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droit d'asile

  • Le droit d’asile, première source de l’immigration : un pas dans la bonne direction

    film-touchez-pas-au-grisbi12.jpegLa très droitière Cour des Comptes nous a livré son tract contre le droit d’asile. C'est un délicieux morceau,  des chiffres à l'état brut, ignorant la politique et le social qui, il est vrai, ne rentrent pas dans de jolies petites cases. La Cour des comptes se shoote aux chiffres avec des délices de gourmand, et elle devient la Cour des Comptabilités, et encore la Cour des Comptabilités des Riches.

    Bien sûr, une fois de plus, le problème, c’est les pauvres. Heureusement qu’on va pouvoir les nourrir avec les poubelles.

    Sur le droit d’asile, la Cour des Comptabilités des Riches a donc livré un rapport larmoyant non sur ces pauvres gens que la dictature, la misère et les guerres occidentales amènent à rompre avec leur terre pour trouver la précarité en France, mais sur la comptabilité, véritablement piratée par les pauvres.

    Ce rapport, en deux mots ? On atteint 60.000 demandeurs d’asile soit une forte hausse. Seule une minorité est admise au titre du statut,… mais les autres restent après le rejet et tentent de se faire leur place autrement. Seuls 1% des déboutés sont expulsés et chaque année, 40 0000 restent en France, d’abord comme clandestin. Justice et police sont impuissants. La Cour des comptabilités est inconsolable : « La politique d'asile est devenue la principale source d'arrivée d'immigrants clandestins en France ».

    Le coût global serait de plus deux milliards d'euros, ce qui est effectivement un chouïa. Mais sur un PIB de 2 134 milliards d'euros, on relativise… Les 2 milliards, ça représente environ huit heures de PIB annuel. On devrait pouvoir supporter le choc…touchez-pas-au-grisbi.jpg

    Surtout, la Cour des Comptabilités des Riches, bouleversée par l’émotion, a oublié quelques critères complémentaires.

    D’abord, 40.000 personnes qui vivaient dans la misère la plus totale et dans l’oubli des droits, souvent des victimes de la guerre, ont trouvé une terre d’accueil où tout est difficile mais où ils peuvent avoir une chance. Je leur dis bienvenue, bon courage et merci de votre confiance pour avoir rejoint la grande France. Nous allons tous ensemble faire un joli pays.

    Ensuite, la Cour des Comptabilités des Riches doit bien penser à faire deux colonnes : dépenses et recettes. Car ces familles nouvelles, qui ont la volonté ardente de prendre leur place dans la vraie vie, coûtent au début mais apportent beaucoup par la suite, en innovant et construisant, et nous confortant nos attachements dans le monde. Ces damnés de pauvres sont nos ambassadeurs de demain, et je rigole trop en pensant à la tronche de nos faiseurs de xénophobie – FN, UMP, PS – quand dans quelques années, d’autres rapports leur expliqueront que s’il n’y avait le travail et les cotisations des enfants de l’immigration, leur pension de retraite ressembleraient à des pommes fripées.

    Enfin la Cour des Comptabilités des Riches pourrait jeter un coup d’œil au-dessus des frontières. Elle verrait que l’Allemagne ne traite pas 60.000 dossiers, mais 100.000, et qu’elle vit ça pas trop mal. Elle pourrait aussi découvrir ce joli pays qu’est le Liban qui avec 4 millions d’habitants accueille 2 millions de réfugiés. Elle pourrait peut-être aussi poser la question de savoir pourquoi le nombre de réfugiés s’accroit, et alors elle pourrait demander des comptes aux Etats qui ont massacré l’Afghanistan, l’Irak, la Libye et la Syrie. Et leur présenter l’addition, au lieu de stigmatiser les pauvres.  

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  • Asile politique pour Edward Snowden

    Edward Snowden est  notre héros, homme seul, animé par la force de la conscience pour rompre avec les ordres illégaux de l’Etat qui l’employait : nul ne doit obéir à un ordre ouvertement illégal. C’est un grand résistant, et les informations fournies sur le programme PRISM ont finir d’ouvrir nos yeux sur le mal qui ronge le monde depuis des décennies : l’impérialisme des Etats-Unis (Territoire indien occupé, Amérique du Nord).

    NSA whistleblower Edward Snowden: 'They're going to  say I aided our enemies' - video interview

    Planqué à Hongkong, Edward Snowden a réussi à décoller le 22 juin pour Moscou, alors que les dirigeants US venaient de lui révoquer son passeport. Le 1er août, il a obtenu de la Russie, un pays qui accepte de se soumettre à une juridiction internationale, la CEDH – et oui, la Russie est européenne – un asile temporaire d’un an. Son titre va venir à expiration.

    La Russie va peut-être renouveler le titre, mais il semble qu’Edward ait une bonne piste pour le Brésil (bien penser à assurer l’avion). Autre solution : la France.

    Le régime le plus pratiqué pour les réfugiés politiques est le régime dit « conventionnel », car il est issu de la Convention de Genève de 1951. Le statut peut être accordé à toute personne « persécutée du fait de sa race, de sa religion, de sa nationalité, de son appartenance à un certain groupe social ou de ses opinions politiques ». Parfait. Mais problème : il faut que la personne soit parvenue sur le sol français. Pas facile pour Edward, qui est un peu pisté…

    Mais il existe un autre régime, le régime constitutionnel, qui trouve sa source dans l’alinéa 4 du préambule de la Constitution de 1946 selon laquelle « Tout homme persécuté en raison de son action en faveur de la liberté a droit d’asile sur les territoires de la République ». Cette disposition a été mise en œuvre… 42 ans plus tard, par la loi  n° 98-349 du 11 mai 1998, devenue l’article L711-1 du Ceseda, selon lequel le statut de réfugié peut être reconnu à « toute personne persécutée en raison de son action en faveur de la liberté ». Là, grand changement : pas besoin d’être en France. Edward peut demander le bénéfice de ce statut même s’il est encore chez nos amis russes. C’est l’Office français de protection des réfugiés et des apatrides (OFPRA) qui se prononcera, et non François ou Manuel, ce sous le contrôle de la Cour nationale du droit d’asile puis du Conseil d’Etat.

    Donc, signez la pétition, mais c’est pour se faire entendre de l’OFPRA, et pas de François ou Manuel, qui sont hors-jeu.

    Edward, tu trouveras ici le site de l’OFPRA, mais attention, la partie est très technique, et il te faut choisir un avocat rodé à cette procédure. S’il y a besoin, je te mettrais en contact.

    Amitiés.

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