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economie

  • Effet Sarko : Damned, je ne peux plus aller chez Ibis ou Mercure !

    $(KGrHqVHJC8E+WwjKDdoBQKLY084+Q--60_57.JPGLes déplacements professionnels, c’est tout sauf fun. Tu arrives en fin de soirée, après une journée de travail, cassé par l’avion ou les heures de train, et loin de la maison, tu souhaites juste un petit endroit tranquille où tu retrouves des habitudes, pour te simplifier la vie. Avec Booking ou la carte de fidélité, tu te retrouves vite chez Ibis ou Mercure. Tu pars à l’étranger, et c’est le même jeu.

    Problème. J’apprends ce soir que, dans le cadre de son stage de réadaptation sociale, le prévenu Sarkozy Nicolas est devenu membre du conseil d’administration de AccorHotels, avec pour mission d’ « accompagner la vision internationale du groupe ». Wahou… L’éliminé de la présidentielle a été « coopté » en tant qu’administrateur indépendant et va présider un comité de « stratégie internationale ». Lequel éliminé se déclare « très heureux de participer au développement et au rayonnement international d’AccorHotels, un des fleurons des entreprises françaises », ajoutant : « La réussite de ce groupe et la qualité de son management en font une des plus belles vitrines du paysage économique français ». Le PDG du groupe, Sébastien Bazin, affirme sans rire que « l’expertise internationale de Nicolas Sarkozy et sa parfaite connaissance des enjeux géopolitiques mondiaux seront de formidables atouts pour le groupe ».

    - Ibis ou Mercure… Mais je croyais que Sarko tapait d’habitude un peu au-dessus ?

    - C’est la crise…

    - Le mec voulait être président de la République, et il se retrouve taulier ? Oh, cher ami de droite, ça te brasse pas un chouïa ?

    - Si.

    - Donc, je réserve chez Ibis ou Mercure, et j'enrichis Sarko ?

    - Oui.

    - Oki. Alors, tchao, Ibis et Mercure… Un tout petit effort pour changer les habitudes, en scrutant du côté des indépendants, chez qui on est si bien.

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  • Dominique Méda : L’écrasante responsabilité de la gauche dans la victoire de Donald Trump

    En écrivant que Obama avait fait le lit de Trump, j’ai fâché plus d’un, alors que je me limitait à constater un fait. Voici un texte de mon amie Dominique Méda, Professeure de sociologie à l’université Paris-Dauphine, publié dans Le Monde, qui explique cette histoire bien mieux que je ne saurais le faire.

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    L’énigme semble complète : pourquoi les pauvres et les ouvriers ont-ils voté pour un milliardaire qui ne s’est donné que la peine de naître – un don conséquent de son père lors de son entrée dans la vie adulte lui ayant permis de construire son empire – et non pour la candidate démocrate ?Pourquoi presque un tiers des Français qui vont voter à la prochaine élection présidentielle, dont de nombreux électeurs issus des classes populaires, s’apprêtent-ils, selon les sondages, à apporter leur suffrage non pas à la gauche, mais à une candidate, Marine le Pen, dont le répertoire idéologique était il y a encore peu aux antipodes de l’anticapitalisme et de la lutte des classes ?

    Pourquoi les gauches se font-elles tailler des croupières presque partout dans le monde par des partis qui prétendent mettre au cœur de leurs préoccupations les oubliés, les invisibles, les damnés de la mondialisation, les sans-grade, les déclassés ?

    Les droits que nous pensions définitivement acquis

    Cela s’explique en grande partie par le fait que la gauche a tout simplement renoncé à mener une politique de gauche et que, dès lors, il ne reste plus à ceux qui votaient traditionnellement pour elle qu’à se tourner vers ceux qui s’intéressent (ou font semblant de s’intéresser) à eux et à leurs problèmes.

    Aurions-nous vu le Front national (FN) changer radicalement de fond idéologique, s’intéresser à la classe ouvrière, à la valeur du travail, à la faiblesse des salaires, aux régions ruinées par le départ des usines, à la difficulté de boucler les fins de mois, à la mondialisation, si la gauche avait été fidèle à son héritage idéologique, on n’ose dire à ses valeurs ?

    Les victimes de la globalisation, ceux qui ont perdu leur emploi ou se trouvent dans des zones de relégation seraient-ils autant tentés par le discours de Marine Le Pen si la gauche avait continué à défendre l’égalité, l’augmentation des salaires, le développement de l’Etat-providence, la coopération, la réduction du temps de travail, le partage ?

    A l’évidence, non. A l’évidence nous n’en serions pas là, à trembler pour la paix et le maintien de droits que nous pensions pourtant définitivement acquis, si, en 1983, au lieu d’accepter de se soumettre à une Europe qui ne parvenait pas à devenir politique, la gauche au pouvoir avait continué à défendre l’intérêt du paradigme keynésien.

    Nous n’en serions pas là si, en 1985-1986, la gauche n’avait pas cédé aux sirènes de la libre circulation des capitaux et de l’ouverture des marchés financiers dont même le Fonds monétaire international (FMI) reconnaît aujourd’hui qu’ils sont en train de détruire nos sociétés ; nous n’en serions pas là si la gauche française n’avait pas, année après année, accepté les uns après les autres les renoncements à l’héritage de gauche.

    Augmentation insupportable du chômage

    Souvenons-nous : la fameuse équité promue en 1994 par le rapport Minc encensé par la gauche ; l’orthodoxie budgétaire pleinement revendiquée par l’actuel président de la République et qui a conduit à une augmentation insupportable du chômage ; l’abandon dans lequel la gauche a laissé les banlieues depuis trente ans tout en prétendant s’en occuper ; l’obsession de l’équilibre comptable érigé en dogme et objet de la plus grande fierté pendant qu’une partie du pays crève ; le désintérêt complet pour les conditions de travail dont la dégradation saute pourtant tous les jours aux yeux ; le glissement progressif de la gauche vers la condamnation de l’assistanat ; l’incompréhension totale à l’endroit du « Moustachu » (Philippe Martinez), considéré dans les plus hautes sphères de l’Etat comme le Diable ; le refus d’obliger les entreprises mères à assumer la responsabilité des actes de leurs filiales ; la soumission au pouvoir des banques…

    Et surtout, la conversion complète – parfaitement mise en évidence dès 1994 dans le livre remarquable publié sous la direction de Bruno Jobert, Le Tournant néo-libéral en Europe(L’Harmattan) – des soi-disant élites à l’ensemble du bagage théorique néoclassique, et à ses prêtres, qui nous proposent depuis des années des baisses du smic (alors que le moindre de leur « ménage » leur rapporte un smic en quelques heures), des contrats uniques, des licenciements plus rapides, un démantèlement complet des protections du travail, une baisse des allocations-chômage et des minima sociaux pour que les paresseux reviennent plus vite au travail, et tout cela en des termes trompeurs (qu’on se souvienne de la fameuse « sécurisation »).

    Des élites converties au discours que l’Organisation de coopération et de développement économique (OCDE) asséné depuis les années 1980 ; des élites de gauche, y compris Obama, qui préfèrent conserver auprès d’eux des économistes champions de la dérégulation (comme Larry Summers) tant la discipline économique semble aujourd’hui dépolitisée.

    Soupçon généralisé sur les chômeurs

    Souvenons-nous : la trahison de Bill Clinton qui, en 1992, assène qu’il faut « To end welfare as we know it » (« en finir avec l’Etat-providence tel que nous le connaissons ») et met en place, en 1996, une réforme qui pousse les allocataires de minima sociaux à reprendre le travail à n’importe quel prix, plongeant dans la misère ceux qui n’en sont pas capables.

    Souvenons-nous : le coup de tonnerre qu’a constitué le Manifeste Blair-Schröder de 1999 dans lequel les deux dirigeants « de gauche » en appellent à en finir avec cette « vieille » gauche, dopée aux dépenses publiques, incapable de croire à l’entreprise et à la compétitivité.

    Souvenons-nous des réformes du chancelier allemand Gerhard Schröder, le soupçon généralisé sur les chômeurs qui refuseraient, par pure paresse, de reprendre des emplois (qui n’existent pas), la fusion de l’allocation-chômage et de l’allocation d’assistance, la politique du « bâton » comme si ceux qui avaient perdu leur emploi et ne parvenaient pas en en retrouver un le faisaient exprès. Et, pendant ce temps, l’explosion des inégalités, les fortunes aussi colossales que rapidement acquises, la consommation ostentatoire, la finance folle.

    Presque partout, parvenue au pouvoir, la gauche a adopté le paradigme néolibéral, souvent pour montrer qu’elle était capable d’être une aussi bonne gestionnaire que la droite, souvent aussi parce qu’il aurait fallu renverser la table pour mettre en œuvre une autre politique.

    Une Europe n’ayant pour seul idéal que le marché

    Chaque époque est singulière. Lors du premier septennat de François Mitterrand, peut-être ne savions-nous pas, ne pouvions-nous pas imaginer, qu’une Europe si mal née, une Europe incapable de s’unir sur des accords politiques, une Europe n’ayant pour seul idéal que le marché, ne pourrait pas survivre.

    Mais en 2012, les choses étaient bien différentes. Il aurait fallu, au lieu de vouloir à tout prix exercer le pouvoir, sauvegarder au contraire, comme ce qu’il y a de plus précieux, les valeurs de la gauche. Même au risque d’être moqués, au risque d’être considérés comme de mauvais élèves en économie, comme de piètres gestionnaires, il fallait conserver contre vents et marées comme unique boussole la recherche absolue de l’égalité, l’attention pour les ouvriers, les déclassés, les ségrégués, les oubliés, les dominés, les banlieues, les petits salaires, les privés d’emploi et défendre en conséquence le service public, la solidarité, la redistribution.

    Il aurait mieux valu ne pas exercer le pouvoir et conserver intact l’espoir de changer un jour la situation plutôt que de l’exercer en singeant la droite, en récupérant l’héritage, les manières de faire, les comportements, l’idéologie de la droite, ce qui conduit aujourd’hui nos concitoyens abandonnés à se jeter dans les bras des seuls qu’ils n’ont pas encore essayés.

    Tant que la gauche n’aura pas renoué avec ses principes fondamentaux, ses (improbables) succès électoraux seront autant de victoires à la Pyrrhus, faisant le lit de la droite et de l’extrême droite.

  • Fraudes à l’impôt : La Commission recadre sévèrement Apple

    A nouveau du très bon travail de la part de Margrethe Vestager, la Danoise commissaire européenne à la Concurrence. Un p’tit coup de main fiscal à une PME sympathique, pourquoi pas, mais une exemption d’impôt pour les mastodontes étasuniens de l’économie mondiale qui pillent les marchés, faut pas charrier.   

    La Commission européenne a hier sommé Apple de rembourser à l'Irlande plus de 13 milliards € au titre de ces passe-droits fiscaux. Pour mémoire, la capitalisation boursière d’Apple est proche de 600 milliards de dollars, et le groupe a réalisé l'an passé 234 milliards de dollars de chiffre d'affaires. Ici vous trouvez le très précis communiqué de la commission.

    Depuis une vingtaine d’années Irlande a fait le choix d’une fiscalité basse, à 12,5% sur les bénéfices des entreprises. Pas de problème, c’est la souveraineté des Etats. Le problème est qu’ensuite la législation est détournée.

    Alors comment a marché le système Apple, depuis 1991 ?

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    D’abord, les bénéfices pratiqués en Europe ne sont enregistrés qu'en Irlande ; ensuite, l'Etat irlandais admet que seule une partie infime de ces bénéfices est soumise à l’impôt à 12,5%, car l’essentiel des sommes ne fait que transiter vers des « sièges » d’Apple situé hors du pays et hors impôt. Or, c’est du pur bidon : dans ces sièges, pas de salariés, pas de locaux et rien pour avoir une quelconque activité. De temps en temps, une réunion d’administrateurs, et basta.

    Des chiffres ? En 2011, Apple Sales International a dégagé 16 milliards d'euros de bénéfices, mais seuls 50 millions ont été considérés comme imposables, et l’impôt a été inférieur à 10 millions d'euros, soit 0,05% de ses bénéfices totaux ! En 2014, on est arrivé à 0,005%... Donc, les mecs échappent à l’impôt, et après nous font la leçon en gestion…

    Josh Earnest, porte-parole d’Obama a aussitôt réagi pour dénoncer une « approche unilatérale qui menace de saper les progrès que nous avons fait ensemble, avec les Européens, pour un système fiscal international juste ». C’est vrai que si c’est la Commission européenne qui s’occupe de l’imposition en Europe, où va-t-on ?

    Réponse du tac au tac de Margrethe Vestager, soulignant le caractère légal de la démarche de la Commission et affirmant « qu'elle partageait le même objectif que les USA d'une imposition mondiale juste et équitable ».

    Depuis sa prise en fonction en novembre 2014, Margrethe Vestager applique fermement les principes de droit européen contre les aides illicites et les abus de position dominante : Google,  Amazon, Gazprom, Fiat, McDonald's, Starbucks, cartel des camions, et maintenant Apple... Femme politique appréciée au Danemark, elle avait annoncé la couleur devant le Parlement européen avant sa nomination : « Nous devons nous montrer aussi durs que peuvent l'être les entreprises ».

    Pour le reste, c’est juste dommage que les responsables politiques qui passent leur temps à discréditer l’Europe de Bruxelles n’aient pas l’honnêteté de saluer cet excellent travail, pour le respect de l’égalité devant l’impôt et la lutte contre les abus de la domination économique étasunienne.

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  • Réfugiés : L’Allemagne dope son avenir économique

    La population allemande, noble et généreuse... Lors du sommet des 28 à Bruxelles, autour de la crise des réfugiés en Europe, la question était de savoir comment répartir l’accueil de 120 000 réfugiés. Sujet passionnant… mais en fait complétement décalé du réel, alors que le nombre de réfugiés arrivant en Europe sur l’année sera de l’ordre de un million, que personne n’a la moindre idée de la manière dont on pourrait faire des expulsions de masse, et… alors que l’Allemagne a fait savoir il y a un mois déjà qu’elle souhaitait, elle, à en accueillir 800.000.La paix reviendra, et les populations bougeront à nouveau. Cet manière d'accueillir parle à l'avenir. 

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    Accueillir, ce n’est pas un vain mot, et Merkel a annoncé le versement d’une allocation mensuelle de 670 € pour chaque réfugié, et de 350 € pour les mineurs sans tuteur. Imaginez un peu une telle annonce en France… On n’y pense même pas ! Cette somme permettra aux demandeurs d’asile de couvrir leurs frais jusqu’à la date d’examen de la requête d’asile, soit environ 5 mois. En France, c’est 18 mois d’attente, pour un nombre très inférieur… mais le système est saturé ! Tu parles ! Le gouvernement allemand a aussi débloqué une première somme de 500 millions € pour le logement des réfugiés. De quoi tranquilliser notre classe politique lobotomisée par le Docteur Le Pen… car le résultat est là : les réfugiés ne veulent pas tenter leur chance en France, pays carbonisé. Triste réalité d’une société qui se referme sur elle-même, incapable de comprendre que son avenir passe par des relations fortes avec le Grand Sud. 

    En Allemagne, le leader de cette politique d’accueil n’est pas un cousin de l’Abbé Pierre, mais Jens Weidmann, le directeur de la Bundesbank : « L'Allemagne devra fournir un effort considérable pour maîtriser l'afflux de réfugiés. Mais cette immigration offre aussi des chances qui seront d'autant plus grandes si nous parvenons à bien intégrer dans la société et dans le marché du travail ces personnes.» Pas de développement pérenne sans un politique démographique, et Jens Weidmann est carré pour dire que l’Allemagne va collectivement bénéficier de cette main-d'œuvre immigrée.

    Ulrich Grillo, le président du BDI, le patronat allemand, approuve : « Nous sommes prêts à permettre un accès rapide à la formation et aux emplois ». Gros malin et effet d’aubaine de la crise, oui, et alors ? Où en serait la France sans l’immigration économique ? Et tout ce qui manquerait à notre société... Le social s’organise difficilement, et n’est jamais un cadeau des employeurs, oki,… mais arrêtons cette phobie du pauvre qui nous ruine ! Une France comme une pomme fripée… 

    Le PDG de Daimler, Dieter Zetsche, souhaite recruter directement dans les centres d’accueil d’urgence : « La plupart des réfugiés sont jeunes, bien formés et très motivés. C’est exactement le genre de personne que nous recherchons ».

    Vous vous rappelez du grand plan de Hollande sur la relance de la croissance ? C’est ce que fait l’Allemagne avec l’accueil des réfugiés. L’économiste Véronique Riches-Flores explique que les aides prévues pour l’insertion des réfugiés, estimées à 10 milliards d’euros, vont jouer comme une relance budgétaire avec « un impact direct de 0,3% sur le PIB, et cette relance engendrera « un surcroît de croissance de 0,5% pour l’Allemagne ».

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  • Les mesures imposées au peuple grec

    Voici les mesures imposées au peuple grec. Chaque point doit être respecté, avec un suivi détaillé par l'Eurogroupe, qui à défaut, interrompt l'aide financière. Le Parlement n'a pas le droit de discuter de ce programme, sa seule intervention se limitant à le mettre en oeuvre de manière efficace et rapide. Pour tout projet d'autre réforme ayant un impact financier sur ce plan, le gouvernement grec doit d'abord consulter l'Eurogroupe. 

     

    Première urgence au 15 juillet

    Le premier volet de mesures doit être mis en œuvre sans délai, et parmi la liste, au moins quatre mesures doivent être approuvées d’ici à ce mercredi 15 juillet par le Parlement.

    - Une réforme de la TVA : le gouvernement grec doit unifier le taux de TVA à 23 % à la plupart des biens et services dont les restaurants, sauf les produits de première nécessité, les médicaments, les livres, le théâtres et les hôtels, et supprimer de la ristourne de 30% sur la TVA dans les îles, notamment les plus touristiques. S'ajoute une taxe sur les bateaux de plus de 5 mètres,

    - Une réforme fiscale immédiate, avec la fin du plafonnement de l'impôt sur le revenu, et l’impôt sur les sociétés qui passe de 26 à 28%. Le gouvernement grec est tenu de créer une agence fiscale spéciale pour récolter la TVA.

    - Une réforme des retraites, l'âge du départ à la retraite étant fixé à 67 ans, ou 62 ans avec 40 ans de travail.

    - Une réforme assurant de l’indépendance de l’Elstat, l’organisme des statistiques grec ;

    - Le respect plein et entier des dispositions de différents traités européens, en particulier en mettant en place des mesures des coupes quasi automatiques dans les dépenses en cas de dérapage budgétaire, ce qui établit la perte totale de souveraineté sur le budget et les finances de l'Etat.

    Par ailleurs, le gouvernement doit supprimer 100 millions d'euros dans les dépenses militaires cette année, 200 millions l'an prochain.

     

    Deuxième volet urgent

    Avant le 22 juillet, la Grèce doit :

    - Adopter un code de procédure civile, qui a pour but d’accélérer le système de justice civile en vue d’en réduire les coûts. Etablir un document aussi complexe en 8 jours est impossible, et la Grèce devra accepter un modèle qui lui sera présenté. 

    - Transposer dans la législation grecque une directive européenne sur le renflouement des banques (appelée « BRRD »).  

    - Enfin, « sous l’égide de la Commission européenne », le gouvernement doit mettre en place un « programme de dépolitisation de l’administration publique grecque » et de réduction des coûts. Une première proposition doit être présentée d’ici au 20 juillet. Le pouvoir d'Etat à définir le statut de sa fonction publique devient donc factice. 

     

    Réponse à la « forte dégradation de l’économie grecque».

    Sous ce titre, l'Eurogroupe impose une politique de libéralisme débridé, qui implique :

    - L’achèvement de la réforme des retraites ;

    - Une réforme du marché intérieur suivant les recommandations de l’OCDE, incluant une législation sur l’ouverture des commerces le dimanche, sur les périodes de soldes, sur la libéralisation de nombre de secteurs commerciaux; 

    - Une réforme du marché du travail, l’accord prévoyant que les politiques du marché du travail devront être alignées sur « les meilleures pratiques internationales et européennes », - c'est-à-dire le modèle libéral européen - en refusant des politiques qui « ne sont pas compatibles avec les objectifs de croissance durable », la réforme devant inclure une « modernisation des négociations collectives » et de « l’action syndicale ».

    - Une libéralisation du secteur financier. 

    La Grèce doit parvenir à dégager d’ici 2018 un surplus budgétaire primaire (hors charge des intérêts de la dette) de 3,5%.

    Plan général de privatisations

    D’abord, et en urgence, la privatisation du réseau de transports électrique.

    Ensuite, l’accord impose « un programme de privatisation développé » pour générer 50 milliards d’euros. Les sommes résultant de ces ventes d'actifs seront consignées dans la création d’un fonds placé sous la « supervision » des autorités européennes. Vingt-cinq milliards d’euros serviront à restructurer les banques et les 25 autres iront au service de la dette et aux investissements. Ce montant de 50 milliards d’euros est très ambitieux, alors que seulement 7 milliards d’actifs publics ont été vendus depuis 2011.

    Contrôle de l’action politique des autorités grecques

    La Grèce devra revoir certaines mesures adoptées par le gouvernement d’Alexis Tsipras qui sont contraires aux engagements des précédents gouvernements grecs, la liste n’ayant pas été publiée. Donc, ce n'est plus la peine de voter, car le plan s'impose en toute circonstance. 

    De plus, la Grèce devra « consulter les institutions créancières et convenir avec elles de tout projet législatif dans les domaines concernés dans un délai approprié avant de le soumettre à la consultation publique ou au Parlement », ce qui crée un droit de regard des créanciers sur la politique intérieure grecque.

    La Grèce doit «normaliser les relations avec les Institutions (Commission, BCE, FMI), y compris lors du travail sur le terrain à Athènes». Donc, devenir docile.

     

    La dette

    Pour ce qui est de la dette, « l’Eurogroupe est prêt à évaluer, si nécessaire, des mesures additionnelles (allongement des délais de grâce et des maturités) », seulement si la Grèce a respecté ses engagements. L'idée d’abandon partiel de la dette est écartée, comme hors de propos. 

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