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25.01.2012

Licencié pour port de boucles d’oreilles ? Illégal !

441561_2764062.jpgLes discriminations au travail, c’est plutôt pour les femmes, mais ça peut arriver aussi pour les p’tits gars. Le serveur d’un resto est licencié car il porte des boucles d’oreilles… c’est le patron qui passe à la casserole (Cour de cassation, chambre sociale, 11 janvier 2012, n° 10-28213).

C’est l’histoire de Bertrand, engagé en 2002 par un restaurant étoilé d'abord par contrat d'apprentissage puis par contrat à durée indéterminée en qualité de chef de rang. Bravo. Mais en avril 2007, Bertrand décide de porter des boucles d'oreilles y compris pendant le service. Le patron lui demande de les retirer, mais il refuse. Le patron le colle au bar quelques temps, histoire de l’inviter à réfléchir… Mais rien n’y fait : Bertrand reste attaché à ses boucles d’oreilles, et inversement.

C’est donc la porte : licenciement pour port de boucle d’oreilles, en mai 2007.

Pour le patron qui, guides à l’appui, souligne la classe reconnue de son resto, c’est juste impossible. Il reçoit une clientèle attirée par sa réputation, qui impose une tenue sobre pour le personnel en salle. Bertrand est au contact direct de cette clientèle et ainsi le port de boucles d'oreilles pendant la durée du service est incompatible avec ses fonctions. Motif énoncé dans la lettre de licenciement : « votre statut au service de la clientèle ne nous permettait pas de tolérer le port de boucles d'oreilles sur l'homme que vous êtes ».

Sur l’homme que vous êtes… Gros malaise, car selon  l'article L. 1132-1 du code du travail, aucun salarié ne peut être licencié en raison de son sexe ou de son apparence physique, et pas de doute : le motif du licenciement avait pour cause l'apparence physique du salarié rapportée à son sexe.

Dans le langage de la Cour de cassation, ça devient : « l'employeur ne justifiait pas sa décision de lui imposer d'enlever ses boucles d'oreilles par des éléments objectifs étrangers à toute discrimination ». Bingo, le licenciement est abusif.  

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05.09.2009

Les francs-maçons et les filles

fille-garcon5.jpg« Au Bonheur des Dames ». Vous vous rappelez sûrement ce groupe totalement hilarant des années soixante dix, qui avait décidé d’exploser le grand tracas des mecs sur un rock des plus balancés :

« Oh les filles, oh les filles

« Elles me rendent marteau

« Oh les filles, oh les filles

« Moi je les aime trop. »

Mais c’est sûr qu’on les aime trop ! Trop fort, trop près, trop tendre, trop proche, trop gauche, trop compliqué, trop macho, trop brusque, trop simple, trop étouffant, trop mec, trop dur, trop distant, trop maladroit, trop présent,… Trop, souvent trop,… Mais sans relâche, nous cherchons à apprendre avec ces magnifiques professeures.

Agé de 236 ans, le Grand Orient de France (GODF), première obédience maçonnique française, fort de ses 45.000 membres – si j’ose dire – avait l’occasion de perdre son pucelage ce week-end, par une belle nuit d’été, lors de son convent tenu à Lyon, à quelques minutes de périphérique de l’hôpital Mère/Enfant.au_bonheur_des_dames01.jpg

Ah, quelle bande de clowns ! 1 200 délégués représentant autant de loges, des messieurs fort bien, venus de toute la France pour se poser cette question existentielle : faut-il initier les filles ? Ils me feront toujours rire !

Et nos frères la gratouille, qui ne craignent pas de fricoter avec le jésuitisme des meilleurs films, avaient trouvé une astuce de première bourre pour contourner l’obstacle, je veux dire la fille. La question laissée à la soumission des frères – quel bonheur – n’était pas de savoir si la fille était l’égale du garçon, car n’importe quel scientifique aux trois points vous démontrera le contraire. Non, la discussion était sérieuse : les garçons restent gardiens du dogme, des clés, de la finance et des réseaux. Ca, pas touche minouche ! La question posée était de savoir si la franc-maçonnerie du GODF, génétiquement masculine – ce qui représente un cas d’hermaphrodisme rare – pouvait accepter que des filles viennent assister aux travaux des loges. Une liberté laissée aux loges pour affilier des sœurs…

Eh bien c’est non, et à 56 %. Indécrotables ! Entre mecs ! A vrai dire, c’est plutôt une bonne nouvelle pour mes amies les filles qui seraient aller perdre leur soirées chez ces machos à deux balles et un compas.

Bien entendu, j’attends avec une impatience non dissimulée les analyses pénétrantes du Grand-Orient sur l’égalité homme/femme dans la société, la disparité salariale, la sous-représentation des femmes dans la vie politique, le voile et la burka, ou encore les clichés sexistes qui ankylosent la société française.

13.07.2008

Les femmes attaquent les maçons

 

Les femmes attaquent les maçons. Ca branle du chef chez les francs-maçons. La hiérarchie est entrée en guerre judicaire maçonnique contre des sous-chefs, irrespectueux au point d’avoir accueilli des femmes dans leurs loges. Pas de doute, il faut déloger les femmes…

 

Entrez chères amies et chers amis de l’autre côté du voile. Non pas du fameux voile qui fait tourner la tête au Conseil d’Etat, mais le voile de brouillard fumeux que sont les statuts du Grand Orient, première obédience de la franc-maçonnerie française. Oui, entrez, et jetez un œil de profane sur les joies et périls de l’initiation.

 

L’initiation. Un cérémonial d’opérette, avec force symboles aussi désuets que ridicules. Mais c’est la condition du succès. Pour bien penser, il faut penser caché. Très important, surtout si vous n’avez rien à penser. Et si ça ne suffit pas, rendez troubles les eaux claires, à coup de signes ésotériques et de règles incompréhensibles. Vous quitterez ainsi la pénombre des profanes pour devenir un initié, Frère de Lumière.

 

Le Grand Orient, c’est 50 000 membres. Problème avec les femmes : d’abord, elles sont très minoritaires ; ensuite, pas de mixité. Pour bien penser, il ne suffit pas d’être caché. Il faut en plus être entre garçons ou entre filles. Mais impossible de penser ensemble. Un peu comme au Vatican. Un peu comme dans les réunions musulmanes, ou hommes et femmes siègent en groupes séparés. De saines traditions. Car hommes et femmes, ensemble et égalitaires… j’en frémis. De quoi vous détruire une société !

 

Complètement idiot, nous sommes bien d’accord. Et certains frères hardis aimeraient bien réfléchir avec des sœurs. Pour l’échange d’idées, je précise, pas pour la gratouille. Et comme la fonction suprême de l’interdit est d’être transgressé, Dominique Pete, psychiatre de son état, maçon depuis une vingtaine d’année, a décidé de procéder à l’initiation maçonnique d’une sœur. Ce sacrilège contre la doctrine aux trois points a eu lieu le 24 mai, rue Cadet à Paris, organisé par la loge Combat.

 

Les grands maîtres se sont étranglés devant cette imposture, et ont proposé à ce jeune écervelé de « démissionner pour sortir la tête haute ». Refus du frère, et impossible d’en rester là. Car les questions de l’égalité homme/femme et de la mixité sont l’objet de crispations répétitives au Grand Orient. A deux reprises ces dernières années, ces questions ont été abordées lors des convents. La première fois, rejet par 75 % des voix, et la seconde fois refus de porter l’affaire à l’ordre du jour par 57% des loges. C’est pas gagné…

 

Bref, il fallait sévir. Le conseil de l'ordre du Grand Orient de France a demandé en urgence à la Chambre suprême de justice maçonnique, dans un cadre disciplinaire, la suspension de  la loge Combat. Ce qui a été fait ce 5 juillet. En attendant d’autre mesures, car quatre autres loges auraient aussi franchi la barrière du sexe. La loge Combat dispose de quinze jours pour faire appel, dans le cadre des procédures maçonniques. 

 

Là où l’histoire se complique, si l’on en croit Rue 89 qui suit l’affaire de près, c’est que les futures virées et les futurs virés entendraient saisir la justice profane, celle de vous et moi, celle des tribunaux de la République et de la Haute Autorité de Lutte contre les Discriminations (HALDE), de ces décisions qui nient les valeurs essentielles de la communauté nationale, à commencer par l’égalité hommes-femmes. Insensé : soumettre une association aux lois de la République…  

 

Merci aux Frères de Lumière de nous rappeler qu’il faut être raisonnable. Tous les hommes sont libres et égaux, mais les femmes un peu moins. Quant à tout ce qui peut ressembler à la copulation intellectuelle… une abomination.

 

 

 
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