11.08.2009
Tchétchénie : Encore deux responsables d’ONG abattus
Si les dictateurs étaient moins cons, ils étudieraient le droit avant de le combattre.
Si l’envie leur en dit, je les invite à voler – car ils ne savent pas acheter – une bonne encyclopédie du droit pour leurs douces vacances. Et je leur conseille dans le chapitre « histoire du droit » et à la rubrique « droits fondamentaux » de choisir la section « Le droits des peuples à disposer d’eux-mêmes ». Si cette lecture les a intéressés, ils pourront alors se rendre au chapitre « procédure et sanctions », à la rubrique « responsabilité pénale », pour étudier la section « les droits des détenus ». Ils verront que tout au long de ces pages, on parle d’eux, et que cette histoire du droit explique, textes et jurisprudences à l’appui, ce que sera leur destin.
La Tchétchénie, encore et toujours : deux nouvelles exécutions ce matin.
Hier, Zarema Sadoulaïeva et son époux Alik Djibralov, animateurs d'une ONG apportant aide médicale, soutien psychologique et aide à l'insertion à la jeunesse tchétchène, ont été pris en rapt par un groupe d’hommes armés, en uniforme. Tous deux ont été abattus. « Ce matin, dans le canton de Tchernoretchié à Grozny, ont été découverts les corps de Zarema Sadoulaeva et son mari. Ils ont été kidnappés hier à 14H00 (10H00 GMT) dans leur bureau », a déclaré aujourd’hui ce membre de la grande ONG Mémorial, Alexandre Tcherkassov.
Le 15 juillet, Natalia Estemirova, 50 ans, qui travaillait pour Memorial à Grozny, avait été enlevée et retrouvée tuée par balle quelques heures plus tard en Ingouchie. Un responsable de Mémorial, Oleg Orlov, a accusé le président tchétchène, Ramzan Kadyrov, d’avoir organisé cet assassinat.
Dans le même temps, devant le tribunal militaire de Moscou, se poursuit la farce qu’est le second procès des trois complices présumés de l'assassinat d'Anna Politkovskaïa. La précédente procédure avait été annulée par la Cour suprême, qui avait ordonné de rejuger l’affaire. La famille avait demandé une réouverture de cette instruction, demande appuyée par le procureur, mais le président du tribunal militaire de Moscou, Nikolaï Tkatchouk, a rejeté cette demande.
La Tchétchénie… Que ça semble loin ! Comme on aimerait croire au joli scénario d’un peuple un peu rebelle et qui s’est laisser manipuler par des séparatistes islamistes, qui voulaient détourner à leur profits les libertés que leur avait si généreusement offertes le brave soldat Boris Estine, qui allaient organiser la Tchétchénie en base pour déstabiliser tout le Causasse, et contaminer le Proche Orient. Mais oui, rappelez vous, nous étions tous menacés par les méchants tchétchènes.
La réalité beaucoup plus prosaïque est le mépris des peuples, l’atteinte aux droits les plus fondamentaux, et le recours à la brutalité criminelle. Avec ce petit jeu, les dictateurs ont toujours fait beaucoup de mal, mais ils ont toujours perdu. Ils n’auront pas la peau du peuple tchétchène.

10:56 | Lien permanent | Commentaires (3) | Envoyer cette note | Tags : tchétchénie, dictateur, démocratie, assassinat










