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déficits

  • Euro : Les banquiers n’ont pas tous les torts

    equilibre.jpgIl y a un an, c’était le grand crack. Les Etats avaient cherché du fric tous azimuts, empruntant des sommes colossales. Le système avait tremblé, mais avait tenu. On dessinait déjà les plans d’un nouveau capitalisme, avec des banquiers faisant de vrais prêts pour de vraies affaires, avec des taux correspondant juste pile poil aux risques qu’ils prennent. Et bien sûr, leurs rémunérations devenaient sages.

     

    Un an plus tard, le même scénario se dessine sous nos yeux. Jusqu’où cela ira-t-il ? Le système tiendra-t-il ? Et à quel coût ? Ce weekend, nos dirigeants ont travaillé dur à Bruxelles, et les ministres des finances sont encore à pied d’œuvre ce dimanche soir en attendant l’ouverture des premiers marchés en terre asiatique. Il sera tôt demain, et on attendra les nouvelles : Tokyo, et son décisif indice Nikkei, mais aussi Hong-Kong, Taiwan, Seoul, Singapour et Sydney. C’est le village planétaire de la finance,…dont nous ne sommes pas les héros.

     

    La réponse européenne, c’est d’abord le soutien affiché à la Grèce, mais c’est aussi un pari vu l’ampleur de la cure imposée aux Grecs. C’est ensuite ce fonds européen de gestion de crise : la commission peut s’endetter jusqu’à soixante milliards d’euros, avec la garantie des Etats-membres, et les fonds empruntés sont prêtés aux Etats dans le besoin, à un niveau tel qu’ils puissent se défendre face aux spéculations à la perte.  equilibriste.jpg

     

    Bon, c’est sûrement très compliqué, mais c’est ni plus ni moins une garantie de caisse. Justement ce qu’on avait refusé d’instaurer dans le Traité européen, pour inciter les pays de la zone euro à une saine gestion. Oui, mais bon : nécessité fait loi.

    Pour créer ce fonds, car tout passe par le droit, on a recours à l'article 122-2 du Traité européen qui  prévoit : « Lorsqu'un État membre connaît des difficultés ou une menace sérieuse de graves difficultés, en raison de catastrophes naturelles ou d'événements exceptionnels échappant à son contrôle, le Conseil, sur proposition de la Commission, peut accorder, sous certaines conditions, une assistance financière de l'Union à l'État membre concerné ». Nous voici au moins blindés juridiquement. Blindés ? Rien n’est moins sûr. Car l’objet de ce texte n’est pas d’instituer un fonds monétaire européen qui  n’ose pas dire son nom. Ce système existe pour les pays européens hors zone euro, mais il avait été écarté pour la zone euro, au motif que la condition de la stabilité de la monnaie commune était la rigueur budgétaire. Le cap était clair. Il fallait que les Etats limitent le recours à l’emprunt pour ne pas se mettre à la merci des mouvements bancaires, qui n’ont rien d’altruistes. On est loin de cette rigueur, ce qui justifie la lecture très compréhensive de l’article 122-2, et montre que tous les torts ne sont pas du côté des banques.

    posture_equilibre.jpgLa gestion publique ne résume pas la crise, loin de là. Mais sur ce plan, c’est tout de même très mauvais.

    La référence, c’est 3% du produit intérieur brut PIB. Un chiffre qui peut être discuté, qui est trop quantitatif et pas assez qualitatif, certes. Mais ces débats sont loin.  Pour 2009, le déficit public français (Etat, comptes sociaux, collectivités locales) a atteint 7,9 % du PIB.  138 milliards d'euros ! Un chiffre à mettre en relation avec l’immense effort européen qui crée de fonds de secours de 60 milliards...  Le montant total de la dette ne devait pas excéder 60% du PIB. Fin 2009, nous en étions à 77,6%, soit un montant de 1 489 milliards d’euros, en hausse de 31,7 milliards pour le dernier trimestre. Cela représente des intérêts à payer pour plus de 55 milliards d’euros par an. C’est-à-dire un peu plus que le produit de l’impôt sur le revenu. Alors, s’il n’y a pas lieu d’être un psychomaniaque de l’équilibre budgétaire, le constat est que les finances publiques filent, et renforcent notre dépendance à l'égard des banques. Et la France n'est pas le pays le plus mal loti.

    Les finances sont faibles, mais le pouvoir est fort… On aimerait. Je passe sur la prise de décision en Europe, avec la triple présidence d’Herman Van Rompuy, de José Manuel Barroso et de José Luis Zapatero. Limpide et efficace ! Et les Etats ? Gordon Brown débarqué et l’alliance des vainqueurs qui peine à se former, Angela  Meckel en minorité au parlement, les belges sans gouvernement, Berlusconi lunaire et Sarko à 30% !

    Bon, allez les amies et les amis, pas de déprime. L’Europe a des atouts, une vraie force économique, et c’est une grande société…  En somme, il y a une Europe vivante, mais avec des finances en vrac et des gouvernements au sanatorium.

    On s'accroche, ça va passer...

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  • TVA : Enfumage dans les restos

    activite05_big.jpgLe 1er juillet, la TVA sur la restauration est passée de 19,6% à 5,5%. Ca allait être un truc magique, avec que des avantages.  Prenons le plat du jour à 10€ hors taxe. Vous étiez habitués à payer 12€, soyons précis 11,96€. Et bien, le prix n’allait plus être que de 10,55€. Aucun intérêt pour le patron, qui de toute façon reverse la TVA, et reste avec ses dix en poche. Alors pourquoi le secteur de la restauration se battait-il ? Et bien pour votre bonheur et celui de ses salariés ! Pour vous, car c’est 1,41€ de moins à payer. Si les patrons laissaient le prix à 11,96€, ce n’était pas pour gratter au passage les 1,41€. Non, avec cette aisance retrouvée, ils allaient embaucher comme des fous, et augmenter les salaires. Ambiance dans les bistrots !

     

    Il faut dire que du côté du Gouvernement, ça ne rigolait pas. Tous ces beaux engagements ont été consignés dans un « contrat d'avenir » signé le 28 mars, entre Hervé Novelli, secrétaire d'Etat chargé du Commerce, de l'Artisanat, du Tourisme et des PME, Christine Lagarde, ministre de l'Economie, et neuf organisations professionnelles.

     

    Résultat des courses, fourni par l’INSEE aujourd’hui : depuis le 1er juillet les prix ont baissé de 1,3% dans les restaurants et de 0,7% dans les cafés. Au lieu de 14,1%. A peine un établissement sur deux a fait un geste, si minime soit-il. Et comme quelques uns ont joué le jeu au centime près, cela signifie que la masse n’a rien fait de sérieux.

     

    Coût de l’opération pour le Trésor : 2,4 milliards. Dans le même temps, on apprend que pour le premier semestre 2009, le déficit budgétaire est déjà de 86,2 milliards, soit plus élevé de 30 milliards que celui de l'ensemble de 2008. Vertigineux.

     

    Je compte sur Novelli et Lagarde pour préparer un nouveau « contrat d’avenir », celui de mars étant déjà du passé.

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    Séminaire gouvernemental sur le contrat d'avenir
  • Gestion Sarkozy : Ca part en live

    326672.jpgComme le Parti socialiste semble manquer d’imagination pour la campagne des européennes, je lui suggère de recycler en tract le rapport de synthèse de la Cour des comptes publié hier sur la gestion budgétaire de l’Etat pour 2008.

     

    Commençons par le déficit. Je ne reviens pas sur les mâles engagements pris pendant la campagne : la dette était notre ennemie, la France vivait au dessus de ses moyens, il était irresponsable de faire supporter nos faiblesses par les générations futures…

     

    Résultat : « L’exercice 2008 s’est achevé avec un déficit budgétaire de 56,3 Md€, en augmentation de 47 % par rapport à celui de 2007 (38,4 Md€). » Cette somme est énorme : elle représente 25,4 % des recettes nettes. Application pratique : vous disposez de 75€ de revenus, et vous en dépensez 100. Elle est pas belle, la vie ? Et encore ce chiffre de 56,3 Md€, est en réalité supérieur de 5,9 Md€, soit un total de 62,2 Md€. Pourquoi ? Ces 5,9 Md€ sont des dettes exigibles au cours de l’exercice budgétaire 2008 et que l’Etat tout simplement n’a pas payées !

     

    Les causes de cette misère gestionnaire ? C’est la crise me direz vous, et le gentil Nicolas nous protège. Et bien, ce n’est pas ce qui ressort du rapport de la Cour des comptes.

     

    « La dégradation du solde enregistrée en 2008 est le résultat des effets cumulés d’une baisse marquée des ressources nettes de l’Etat (4,6 %) et d’une croissance soutenue de ses dépenses. »

     

    Regardons donc les deux aspects.

     

    S’agissant des dépenses, le Gouvernement avait dit qu’elles n’augmenteraient pas en volume. L’objectif était de +1,9 %, soit la masse augmentée du taux d’inflation. Bilan : l’augmentation des dépenses du budget de l’Etat a été de 3,4 %. Pratiquement le double.

     

    Les recettes nettes de l’Etat sont en retrait de 11,2 Md€ par rapport à 2007. La crise, encore ? Pas vraiment : « A elle seule, la poursuite de la politique d’allègements fiscaux a induit en 2008 une diminution de recettes de 7,6 Md€. » Vous vous rappelez la fameuse loi TEPA du 21 août 2007, le bouclier fiscal et autres salades qui allaient dynamiser l’économie… La Cour a fait les comptes : perte nette de 7,6 Md€. Nous sommes vraiment gouvernés par des génies.

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