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de gaulle

  • Le conflit Israël Palestine analysé par Charles de Gaulle

    Autres temps, autres enjeux, autres personnalités… Le 27 novembre 1967, lors d'une conférence de presse à l'Élysée, le général de Gaulle dresse à grands traits les axes majeurs de la politique internationale française. A la question d'un journaliste qui lui demande son avis sur la situation au Proche-Orient (six mois après la guerre des Six-Jours), de Gaulle répond par une analyse géostratégique et historique, puis expose la politique française dans la région.

    http://www.youtube.com/watch?v=sFy2lDpE12U

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  • La France était le meilleur soutien de l’apartheid en Afrique du Sud

    Une polémique à deux balles met en cause l’attitude du Front National vis-à-vis de l’Afrique du Sud. Jean-Marie Le Pen expliquait, au moment de la libération de Nelson Mandela, que l’évènement ne l'avait «ni ému, ni ravi», en raison d'«une espèce de méfiance à l'égard des terroristes quel que soit le niveau auquel ils se situent ». De la vieille carne raciste… afrique du sud,nucléaire,armes,de gaulle

    Mais ce serait une grave erreur de focaliser sur Le Pen, et le rappel de quelques points d’histoire montre que tout le sytème était pourri. La France gaulliste, puis giscardienne, a été le meilleur soutien de l’Afrique du Sud du temps de apartheid. Eh oui.

     

    Le tournant de l’Onu de 1963

    Les Nations Unies se sont ouvertement engagées dans la lutte contre l’apartheid en Afrique du Sud à partir de 1963, par deux actes.

    Le premier est la résolution 181 du 7 août 1963 du Conseil de sécurité appelant tous les États à arrêter la vente et la livraison d'armes, de munitions et de véhicules militaires à l'Afrique du Sud.

    Le second est la résolution 1899 (XVIII)  de l’Assemblée générale du 13 novembre 1963 qui engage instamment tous les États à s'abstenir de fournir du pétrole à l'Afrique du Sud.

    C’est-à-dire qu’à partir de ce moment-là, il ne pouvait plus exister de doute sur la nature raciste et criminelle du régime, et ce en particulier pour la France, membre du Conseil de sécurité, et omniprésente en Afrique, gérant par ses réseaux son ancien empire.

    Or, la France va tout simplement s’opposer à l’ONU pour soutenir les racistes. Les bases du deal faisait partie des choix essentiels du général de brigade à titre temporaire De Gaulle Charles : tout  est bon pour assurer la maîtrise du nucléaire.

     

    De Gaulle bafoue l’ONU, ignore le crime et soutient l’apartheid

    sans-titre.pngLe deal gaulliste était simple : la France ignore l’embargo sur les livraisons d’armes à l’Afrique du Sud, et en contrepartie, l’Afrique du Sud fournit à la France l’uranium à usage civil et  militaire nécessaire pour le développement de sa production énergétique et la mise à niveau de sa force de frappe.

    L’uranium sud-africain a été la condition de la réussite du nucléaire français.  Acheté hors du contrôle de l’Agence Internationale de l’Energie Atomique, via sa filiale la COGEMA, le CEA a ainsi bénéficié de livraisons d’uranium pour 1000 tonnes par an, pendant plus de dix ans, un apport considérable, représentant la moitié des besoins.

    Les contreparties ont été doubles.

    D’abord, les ventes d’armes. Ces années ont été celles d’un flux constant de livraison de matériel militaire, malgré les résolutions que la France avait votées à l’ONU !  L’Afrique du Sud était isolée, et le marché était trop tentant… Le gouvernement français se justifiait par l’argumentaire fatigué de la distinction entre les armes défensives et offensives… une blague éternelle, alors que l’Afrique du Sud cherchait en réalité l’expérience des militaires français dans les guerres d’indépendance. Sous De Gaulle et Pompidou, l’Afrique du Sud était le 3° client pour l’armement… Dassault et la SNECMA se sont gavés.

    Ensuite, le flux commercial. L’Afrique du Sud, prospère et maudite en Europe, a été une aubaine pour les entreprises françaises. En 1975, le Centre Français du Commerce Extérieur (CFCE) fait le bilan : « La France est considérée comme le seul véritable soutien de l’Afrique du Sud parmi les grands pays occidentaux. Non seulement elle lui fournit l’essentiel des armements nécessaires à sa défense, mais elle s’est montrée bienveillante, sinon un allié, dans les débats et les votes des organisations internationales ».

     

    Giscard accélère…

    Valery_Giscard1.jpgGiscard, élu en 1974, accepte avec enthousiasme cet héritage, multiplie les contrats d’armements, double les importations d’uranium dans le contexte du choc pétrolier…. et vend des centrales nucléaires par le contrat de Koeberg, en mai 1976. Mais, ce contrat est le coup de trop, et les réactions dans le monde obligent la France à abandonner l’Afrique du Sud, décidant en aout 1977 de rejoindre l’embargo sur les armes. Ce qui ne remet pas en cause les marchés en cours, dont deux sous-marins Agosta…

    Au service de cette complicité avec le crime, s’activait un puissant lobby, diabolisant la cause des Noirs en Afrique du Sud, mi-terroristes, mi-communistes… L’une des bases était le groupe parlementaire d'amités France Afrique, du Sud présidé par le gaulliste Raymond Schmitlein, et dont le président d’honneur était Pierre Raynaud, l’ancien président du Conseil.

    La présidence a ensuite été confiée au député Jacques Médecin, qui le 6 Juillet 1974, a signé le jumelage entre sa ville et celle du Cap. Le député communiste Virgile Barel avait interrogé le ministre de l’Intérieur, Michel Poniatowski, qui lui a répondu au Journal officiel du 10 aout 1974 : « Les jumelages entre communes françaises et étrangères sont actuellement à la seule initiative des collectivités locales, l'Etat n’ayant pas de responsabilité en la matière et n’intervenant ni pour autoriser les jumelages, ni pour les soutenir financièrement. Au surplus, une intervention des autorités de tutelle dans ce domaine serait incompatible avec la loi n° 70.1297 du 31 décembre 1970 sur la gestion municipale et les libertés communales »

    En 1974, le jeune VGE ne risquait pas de sanctionner Jacques Médecin, alors qu’il intensifiait la coopération avec le régime de l’apartheid. Mieux : en 1976, il nommait Médecin secrétaire d’Etat au tourisme.

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     La cellule depuis laquelle Nelson Mandela analysait la politique de la France

  • Qu’est-ce qu’on fiche encore avec de Gaulle ?

    XMR8OCATGLND8CAF3EXJ6CA05E2MKCA11HFIICALKV9VFCAJ2LWETCAJWJQ9CCAGSAVFHCAQ5FI03CAQIG4XACAPMTW34CACD1Z5KCA5O3FXSCA22A2O2CAWM7BLYCAVGF540CAZHRKEBCAC867WA.jpgQu’est-ce qu’on fiche encore avec de Gaulle ? Après les avenues et les giratoires, voici le Mémorial. Et 4000 m² s’il vous plait ! Il ne manque que le jumelage avec Vercingétorix.

    La France n’arrivera-t-elle jamais à se débarrasser de la tutelle du général de brigade à titre temporaire Charles de Gaulle ? Très franchement, cette religion républicaine reste une curiosité.

    Je vous rassure. Il m’est arrivé de lire des livres d’histoire, et je n’ignore pas tout de ce qui s’est passé autour du général de Gaulle à Londres, à partir de la mi-juin 1940. Je sais aussi deux ou trois choses sur les réussites du gouvernement de la France, après 1958. Figurez-vous qu’il m’est même arrivé de lire la constitution, et d’en apprécier les vertus. Oui, mais il n’est pas la peine d’insister, car ces choses sont très bien vantées, et les plumes flatteuses bataillent encore par légion entière. 6D79QCA1SYNEJCA2MG5B6CA34PP28CAA2CKXXCAO3GSQBCAA4QQ9CCAHR8V3VCAVMEH28CA3M8HVQCA6VLH95CA16IJZYCAOAFS94CADM0HVQCAH64Y6MCAXDXY81CA2111J0CA62FSJICAGEAFVO.jpg

    Ce qui me gêne davantage, ce sont les bilans faits d’une seule colonne. Ce que je déplore, c’est l’instrumentalisation glorieuse d’une histoire, pour masquer les misères. Ce qui me peine, c’est la stagnation de la pensée politique qui entend, à partir de cette fiction entretenue, marquer une spécificité française devant le monde. L’avenir par une pensée de droite assumée ? Pourquoi pas, et pourquoi pas non plus, par une pensée de gauche sereine ? Mais qu’avons-nous à faire de ces falbalas d’un destin gaulliste de la France ?

    Prenons le plus fameux. Tout ne m’émerveille pas dans l’action de de Gaulle depuis Londres. Loin de là. A commencer par cette volonté de refuser autour de lui toutes les personnalités qui traduisaient une continuité républicaine, et notamment Jean de Kerillis. Par ce choix de n’avoir rien entrepris pour libérer les célèbres prisonniers politiques de Pétain : Jean Zay, Georges Mandel, Paul Reynaud. Et puis, il y a cette réécriture de l’histoire sur son propre sort, dans les Mémoires de Guerre, en affirmant avoir été condamné à mort en août 1940 suite aux initiatives du ministre de la justice Raphael Alibert, alors que c’était sur le fondement de nouvelles poursuites engagées par le maréchal Pétain, le lendemain de sa prise de pouvoir. Epargner Pétain, en mentant avec les faits... Et les pratiques du pouvoir pour reprendre pied à Alger, et s’imposer. Bien sûr c’était la guerre, et la période était rude. Mais quand même ! Mystification ensuite d’une Libération qui devait tant aux Alliés, lesquels furent vite décrits comme des amis menaçants. Quel dommage.

    FKOR4CABHCMETCAXQRTECCAH09MLOCAYLRQSXCAIF2N2QCANZ0G73CATLU4D3CAEM0WPCCA4ASMYUCADNQELECA1IIL3FCANI7RFRCA7FCNRXCADOQ6D1CA31ZA7GCAZ6T6KRCAGE29NOCA2FR4QT.jpgLa gloire politique ? Les chemins les plus sombres, oui. Rejeté en 1946 du fait de son insupportable autoritarisme, le grand homme eut pour seul but d’organiser sa revanche, multipliant les coups bas contre la IV République, à partir ce cette arme qu’était le RPF, Rassemblement du Peuple Français. La cible première étaient les instituions en place : une grande aide pour un pays confronté à la reconstruction et la Guerre froide. Merveilleux esprit républicain aussi, par l’instrumentalisation de la cause algérienne. Ceci pour revenir – enfin – au pouvoir, en 1958, et en repartir onze ans plus tard, laissant le pays sans réponse après les traumatismes mis en lumière par Mai 68. Visionnaire de la décolonisation ? Mais la France est-elle le seul pays à avoir géré pendant cette période la fin d’un Empire ? Et d’autres n’ont-ils pas choisi des voies aussi méritoires, et plus efficaces à long terme ? 8M0DPCA25JGXVCA0M41M6CAO2ILDJCA30F0UZCASB76KKCAZEZPNNCA48XLALCASQXAG3CASN3A3XCAHONQXUCAXYGE75CAQG2DBVCA9IOP06CA5KIEEACAJLBW50CAONRPRDCAFNEME2CAGZKUJZ.jpg

    Le fait n’est pas dire qu’il n’y auarait eu que des erreurs et des échecs. Ce serait parfaitement idiot. Mais la gloriole du moment s’est transformée depuis en glorification, et là, ça tourne au ridicule. Il existerait ainsi une vision gaulliste du pouvoir. Comme cela, unique au monde, et rien pour nous, français de légende. Cette idée entretenue d’une France au dessus du lot est une catastrophe. Elle nourrit, encore, un nombrilisme pitoyable et redoutable dans ses effets, tant il empêche de voir le monde tel qu’il est. Notre histoire vaut celle des autres, arrêtons la fanfaronnade.

    Ce qui est le plus affligeant, c’est la religiosité actuelle autour des reliques. Pour affronter les défis de 2008, ceux d’un monde ouvert aux quatre vents, mobile, réactif, la droite garde la référence à l’homme de la centralisation et du pouvoir personnel, à celui qui faisait rêver d’une France faite d’un trait depuis les gaulois, blindée dans ses frontières, et regardant l’Europe de haut.

     Après une grosse intervention, un malade ne peut marcher sans ses béquilles. Soixante ans après, il peut remiser ses béquilles à la cave.images.jpg

     

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