; La Tuerie d’Ehden, de Richard Labevière, chez Payard ; par l’association Survie, Complicité de la France dans le génocide des Tutsis au Rwanda, chez l’Harmattan ; Alaa Aswany, J’aurais voulu être égyptien, chez Actes sud ; Elias Sanbar, Les Palestiniens. La Photographie d’une terre et de son peuple de 1839 à nos jours, chez Hazan ; Raphaël Confiant, Ténèbres extérieures, chez Gallimard…
Bonne lecture, bonne résistance, et n’hésitez pas à faire un tour à la librairie, 4 Villa Compoint, 75017 Paris, métro Guy Môquet. Quant aux petits crétins, qu'ils sachent que les livres sont plus forts qu'eux.

21:16 Publié dans droits de l'homme | Lien permanent | Commentaires (18) | Envoyer cette note | Tags : culture











