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15.07.2011

Les US en cessation des paiements ?

la-maison-des-otages-affiche_53308_6131.jpgOn banalise vite les infos, mais celle là, elle n’est pas rien : le US sont à quinze jours de la cessation des paiements.

Les négociations entre la Maison Blanche et le Congrès durent depuis deux mois, et c'est ces jours-ci la tension maximale. Le plafond légal de la dette, 14 294 milliards de dollars, a été dépassé en mai, et ça a tenu avec les astuces de la gestion. Mais la crise est là, maintenant, car il y a une échéance de 100 milliards de dollars de bons du Trésor à rembourser le 2 août, et pour lesquels il faudrait emprunter.

D’où la nécessité de modifier ce plafond légal, mais aussi de trouver des mesures pour ne pas pateauger dans quelques mois dans la même mélasse.

C’est sur le plan d'accompagnement que tout se joue car le plafond a déjà été relevé 74 fois depuis 1962, dont 10 fois depuis 2001... C’était de la routine, et là c’est le cirque comme jamais vu.

Le montant de la dette totale garantie par le Trésor est estimé à 16.000 milliards de dollars, car il inclut notamment les obligations des établissements de refinancement hypothécaire, les célèbres et drolatiques Fannie Mae, Freddie Mac et autres. De l’argent qui est du gaz, et si ça dégringole, le Trésor qui ne peut déjà plus payer les fonctionnaires sera balancé dans un tourbillon désastreux.

Accroissement de la dette, augmentation des impôts et coupes dans les dépenses sociales, c’est sûr que ce n’est pas fameux pour les Démocrates quand s’ouvre une année électorale avec novembre 2012 en ligne de mire.

Aussi, les Républicains jouent le rapport de forces maximal, pour ajouter à ce tableau la cessation des paiements, et Obama a du se décider à mener lui-même les négociations avec les parlementaires ! Avec hier une réunion tendue, et lassé de se faire contredire comme un débutant, Obama a quitté la séance avec fracas.18868665.jpg

Hier aussi, la sympathique et avenante agence de notation Moody's a mis le AAA américain sous surveillance.

On commence à parler de divisions chez les Républicains, mais les plus allumés font encore monter la pression, pensant qu’un blocage décrédibiliserait Obama, obligé de prendre des mesures très impopulaires, car il devrait choisir ce qu’il paie, tout en privilégiant les remboursements financiers. La Chine détient pour 1 000 milliards de bons du Trésor, et autant dire que les surenchères des Républicains ne font pas rire à Pékin.

Obama est bien placé dans les sondages, et il vient de récupérer un max de dons pour financer sa campagne. Il est très favori, et les givrés de la droite du Parti républicain, le Tea Party, pensent qu’il n’y a pas d’issue électorale s’ils n’affaiblissent pas Obama. A partir de là, tout est bon.

Le futur prix Nobel d’économie, Sarah Palin a ainsi exprimé son auguste pensée aux parlementaires : « Ne reculez pas, rechargez ! »

Palin est en perte de vitesse, et la vedette actuelle est Michelle Bachmann, qui multiplie les insanités et fonce sur tout ce qui pue, prête à tout pour faire la Une.  Elle vient de signer un texte sur la vie familiale, où on lit : « L’esclavage a eu un impact désastreux sur les familles afro-américaines mais, hélas, un enfant né en esclavage en 1860 avait plus de chances d’être élevé par sa mère et son père dans un foyer avec deux parents qu’un bébé afro-américain né après l’élection du premier président afro-américain des États-Unis ».

L’hypothèse la plus crédible est que l’accord se fera in extremis, mais la pression reprendra dès le lendemain. Nous sommes otages de ces ravagés.

 

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30.10.2010

Quand l’inflation prend la tête…

Faut-il une petite inflation pour durcir la croissance ? Alors que les passions s’enflamment, il est temps de rapprocher les parties…

D’abord, sachons mettre le problème entre de bonnes mains. Des mains expertes, qui font naître au fond du gosier le goût de la réussite. Toute joie devrait-elle être contenue ? Le délice, c’est la libération, libération charnellement vécue dans le pays où toute bonne nouvelle s’accompagne du pet du bouchon de champagne, laissant jaillir, pour le bonheur de nos palais, le plus délicieux des liquides.

Et puis, qu’on ne nous dise pas que cette histoire d’inflation n’aurait ni queue ni tête. Pendant les périodes d’inflation sauvage, les queues se forment devant les commerces, et ce n'est pas bon signe. Chacun le sait : une petite inflation muscle la croissance, et peut permettre de gaillardes érections,… euh élections. Alors que si on ne se préserve pas, une douce inflation peut finir en tête à queue, avant de dériver en un combat sans gland,… euh sanglant.

Aussi, gardons la tête froide, pour ne pas avoir à appeler les pompiers. Mon ami René m’a signalé hier ce beau slogan issu des turluttes sociales : « 67 ans ? Pourquoi pas 69 ? Quitte à se faire baiser... ». Mais de cela, je vous remercie de ne pas piper mot.  

Sloggan qui se défend.jpg

05.08.2010

Les Français sont-ils des blaireaux ?

autres-animaux-brunstatt-france-1336540111-1211405.jpgLes Français sont-ils des blaireaux ? Une grande majorité oui, si j'en crois le sondage publié hier, genre 80% sont pour les déchéances de nationalité et les expulsions de roms.  

Comme je ne fais pas de politique, je peux répondre franchement : oui, ce sont des blaireaux, et avec de solides réflexes de bourrins. Car pour ceux qui ne l’ont pas encore fait, je vous encourage à lire ce sondage que par hygiène de la pensée, je ne reproduirai pas ici.

Quelle est l’actu depuis un an ? Le crack de la finance qui, par vagues de dizaines de milliards d’euros, a ruiné les économies. Tiens, toute fraîche d’hier, une autre info, importante celle-ci : 256.000 destructions de postes de salariés en 2009, une baisse inégalée depuis 1976.

Et qu’en disent les blaireaux ? Simple : il faut taper sur ces salauds de pauvres.

Ce qui menace l’avenir ce sont les roms totalement fauchés et les gus qui pratiquent l’excision. Bien vu ! Une hauteur de vue et une finesse d’analyse qui va aider à percuter la bourse de New York et le marché chinois ! Des pays comme le Brésil ou la Turquie tournent aux alentours de 10% de croissance par an – donc le pays gagne 50% en 5 ans – alors que nous peinons à faire 1%, mais ce n’est pas le problème. Ben voyons, bande de rigolos ! Un autre monde se dessine, mais les blaireaux montent la garde devant leur terrier.  

Face à ce sondage, on peut prendre le point de vie raisonnable et dire : ce ne sont pas les bonnes questions. Donc, si la question avait été : « telle ou telle mesure fera-t-elle reculer l’insécurité ? » nos gentils bourrins auraient marqué leur réprobation.  

Et bien, je m’en tape de ce genre d’explications à la noix, qui masque la réalité : nous ne sommes pas au fond, mais près du précipice, et on fonce. Prends du Doliprane, mon pote, ça calme la douleur…BiggestLoserLogo.jpg

La réalité, c’est que le peuple français qui, dans le monde est encore celui de la patrie des droits de l’homme, ce peuple assis sur plus deux ans cents de démocratie, menacée sur aucune frontière, avec une économie qui reste stable, se défoule contre les démunis dès qu’il est un peu excité par ses dirigeants. Ce qui me donne juste envie de vomir.  

Et que nous dit la Gauche ? Deux choses palpitantes : « je ne réponds pas pour ne pas céder à la provocation et « de toute façon c’est anticonstitutionnel ». Mais on s’en fiche, de vos réponses défraichies de socialistes défraichis ! Vous qui avez pour job d’assurer les responsabilités, vous êtes démunis à ce point-là, pour vous retrancher derrière ce juridisme froid ? Terrifiés par deux sondages débiles. Incapables de parler à votre peuple. Deux cents députés, la quasi majorité au Sénat, vingt régions, et incapables de se faire entendre…

Alors, je suis minoritaire ? Nous sommes, chères amies et chers amis minoritaires ? Oui, et on s’en fiche. Entre les psychomaniaques de Droite et les dépressifs de Gauche, nous sommes les seuls à croire à l’avenir.

Je ne rejoins pas non plus instant ceux qui pleurent sur le thème « c’est le retour de Vichy ». Les époques n’ont rien à voir, et les liens internationaux changent tout. L’histoire montre que la République tant glorifiée a régulièrement eu ce genre de grands coups de pompe. Et elle s’en est toujours relevée.

Ce discours de haine et ces sondages de peureux, c’est de la gonflette. On n’a jamais résolu un problème en s’attaquant à des leurres. Ils vont donc de mettre à 40 millions de blaireaux pour trouver le français d’origine étrangère qui a été jugé coupable d’excision, et saisir le Conseil d’Etat pour obtenir une déchéance de nationalité. Non, mais franchement… Un accouchement d’éléphant, c’est une partie de plaisir, à côté…

Le problème pour eux est que la société change et que le monde va vite. Heureusement, la vraie vie se crée ailleurs, en marge pour le moment. On bosse, on étudie, on échange, on construit, on voyage, on innove, on apprend les langues, on ruse, on crée, on invente des histoires d’amour pas possibles. On se marre bien, et tout en s’occupant de notre avenir, on va leur coller une toise, à nos blaireaux…

Soyons un peu égoïstes, mais pas de regrets, car certaines choses dépassent la force humaine : comme on dit à la campagne, on ne fait pas avancer un âne qui chie.

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L'UMP vous dessine un avenir

06.07.2009

Sarkozius Pacificator

400px-Statue-Augustus.jpgDu cœur de mon blog, je veux féliciter Sarko qui vient de missionner deux de nos plus brillants esprits, et opposants politiques notoires, Michel Rocard et Alain Juppé, pour concrétiser le projet du grand emprunt national. 

 

Un grand emprunt, pour capter les petits sous des Français, les regrouper, les rémunérer, et les orienter vers ce qui sera le plus pertinent pour l’économie nationale. Un grand truc portant l’empreinte de l’Etat, le temps de passer cette dépression économique qui fait tant de mal. Si l’Etat sait faire confiance à des acteurs au cœur du sujet, et suffisamment indépendants, il peut être le garant de la meilleure utilisation de ces fonds. Et c’est d’autant plus utile que notre pays ne va pas si mal que cela, que la base n’a pas lâché, et qu’un grand retournement de conjoncture peut intervenir d’ici un an. Les réalités économiques sont bien là, mais il est certain que les défenses psychologiques jouent autant, et tout ce qui peut ramener la confiance est bon.

 

Le grand emprunt a été annoncé au cours de ce caprice de riche qu’a été la réunion du Parlement à Versailles. Autant dire que pour flinguer le projet, il était difficile de faire mieux.

 

Aussi, l’idée d'en restaurer l’idée avec le plus inattendu des alliages politiques est vraiment excellente. Rocard et Juppé tout sourire devant l’Elysée, avec le bienveillant Sarko leur souhaitant bon travail pour l’avenir de la France… On progresse.  marc_aurele.jpg

 

Le coup est d’autant plus réussi que les deux sont suffisamment éloignés des allées du pouvoir pour que l’affaire soit clairement under control, et brillants au point d’amener de vraies bonnes idées. Avec de surcroît une image excellente, à l’intérieur et à l’extérieur. Réunir l’énergie d’Hercule, la diplomatie de Metternich, et les talents d’une douce infirmière capable de vous faire avaler la plus amère des potions comme s’il s’agissait d’un Chambolle Musigny de chez Jacques-Frédéric Mugnier… et oui, dégustons ces grands moments de vie républicaine, où, parce que l’intérêt général est en jeu, se trouvent de braves gens capables de passer le pont. C’est Saint-Exupéry qui écrivait que l’on construit trop de murs et pas assez de ponts.

 

Et oui, mon Sarko, ainsi va la vie.

 

Demain, je ressortirai mes ciseaux à découper les oreilles en pointe, car ma conviction est que les ressorts profonds de ton action ne sont pas bons. De la même manière, je déplore ton ouverture à deux balles, transformant le ministère des affaires étrangères un EPHAD[1] de luxe.

 

Mais aujourd’hui je t’applaudis, Ô Sarkozius Pacificator, car notre pays a tant besoin de savoir trouver, dans la clarté, les chemins de l’intérêt général.

 

 



[1] Établissement d'hébergement pour personnes âgées dépendantes.   

17.09.2008

"Les fondamentaux de notre économie..."

3CLWWCAZVZQ75CATNM94XCAMA6IW0CA4DUHRSCAICH2LTCAGG23LTCA9TVXBECAFG4LNKCASSJR0HCA03L5EYCA2BK4JTCAGWY3W6CABXSSLYCAIA8LDSCAEAKQHSCAHSMODQCADR5SWACAJPQSBD.jpg« Les fondamentaux de notre économie… » Sacré McCain ! J’espère que vous avez vu cette image de notre héros du Vietnam en meeting en Floride, entrain de lire son discours tel un étudiant cossard pompant ses sèches, pour dire en s’y reprenant à deux fois : « Les fondamentaux de notre économie sont solides ».

 

 

Quand c’est la religion, il suffit d’y croire. Pour l’économie, c’est plus compliqué. La croyance personnelle ne vaut pas tripette en économie, car il est peu de domaine aussi fédérateur. Un peu comme les chameaux dans la chanson « des bretons… » Mais si, vous savez, ces chameaux dans le désert qui ont la peau tellement tendue que lorsqu’ils ferment les paupières ça leur ouvre…  A mon tour d’avoir un trou de mémoire… Quand je pense à notre insouciante joie à enchainer les couplets, alors que l’auguste chanson était en fait un cours prémonitoire d’économie mondialisée !JKDBSCAXF7SIWCA5U2VR9CA03TCJNCAW2EPZTCAMAFC2TCAU92N2QCA97ECVRCA82Z1PVCAEPFT80CAYTSZRBCABAP4DCCA5TFW1KCARID7ZTCATOKIJZCAF958O2CA27YH96CA3TWPH8CAUCSS9X.jpg

 

 

Allo, McCain, tu es toujours-là ? Pas facile il est vrai pour le vieux soldat, qui d’un œil surveille le retour des soviétiques en Indochine et de l’autre essaie de suivre les péripéties de sa vibrionnante Sarah Palin. Donc, McCain, mon ami, tu t’assois gentiment, tu prends une contrex, un crayon, du papier...

 

 

Fannie Mae, Freddie Mac, Bear Stearns, Merrill Lynch sont des banques qui se noyaient corps et biens. D’autant plus inquiétant, qu’elles jouaient comme garantie des autres banques. Sauvées in extremis sur ordre du gouvernement américain : tant mieux pour elles, tant mieux pour les américains, tant mieux pour nous autres habitants de la planète. Avant-hier, lundi, Lehman Brothers, une autre banque, a mis la clé sous la porte. Aujourd’hui c’est le grand assureur AIG qui se fait prêter 70 milliards de dollars par la Réserve fédéral pour ne pas exploser. Au cours des trois derniers mois, AIG avait accumulé 18 milliards de dollars de pertes ! D’autres viendront  rejoindre la liste, et on comprend que les autorités US bougent en fonction de l’implication de ces établissements dans l’économie US. sont très US. Pour les activités très mondialisées, et c’est la planète entière qui apportera son obole. Pour exemple, la Société Générale a chiffré à environ 480 millions d'euros le montant de son exposition à Lehman Brothers, et BNP Paribas à environ 400 millions d'euros.

 

 

Cet obole mondialisée, ce sont d’abord les bourses en fort recul. De 5 à 10% dans la journée de mardi. C’est ensuite de l’argent qui devient rare, car la marché interbancaire, celui qui permet au banques de prêter aux particuliers et aux entreprises, se rétrécit. Les banques centrales doivent alors entrer en jeu, pour que le système ne bascule pas : pour la journée de lundi, 70 milliards de dollars injectés par la réserve fédérale, 100 milliards entre lundi et mardi par la Banque centrale européenne (BCE), 25 milliards de livres par la Banque d'Angleterre, 23 milliards d'euros par la Banque du Japon... Tout le monde paie pour les Etats-Unis,… et leurs excellents fondamentaux.

 

 

Les US ont un petit problème, vois-tu mon cher McCain : ils dépensent plus qu’ils gagnent. Ce qui est fondamentalement mauvais. La Chine devenue le meilleur banquier des Etats-Unis, avec une monnaie totalement pourave, il fallait de grands savants pour réaliser cet exploit ! Et ce génial système financier US où les prêts sont moins accordés par des banques qui reçoivent les dépôts des particuliers et des entreprises, faisant ainsi leur métier, que par des courtiers qui vendent des prêts et les cèdent à des organismes refinanceurs, lesquels s’approvisionnent sur de marchés spéculatifs, qui se refilent ensuite le bébé par de multiples combinaisons. Tant qu’on y croit, ça marche, mais dès qu’on n’y croit moins, c’est un château de cartes qui s’écroule.

 

 

Donc, McCain, je dois te dire la vérité car tu es un ami : les fondamentaux ne sont pas si forts que çà.... Et entre nous, c’est davantage qu’un gros rhume. Au minimum une sale congestion pulmonaire, peut-être un infarctus. Et une longue convalescence à prévoir.

 

 

Heureusement, les ultralibéraux à tête d’épingle de ton ami Bush n’ont pas eu le temps de tout casser. Les banques centrales, le FMI… Les correctifs institués après guerre sont en place, et ont les moyens de contenir un nouveau 1929. Le dollar et l’or stables ; l’euro comme un sphinx, mais un sphinx avec nez ; le pétrole et les matières premières en pente douce. Le grand clash n’est pas l’hypothèse dominante, mais c’est toute l’économie mondiale qui se trouve ralentie. Elle n’avait pas vraiment besoin de cela, et ce sont les plus petits qui sont les plus exposés. Ce qui est fondamentalement mauvais, et injuste. images.jpg

 
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