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détention

  • Remis en liberté pour une panne de fax

    logo1.gifC’est une affaire qui avait marqué l’opinion. Lors de la nuit de la Saint-Sylvestre 2011, Claudy Elisor, un père de famille de 33 ans et DJ amateur, organisait un réveillon au Blanc-Mesnil. Un type s'était présenté, non invité et pénible, et Claudy lui avait refusé l’entrée. Le type était allé chercher du renfort, il était revenu pour régler son compte à Claudy, qui avait été lynché et laissé mort.

    Un homme, reconnu par des témoins, s'était livré à la police, se sachant recherché, pour être mis en examen pour meurtre et écrouée. En novembre 2012, un second avait été arrêté, et également mis en examen et écroué.

    Le principal accusé contestait les faits, et avait déposé maintes demandes de mise en liberté, toutes refusées. On ne connait pas les motifs, mais on les devine bien : la gravite des faits en cause, les nécessités de l’enquête, le risque de pression sur des témoins, et une absence de garantie de représentation, l’intéressé étant de nationalité malienne, et susceptible de disparaître des écrans radars s’il était remis en liberté.

    En octobre 2013, le juge d’instruction avait clôt l’instruction, et les deux suspects avaient été renvoyés devant la cour d’assises de Bobigny, pour un procès fixé en mai. Le principal accusé était alors en détention depuis janvier 2011.

    Pendant cette période, le mandat de dépôt peut être prolongé par épisodes réguliers, ce qui avait été fait notamment le 26 juin 2013. Le détenu avait fait appel, par fax depuis la maison d’arrêt, et dans cas, le dossier est transmis à la chambre d’instruction qui doit se prononcer dans les vingt jours de sa saisine, faute de quoi la personne est mise d'office en liberté.

    shutterstock_99030212-sorry-were-closed1.jpgMais problème : la cartouche d’encre du fax du TGI de Bobigny était vide, et l’acte d’appel est arrivé comme une feuille blanche. Aucune indication, et la demande n’a pas été traitée. Vingt jours plus tard, le détenu a demandé à être remis en liberté, au motif que la détention était devenue arbitraire.

    Lors d’une première audience, la chambre d’instruction, reprenant l’analyse du parquet, avait estimé que la panne du fax était un évènement imprévisible et insurmontable, et avait rejeté la demande de mise en liberté.

    Saisie par le détenu, la Cour de cassation a estimé l’affirmation trop rapide, et avait renvoyé le dossier devant la chambre de l’instruction, demandant qu’une enquête soit menée pour déterminer si oui ou non, la panne était « imprévisible et insurmontable ». Et cette preuve n’a pu être rapportée si j’en crois cette déclaration du procureur de Bobigny, confirmant qu'un « fax défectueux a empêché la transmission de l'appel à la cour d'appel de Paris dans les délais légaux », et expliquant ce dysfonctionnement par «la rupture de stock des toners du fait de l’absence de contrat de maintenance du fax compte tenu de son ancienneté ».

    Le détenu a été libéré le 5 février. Le procès d’assise reste maintenu reste fixé au mois de mai, et l’accusé comparaîtra libre. La procédure reste intacte, mais évidemment le risque est que l’accusé lève les amarres.

    Hier soir, la veuve était présente sur le plateau de BFM TV, perdue. Son désarroi était poignant.

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  • La Justice a retrouvé un ministre ! Et c'est une ministre !

    L’entretien de Christiane Taubira à Libération est une républicaine surprise. On a retrouvé un ministre, un vrai.

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    Allégorie de la Justice, Gaetano Gandolfi, entre 1760 et 1762, Musée du Louvre

     

    Taubira a-t-elle tort ou raison ? On verra, mais ce n’est pas le plus important. Ce qui marque, c’est que le ministère est piloté par un Ministre, qui prend le temps de travailler avant de faire des déclarations, qui défend la qualité du travail de ses services et qui prend des positions politiques fortes. Tout çà, c’est nouveau et inattendu car bien loin des miasmes sécuritaires de la campagne de la Gauche Molle.   

    Un ministre de la Justice, un vrai !

    Des trois ministres de la Justice du quinquennat Sarko, aucun n’a réellement exercé la fonction car tout se décidait entre le conseiller justice de l’Elysée et le cabinet du ministère de l’Intérieur. Le ministère de la Justice voyait passer les plats,… quand il les voyait passer ! 

    Il faut dire, aussi, que nous avons eu de grands visionnaires, très qualifiés pour le job.

    Dati était reine pour différencier une robe Hermès ou Chanel, mais après trois ans de fonction elle ne faisait toujours pas la différence entre un procureur et un préfet.

    MAM n’a rien fait, à part montrer ses talents pour la défiscalisation en Tunisie via les SCI familiales.

    Quand à Mercier, le raminagrobis du groupe centriste au Sénat, il a incarné, à merveille, le vide. Notamment lorsque les policiers manifestaient à Bobigny contre une décision de justice. Ou quand Guéant, ministre de l’intérieur, commentait en direct l’affaire Merah, alors qu’une instruction judiciaire avait été ouverte.

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    Allégorie du Triomphe de la Justice, Jean-Baptiste Jouvenet (1644-1717), Petit Palais

     

     

    Et le programme de la  Gauche Molle ?  

     

    C’était une pitié, avec dans le rôle-titre l’ex-futur ministre Vallini, qui programmait une table ronde dès qu’un journaliste lui posait une question et qui alimentait à tour de bras l’insensé discours sécuritaire de son maître de pensée, Sarkozy Nicolas.

     

    Incapable de poser un principe d’analyse, et c’en était à rire : « Oui, nous allons changer cela, mais avec des aménagements, après discussion, dans le consensus, et sous conditions, et sans braquer l’électorat hostile, et patati, et patata… ». Leur trouille ? Se faire taxer de « laxisme » ou « d’angélisme », par ceux qui ont laissé exploser les chiffres de la délinquance et qui ont perdu toutes les élections en cinq ans.  Sans réflexion sur la fonction judiciaire, ils étaient à poils devant la moindre critique.

     

    En figure de proue, la délinquance des mineurs car pour tous ces poltrons de l’avenir, la jeunesse est une menace. Aussi le normal Hollande François dans son programme d’acier avait prévu de doubler les centres éducatifs fermés (CEF), car les p’tits jeunes, ils allaient trembler avec la Gauche Molle, et pas l’inverse ! Il faut dire que voir la Gauche Molle trembler, ce n’est pas un spectacle pour les enfants.

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    La Justice et la Vengeance Divine poursuivant le Crime, Pierre-Paul Proud’hon, entre 1815-1818,

    Musée de l’Hôtel Sandelin, Saint-Omer

     

    Les déclarations de Christiane Taubira

     

    Les centres éducatifs fermés

     

    « Il faut sortir du fantasme CEF. Il faut arrêter de dire que c'est LA solution. Aujourd'hui, on place en CEF des jeunes car, parfois, il n'y a pas d'autres offres de placement. On ne va quand même pas en construire d'autres pour légitimer ce contresens ».

     

    Excellent. Un CEF, un centre fermé qui n’est pas une prison, est un élément important du dispositif mais il ne correspond qu’à l’un des besoins, celui des situations limites, et il était inadmissible de voir la Gauche Molle en faire son point phare.

     

    Ce d’autant plus que comme les budgets ne suivent pas, il ne s’agit pas de construire (et équiper en personnel) des CEF mais de transformer des centres ouverts en centres fermés ! Ainsi, des primo-délinquants se trouvent, par manque de place, en CEF.

     

    Aussi, et comme les expériences sont diverses, le ministère va évaluer. Mais dire qu’on évalue avant de foncer, c’est une traitrise pour les allumés de l’UMP. C'est vrai que si on évaluait l'UMP, ça ferait des dégats.

     

    La ministre a tout à fait raison de rappeler les succès du service socio-éducatif milieu ouvert : 80% de non-récidive. Qui dit mieux ? Aussi, elle annonce un renforcement des effectifs. C’est la seule solution de sagesse, car vis-à-vis de mineurs, rien ne peut se faire sans le rapport humain.

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    La Clémence et la Justice, Louis Jean-René Lagrénée, 1765

    Musée National du Chateau de Fontainebleau

     

     

    Les courtes peines

     

    «Il y a des années que l'on sait que la prison génère de la récidive, c'est presque mécanique. Il faut arrêter ! Ça désocialise, ça coûte cher et ça fait de nouvelles victimes.»

    Polémique ? Voici ce qu’en dit une étude faite par l’Administration pénitentiaire en mai 2011 à partir des dossiers de 7000 détenus, en examinant la situation 5 ans plus tard. Dédié à tous nos bons amis de l’UMP.

     

    -          Parmi les personnes ayant purgé une peine inférieure à 6 mois, 62% avaient récidivé.

    -      Pour celles ayant effectué entre un an et moins de deux ans, le taux est de 64%.

    -      Seulement 37% des détenus ayant purgé une peine de cinq ans et plus avaient récidivé.

     

    Oki ?

    La prison comme seule solution…

    C’est un problème de désintoxication de l’opinion : «La droite a fait croire à l'opinion publique qu'en enfermant de plus en plus, n'importe comment et pour n'importe quoi, on assurait sa sécurité. L'opinion a été totalement endoctrinée par des informations partisanes.»

    La ministre poursuit : « La surpopulation carcérale est directement lié à la politique pénale menée ces dix dernières années par la droite. Elle est inacceptable et dangereuse, et des consignes vont être données aux parquets pour freiner le recours aux peines planchers et aux courtes peines de prison, susceptibles d'être remplacées par des peines alternatives.»

     

    Le démantèlement des campements de Roms ?

     

    La réponse tient en quelques mots : «C'est une question pour Manuel Valls? Allez place Beauvau. Là, on est place Vendôme.»

     

    Cette fois-ci, c’est sûr : on a retrouvé un ministre de la Justice, garde des Sceaux. Et c'est une ministre.

     

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    Allégorie de la Justice et de la Paix, Corrado Giaquinto, 1753, Collection privée

  • La CEDH condamne la détention de sûreté

    détention,juge,peine,santé mentaleLa détention de sûreté – rester détenu après la fin de la peine – est contraire au droit. Par un arrêt de ce 24 novembre (O.H. c. Allemagne, n° 4646/08), la CEDH condamne à nouveau l’Allemagne, qui il est vrai a depuis changé cette législation. La loi française, votée par une UMP en furie et validée par un Conseil constitutionnel en lévitation, est carbonisée avant d’avoir été appliquée. Bonne nouvelle.

    La CEDH avait été saisie par un citoyen allemand, né en 1952, et placé en détention de sûreté dans la prison de Straubing.

    En avril 1987, alors qu’il avait été condamné plusieurs fois auparavant, O.H. s’était retrouvé  poursuivi pour deux tentatives de meurtre devant le tribunal régional de Munich. Les experts avaient dit qu’il souffrait d'un trouble de la personnalité, mais qui ne pouvait être qualifié de pathologique. Reconnu pleinement responsable, O.H. avait été déclaré coupable et avait été condamné à neuf ans d'emprisonnement. Mais le tribunal avait ordonné en plus son placement en détention de sûreté.

    En novembre 1996, après avoir purgé la totalité de sa peine, il a été placé en détention de sûreté dans un établissement psychiatrique. Cependant, il refusait toutes les thérapies, et en 1999, le tribunal a dit que la détention de sûreté s’effectuerait en prison, dans une aile distincte prévue à cet effet.

    En octobre 2006, le tribunal, siégeant au titre de l'exécution des peines, a ordonné le maintien en détention de sûreté, au motif qu'O.H. risquait de commettre de nouvelles infractions graves s'il était libéré.

    Le détenu a formé des recours en droit interne, tous rejetés  au vu de l'article 67 d § 3 du code pénal qui prévoyait que la durée de la première période de détention de sûreté d'un condamné pouvait être prolongée indéfiniment.

    La CEDH examine le bien fondé de la privation de la liberté sous deux angles : nécessité liée à la santé mentale, et risque de récédive. détention,juge,peine,santé mentale

    A supposer que soit établi la réalité du trouble mental, la Cour constate qu’O.H. est incarcéré dans une aile séparée de la prison de Straubing pour les personnes en détention de sûreté.

    Or, l'internement pour raisons de santé mentale n'est régulier que s'il a lieu dans un hôpital, une clinique ou un autre établissement adéquat.

    D’ailleurs, et depuis, la Cour constitutionnelle fédérale allemande, dans un arrêt de principe rendu le 4 mai 2011 sur le prolongement de la détention de sûreté, a dit que chaque personne en détention de sûreté devait être traitée avec le plus grand soin. Elle a également jugé que les détenus devaient se voir offrir une thérapie individualisée si les thérapies standard au sein de l'établissement n'avaient aucune chance de succès.

    Aucun traitement adapté n'ayant été proposé à O.H., sa détention ne peut être justifiée sur ce plan.

    Vient le second point. Le gouvernement allemand soutenait que le maintien d’O.H. en détention de sûreté avait été ordonné au motif qu'il y avait toujours un risque qu'il commette des infractions graves. Or, dit la Cour, il n’y a pas de lien de causalité suffisant entre la condamnation d’O.H. par la juridiction de jugement et la privation de liberté continue que constitue sa détention de sûreté au-delà de 10 ans. La Convention ne permet pas à un État de protéger les victimes potentielles de faits délictueux par des mesures qui, en elles-mêmes, violent les droits conventionnels de leur auteur putatif.

    La belle loi Sarkozy-Dati du 25 février 2008 – du temps où ils s’aimaient – tombe aux oubliettes. Bon débarras.

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    Il y a "loi " et "loi".

  • Exécution des peines : Un système aberrant

    amouyal-jean-yves-1958-les-pieds-sur-terre-2025429.jpgEntre 97 000 et 102 000 peines de prison ferme non exécutées et 80 à 89 000 peines en attente d’exécution au 31 mars 2011 : c’est la politique Sarkozy, et on applaudit ! Vive la loi, vive la République. En attendant, il faut leur remettre les pieds sur terre…

    Qui peut banaliser ces chiffres ? Le prononcé de la sanction pénale est devenu un leurre : le tribunal dit une chose « au nom de la loi, le tribunal vous condamne à… », et la condamnation effective n’a rien à voir car s’applique l’article 723-15 du Code de procédure pénale, issu de la loi 2009-1436 du 24 novembre 2009. Loi signée par deux grands poètes contemporains, Nicolas Sarkozy et Rachida Dati.

    « Les personnes non incarcérées, condamnées à une peine inférieure ou égale à deux ans d'emprisonnement ou pour lesquelles la durée de la détention restant à subir est inférieure ou égale à deux ans, ou pour lesquelles, en cas de cumul de condamnations, le total des peines d'emprisonnement prononcées ou restant à subir est inférieur ou égal à deux ans bénéficient, dans la mesure du possible et si leur personnalité et leur situation le permettent, suivant la procédure prévue au présent paragraphe, d'une semi-liberté, d'un placement à l'extérieur, d'un placement sous surveillance électronique, d'un fractionnement ou d'une suspension de peines, d'une libération conditionnelle ou de la conversion prévue à l'article 132-57 du code pénal. Les durées de deux ans prévues par le présent alinéa sont réduites à un an si le condamné est en état de récidive légale ».

    C’est donc très clair. Tu es condamné à deux ans de prison ferme, mais tu es libre le jour du jugement. Alors, « si la photo est bonne » comme chantait Barbara, tu bénéficies d'une semi-liberté, d'un placement à l'extérieur, d'un placement sous surveillance électronique, d'un fractionnement ou d'une suspension de peines, d'une libération conditionnelle.Donc la peine prononcée, c'est une base discussion.

    Une belle couillonnade, et une couillonade légiférée, ce qui est rare.Staff%20-%20Les%20Pieds%20Sur%20Terre%20Pochette%20CD.jpg

    D’un côté, il y a le discours, de haute portée philosophique : « Nous allons vous débarrasser de la racaille ». Quand je pense que le France que nous adorons, celle dont l’histoire parle au monde, ce pays qui a tant fait pour les idées et les libertés a choisi de voter pour l’ahuri capable de tenir de tels discours… Je veux bien critiquer Sarko, mais je serais incohérent si je ne critiquais pas ceux qui ont adhéré à ces propos frelatés.

    De l’autre côté, il y a la réalité la plus triviale, à savoir le nombre de places en prison. Après un grand effort de construction ces dernières années, on atteint 56 150 places disponibles, et le nombre de détenus est de 64 584. Voilà toute l’ampleur du problème. Si vous mettez à exécution demain  les peines de prison ferme  prononcées par les tribunaux, on se trouve à plus de 150 000 détenus. Soit  trois fois plus que le nombre de place disponibles. Une situation à la russe.

    Aussi,  Dati se fiche du monde quand elle évoque sa bénie loi de novembre 2009 et les grands engagements de Sarko : « Ce qui me gêne dans ce rapport, c’est de remettre en cause les engagements du président de la République, ceux que j’ai mis en œuvre ». Il n’y a jamais eu la moindre intention de s’engager dans une véritable politique pénitentiaire. Le seul objet de la loi était de légaliser le double langage : percuter de peines de prison tout ce qui bouge, et trouver des palliatifs législatifs pour ne pas exécuter ces peines. Indécent.

    A Gauche, c’est la même débandade devant les réalités.

    359479.jpgMosco, le porte-parole qui n’a plus de parole à porter, prépare sa primaire pour négocier un bon ministère à Hollande. « Si on a une police sous pression, on a aussi une justice sous pression, une justice à qui on ne donne pas les moyens de faire son travail ».  Ah oui ? Précise ta pensée, si ça ne te colle pas la migraine... C’est quoi  « les moyens de faire son travail » : moins de peines, ou plus de places en prison ? Allô ?... Aucune réflexion. T'as raison: ça te fatiguerait.

    Ségolène Royal, médicalement vivante, propose que les jeunes délinquants soient encadrés militairement.  Encadre tout ce que tu veux, mon cœur, mais le problème est différent. Tu ne réponds pas à la question. Tu fais quoi des peines non exécutées ? Tu entaules dans les casernes de La Rochelle ? Tu changes la loi pour arrêter la pénalisation de la vie sociale ? Allô ?... Vide sidéral.

    Et voici se précipitant vers un micro charitable financé par le RSA, mon préféré, l’idole des jeunes et la vedette des banlieues, l’ineffable Jean-Jacques Urvoas, Monsieur Sécurité du « Parti Socialiste » : « La droite cherche encore une fois des boucs émissaires pour dissimuler son échec dans la lutte contre l'insécurité ; avant-hier, c'était les 35 heures dans la police, hier les immigrés, aujourd’hui les juges. » Wahou, c’est chaud, mon Jeannot ! Un petit truc… Es-tu d’accord pour réformer toutes les lois idiotes qui autorisent des peines de prison au max ? Allô ? J’attends ta réponse. Au lieu de faire le dindon, réponds : es-tu prêt, devant l’opinion et les électeurs, à prendre l’engagement d’abolir ces lois répressives ?  Je sais que tu n’es pas prêt. Pas de problème. Mais alors, merci de nous dispenser de tes discours aussi creux qu’alambiqués. Dégage.

    Pour ma part, mon avis de président de la République du blog est bien clair. Les lois répressives sont en surnombre, et les tribunaux prononcent des peines inutiles, qui font du mal aux personnes sans rien apporter à la société. Il faut :

    - bloquer à 50 000 le nombre de places en prison,

    - supprimer la loi sarkozienne sur la récidive,

    - abroger toutes les lois qui confondent  « sécurité » et « peur »,

    - revoir toutes l’échelle des peine,

    - amnistier les 100 000 personnes condamnées à de la prison dite ferme, mais en réalité aléatoire.

    Ainsi, la loi ne sera plus un coussin pour les velléités électorales. Le respect de la loi, une autre époque.

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    Vous vouliez ma photo ? ... C'est fait !
  • La France condamnée pour le recours abusif au menottage

    1985_52_2.jpgMister Chouchou des sondages avec des menottes… Miss Guigou, en survie politique artificielle depuis une bonne dizaine d’années, a juste eu le temps de se refaire un casque blond impec, pour venir pleurer sur les plateaux.  Notre MAM de Gauche  a sorti ses griffettes pour dire que la justice française était bien mieux que l’US.

     

    Mieux ? C’est n’est pas vraiment le point de vue de la CEDH, qui ce 25 mai 2011 (n° 19868/08) a condamné la France pour un recours abusif au menottage, qualifié de traitement inhumain et dégradant.

     

    C’est l’affaire d’un ignoré des sondages, Michel D., condamné pour viol à 15 ans de réclusion en 2002

     

    Michel D. est porteur d’une prothèse à la hanche et a du se rendre à plusieurs reprises à l’hosto pendant sa détention. Or, c’était toujours le même cinéma : Michel D. était menotté aux poignets et entravé aux chevilles pendant le transport et la consultation, et à plusieurs reprises dans le dos. En 2005, lors d’un examen urologique, les deux surveillants avaient refusé de sortir malgré la demande de Michel D. qui devait subir un toucher rectal.

     

    Michel D. avait contesté ces procédés humiliant devant le Conseil d’Etat, qui l’avait dégagé le 15 octobre 2007, en visant « les risques sérieux d’évasion ou de trouble à l’ordre public ». Le Conseil d’Etat aurait du mieux se renseigner, car, à dire vrai, le risque d’évasion pendant un toucher rectal est objectivement assez limité. Si nécessaire, on peut faire un croquis.

     

    Et nous voici devant la CEDH

     

    Pour la CEDH, le port des menottes doit être lié à une détention légale, pratiqué sans usage de la force et sans exposition publique « au-delà de ce qui est nécessaire ». La limite, c’est l’appréciation du risque de fuite ou de blessure, ainsi que le contexte en cas de transfert et de soins médicaux en milieu hospitalier (Mouisel, no 67263/01 ; Filiz Uyan no 7496/03). Aussi il faut de solides arguments pour justifier l’usage des entraves pendant les consultations médicales (Henaf, no 65436/01) ou lors d’un transfert d’un détenu vers un hôpital est aussi critiquable.41okc7r+B5L__SL500_AA300_.jpg

     

    La France a soutenu que les mesures prises – entraves au pied, menottes pendant le transport et les actes médicaux et présence permanente des surveillants, y compris pendant les examens – étaient nécessaires du fait de la nature de la peine infligée au requérant, de sa forte corpulence, de la possession de toutes ses facultés physiques et de sa personnalité très revendicative. Or, rien dans le dossier n’établissait un risque particulier d’évasion. Selon un psychiatre « la dangerosité pour autrui et le risque de fuite sont également peu étayés ».

     

    Bref dit la Cour, les mesures de sécurité ont primé sur l’intimité et la confidentialité du patient.

     

    Et allez, encore un Valda pour la France devant la CEDH. Cette condamnation est d’autant plus justifiée que dans son rapport sur la France de 2004, le Comité de Protection contre la Torture (CPT) avait recommandé que tous les soins médicaux soient effectués hors de la vue du personnel d’escorte.

    Allô,  MAM Guigou, tu m’entends ?…

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