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  • De la lumière depuis l'Irak : Entretien avec Amir Jaje

    Que sait-on de l’Irak, à part que les Etats-Unis l’ont brisé, et que du fait de ces crimes, Bush n’ose plus sortir de son Texas, pour éviter son arrestation. Un massacre, et des morts par centaines de milliers. Qui cherche une issue ?

    Voici une magnifique interview par La Croix (Et pas la bannière) du Père Amir Jaje, habitant de Bagdad,vicaire provincial dominicain du monde arabe, membre fondateur du Conseil irakien pour le dialogue interreligieux. Dans le quartier Al-Whahda, à l’est du Tigre, il est l’un des piliers de l’Académie des sciences humaines de Bagdad qui a accueilli cette année près de 200 étudiants de toutes confessions, jeunes et moins jeunes, hommes et femmes.

    Posons nos idées toutes faites, mesurons l’ampleur de notre méconnaissance, et sachons entendre... avec admiration

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  • Le grand message des Clarisses de Malonne

    Michelle Martin, l’ex-de Marc Dutroux, était en cette année 2012 libérable au titre de la libération conditionnelle. Les Sœurs Clarisses du Couvent de Malonne, près de Namur, ont su se placer dans une démarche de compréhension de cette femme criminelle, et faisant face aux bruyantes hostilités, elles ont accepté d’ouvrir leur porte à la condamnée, pour lui redonner une place dans la société. Un grand message.

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    Le jugement : complicité de crime, trente ans

    Michelle Martin, alors institutrice, a été arrêtée pendant l'été 1996, en même temps que Marc Dutroux, dont elle était l’épouse. L’affaire, bien connue, ce sont six jeunes filles séquestrées et violées en 1995 et 1996. Quatre en sont mortes, dont deux de faim après avoir été emmurées dans la cave de la maison du couple. Marc Dutroux a été reconnu coupable pour l’ensemble des faits et condamné à perpétuité, et Michelle Martin à trente ans de prison, notamment pour complicité dans l'assassinat de Melissa Russo et Julie Lejeune, mortes de faim.

    Le divorce entre eux deux a été prononcé en 2003.

    La libération conditionnelle

    Ce mois d’août, Michelle Marin, âgée de 52 ans, qui avait dépassé mi-peine – 16 ans sur 30 –  a demandé, conformément à la loi, de bénéficier d’une libération conditionnelle car elle présentait un projet sérieux de réinsertion.

    En prison, elle est devenue pieuse. Les contacts se sont créés avec les Sœurs Clarisses, et un projet de réinsertion a été mis au point.

    Le projet est très encadré :

    -          Michelle Martin, qui n’intègre pas la communauté, y résidera et doit le justifier ;

    -          elle doit participer aux tâches communes comme l'entretien du potager ou la cuisine ;  

    -          elle peut sortir du couvent, mais elle a interdiction de se rendre dans les deux régions où elle a vécu avec son ex-mari ;

    -          elle doit répondre à toute convocation de la justice ;

    -          elle doit poursuivre la thérapie entamée en prison ;

    -          elle ne peut établir de contacts avec les médias ;

    -          elle est obligée d’indemniser ses victimes.

    Tout manquement est susceptible de conduire à la réincarcération.

    Le 31 juillet, le Tribunal d'application des peines de Mons a octroyé cette libération conditionnelle,  les conditions légales étant remplies. L’avocat des victimes, Georges-Henri Beauthier, manifestement dépassé par les évènements, a saisi la Cour de cassation, pour recevoir dans les jours qui ont suivi un arrêt d’irrecevabilité.

    Michelle Martin a alors pu quitter la prison de Berkendael à Bruxelles, pour rejoindre le couvent. La vie se poursuit.

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    Haro contre les juges… (qui appliquent la loi)

    Les critiques fusent de tout part contre ces juges laxistes, ce qui, objectivement, n’est pas très original, et alors que les juges n’ont fait qu’appliquer la loi. Air connu.

    Du coté de la haine et de la perdition, voici un reportage de L’Avenir

    http://www.youtube.com/watch?feature=endscreen&NR=1&v=XY58Xor351s

    Un autre de BFM lors de l’annonce de la décision de justice :

    http://www.youtube.com/watch?v=Qs-z_8XLldw

    Et un autre d’I-Télé, repris par Le Figaro, pour l’arrivée de Michelle Martin au couvent :

    http://www.lefigaro.fr/international/2012/08/29/01003-20120829ARTFIG00394-les-belges-hurlent-leur-haine-a-michelle-martin.php

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    Le grand message des Sœurs

    Sœur Christine, l’abbesse du couvent a expliqué : « Madame Martin est un être humain capable, comme pour nous tous, du pire et du meilleur. Nous croyons donc que tabler sur le meilleur d'elle-même n'est pas de l'inconscience de notre part ».

    La hiérarchie catholique, par la voix de l’Evêque de Liège, Monseigneur Aloys Jousten, a soutenu cette démarche : « Un être humain reste un être humain », et il  a salué « le témoignage de miséricorde » transmis par les Sœurs.

    Philippe Portier, historien et sociologue des religions, rappelle que les sources sont profondes : « Cette tradition d’hospitalité est profondément inscrite dans l’ADN monastique. Conformément à la règle de saint Benoît, l’hôte doit être reçu comme s’il était le Christ, surtout s’il s’agit d’un exclu de la société civile. À cela s’ajoute la notion de miséricorde, essentielle aux yeux de l’Église : celui qui a fauté doit être objet de compassion. S’il est en règle vis-à-vis de la justice des hommes, bien sûr ».

    Dans la population, les soutiens sont nombreux, comme le montre ce reportage de Canal C :

    http://www.canalc.be/index.php?option=com_content&view=article&id=100002164&Itemid=75

    Surtout, je souhaite vous livrer cette magnifique lettre que Joël Van Cauter, philosophe et économiste, dont la femme a été assassinée voici 20 ans, a adressé aux Clarisses.

    « Que le fleuve aille à la mer

    « Mesdames,

    « Ce mot pour vous faire part d’affection, de compréhension et d’encouragement.

    « La décision d’accueillir Michelle Martin est la vôtre.

    « Elle est cohérente avec votre engagement spirituel et humain.

    « Les réactions auxquelles vous devez faire face sont, je crois, aussi déraisonnables et myopes que l’était, en son temps, la vague blanche.

    « Philosophe, père de trois enfants, originaire de la campagne hesbignonne, vivant en Inde depuis plusieurs années, je suis agnostique.

    « Je crois que l’Eglise catholique romaine est, comme l’histoire le montre, une machine de pouvoir qui a plus souvent été du côté des puissants que des misérables.

    « Je crois que l’Eglise, en particulier en Belgique, a des positions souvent rétrogrades, fermées et imbéciles, notamment sur les questions de mœurs. La manière dont elle "gère" aujourd’hui en son sein les questions de pédophilie me paraît affligeante et indigne.

    « Je ne suis donc pas grand buveur d’eau bénite.

    « Pourtant.

    « Il y a près de 20 ans, ma première femme a été assassinée. Je n’ai jamais pardonné à l’assassin. Je ne compte pas le faire. Mais si je ne lui pardonne pas à titre personnel, je ne crois pas qu’un être qui a tué puisse être réduit à un seul de ses gestes, même si ce geste relève du pire.

    « Au contraire, je crois que celui qui a fait mal doit pouvoir grandir, par la confrontation au négatif qu’il a incarné, engendré, à un moment.

    « Je crois que l’assassin est ainsi confronté au même mouvement que les proches de la victime, victimes elles-mêmes. On parlera de rédemption d’un côté, de deuil de l’autre. Ce ne sont que des mots. Figés, ils ne disent pas le cheminement, le tâtonnement, l’incertain, le doute. Ils ne disent pas la douleur. Ils ne disent pas assez le murissement, ce fruit de la vie qui peut être belle et bonne, malgré tout.

    « Refuser la libération conditionnelle, que la loi autorise à certaines conditions, c’est maintenir le coupable et la victime enfermés dans un même passé. Permettre à un prisonnier qui en a le droit de quitter une prison, c’est permettre que le fleuve aille à la mer.

    « Mesdames, je ne vous connais pas.

    « Il est probable que nous ne partagions pas les mêmes idées, peut-être pas toutes les mêmes valeurs.

    « J’ai néanmoins la conviction, comme homme et comme citoyen, qu’il faut que des personnes telles que vous jouent le rôle d’accueil que vous vous apprêtez à jouer, si la Cour de Cassation le permet.

    « Tenez bon ».

    A la communauté de Clarisses, à Joël Van Cauter, un immense merci.

  • Une église va devenir un centre commercial

    caddie-plein-argent1.jpgUne église transformée en temple… de la consommation. Le compromis est signé avec un investisseur spécialisé dans l’installation de centres commerciaux et le diocèse s’apprête à mettre la clé sous la porte, empochant au passage 1,3 million d’euros. Motif : des coûts de fonctionnement trop élevés pour des paroissiens dont le nombre est en chute libre. Un ca rare, mais tout à fait légal.

     

    L’histoire est celle de l’église Saint-François d’Assises Vandœuvre-lès-Nancy, en Meurthe-et-Moselle. L’économe du diocèse de Nancy, Michel Petitdemange, explique : « Nous avons mis en vente cette église Saint-François d'Assises en 2007 car il y a eu une évolution de la pratique et du quartier : aujourd'hui, seule une petite centaine de fidèles s'y rendent, alors qu'elle peut accueillir plus de 700 personnes. Face à un public aussi restreint, les 1000 m² de l'église et les 6000 m² de jardin qui l'entourent devenaient trop coûteux pour le diocèse ». Et il ajoute « Evidemment, un certain nombre de paroissiens sont amers car ils l'ont construite, s'y sont mariés, y ont baptisé leurs enfants. Mais il faut s'adapter ».

     

     

    Vendre une église à un investisseur ? Diable ! C’est pourtant tout-à-fait possible car cette église a été construite en 1960. Donc avec un financement privé, cent pout cent privé, comme pour la mosquée de votre quartier. T112.jpg

     

     

    On l’oublie souvent, mais l’essentiel du patrimoine religieux catholique est resté public : la loi du 9 décembre 1905 prévoyait des attributions gratuites aux associations catholiques qui se constitueraient au cours de l’année 1906. Mais il n’y en eu qu’une poignée, et le Législateur a du abdiquer en adoptant la loi du 2 janvier 1907 qui bouleversait la loi de 1905 : les églises sont restées publiques et l’entretien à la charge des collectivités publiques. Si l’église Saint-François d’Assises de Vandœuvre-lès-Nancy avait été construite avant 1905, les fidèles y seraient toujours bien au chaud, aux frais du Conseil municipal.

     

     

    Le problème s’était ainsi posé, mais en sens inversé, à Plounérin, dans les Côtes-d'Armor. Une belle et imposante église de style néogothique, construite sur la fin du XIX°, fermée par arrêté préfectoral en 2007 car elle ne répondait plus aux normes de sécurité. Certes. Mais Plounérin compte 750 âmes, soit environ 400 foyers fiscaux, et quelques dizaines de fidèles pour la grande église. La mairie est propriétaire, et l’option était 250 000 euros pour la démolition ou plus de deux millions d'euros pour la rénovation. La mairie a organisé un référendum consultatif ce mois de juin, et c’est le oui qui l’a emporté. Il reste juste à faire un emprunt… qui sera payé par les impôts des habitants.

     

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  • Le Pape en panne

    monopoly-jail.jpgEn langage codé, on dit « des décennies d'abus sexuels dans des institutions religieuses ». En langage réel, c’est une série de viols, avec des vies brisées par centaines. D’un côté, des salopards qui ont abusé de leurs fonctions d’autorité. De l’autre, de jeunes hommes et de jeunes femmes qui ne demandaient rien à personne, et qui passeront des années à se débarrasser de la souillure.

    En novembre dernier, la police irlandaise avait mis en lumière cette série de viols criminels, commis pendant des années par des prêtres catholiques sur des centaines d'enfants pendant plusieurs décennies. Le rapport de la police traitait de 320 plaintes contre 46 prêtres. Un document de synthèse de plus de 700 pages, stigmatisant l'attitude de la hiérarchie catholique dans l'archevêché de Dublin entre 1975 et 2004. Les quatre archevêques successifs avaient protégé les violeurs, choisissant de ne pas dénoncer ces criminels sans scrupules. L'Irish Times dénonçait « le silence bien étudié du Vatican ». Cela « alimentera les suspicions selon lesquelles l'Eglise reste obsédée par la protection de son image en lambeau », estimait le journal.

    Six mois à attendre la réaction du Vatican. Et c’est nul. Dans une lettre aux catholiques d'Irlande publiée hier, Benoît XVI exprime la « honte » et le « remords » de toute l'Eglise. Les excuses ? Mot interdit. La sanction pénale pour les plus graves des crimes ? Inconnue au bataillon. Le droit disciplinaire pour virer ces vicelards ? Silence dans les rangs. Des réformes structurelles pour rompre avec la loi du silence, et assurer la coopération avec la justice dans d’autres cas ? Pas d’actualité. crime_0.jpg

    Face à ce crime institutionnalisé, La Vatican offre une réponse de guimauve : une « visite apostolique dans plusieurs diocèses d'Irlande», ainsi que dans « des séminaires » et « congrégations religieuses ». Foutaise ! Des enquêtes, de la taule et des dommages et intérêts, oui.

    Maeve Lewis, la directrice générale du groupe de victimes One in Four dénonce « une absence d'excuses, douloureuse à l'extrême » et déplore que le Pape « néglige le rôle du Vatican » et « refuse encore d'admettre l'évidence ». John Kelly, représentant de la SOCA, un autre collectif de victimes, stigmatise « des aspirations plutôt que de la substance ». Une victime, Christine Buckley, a dit vouloir rencontrer le pape « en chair et en os » en présence de celle qui a « détruit sa vie ».

    Pardonner ? Pourquoi pas, mais ça n’appartient qu’aux victimes. Et comment pardonner quand l’auteur ne s’est pas excusé ? Quand il se planque comme un rat. Est-ce si difficile de dire qu'un crime est un crime devant la loi ?

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