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droits de l'homme

  • La cause palestinienne et le droit économique

    Le droit des affaires s’affirme comme un levier puissant à la disposition des peuples qui luttent pour leur indépendance ou pour la maîtrise leur développement, alors que de partout, la force des armes est là pour installer la violence économique et sociale. Agir en droit contre les responsables étatiques ou militaires restera toujours difficile, mais un très beau terrain d'action se dégage contre les entreprises et leurs dirigeants, avec les outils du droit des affaires.

    1/ Situation générale dans les colonies 

    9781849460637.jpgNous disposons d’informations objectives de qualité avec le rapport du Rapporteur spécial de l’ONU pour la Palestine de septembre 2012.

    « 7. Entre 1967 et 2010, Israël a implanté environ 150 colonies de peuplement en Cisjordanie. S’y ajoutent une centaine d’implantations « sauvages » – des colonies construites sans autorisation officielle israélienne, mais avec la protection, le soutien en équipement et l’aide financière du Gouvernement israélien. Ces implantations non autorisées sont depuis peu l’objet de débats dans le Gouvernement israélien pour savoir s’il y a lieu ou non de les légaliser en droit israélien. C’est là une grave accélération du mouvement de colonisation, incompatible avec le discours politique d’Israël, qui dit appuyer les négociations tendant à instaurer un État palestinien viable, indépendant, souverain et d’un seul tenant. 

    « 8. Jérusalem compte 12 colonies, implantées avec l’aide financière et l’assistance du Gouvernement sur des terres illégalement  annexées par Israël et intégrées à la ville. Les colonies ont la mainmise sur plus de 40 % de la Cisjordanie, y compris des ressources agricoles et hydriques essentielles. De nombreuses implantations sont très étendues et forment des grands lotissements fermés ou des petites localités. Israël n’autorise pas les Palestiniens – sauf s’ils ont un permis de travail – à y pénétrer ou à en utiliser les terres. 

    « 9. Les colonies de peuplement israéliennes dans le territoire palestinien occupé comptent de 500 000 à 650 000 habitants, dont quelque 200 000 vivant à Jérusalem-Est. Les statistiques révèlent que le nombre de colons (à l’exclusion de la population de Jérusalem-Est) a augmenté, au cours de la dernière décennie, à un rythme annuel moyen de 5,3 %, contre 1,8 % pour la population israélienne en général. Au cours des 12 derniers mois, cette population a augmenté de 15 579 personnes. Le Gouvernement israélien offre aux colons des prestations et des incitations dans les domaines de la construction, du logement, de l’éducation, de l’industrie, de l’agriculture et du tourisme, ainsi que des routes à usage exclusif et un accès privilégié à Israël. L’effort financier, juridique et administratif déployé par Israël dans son entreprise de colonisation a transformé de nombreuses colonies en opulentes enclaves pour citoyens israéliens, et cela dans une zone où les Palestiniens vivent sous régime militaire et dans des conditions de pauvreté généralisée. 

    2/ Situation économique dans les territoires occupés de Palestine (CNUCED)

    9780415535489.jpgSur le plan économique, la référence est le rapport de la CNUCED sur l’économie des territoires occupés du 13 juillet 2012, TD/B/59/2.

     « Les perspectives à long terme de développement de l’économique palestinienne sont devenues encore plus irréalisables en 2011 que jamais auparavant. Les restrictions à la circulation, la diminution des flux d’aide, un secteur privé paralysé et une crise budgétaire chronique assombrissent l’horizon. Le redressement de la croissance récemment observé à Gaza ne saurait être durable. Un chômage élevé persiste, qui aggrave la pauvreté: un Palestinien sur deux est considéré comme pauvre. Dans les conditions actuelles, étant donné la faiblesse de la demande privée, la réduction des dépenses par l’Autorité palestinien est contre-productive. Les donateurs doivent rendre leurs versements d’aide prévisibles et il est indispensable d’accroître les recettes budgétaires liées au commerce pour empêcher une crise socioéconomique de grande ampleur. Les effets de l’occupation sur l’appareil productif palestinien, en particulier le secteur agricole, ont été catastrophiques. L’économie palestinienne a perdu l’accès à 40 % des terres, à 82 % des nappes phréatiques et à plus des deux tiers des terres de pâturages en Cisjordanie. À Gaza, la moitié des terres cultivables et 85 % des ressources halieutiques sont devenues inaccessibles. Le développement économique palestinien passe notamment par la création d’une banque de développement agricole permettant d’assurer crédits, partage des risques et investissements. En dépit de ressources limitées, la CNUCED a continué de soutenir le renforcement des capacités institutionnelles palestiniennes dans différents domaines, y compris la formation et la réalisation de projets de coopération technique concernant la modernisation des douanes, la facilitation du commerce et la modélisation économétrique de l’économie palestinienne

    « 4. L’économie palestinienne continue de fonctionner bien en dessous de son potentiel en raison de la persistance des restrictions à la mobilité (le nombre de points de contrôle en Cisjordanie est passé de 500 en 2010 à 523 en 2011), de la poursuite du siège économique de Gaza, de la crise budgétaire de l’Autorité palestinienne et de la diminution du soutien fourni par les donateurs. La situation s’est encore aggravée en 2011 avec l’augmentation des destructions d’infrastructures palestiniennes (en particulier de logements) et l’expansion des colonies israéliennes, notamment autour de Jérusalem-Est et de Bethléem (Bureau du Coordonnateur spécial des Nations Unies pour le processus de paix au Moyen-Orient (UNSCO), 2011), cela s’ajoutant à l’actuelle «bantoustanisation» du territoire palestinien.

    « 7. L’occupation prolongée et les conséquences socioéconomiques de l’expansion des colonies de peuplement israéliennes sont la principale cause de l’échec des efforts de développement de l’économie palestinienne. Mettre un terme à l’expansion des colonies et à l’occupation est la condition  sine qua non d’un développement durable. Faute d’un rééquilibrage économique et politique radical entre l’occupation israélienne et le peuple palestinien, il ne saurait y avoir de véritable redressement économique dans le territoire palestinien occupé. Lever les restrictions israéliennes qui pèsent sur les travailleurs palestiniens (s’agissant notamment de leur mobilité) (Organisation internationale du Travail (OIT), 2012) ainsi que sur les entreprises et le commerce, et permettre à l’Autorité palestinienne de percevoir la totalité des recettes liées au commerce qui lui reviennent seraient d’utiles premières mesures à prendre pour éliminer les conséquences négatives de l’occupation et accroître les possibilités de créer un État palestinien souverain, conformément aux résolutions pertinentes de l’ONU. »

    Pour apprécier la situation économique, il faut également renvoyer vers le rapport du FMI du 23 septembre 2012 et celui de la Banque Mondiale d’avril 2012. Le rapport de l'Organisation Mondiale de la Santé du 27 septembre 2012 montre l’impact des privations économiques sur la santé des Palestiniens.

    3/ Informations sur le rôle des principales entreprises

    human-rights-and-bilateral-invetment-treaties.jpgLa colonisation, militaires à l’origine, ne peut perdurer que si elle trouve tous les relais économique nécessaires, et on arrive alors au rôle des entreprises, complice de la colonisation et les violations du droit associées. Le rapporteur spécialde l’ONU a procédé à l’analyse de l’activité de treize grandes entreprises, soulignant qu’elles ne représentent « qu’un petit échantillon du large éventail d’entreprises dont les activités sont liées aux colonies de peuplement israéliennes dans le territoire palestinien occupé ».

    Voici quelles sont ces entreprises, avec la précision que le rapport donne toutes les informations sur le type d’activités et les méthodes juridiques utilisées.

    - Caterpillar Incorporated, l’un des principaux fabricants mondiaux d’équipement de construction.

    - Veolia Environnement, la multinationale française, est active dans les secteurs de l’eau, de la gestion des déchets, des services énergétiques et du transport.

    - Group4Security (G4S) est une société britannique offrant des services de sécurité.

    - Le groupe Dexia, le groupe bancaire  européen, est très présent dans les colonies.

    - Ahava est une société israélienne de cosmétique spécialisée dans les produits de beauté haut de gamme élaborés à partir de ressources naturelles provenant de la mer Morte.

    - Le groupe Volvo est l’un des principaux constructeurs mondiaux de camions, d’autocars, d’engins de chantier, de systèmes de propulsion pour la marine et l’industrie et de pièces pour l’aéronautique.

    - Le groupe Riwal Holding, établi aux Pays-Bas, est spécialisé dans la location internationale de nacelles élévatrices.

    - Elbit Systems est une société israélienne spécialisée dans l’électronique de défense.

    - Hewlett Packard (HP) est le plus gros fournisseur mondial de matériel, logiciels et services informatiques.

    - Mehadrin est l’un des géants israéliens de l’agro-industrie. L’entreprise produit des agrumes, des fruits et des légumes qu’elle exporte dans le monde entier.

    - Motorola Solutions Inc. est une multinationale américaine d’électronique et de télécommunication.

    - Mul-T-Lock est une entreprise israélienne, rachetée par la société suédoise Assa Abloy, qui se décrit comme « un leader mondial  dans la conception, la fabrication, la commercialisation et la distribution de  solutions de haute sécurité pour les applications institutionnelles, commerciales, industrielles, résidentielles et automobiles ».

    - La société mexicaine Cemex est un leader mondial de l’industrie des matériaux de construction.

    Le rapporteur rappelle que les entreprises doivent respecter le droit fondamental  et il leur demande de suspendre « la fourniture de produits et services, qui contribuent à la création et au maintien des colonies de peuplement israéliennes ».

    Pas dupe, il demande (§ 98) à la société civile d’engager des actions judiciaires et politiques à l’encontre des entreprises en infraction, si en s’adressant aux institutions judiciaires et politiques nationales, surtout si des activités de colonisation se prêtent à des allégations de crimes de guerre et de crimes contre l’humanité.

    4/ Droit opposable aux sociétés privées dans le territoire palestinien occupé

    ·        9781903307229.jpgPrincipes directeurs relatifs aux entreprises et aux droits de l’homme

    Le 16 juin 2011, dans sa résolution 17/4, le Conseil des droits de l’homme a entériné à l’unanimité les Principes directeurs relatifs aux entreprises et aux droits de l’homme. Les  normes internationales des droits de l’homme, et les huit conventions fondamentales de l’Organisation internationale du Travail (OIT), constituent un corpus de textes faisant autorité pour évaluer l’impact des activités des entreprises sur les droits de l’homme, spécialement lorsque ces entreprises opèrent dans des situations de conflit armé.

    De fait, les juristes sont à l’œuvre, et ces mesures entrent dans l’ordre juridique. L’Organisation internationale de normalisation (ISO) a amendé ses statuts. La Commission européenne a publié une résolution et demandé aux Etats-membre des plans nationaux de mise en œuvre. L’Association des nations de l’Asie du Sud-Est (ASEAN) a adopté un plan intergouvernemental en ce sens. L’OCDE a mis à jour en 2011 les Principes directeurs pour les entreprises multinationales.

    ·         Le Pacte mondial

    C’est dans ce contexte qu’il faut placer le Pacte mondial. Ce document résulte d’une démarche du Secrétaire général de l’ONU concerne la responsabilité des entreprises et a été signé par 8 700 entreprises issues de 130 pays. Pour cette action, sept organismes des Nations Unies travaillent en collaboration permanente avec le Bureau du Pacte mondial du Secrétaire général : le Haut-Commissariat des Nations Unies aux droits de l’homme, l’Office des Nations Unies contre la drogue et le crime, le  Programme des Nations Unies pour le développement, le Programme des Nations Unies pour l’environnement, ONU-Femmes, l’Organisation internationale du  Travail et l’Organisation des Nations Unies pour le développement industriel.

    ·         Le statut de la CPI

    Aux termes de l’article 25 du statut, la Cour est compétente à l'égard des personnes physiques et, selon l’alinéa 2 « quiconque commet un crime relevant de la compétence de la Cour est individuellement responsable et peut être puni conformément au présent Statut ». Peuvent être condamnés les auteurs et les complices, et précisions que nombre de ces groupes sont implantés dans des Etats ayant ratifié le traité de la CPI.

    L’article 8, 2, a, iv, définit comme crimes de guerre, lorsqu’elles visent des personnes protégées par les Conventions de Genève « La destruction et l’appropriation de biens, non justifiées par des nécessités militaires et exécutées sur une grande échelle de façon illicite et arbitraire.

    Selon l’article 7 1) d)constitue un crime contre l’humanité la « déportation ou transfert forcé de population ».

    Le statut de la Cour définit comme crime contre l’humanité (article 7,1, j) le crime d’apartheid. L’article 7, 2, h précise que par  « crime d'apartheid », on entend des actes inhumains analogues à ceux que vise le paragraphe 1, commis dans le cadre d'un régime institutionnalisé d'oppression systématique et de domination d'un groupe racial sur tout autre groupe racial ou tous autres groupes raciaux et dans l'intention de maintenir ce régime ».

    *   *   *

    Voici quelques règles, et on en trouve bien d’autres déduites. Bien sûr, il ne faut attendre aucune aide des Etats, et les initiatives ne viennent que des groupes politiques. Bien des étapes restent à franchir, mais le terrain du droit européen des affaires s’avère privilégié. 

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  • Valls : Le changement, c’est pas pour demain

    roms,gauche,loi,droits de l'hommeIl est bien rigolo notre beau Valls pérorant ses élucubrations sur les Roms. Comme il est « de Gauche », il a publié une tribune dans Libération. Quasi-révolutionnaire, en effet...

    Alors, quelle est la formule choc trouvée par la cellule communication du ministère, et signée par le ministre ? Attention, chères amies et chers amis, c’est très très fort : « C'est bien le laisser-faire qui ne résout rien et la fermeté qui est nécessaire ».

    Ouaah… c’est la formule géniale ! Elle marche pour tout : pour le berger et son troupeau d’agneaux, pour votre banquier qui s’apprête à vous parler de votre découvert dès votre retour de vacances, pour Usain Bolt lors de sa séance de muscu, pour le patron de PSA qui signe la suppression de 8.000 emplois, pour Assad qui s’adresse à ses généraux, pour les leaders des rebelles syriens qui organisent leurs troupes, pour la douce et généreuse Hillary Clinton faisant sa tournée africaine pour installer les entreprises US, pour Gbagbo dans son palais devant l’avancée des chars français, pour Sarko qui a donné l’ordre de reverser Gbagbo sans mandat de l’ONU, pour Vanessa Paradis qui gère son divorce, pour le Cardinal Barbarin qui se lance dans un marathon de prière contre le mariage gay, pour les militants solidaires des Roms écœurés par la politique de Valls-Hollande, pour un candidat aux primaires PS découvrant avec consternation qu’il est le dernier avec un 6% ridicule, pour Copé qui blinde les fédérations UMP devant les avances du roi du scooter, pour qui-vous-savez qui explique à Madame sa Compagne comment se servir d’un compte twitter, pour l’étudiant qui prépare son examen d’entrée chez les avocats, pour votre mamy qui s'est lancée dans les confitures et doit tenir un tempo d’enfer pour que ca ne finisse pas en marmelade.

    Bref, c’est le slogan universel, multifonction et jamais en panne. Gardez-le sur vous comme une trousse d’urgence, et n’hésitez pas à en faire usage chaque fois que, comme Valls, vous n’aurez rien à dire. Le succès est garanti.

    Donc, il faut la fermeté sur la question Roms, et je m’en réjouis sincèrement.roms,gauche,loi,droits de l'homme

    Le ministre de l’Intérieur va enfin faire appliquer la loi n° 2000-614 du 5 juillet 2000 sur les aires d’accueil pour les gens du voyage. Les schémas départementaux, qui se sont calés sur le minimum, ont quand même prévu l’aménagement de 41 569 places, et selon le rapport du sénateur Pierre Hérisson, Président de la Commission Nationale Consultative des Gens du Voyage, de juillet 2011, seules 21 540 places sont en service soit un taux de réalisation de 52 %.

    Il manque 20 000 places... Tout est là. On comble le retard, et on a une solution pour tous les camps illégaux. Pas plus compliqué : il suffit d’appliquer la loi... 

    Alors, mon p’tit Valls, je suis bien d’accord avec toi : le laisser-faire ne résout rien. Force doit rester à la loi et ça tombe bien, car c’est ton job de faire appliquer les lois.

    Comme tu es mon ami, je t'ai simplifié la vie en te préparant deux mesures. C'est comme pour la tribune de Libé, tu as juste à signer.

    1/ Tu refuses tout démantèlement de camp si la collectivité concernée n’a pas appliqué la loi, et n’a donc pas d’aire d’accueil. On ne va quand même pas encourager les fraudeurs, non ?

    2/ Ensuite, tu fais application de l’article 3 de la loi du 5 juillet 2000 qui en cas de retard des collectivités,  autorise l’Etat, via les préfectures, à acquérir les terrains nécessaires, réaliser les travaux d'aménagement et gérer les aires d'accueil au nom et pour le compte de la collectivité défaillante, avec inscription d'autorité des dépenses au budget des collectivités.

    Les maires vont râler, mais rappelle-toi, chouchou : « C'est bien le laisser-faire qui ne résout rien et la fermeté qui est nécessaire ». Tu vois, ça marche à tous les coups !

    roms,gauche,loi,droits de l'homme

    Alors, de la vilaine Droite ou de la gentille Gauche, cette belle pelleteuse ?

  • Des loups pour remplacer les gardiens de prison !

    9782012791480.jpgL’Iran, frappé par les sanctions économiques comme nous l’explique Le Monde (occidental), cherche des expédients pour faire face. Dernière trouvaille : remplacer les gardiens de prison par des loups. Ca devient grave.

    La question est clairement la réduction de la masse salariale. « Chaque prison essaye d'être la plus créative possible pour dépenser au mieux son budget », explique un responsable de l’administration pénitentiaire.

    Le plus grand centre de haute sécurité du pays s'étend sur une superficie de 73 km2. La moitié des 5000 détenus ont tué quelqu'un et les trois quarts font de la prison à vie. Avec la réduction du budget, la direction a limogé 105 de ses 1200 gardiens et 35 de ses 42 agents de surveillance dans les tours de garde. Pour les remplacer, elle a introduit en 2011 des chiens-loups dans le périmètre de sécurité de la prison. L'entretien de 40 chiens équivaut au salaire annuel d'un gardien.

    Ces chiens-loups sont pour la plupart des croisements entre la race des malamutes et des loups gris et pèsent plus de 55 kilos. Comment élève-t-on un loup ? « En faisant très attention et en les mêlant avec beaucoup de chiens au sang chaud » explique un capitaine et éleveur. « Ça prend beaucoup de temps. Et c'est difficile de gagner leur confiance », ajoute-t-il.

    Une fois formés à leur mission de sécurisation de l'enceinte de la prison, les chiens-loups sont capables de garder les grilles électrisées hautes de 4 mètres qui font le tour des sept complexes du centre. Ani-Homme-1.jpg

    Si les évasions sont rares, le risque existe et le directeur de la prison, le sait : « Il me faudrait cent officiers pour couvrir les ruisseaux, les rivières et les routes », soulignant  qu'une journée de recherche d'un évadé, payée en heures supplémentaires, coûte très cher.

    Chaque animal doit couvrir plus de 300 mètres de terrain au-delà des grillages et le fait plus rapidement qu'un gardien en voiture, qui n'a pas développé les mêmes facultés olfactives qu'un chien-loup formé. « Vous pouvez toujours courir, mais ils vous rattraperont », admet un détenu à vie.

    Y’a plus une thune, certes, mais quand même çà déraille grave chez nos amis… Remplacer des hommes par des chiens-loups dressés pour attaquer, c’est de l’inhumain pur sucre, ascendant criminel 100%.

    Mais, qu’est ce que je vois ? Quelqu’un a brassé mes notes, et en fait cette affaire ne concerne pas l’Iran mais les Etats-Unis, et plus précisément le centre pénitentiaire de l’Etat de Louisiane…

    Pauvres Etats-Unis, avec Obama qui fait la campagne la plus pourrie de destruction de l’adversaire jamais vue, et l’adorable Clinton partie en Afrique expliquer aux braves gens les bienfaits des valeurs US. Comme remplacer des hommes par des animaux dans la fonction régalienne qu'est la Justice, car un homme coûte quarante fois plus cher qu’un animal.

    Voici l’excellent article du Figaro qui raconte l’histoire.

    http://www.lefigaro.fr/international/2012/08/02/01003-20120802ARTFIG00407-en-louisiane-des-loups-formes-pour-garder-une-prison-d-etat.php

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    C'est quand on arrête de s'en servir que les (gros) problèmes commencent

  • La Tunisie, pays des droits de l’homme

     

    revolution-tunisienne-facebook-L-zaqZjY.jpgLa Tunisie est un Etat de droit, et c’est la CEDH qui le dit dans un arrêt de ce 15 novembre (Affaire Al Hanchi c. Bosnie-Herzégovine, n° 48205/09).

    M. Al Hanchi, un Tunisien, était arrivé en Bosnie-Herzégovine pendant la guerre de 1992-1995 pour rejoindre les moudjahidines étrangers.

    La CEDH s’est fait tuyauter par le Tribunal Pénal International pour l’Ex-Yougoslavie, sur ces moudjahidines étrangers, venus en Bosnie-Herzégovine dans l’intention d’aider leurs frères musulmans à se défendre contre les Serbes.

    En décembre 1995, le moudjahidine a obtenu une carte d’identité nationale… en produisant une décision falsifiée de février 1992 accordant la nationalité à quelqu’un d’autre. Il faut dire que revenir dans la Tunisie de Ben Ali après quelques faits d’armes à côté des frères bosniaques, c’était la taule et la torture assurées. En 1997, il a épousé une ressortissante de Bosnie-Herzégovine, et le couple a eu deux enfants, en 1998 et 2000.

    Tout va bien jusqu’en avril 2009. Un contrôle banal, et la police découvre le faux : le père de famille se retrouve clandestin, menacé d’un retour chez Ben Ali. Brrr…

    Il est placé dans un centre d’immigration à Sarajevo, et en mai 2009, sur la base de rapports des services secrets, le service des étrangers prend une mesure d’expulsion justifiée par « une menace pour la sécurité nationale ». Le 10 décembre 2009, un juge valide la décision de l’administration. 20031204_OBS2477.jpg

    M. Al-Hanchi forme des recours internes, non suspensifs, et saisit alors la Cour européenne des droits de l’homme qui, selon une procédure d’urgence, demande à la Bosnie-Herzégovine de suspendre son renvoi  chez le doux et tendre Ben Ali.

    Et là, survient la Révolution tunisienne. Alors, expulsion ou pas ?

    En la matière, les principes sont bien connus :

    -      les États ont le droit de contrôler l’entrée, le séjour et l’expulsion des ressortissants étrangers ;

    -      Toutefois, ces expulsions ne doivent pas exposer les personnes concernées à des risques de torture ou d’autres formes de mauvais traitements dans le pays de renvoi.

    Et là commence l’éloge de la Révolution tunisienne.

    La CEDH note que, selon les travaux de l’Assemblée parlementaire du Conseil de l’Europe et les rapporteurs spéciaux des Nations Unies, des mesures sont actuellement prises en Tunisie pour passer à un système démocratique.

    Ces mesures comprennent :

    -      l’amnistie accordée à tous les détenus politiques,

    -      la dissolution du service de sécurité d’État, très souvent accusé de violations des droits de l’homme pendant l’ancien régime,

    -      la révocation ou la mise en accusation de certains fonctionnaires de haut rang pour des abus passés.20080430SarkoTunisie_0.jpg

    De plus, la Tunisie a signé :

    -       le Protocole facultatif à la Convention des Nations unies contre la Torture, qui met en place un système préventif de visites dans les centres de détention ;

    -      le Protocole facultatif se rapportant au Pacte international relatif aux droits civils et politiques, qui reconnaît la compétence du Comité des droits de l’homme des Nations unies pour connaître d’affaires individuelles.

    En conclusion, la CEDH souligne « la détermination des autorités tunisiennes pour éradiquer une fois pour toutes la culture de la violence et l’impunité qui caractérisaient l’ancien régime politique ». M. Al-Hanchi ne court aucun risque de mauvais traitement, et il peut donc être expulsé vers la Tunisie.

    Juppé, du haut de son UMP, s’est cru autorisé à dire qu’il surveillait le nouveau pouvoir tunisien qui « ne devait pas passer un ligne rouge ». Voici donc Juppé, pas sevré de l’esprit colonialiste, qui se fait proprement bâcher par la CEDH.

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    Tu piges, Juppé ?

  • Les civils afghans ont-ils droit à la présomption d’innocence ?

    Les civils massacrés par l’OTAN en Afghanistan glissent sur l’info, dans l’indifférence. Cette indignation sélective est un très mauvais signe.  

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    Je ne sais pas si on se rend bien compte des méfaits de la coalition en Afghanistan, coalition cornaquée par l’OTAN pour défendre « nos valeurs », comme l’expliquait encore ce bon Juppé ce dimanche. Le ministre des affaires étrangères réagissait au lourd bilan dans l’armée française sur Canal +. Mais ni lui, ni la journaliste qui l’accompagnait gentiment – à ce stade difficile de parler d’interview – n’ont pas eu le temps de dire un mot sur les morts civils afghans à la charge de l'OTAN. Sans doute que dans ces « valeurs », toutes les vies ne pèsent pas autant.

    Pourtant, l’actualité immédiate a été cruelle pour les civils afghans. Samedi dans la soirée, les grands combattants de l’OTAN, au nom de la civilisation, ont bombardé dans le district de Nawzad, dans le sud-ouest, deux maisons sensées être des repères de résistants. Bilan: 14 civils tués, soit deux femmes et 12 enfants, et six blessés graves.  Des tirs de roquettes depuis des hélicoptères. La BBC affirme que des villageois ont transporté jusque dans la capitale de la province les corps des enfants, pour preuve de la tragédie.

    Mercredi dans les montagnes du Nouristan, des frappes aériennes dirigées par les mêmes humanistes, ont causé la mort de 18 civils et 20 policiers.

    Quelques jours plus tôt, un raid de l'OTAN avait tué quatre personnes à Taloqan (nord-est).

    Le démonétisé Barack Obama, la larme à l’œil, a dit prendre la situation « très au sérieux », selon une déclaration du porte-parole de la Maison-Blanche, Jay Carney, qui a jouté : « Nous travaillons très fort pour éviter les victimes civiles. Nous partageons les préoccupations du président afghan ».

    Alors, les civils afghans ont-ils droit à la présomption d’innocence ? Ce qui est sûr, c’est qu’ils étaient innocents et qu’ils ont été tués par les soldats de l’OTAN. Et le silence assourdissant qui accompagne ces massacres commis au nom des « valeurs » est absolument scandaleux.

    Il n’y a qu’une chose à faire : c’est partir vite, et très vite, d’Afghanistan. Dix années insensées pour « combattre les Talibans » et au final, c’est eux, dont l’influence tous les jours se renforce, qui retrouveront le pouvoir.

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