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  • Infirmière : De faux seins comme prime salariale !

    nurse-madge.jpgLes phantasmes – très masculins – sur l’infirmière charmante et délicieuse, avec une blouse un peu transparente contenant mal une généreuse poitrine s’invitent dans le réel. Ca se passe en République tchèque, et ce n’est pas banal. 

    La profession infirmière s’est dotée depuis deux directives de 1977 (Directives 77/452/CEE et 77/453/CEE du 27 juin 1977) d’un référentiel de formation. De telle sorte, le diplôme d’infirmière reste national, marqué par les spécificités de chaque pays, mais  les programmes de formation se sont ajustés pour atteindre la référence européenne de « l’infirmier en soins généraux ». Très bien : renforcement de la qualité et unification de la profession. Mais les soucis commencent pour les Etats : avec un diplôme national en poche correspondant aux critères de 1977, une infirmière peut travailler dans le  pays européen qui lui plait, le cas échéant parce que le salaire est plus attractif.

    Nombre de pays sont touchés, et en particulier la République tchèque, pour la double raison de la grande qualité de la formation et de la faiblesse du salaire. Dana Jurásková, la présidente de l’Association tchèque des infirmières, s’est plus d’une fois alarmée de l’évolution de la situation. Le salaire des infirmières est  inférieur à la moyenne nationale, malgré des conditions de travail difficiles, et les infirmières tchèques partent travailler dans d’autres pays européens. Partir n’est jamais simple, mais le salaire moyen d’une infirmière en République tchèque est de l’ordre de 800€. De quoi causer une hémorragie des infirmières… blink182-infirmiere.jpg

    L’AFP nous apporte la réponse inattendue d’une clinique privée de Prague, qui a décidé de prendre le problème à bras le corps : elle recrute des infirmières en leur offrant des interventions d’esthétique, par exemple une nouvelle poitrine ou un ventre retendu, avec en contrepartie la signature d'un contrat de trois ans. Le bonus représente 3 à 4 mois de salaire... Une initiative qui a reçu un écho favorable au sein de la profession. Le directeur de la clinique, Jiri Schweitzer, explique qu’il voit désormais affluer des dizaines de candidatures à chaque recrutement.

    Si l’infirmière part avant les trois ans, elle doit rembourser, mais si elle renouvelle le contrat, elle a droit à une nouvelle intervention, et ainsi de suite. Imaginez le travail après 30 ans de carrière… A ce rythme, plus besoin de salle de réveil : l’infirmière s’approche du malade, et la nature fait le reste. Excellent aussi pour la rééducation fonctionnelle : l’infirmière au bout du couloir… et le patient réapprend à marcher sans peine. Cette initiative permet aussi de redouter le stress lié à toute admission en clinique : une pensée pour le personnel qui vous accueillera, et vous êtes impatient en attendant l’admission. Je ne doute pas aussi des effets antidépresseurs, voire stimulants, d’un passage dans la clinique.

    En réalité, cette initiative conduit à une inversion des concepts : un malade admis en clinique n’attend que le jour de sortie, alors que  là, il le redoutera cette échéance.

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