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14/10/2013

Le mariage gay d'un Marocain et d'un Français

Le mariage pour tous,… c’était le mariage pour presque tous, car le ministère de la justice entendait préserver, au titre des bonnes relations entre Etats, la force de conventions bilatérales posant pour principe que la loi relative au mariage applicable est celle du pays d’origine… loi qui ne connait pas le mariage gay. En cause, onze Etats : Pologne, Maroc, Bosnie-Herzégovine, Monténégro, Serbie, Kosovo, Slovénie, Tunisie, Algérie, Laos et Cambodge.

Une fois la loi votée, le 23 avril, le ministère avait publié une circulaire, le 29 mai 2013, pour souligner que ces conventions internationales devaient être respectées. Ah, ah...

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Alors, que vaut une circulaire ? Pas grand-chose… On passe son temps à le répéter, et en voici un bel exemple. Mais l’obstacle de ces conventions, lui, ne sera pas si simple à franchir.

L’affaire se jouait à Chambéry, avec la demande de mariage d’un Français et d’un Marocain. Dominique et Mohamed avaient fait les formalités, mais le procureur de la République a tout bloqué par une opposition à mariage. Là, c’est l’effet, le seul, de la circulaire : les consignes données par le ministère s’imposent par voie hiérarchique, et le Parquet étant sous l’autorité du garde des Sceaux, le procureur a appliqué la circulaire.

Les futurs époux ont alors formé un recours devant le tribunal de grande instance, et la, patatras… le tribunal a écarté et la loi, et la convention franco-marocaine.  

Pour le tribunal de Chambéry, depuis la publication de la loi, « deux personnes de même sexe peuvent contracter mariage lorsque, pour au moins l'une d'elles, soit sa loi personnelle, soit la loi de l'Etat sur le territoire duquel elle a son domicile le permet ». Alors, la convention n’a pas disparu, mais ses dispositions ne peuvent pas être appliquées en droit interne si elles heurtent « l’ordre public international français ». En clair, le droit interne accepte de prendre en compte des dispositions de régimes juridiques étrangers, à condition de ne pas remettre en cause le cœur du système, ce fameux « ordre public international français »,... dont vous vous doutez bien que le contenu et les limites sont toujours l’objet de débats délicats.

Le tribunal a constaté que la loi avait posé un principe clair, sans exception, et que les exceptions prévues par une circulaire pouvaient circuler. La loi a donc « implicitement mais nécessairement modifié l'ordre public international français » et cela « justifie l'éviction de l'article 5 de la convention franco-marocaine ». Sous-entendu, le tribunal applique la loi, et il aurait statué différemment si la loi - toute orientée vers l'égalité - avait fait référence à ces conventions.

Le parquet peut faire appel, et on devait le savoir aujourd’hui. Le débat reste assez ouvert car ces conventions sont globalement appliquées. Elles ont une force supérieure à la loi, sous réserve de l'appréciation cet « ordre public international français », et pour ce faire, il faut aussi tenir compte d’autres textes internationaux, dont la Convention européenne de sauvegarde des droits de l’homme, qui interdit toute forme de discrimination. Pas simple…

Alors, appel ou pas appel ?

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En toute logique, le parquet devait faire appel. S’abstenir, ce serait dire que la circulaire ministérielle ne vaut plus rien… et cet abandon en rase campagne serait de nature à fâcher les Etats en cause. Et puis, tôt ou tard, le problème réapparaîtra, alors il serait préférable que les recours soient formés, et bien sûr jusque devant la Cour de cassation, voire la Cour eulérienne des Droits de l’Homme.

L’autre solution, la plus nette, serait que le ministère des affaires étrangères prennent attache avec tous ces pays amis, pour leur expliquer que le mariage pour tous,... c’est pour tous ! Mais c’est bizarre, notre Fafa qui il y a quelques jours voulait partir en guerre contre le méchant dictateur, je le sens soudain un peu mou du genou pour ces histoires de cœur… 

26/09/2013

Hassan Rohani devant l’Assemblée Générale des Nations Unies

Voici un très important discours. Hassan Rohani, le président de la République Islamique d’Iran, nous rappelle que le droit de l’ONU existe et que les mots ont un sens. Hier soir, la tonalité de la presse, c’était trois mots de Rohani et dix pages de commentaires savants sur ses intentions cachées… Gavant… Non, le mieux est de juger sur pièces, et non sur présupposés. Il faut écouter ce que dit Rohani, et parler après, en connaissance de cause.

 

L’ONU n’avait pas publié hier soir les textes des interventions lors de l’Assemblée générale. Les orateurs ne donnent pas leurs textes à l’avance, et le texte, traduit, n’est publié qu’après vérifications. S’il y a besoin, je corrigerai, mais nous avons d’excellentes bases avec la vidéo, traduite en anglais par Press TV, la télé d’info du régime.

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http://www.youtube.com/watch?v=PER6pWEQqqg

 

Pour le français, la base est le texte publié par la très fiable Iran French Rardio, http://french.irib.ir/, que je n’ai repris que sur quelques expressions. Il ne nous manque que la dernière phrase du discours, restée en frasi. Merci à qui nous aidera...


Vous voici donc présents lors de l’Assemblée générale de l’ONU, quand le président Rohani prend la parole pour expliquer aux fatigués Etats occidentaux, mais aussi à la Russie et à la Chine, que la société internationale est gavée de l’autoritarisme des impérialismes, et que rien ne peut se faire sans le respect des peuples. Viva Rohani...


*   *   * 

 

Louange au Seigneur des deux mondes, paix et bénédictions divines au grand Messager et aux Gens de la demeure

 

M. le Président, M. le Secrétaire général, Mesdames et Messieurs,

 

Avant toute chose, je tiens à présenter mes sincères félicitations à l’occasion de l'élection de Son Excellence à la présidence de l’Assemblée générale de l’ONU et saluer le travail inlassable de M. Ban Ki-moon.

 

1/


M. le Président, notre monde est rempli de craintes et d’espoirs : crainte de la guerre et des hostilités à l’échelle régionale et internationale ; crainte du clash meurtrier des identités confessionnelles, ethniques et nationales ; crainte de l’institutionnalisation de la violence et de l’extrémisme, crainte de la pauvreté et des discriminations humiliantes, crainte de l’anéantissement des ressources vitales ; crainte de la négligence de l’honneur et des droits de l’homme ;  crainte de l’ignorance de l’éthique.

 

En revanche, il y a aussi de nouveaux espoirs face à ces craintes : l’espoir en l’accueil favorable des populations et des élites du monde entier à la devise « oui à la paix et non à la guerre ». L’espoir à la préférence du dialogue à la lutte, de la modération à l’excès.

 

Un exemple manifeste est le choix perspicace de l’espoir, de la sagesse et de la modération par le grand peuple iranien, lors des récentes élections, qui ont montré, à travers la cristallisation de la démocratie religieuse et la passation du pouvoir exécutif, que l’Iran est le havre de la stabilité au milieu de l’océan troublé de la région.

 

La foi inébranlable du gouvernement et de notre peuple à la paix durable, à la stabilité, à la paix, au règlement négocié des conflits et l’appui à la vox populi en tant que base de la puissance, la légitimité et la popularité favorisent une ambiance si sûre.

 

M. le Président, Mesdames et Messieurs,

 

La période hautement névralgique de transition dans les relations internationales est jalonnée à la fois de dangers et d’occasions inédites. Les évaluations erronées de notre propre statu quo et de celui des autres entraîneraient des préjudices historiques de sorte que l’erreur commis par un acteur aurait des impacts négatifs pour tous. La vulnérabilité s’est transformée en un phénomène global.


En cette traversée ô combien sensible de l’histoire des relations mondiales, l’ère des jeux dont la somme est zéro, est bel et bien révolue, mais il y a encore de rares protagonistes qui emploient des méthodes et des outils désuètes et profondément inefficaces afin de préserver leur suprématie d’antan.

 

Le militarisme et le recours aux moyens militaires et violents pour dominer autrui sont des exemples flagrants de l’inefficacité de la pérennité des méthodes et actions surannées dans des conditions modernes.

 

2/

 

Les mesures basées sur la force sur les plans économique et militaire pour assurer et pérenniser l’hégémonie et la suprématie d’antan s’effectuent sur le fond de toute une pléthore de cadres conceptuels dont tous sont aux antipodes de la paix, de la sécurité, de l’honneur de l’homme et des idéaux humains. Parmi ces cadres conceptuels figure notamment l’uniformisation des sociétés et la généralisation des valeurs occidentales en tant que les valeurs universelles.

 

Un autre cadre est la préservation de la culture de la Guerre froide et le partage du monde en deux camps de « nous les supérieurs » et de « l’autre inférieur ».

 

Autre cadre conceptuel est de créer une ambiance de phobie envers l’émergence de nouveaux acteurs sur la scène internationale.


Dans un tel contexte, les violences gouvernementales et non-gouvernementales, interconfessionnelles et sectaires voire raciales se sont exacerbées. Il n’y a aucun garant que la période de paix entre les superpuissances ne se laisse attraper par le piège du discours et d’actes violents.

 

L’impact catastrophique des lectures extrémistes et brutales ne devra pas être minimisé.

 

3/

 

Ceci dit, la stratégie de violence visant à supprimer les acteurs régionaux de leur champ de manœuvre naturel, les politiques du  contrôle, le changement des régimes politiques depuis de l’au-delà des frontières et des efforts qui se font pour bouleverser les frontières politiques, sont très dangereux et engendrent la tension.

 

Le discours conventionnel politique international brosse un centre de civilisation avec des franges non-civilisées. Dans une telle image, la proportion de ce foyer de puissances mondiales avec les franges est une proportion autoritaire. La rhétorique centraliste du Nord et de marginaliste du Sud se trouve à l’origine de l’établissement d’une sorte de monologue au niveau des relations internationales.

 

La démarcation des frontières identitaires erronées et la xénophobie brutale ne sont que le résultat d’un tel discours.

 

Les discours islamophobe et iranophobie  menacent sérieusement la stabilité mondiale. Les campagnes sans fondement contre la religion, l’islamophobie, le chiismophobie et l’iranophobie ne sont que de sérieuses menaces contre la stabilité mondiale et la sécurité de l’homme.

 

De tels discours propagandistes ont pris une allure dangereuse en suggérant et avançant des menaces fictives et imaginaires.

 

Une de ces menaces fictives est la menace illusoire d’Iran. Que de démarches erronées, que de crimes n’ont été accomplis sous prétexte d’une telle menace sans fondement ?

 

Equiper Saddam Hussein d’armes chimiques et le soutien aux talibans ne sont que des exemples de ces crimes.

 

A l’appui de documents fiables, j’annonce explicitement et catégoriquement que ceux qui menacent l’Iran, sont eux-mêmes une menace à la paix et la sécurité internationales. L’Iran n’est non seulement pas une menace, mais par contre, aussi bien dans l’acte que le verbe, il a toujours été le héraut de la paix équitable et de la sécurité tous azimuts.

 

4/

 

M. le Président, Mesdames, Messieurs,

 

Rares sont les régions où la violence s’est avérée si destructrice qu’en Asie de l’ouest et en Afrique du nord. L’intervention militaire en Afghanistan, la guerre imposée par Saddam à l’Iran, l’occupation du Koweït, l’action militaire contre l’Irak, la politique violente et répressive à l’encontre du peuple palestinien, la liquidation des figures politiques et les civils en Iran, les attentats à la bombe dans différentes pays de la région dont l’Irak, l’Afghanistan, le Liban sont toutes des exemples de violence durant ces trois décennies dans cette région.

 

Ce qui arrive au peuple opprimé palestinien n’est que de violence structurale. La terre de Palestine est occupée.

 

Les droits élémentaires des Palestiniens sont de manière catastrophique bafoués. Ils sont privés du droit de retour à leur maison et  à leur pays natal. Les crimes commis à l’encontre du peuple palestinien est une violence institutionnalisée. L’apartheid s’avère un terme très pâle ou trop faible pour la décrire.

5/

 

La tragédie humanitaire en Syrie est un exemple douloureux de la propagation de violence et d’extrémisme dans notre région.


Depuis le déclenchement de la crise, depuis que des acteurs régionaux en acheminant des équipements et des armes vers la Syrie et en renforçant les groupes extrémistes, cherchent à militariser cette crise, nous n’avons eu de cesse d’insister sur le fait que la crise syrienne n’avait pas d’issue militaire.

 

On ne peut pas cacher derrière des expressions humaines, les objectifs stratégiques et expansionnistes et la perturbation de l’équilibre régionale.

 

L’objectif conjoint de la Communauté internationale consiste à mettre rapidement fin au massacre des civils innocents.  

 

6/

 

La RII condamne dans les termes les plus vifs tout usage d’armes chimiques et se réjouit de ce que la Syrie ait adhéré à la convention sur l’interdiction de l’emploi d’armes chimiques. L’Iran croit que l’accès des groupes extrémistes et des terroristes  à ce genre d’armes de destruction massive, constitue le plus grand danger auquel risque à avoir faire face la région.

 

Le recours illégal et inefficace à la menace ou à l’emploi de la force, non plus ne saura apaiser les violences, au contraire ils contribuent à étendre la crise dans toute la région. Le terrorisme et l’assassinat des innocents sont les manifestations les plus extrêmes de la violence et de l’extrémisme. Le terrorisme est un fléau global, extrafrontalier.

 

Une autre forme de la violence et de l’extrémisme est celle qui se déroule au nom de la lutte contre le terrorisme. C’est une lutte qui implique les drones  qui tuent les innocents. Il s’agit là aussi d’un acte répréhensible et condamnable. Il convient que je revienne sur le meurtre des savants  atomistes iraniens. Pour avoir commis quel crime ont-ils été assassinés ? Et la question qui mérite d’être posée à l’Onu et au Conseil de Sécurité est la suivante : les auteurs de ces assassinats ont-ils été condamnés ?

 

7/

 

Les sanctions injustes constituent elles-aussi  l’une des  manifestations de la violence et qui sont essentiellement contre la paix et inhumaines. Ces sanctions, au contraire de la propagande qui est celle de leurs auteurs, ne nuisent pas aux gouvernements et à l’élite politique mais à la population civile qui est sacrifiée sur l’autel des querelles politiques.

 

N’oublions  pas ces millions d’Irakiens qui ont pâti des sanctions couvertes sous le vernis des arguments légaux invoquées par les institutions internationales, ces irakiens qui sont morts, ou qui vivent toujours en souffrant mille martyrs du fait de ces mêmes sanctions. Ces restrictions sont brutales, violentes, qu’elles soient intelligentes ou non intelligentes, unilatérales ou multilatérales .

 

Les sanctions violent les droits de l’homme, le droit à la paix, le droit au développement, le droit à  la santé, à l’éducation et tout bonnement le droit à la vie. Les sanctions  n’aboutissent à rien d’autre qu’à la guerre, à l'anéantissement des hommes, quelle que soit le jeu de mot, le verbiage qui visent à les justifier. Les flammes qu’allument les sanctions ne consument pas seulement les victimes mais aussi  ceux qui  les décident et les imposent.

 

8/

 

M . le Président, Mesdames, Messieurs,

 

La violence et l’extrémisme ont contaminé non seulement les aspects de la vie matérielle mais aussi ceux de la vie spirituelle des hommes et des sociétés entières. Ils ne laissent plus aucune place à la tolérance, à la coexistence pacifique, des éléments indispensables au maintien de la société humaine, la société moderne.


L’intolérance est le plus grand défi auquel fait face notre monde d’aujourd’hui. Il faut cultiver la tolérance à la lumière des pensées religieuses, des convictions culturelles et des solutions politiques.

 

Les sociétés humaines devront s’orienter de l’étape de patience négative à la coopération et la  complicité.

 

Il ne faut pas seulement tolérer les autres, il faut travailler avec les autres. Les populations mondiales sont excédées par des années de guerre, de violence et d’extrémisme et ceci (ce genre de réunion) est une occasion inouïe. Les peuples aspirent au changement. La RII croit qu’il est possible de générer les défis à l’appui d’un mélange intelligent d’espoir et de modération. Les bellicistes et les va-t-en guerre cherchent à tuer l’espoir.

 

Toute espérance se fonde sur la volonté générale d’éradiquer la violence et l’extrémisme, sur la volonté de changement et celle d’opposition à toute structure  imposée. L’espoir est basé sur le prix à accorder au choix et à la responsabilité humaine.

 

L’espoir est sans doute l’un des plus grands bienfaits divins et la modération signifie une combinaison sage et intelligente des idéaux sublimes, des stratégies efficaces sur fond du réel.

 

9/


Les Iraniens ont voté dans un élan de subtilité et de choix intelligent à la politique de modération et d’espérance.

 

En politique étrangère, ceci signifie que la RII en qualité de puissance régionale, se sent responsable face à la sécurité régionale et internationale et qu’elle est disposée à une coopération multilatérale et générale avec d’autres acteurs impliqués dans ce processus.

 

Nous apportons notre pleine appui à la paix basée sur la démocratie, et le recours aux élections libres  aussi bien en Syrie qu’à Bahreïn et ailleurs. Et nous croyons qu’il n’existe aucune solution extrême pour des crises internationales et que ces crises ne peuvent être vaincues qu’en ayant recours à la sagesse, à l’interaction, à la modération. Ce n’est guère à l’appui du militarisme que la paix et la démocratie pourront être instaurés dans les pays du monde et au Moyen Orient. L’Iran cherche la solution aux problèmes, il ne cherche pas à en générer.

 

Il n’existe aucun problème ni crise qui ne soit solvable grâce au respect mutuel , au refus de la violence.

 

10/

 

Je reviens sur le dossier nucléaire iranien.

 

Accepter le droit naturel de l’Iran, le droit légal et inaliénable à avoir le nucléaire civil, ainsi que le prône le Guide Suprême de la Révolution islamique, est la solution la plus simple à cette crise.

 

Les principaux acteurs de ce dossier devront se fixer deux objectifs, objectifs qui se posent en deux composantes inséparables d’une solution définitive à cette crise.

 

Primo : le programme nucléaire iranien comme celui d’autres pays du monde devra avoir un aspect exclusivement civil.

 

Je l’annonce ici et très clairement que l’objectif principal de l’Iran et ce mis à part les positions d’autres acteurs impliqués dans ce dossier, n’est qu’avoir accès au nucléaire civil.

 

Les armes de destruction massive n’ont aucune place dans la doctrine défensive de l’Iran et elles s’opposent aux fondements de notre croyance religieuse et nos convictions éthiques. Les intérêts nationaux iraniens exigent que nous dissipions les inquiétudes régionales au sujet de notre nucléaire.

 

Secundo : notre second objectif consiste à faire accepter le droit iranien à l’enrichissement et à d’autres activités nucléaires civiles et ce, sur le sol iranien. Le savoir nucléaire iranien est maitrisé en Iran et l’enrichissement est désormais au stade de la production en chaine. En ce sens, il est irréaliste et illusionniste de croire que les pressions illégales pourront arrêter en quoi que ce soit le programme nucléaire iranien.

 

La RII insiste donc à ce que ses droits nucléaires soient respectés et tout en mettant l’accent sur la nécessité d’une coopération internationale, elle est prête à reprendre sans tarder les pourparlers nucléaires dans l’objectif de créer un climat de confiance et de dissiper les malentendus réciproques. L’Iran cherche une interaction constructive sur fond de respect mutuel et des intérêts communs avec le reste du monde et en ce sens il ne cherche pas à exacerber les tensions avec les Etats-Unis d’Amérique.

 

J’ai suivi avec intérêt les propos d’aujourd’hui du président Obama.  Il est possible de définir un cadre pour gérer les divergences irano américaines, à condition que les dirigeants américains en aient la volonté politique  et qu’ils se refusent à suivre les groupes de pressions.  Ce cadre devra être fondé sur base de respect mutuel, d’égalité des droits et des principes reconnus par le droit international. Ceci étant dit, nous attendons entendre une voix unique de la part de  Washington

 

11/

 

M. le président, Mesdames et Messieurs,

 

Ces dernières années, une seule voix ne cesse de se faire entendre et qui et la suivante : «  l’option militaire est sur la table » ; mais permettez-nous de mettre en avant, contre cette formule inefficace et illégale une autre : «  La paix est notre portée ».

 

Au nom de la RII je propose en guise de premier pas que le projet «  le Monde contre la violence et l’extrémisme » figure à l’ordre du jour de l’ONU et que tous les Etats et les institutions internationales et civiques fournissent des efforts pour orienter le monde dans ce sens.

 

Il faut réfléchir à mettre au pas «  la coalition pour une paix durable » en lieu et place de la  «  coalition de  guerre »   

 

La RII convie la communauté internationale à accepter et à franchir des pas dans le sens de notre appel, celui d’œuvrer contre la violence et l’extrémisme pour que soit ouvert un nouvel horizon où la paix, la tolérance, le progrès la justice la richesse, la liberté  remplacent  la guerre la violence, l’effusion du sang, la discrimination, la pauvreté et la dictature.


12/

 

Le grand poète iranien, Ferdosi dit : «  Œuvrez à ce que le bien gagne le monde, à ce que le froid de l’hiver cède la place à la douceur du printemps ». En dépit de tous les problèmes qui existent, je suis profondément optimiste  sur l’avenir.

 

La solidarité internationale contre la violence et l’extrémisme  promet un avenir meilleur pour notre monde. La modération est l’avenir de notre monde.

 

Mon espoir s’enracine dans cette conviction personnelle et cette expérience nationale d’ailleurs partagées par toutes les religions divines que le monde aura devant lui des lendemains qui chantent

 «و لقد کتبنا فی الزبور من بعد الذکر ان الارض یرثها عبادی الصالحون»

14/09/2013

Syrie : Le Conseil des droits de l’homme accuse

S’agissant de la Syrie, je sais que plus d’un attend que le blog prenne position : pour ou contre. Alors t’es pro-régime ou anti-régime ? Eh bien, chères amies et chers amis, ce n’est pas demain la veille… Chacun son rôle, chacun sa place, et il est de plus impossible de ramener l'analyse à cette alternative : choisir son camp. C’est une affaire trop sérieuse, devenue l’enjeu autour duquel va se redessiner la diplomatie pour les prochaines années. J’essaie d’être un observateur avisé, mais nous sommes placés devant des déferlantes de la propagande, de part et d’autre, et il est clairement impossible de s’affirmer, alors que les bases de la connaissance sont si ténues.

Ma démarche, la vôtre, est simple : « je cherche à comprendre ».

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Ce que vivent les Syriens est absolument horrible : 100 000 morts, toutes les familles sont touchées, et le chemin du retour à la paix n'est pas tracé. 

Je soumets à notre réflexion ce document important, à savoir le rapport de la commission instituée par le Conseil des Droits de l’Homme de l’ONU pour déterminer ce qui se passe là-bas. Cette commission, qui réunissait Paulo Sérgio Pinheiro (Président), Karen Koning AbuZayd, Vitit Muntarbhorn et Carla Del Ponte, a enquêté sur place entre le 15 mai et le 15 juillet 2013. C’est dire qu’elle ne se prononce pas sur les faits d’août 2013, à savoir l’usage des armes chimiques.

Précision

Vous trouverez ci-dessous le résumé du document et les conclusions, tel que, sans y changer un mot, et je ne peux que vous encourager à prendre le temps de lire le rapport complet des experts de l'ONU. C’est autre chose que les publi-reportages de CNN ou de ses filiales. Je fais juste cette remarque : voyez la complexité du sujet et des méthodes d’enquête. Ce texte est un rapport d’enquête et pas un jugement. Comme il retient des responsabilités de part et d'autre, il sera critiqué de part et d'autre. Il sera sans doute l'objet de remarques critiques sur les méthodes d'enquête, de partialité, tant il est difficile d'établir les faits dans le cadre d'une guerre interne. Mais un tel document, qui s'ajoute à d'autres rapports antérieurs, ramène à peu de choses les déclarations dithyrambiques des rois de la gonflette expliquant qu'en huit jours leurs services secrets ont tout élucidé. Ou de cet abruti d’Ayrault qui a osé prendre la parole devant l’Assemblée Nationale pour appeler à la guerre… après avoir vu des vidéos ! 

Voici le lien vers le texte complet du rapport, dans la colonne "Documents", 6th Report of Commission of Inquiry on Syria - A/HRC/24/46, avec l'accès à une version en Français: 

 
En anglais, la vidéo de la présentation du rapport:
 

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Résumé

La République arabe syrienne est un champ de bataille. Ses villes et ses villages sont pilonnés et assiégés sans répit. Des massacres sont commis en toute impunité. Le nombre des Syriens disparus est incalculable. Le présent rapport rend compte des enquêtes effectuées entre le 15 mai et le 15 juillet 2013. Ses conclusions se fondent sur 258 entretiens et d’autres éléments de preuve qui ont été rassemblés.

Les forces du gouvernement et de ses partisans ont continué de lancer des attaques généralisées contre la population civile, commettant meurtres, tortures, viols et disparitions forcées constitutifs de crimes contre l’humanité. Ils ont assiégé des quartiers entiers qu’ils ont soumis à des pilonnages aveugles. Les forces gouvernementales ont continué de commettre des violations flagrantes des droits de l’homme et des crimes de guerre tels que la torture, les prises d’otages, les meurtres, les exécutions sans procédure régulière, les viols, les attaques contre des objets protégés et les pillages.

Les groupes armés antigouvernementaux ont commis des crimes de guerre, notamment des meurtres, des exécutions sans procédure régulière, des actes de torture, des prises d’otages et des attaques contre des objets protégés. Ils ont assiégés et soumis à un pilonnage aveugle des quartiers civils.

Les groupes armés antigouvernementaux et kurdes ont recruté et utilisé des enfants soldats dans les hostilités.

Les auteurs de ces violations et de ces crimes, de quelque bord qu’ils soient, font fi du droit international. Ils ne craignent pas d’avoir à rendre des comptes. Il est impératif de les traduire en justice.

Conclusions et recommandations

Les pilonnages incessants ont fait des milliers de morts civils et déplacé les populations de villes entières. Des massacres et autres exécutions illégales sont perpétrés en toute impunité. Un nombre incalculable d’hommes, d’enfants et de femmes ont disparu. Nombreux sont ceux tués en détention et les survivants conservent les séquelles physiques et mentales des tortures subies. Des hôpitaux et des écoles ont été bombardés.

La porosité des frontières de la République arabe syrienne a facilité l’intervention d’acteurs armés étrangers, de plus en plus selon des clivages confessionnels. La dynamique du conflit est extrêmement complexe et déborde largement les frontières du pays. Les relents de confessionnalisme présents dans bon nombre de violations sont enracinés dans la politique. C’est la politique qui alimente le confessionnalisme, engendre la violence et donne du pouvoir à ses auteurs.

Ces violations ont fait l’objet de 10 rapports et mises à jour. Les auteurs des violations ne sont aucunement dissuadés et ne craignent pas d’avoir plus tard à en répondre.

Il n’y a aucune solution militaire à ce conflit. Ceux qui fournissent des armes recherchent une victoire qui ne peut être qu’illusoire. Une solution politique, fondée sur les principes du communiqué final du Groupe d’action pour la Syrie est la seule voie qui peut mener à la paix.

La commission renouvelle les recommandations formulées dans ses rapports précédents et met l’accent sur celles formulées ci-dessous.

La commission d’enquête recommande que toutes les parties:

a) Cessent de bombarder aveuglément des zones comportant des populations civiles, notamment les zones où se trouvent des concentrations de personnes déplacées à l’intérieur du pays;

b) Prennent toutes les précautions possibles afin de réduire autant que faire se peut l’impact des attaques sur les personnes et objets civils.

c) Arrêtent d’exécuter des civils et des belligérants hors combat;

d) Arrêtent de torturer les détenus et traitent ces derniers avec humanité;

e) Arrêtent d’enlever des personnes et de prendre des otages;

f) Rejettent l’emploi d’agents chimiques militarisés;

g) Cessent de recruter des enfants soldats;

h) Prennent des mesures spécifiques propres à assurer que quiconque dans leur rang commet des violations ait à en répondre;

i) Rejettent le discours du confessionnalisme;

j) S’engagent à cesser les combats pour permettre aux secours humanitaires de se déplacer sans entrave dans tout le pays et à créer un espace dans lequel pourront être prises les premières mesures vers le dialogue;

k) Informent immédiatement les détenus des motifs de leur arrestation et leur accordent l’accès à un examen judiciaire indépendant, à leur famille et à un avocat;

l) Informent les familles des détenus du lieu de détention de ces derniers et autorisent les visites;

m) Veillent à la préservation des preuves matérielles des violations et des crimes internationaux.

La commission recommande que le Gouvernement de la République arabe syrienne:

a) Cesse d’utiliser contre des zones civiles des armes peu précises telles que les bombes thermobariques, les bombes à fragmentation, les bombes rebondissantes et autres, qui sont sans système de guidage ou mal guidées;

b) Veille à ce que les personnes qui procèdent aux arrestations soient formées et respectent le droit fondamental des détenus à la présomption d’innocence;

c) Accorde à la commission un accès qui permette à celle-ci d’enquêter sur les allégations de crimes de manière plus approfondie et sous tous les angles.

La commission recommande que les groupes armés antigouvernementaux rejettent les éléments extrémistes.

La commission recommande que la communauté internationale:

a) Appuie le processus de paix fondé sur le communiqué de Genève et le travail accompli par le Représentant spécial conjoint de l’ONU et de la Ligue des États arabes pour la Syrie;

b) Veille à ce que toute négociation de paix se déroule dans le cadre du droit international, considérant l’urgente nécessité d’une saisine de la justice aux échelons national et international;

c) Arrête les transferts d’armes compte tenu du risque évident que celles-ci soient utilisées pour commettre des violations du droit international;

d) Prenne des mesures concrètes pour freiner l’influence croissante des extrémistes.

La commission recommande que le Conseil des droits de l’homme:

a) Appuie les recommandations de la commission et son accès au Conseil de sécurité;

b) Transmette le présent rapport au Conseil de sécurité par l’entremise du Secrétaire général.

La commission recommande que l’Assemblée générale:

a) Appuie le travail de la commission, en l’invitant à présenter régulièrement des mises à jour;

b) Défende les recommandations de la commission et use de son influence en faveur d’une solution pacifique pour le pays.

La commission recommande que le Secrétaire général:

a) Prenne des mesures concrètes pour faire en sorte que toutes les parties assument leurs responsabilités de protéger les civils en situation de conflit armé;

b) Appuie le travail de la commisasion et lui accorde un accès au Conseil pour faire périodiquement le point sur les évolutions de la situation;

c) Facilite un processus de paix global pour le pays, avec la participation de toutes les parties prenantes, et en pose les bases;

d) S’engage à veiller à ce que les responsables de violations aient à répondre de leurs actes, y compris leur éventuel renvoi devant la justice internationale.

13/09/2013

Un plaidoyer pour la prudence, par Vladimir Poutine

Sous le titre, « A Plea for Caution From Russia, What Putin Has to Say to Americans About Syria », Vladimir Poutine a publié hier dans le New York Times une tribune expliquant la politique de la Russie sur la question syrienne.

C’est évidemment un texte important, car il permet de comprendre l’analyse russe de la situation, loin des salades du genre « Poutine seul contre tous » ou « Poutine soutient le dictateur »… Son texte est un appel à respecter le droit international, et donc le rôle central de l’ONU, comme seul moyen de contenir la violence. Dénonçant l’aventure des armes, qui encourage l’escalade, il demande le retour « à la diplomatie civilisée et au règlement politique ». Il souligne que gérer cette crise par la diplomatie permettra d’aborder d’autres questions bien difficiles, et il clôt sa tribune par un sévère recadrage d’Obama, qui la semaine dernière encore vantait l’exceptionnalisme des Etats-Unis. Non, répond Poutine, ce type de propos est dangereux, alors que nous sommes tous égaux.

Un texte intéressant, à discuter. Il y avait hier soir près de 4 000  commentaires sur le site du New York Times...

Petite précision. J’ai pris le risque d’une traduction maison, pour ce texte important. Mais, vous avez dessous le texte original, en anglais, et je compte sur vos remarques par l’envoi de commentaires, ce qui permettra d’ajuster la traduction.

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MOSCOU - Les récents événements autour la Syrie me conduisent à m'adresser directement au peuple américain et à ses dirigeants politiques. Il est important de le faire à un moment où la communication est insuffisante entre nos sociétés.

Nos relations sont passées par différentes étapes. Nous avons été dressés les uns contre les autres pendant la guerre froide. Mais nous avons été aussi des alliés, et nous avons alors vaincu les nazis ensemble. L'organisation internationale universelle - l'Organisation des Nations Unies - a été mise en place pour empêcher qu'une telle dévastation ne se reproduise.

Les fondateurs de l'Organisation des Nations Unies avaient compris que les décisions concernant la guerre et la paix devraient intervenir uniquement par consensus, et avec l’accord des Etats-Unis, le droit de veto des membres permanents du Conseil de sécurité a été inscrit dans la Charte des Nations Unies. La profonde sagesse qui en résulte de cette disposition a conforté la stabilité des relations internationales depuis des décennies.

Personne ne souhaite que l'Organisation des Nations Unies subisse le sort de la Société des Nations, qui s'est effondrée parce qu'il lui manquait un véritable levier. Or, cela peut arriver si des pays influents contournent les Nations Unies et entreprennent des actions militaires sans l'autorisation du Conseil de sécurité.

La potentielle attaque militaire des États-Unis contre la Syrie, malgré la forte opposition de nombreux pays et des principaux responsables politiques et religieux, y compris le pape, se traduirait par plus de victimes innocentes et l'escalade, potentiellement la propagation du conflit au-delà des frontières de la Syrie. Une frappe augmenterait la violence et déclencherait une nouvelle vague de terrorisme. Elle pourrait saper les efforts multilatéraux visant à résoudre le problème nucléaire iranien et le conflit israélo-palestinien, et déstabiliserait davantage le Moyen-Orient et Afrique du Nord. Elle pourrait projeter l'ensemble du système de droit et de l’ordre international hors de tout équilibre.

La Syrie n’est pas une bataille pour la démocratie, mais un conflit armé entre le gouvernement et l'opposition, dans un pays multireligieux. Il y a peu de champions de la démocratie en Syrie. Mais il y a plus qu’assez de combattants d’Al-Qaeda et d’extrémistes de tous bords qui luttent contre le gouvernement. Le Département d'Etat des Etats-Unis a désigné avant Nusra Al et l'Etat islamique d'Irak et du Levant, qui combattent avec l'opposition, comme des organisations terroristes. Ce conflit interne, alimentée par les armes étrangères fournies à l'opposition, est l'un des plus sanglants dans le monde.

Des mercenaires des pays arabes combattent là-bas, et des centaines de militants en provenance des pays occidentaux et même de Russie, et cette question nous concerne au plus haut point. Ne pourraient-ils pas retourner dans nos pays avec l'expérience acquise en Syrie? Après tout, après des combats en Libye, les extrémistes sont passés à Mali. C’est une menace pour nous tous.

Dès le début, la Russie a prôné un dialogue pacifique visant à permettre aux Syriens d’élaborer une solution de compromis pour leur propre avenir. Nous ne protégeons pas le gouvernement syrien, mais le droit international. Nous devons utiliser le Conseil de sécurité des Nations Unies et nous croyons que la préservation du droit et de l'ordre public dans le monde complexe et turbulent d'aujourd'hui est l'une des rares façons d’éviter que les relations internationales sombrent dans le chaos.

Le droit est toujours le droit, et nous devons le respecter que nous le voulions ou non. Selon le droit international actuel, le recours à la force n’est autorisé qu'en cas de légitime défense ou par la décision du Conseil de sécurité. Tout le reste est inacceptable en vertu de la Charte des Nations Unies, et constituerait un acte d'agression.

Personne ne doute que du gaz toxique a été utilisé en Syrie. Mais il y a tout lieu de croire qu'il a été utilisé non pas par l'armée syrienne, mais par les forces de l'opposition, pour provoquer l'intervention de leurs puissants protecteurs étrangers, qui seraient alors du engagé à côté des fondamentalistes. Les informations selon lesquelles ces activistes préparent une nouvelle attaque - cette fois contre Israël - ne peuvent pas être ignorées.

Il est alarmant de constater que l'intervention militaire dans les conflits internes dans les pays étrangers est devenue monnaie courante aux États-Unis. Est-ce là l'intérêt à long terme de l'Amérique? J'en doute. Des millions de personnes dans le monde voient de plus en plus les Etats-Unis non pas comme un modèle de démocratie, mais comme reposant uniquement sur la force, bricolant des coalitions réunies sous le slogan «vous êtes avec nous ou contre nous».

Mais la force s'est révélée inefficace et sans pertinence. L’Afghanistan est chancelant, et personne ne peut dire ce qui se passera après que le retrait des forces internationales. La Libye est divisée en tribus et en clans. En Irak, la guerre civile se poursuit, avec des dizaines de morts chaque jour. Aux États-Unis, de nombreuses observateurs établissent une analogie entre l'Irak et la Syrie, et se demandent pourquoi leur gouvernement voudrait répéter les erreurs récentes.

Quelque que soit la manière dont les attaques sont ciblée et les armes sophistiquées, les victimes civiles sont inévitables, y compris les personnes âgées et les enfants, que les frappes sont censées protéger.

Le monde réagit en demandant: si nous ne pouvons pas compter sur le droit international, alors nous devons trouver d'autres façons d'assurer notre sécurité. Ainsi, un nombre croissant de pays cherchent à acquérir des armes de destruction massive. Ce qui est logique: si vous avez la bombe, personne ne va vous toucher. Nous sommes engagés sur des discussions traitant de la nécessité de renforcer la non-prolifération, alors qu'en réalité cette donnée s’érode.

Nous devons cesser d'utiliser le langage de la force et reprendre le chemin de la diplomatie civilisée et des règlements politiques.

Une nouvelle possibilité d'éviter une action militaire a émergé dans les derniers jours. Les Etats-Unis, la Russie et tous les membres de la communauté internationale doivent tirer parti de la volonté du gouvernement syrien de mettre son arsenal chimique sous contrôle international pour destruction ultérieure. A en juger par les déclarations du président Obama, les Etats-Unis voient cela comme une alternative à l'action militaire.

Je me réjouis de l'intérêt du président à poursuivre le dialogue avec la Russie sur la Syrie. Nous devons travailler ensemble pour maintenir cet espoir vivant, comme convenu à la réunion du Groupe des 8 à Lough Erne en Irlande du Nord en Juin, et orienter le débat à nouveau vers des négociations.

Si nous pouvons éviter le recours à la force contre la Syrie, cela permettra d'améliorer l'atmosphère dans les affaires internationales et de renforcer la confiance mutuelle. Ce sera notre réussite commune et cela ouvrirait la porte à la coopération sur d'autres questions cruciales.

Ma relation professionnelle et personnelle avec le président Obama est marquée par une confiance croissante. J'apprécie cela. J'ai étudié attentivement son discours à la nation mardi. Mais je suis plutôt en désaccord avec la remarque qu’il a faite sur l'exceptionnalisme américain, affirmant que la politique des États-Unis est «ce qui rend l'Amérique différente. C'est ce qui nous rend exceptionnel ». Il est extrêmement dangereux d'encourager les gens à se considérer comme exceptionnels, quelle que soit la motivation.

Il y a de grands pays et les petits pays, riches et pauvres, ceux qui ont de longues traditions démocratiques et ceux encore à trouver leur chemin vers la démocratie. Leurs politiques diffèrent, aussi. Nous sommes tous différents, mais quand nous demandons la bénédiction du Seigneur, nous ne devons pas oublier que Dieu nous a créés égaux.

 

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MOSCOW — Recent events surrounding Syria have prompted me to speak directly to the American people and their political leaders. It is important to do so at a time of insufficient communication between our societies.

Relations between us have passed through different stages. We stood against each other during the cold war. But we were also allies once, and defeated the Nazis together. The universal international organization — the United Nations — was then established to prevent such devastation from ever happening again.

The United Nations’ founders understood that decisions affecting war and peace should happen only by consensus, and with America’s consent the veto by Security Council permanent members was enshrined in the United Nations Charter. The profound wisdom of this has underpinned the stability of international relations for decades.

No one wants the United Nations to suffer the fate of the League of Nations, which collapsed because it lacked real leverage. This is possible if influential countries bypass the United Nations and take military action without Security Council authorization.

The potential strike by the United States against Syria, despite strong opposition from many countries and major political and religious leaders, including the pope, will result in more innocent victims and escalation, potentially spreading the conflict far beyond Syria’s borders. A strike would increase violence and unleash a new wave of terrorism. It could undermine multilateral efforts to resolve the Iranian nuclear problem and the Israeli-Palestinian conflict and further destabilize the Middle East and North Africa. It could throw the entire system of international law and order out of balance.

Syria is not witnessing a battle for democracy, but an armed conflict between government and opposition in a multireligious country. There are few champions of democracy in Syria. But there are more than enough Qaeda fighters and extremists of all stripes battling the government. The United States State Department has designated Al Nusra Front and the Islamic State of Iraq and the Levant, fighting with the opposition, as terrorist organizations. This internal conflict, fueled by foreign weapons supplied to the opposition, is one of the bloodiest in the world.

Mercenaries from Arab countries fighting there, and hundreds of militants from Western countries and even Russia, are an issue of our deep concern. Might they not return to our countries with experience acquired in Syria? After all, after fighting in Libya, extremists moved on to Mali. This threatens us all.

From the outset, Russia has advocated peaceful dialogue enabling Syrians to develop a compromise plan for their own future. We are not protecting the Syrian government, but international law. We need to use the United Nations Security Council and believe that preserving law and order in today’s complex and turbulent world is one of the few ways to keep international relations from sliding into chaos. The law is still the law, and we must follow it whether we like it or not. Under current international law, force is permitted only in self-defense or by the decision of the Security Council. Anything else is unacceptable under the United Nations Charter and would constitute an act of aggression.

No one doubts that poison gas was used in Syria. But there is every reason to believe it was used not by the Syrian Army, but by opposition forces, to provoke intervention by their powerful foreign patrons, who would be siding with the fundamentalists. Reports that militants are preparing another attack — this time against Israel — cannot be ignored.

It is alarming that military intervention in internal conflicts in foreign countries has become commonplace for the United States. Is it in America’s long-term interest? I doubt it. Millions around the world increasingly see America not as a model of democracy but as relying solely on brute force, cobbling coalitions together under the slogan “you’re either with us or against us.”

But force has proved ineffective and pointless. Afghanistan is reeling, and no one can say what will happen after international forces withdraw. Libya is divided into tribes and clans. In Iraq the civil war continues, with dozens killed each day. In the United States, many draw an analogy between Iraq and Syria, and ask why their government would want to repeat recent mistakes.

No matter how targeted the strikes or how sophisticated the weapons, civilian casualties are inevitable, including the elderly and children, whom the strikes are meant to protect.

The world reacts by asking: if you cannot count on international law, then you must find other ways to ensure your security. Thus a growing number of countries seek to acquire weapons of mass destruction. This is logical: if you have the bomb, no one will touch you. We are left with talk of the need to strengthen nonproliferation, when in reality this is being eroded.

We must stop using the language of force and return to the path of civilized diplomatic and political settlement.

A new opportunity to avoid military action has emerged in the past few days. The United States, Russia and all members of the international community must take advantage of the Syrian government’s willingness to place its chemical arsenal under international control for subsequent destruction. Judging by the statements of President Obama, the United States sees this as an alternative to military action.

I welcome the president’s interest in continuing the dialogue with Russia on Syria. We must work together to keep this hope alive, as we agreed to at the Group of 8 meeting in Lough Erne in Northern Ireland in June, and steer the discussion back toward negotiations.

If we can avoid force against Syria, this will improve the atmosphere in international affairs and strengthen mutual trust. It will be our shared success and open the door to cooperation on other critical issues.

My working and personal relationship with President Obama is marked by growing trust. I appreciate this. I carefully studied his address to the nation on Tuesday. And I would rather disagree with a case he made on American exceptionalism, stating that the United States’ policy is “what makes America different. It’s what makes us exceptional.” It is extremely dangerous to encourage people to see themselves as exceptional, whatever the motivation. There are big countries and small countries, rich and poor, those with long democratic traditions and those still finding their way to democracy. Their policies differ, too. We are all different, but when we ask for the Lord’s blessings, we must not forget that God created us equal.

09/09/2013

Ils sont tous nuls, vive le Pape !

Sur la Syrie, c’est le concours de mensonges organisés, et le seul qui dit vrai, c’est le Pape : trop de victimes, arrêtez la guerre et discutez. Stop. Alors désolé pour ceux qui pensent, et nous sommes si nombreux, que les décisions politiques doivent être prises par les dirigeants politiques, démocratiquement élus. Comme ils sont tous en dessous de la ligne de flottaison, et ben, on va aller faire un peu de chemin avec le Pape qui, lui, dit des choses vraies, sensées et intelligibles. 100 000 morts en Syrie… On arrête quand ?

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Obama… 4700 exécutions sommaires par drones sous son premier mandat, trois par jours, la ligne rouge est à combien ? Ces dirigeants US qui ont massacrés les Vietnamiens avec l’agent orange, et qui, aujourd’hui encore, refusent d’indemniser les victimes, mutilées à vie… Ces dirigeants US qui ont donné à Saddam Hussein tous les renseignements et conseils pour gagner la guerre contre l’Iran en utilisant pendant des mois les armes chimiques… Et ce désastre, les massacres inventés : les armes de destructions massives, les charniers de Timisoara… Chaque fois, les services secrets avaient toutes les preuves… Alors, il y a eu tellement de mensonges qu’on doute de tout. Combien de morts lors de la fameuse attaque dans la banlieue de Damas ? Vingt jours après, on n’en sait toujours rien. Aucune liste des victimes, et seulement des chiffres entre 350 et 1500. Vivement que les experts de l’ONU nous disent.

Hollande… qui a changé huit fois de point de vue en huit jours... Le rouge de notre drapeau devient le rouge de la honte, après l’allumé Sarko cornaqué par le so fashion BHL et l’éteint Hollande qui attend le vote des parlementaires étatsuniens… Le 1% mondial qu’est la France garde un rang international comme l’un des cinq membres permanents du Conseil de Sécurité. Et que dit Hollande ? Le Conseil de Sécurité, on s’en tape, parce que je suis le pote d’Obama-le-leader. Rebranche ton cerveau, mon pote, ça urge !

Autre bande pas triste, le couple glamour de l’été, Poutine et El-Assad : « S’aimer l’un l’autre, ce n’est pas se regarder, mais regarder ensemble dans la même direction ». On dirait L’amour est dans le pré… Maman El-Assad garde les vaches pendant que Papa Poutine négocie le découvert avec le Crédit Agricole… Il ne manque que l’angélus ! Poutine, nouveau gardien de la légalité, il y a quand même de quoi mourir de rire,... pour un mec infoutu d’organiser des élections loyales dans son pays et cent fois condamné par la CEDH pour ses exactions en Tchétchénie, genre on bombarde les civils et on regarde après… Non, mais fais un effort, Poutine ! Oublie l'école du KGB et les vidéos débiles de tes séances de sport… Si tu veux que le monde te comprenne, achète un dico actualisé et parle au monde !

Après on a l’armée mexicaine des semi-tièdes, avec des convictions de nabot. Comme dix Etats sont pour l’attaque, ça en fait 170 qui sont contre, non ? Et ils sont où ces 170 ? Ils n’ont pas trouvé un stylo et une feuille blanche pour pondre un communiqué ? Pas un micro pour se faire entendre ? Si l’avenir du monde doit appartenir à l’Inde, au Brésil et à l’Afrique du Sud, il faudrait peut-être qu'ils mouillent la chemise. S’ils ne se branchent pas sur la guerre, la légalité internationale, le respect de la souveraineté, on va les entendre sur quoi ? Sur le réchauffement de la planète ? Les idées l’emportent sur les champs de bataille, alors ils doivent se colleter la Syrie. Quand on a raison, on monte sur la table, et on se fait entendre, c’est pas plus compliqué... La Syrie n’était pas désignée pour ça, mais c’est là que ça se joue, et s’ils ne pigent pas ça, ils vont en reprendre pour dix ans dans la voiture balais, et nous on sera bien dans le bousin. 

La Syrie pas désignée pour ça, pour être le lieu où vont se redessiner les règles et les grandes influences du monde ?... Et après tout pourquoi pas ? C’est l’un de plus vieux pays du monde, l’un des berceaux de l’humanité. Toutes les cultures, toutes les sciences, toutes les religions, un trait entre l’Orient et l’Occident… Personne n’imagine que l’avenir du monde se jouera au Texas ! Alors, vive le grand peuple syrien.  

En attendant, et quelle qu’en soit la cause, ça se joue là. Tous les enjeux mondiaux se sont cristallisés autour de la Syrie. C’est la guerre des uns contre les autres sur un champ de bataille qui est la terre des Syriens, mais les Syriens, cet admirable peuple, ne sont plus qu’un argument. Chaque journée de guerre, ce sont des morts en plus. On arrête quand ?  

 

Les Etats qui agressent la Syrie ont tort. C’est évident. Ça ne veut pas dire qu’Assad a raison, mais ça veut dire que l’avenir des peuples appartient aux peuples. La diplomatie des droits de l’homme qui deale avec le Prince Bandar Ben Sultan, le pôle emploi des djihadistes… Quelle naufrage... Si c'est la fin d'un mythe, bon débarras, cette invention funeste a fait bien trop de dégâts. 

 

L’agression est un crime. Je ne suis pas pacifiste, et je souhaite une armée percutante pour dissuader quiconque de nous attaquer. C’est en ce sens que la République a un « ministère de la Défense ». Mais un ministère de l’attaque ou de la punition, c’est non. Non, et jamais. Aucune victoire militaire en terre étrangère n’a été pérenne, mettez-vous vous bien ça dans le crâne, petits excités de la bombinette. Le droit, la justice et la souveraineté des peuples sont les plus forts.  

 

Pour se faire entendre, le Pape a réuni samedi soir, 100.000 personnes, et les caméras pour que le monde entier puisse partager cette prière longue de quatre heures. Écoutons la sagesse et l’autorité : «Je voudrais demander au Seigneur, ce soir, que nous, chrétiens, frères des autres religions, chaque homme et chaque femme de bonne volonté crie avec force: la violence et la guerre ne sont jamais la voie de la paix! Que chacun s'applique à regarder au fond de sa conscience et écoute cette parole: sors de tes intérêts qui atrophient le cœur, dépasse l'indifférence envers l'autre qui rend le cœur insensible, vaincs tes raisons de mort et ouvre-toi au dialogue, à la réconciliation!... Que se taisent les armes! La guerre marque toujours l'échec de la paix, elle est toujours une défaite pour l'humanité.»

 
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