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  • Nathalie, chômeuse : Un moment de vérité

    Le film cet été, c’est Hollande l’hyper-actif contre le chômage,… mais quand il se trouve devant le réel - Nathalie, chômeuse - il n’a plus rien à dire. La brève rencontre entre ces deux personnes, lundi, passée en boucle sur nos écrans, montre le fossé qui existe entre ce que vivent les gens et ce que font les politiques.

    L’activisme de Hollande, c’est ce qu’on appelle en droit du travail du « présentéisme ». C’est le type incapable qui multiplie les heures pour se faire bien voir, et qui continue à être « présent » alors qu’il ferait bien de prendre du repos ou un rendez-vous chez son psy, pour retrouver un peu de vitalité. Il glandouille, n’a pas de productivité, casse le moral des autres…. Toutes les études montrent que le présentéisme coûte plus cher aux entreprises que l’absentéisme.

    L’été de Hollande, c’est du présentéisme pur sucre. Il faut qu’on voit qu’il est là, professant les foules de son optimisme ébahi sur l’inversion de la courbe du chômage et la magie des emplois aidés.

    Lors des bains de foule, un politique ne peut pas être surpris d’être pris à partie, alors qu’il cherche le contact direct. Et Hollande ne pouvait être surpris par une question sur le chômage de longue durée, car il venait parler du chômage de longue durée au Pôle Emploi de La Roche-sur-Yon.  

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    http://www.dailymotion.com/video/x12r3ig_une-chomeuse-interpelle-francois-hollande-a-la-roche-sur-yon-06-08_news

    Nathalie s’est présentée comme une femme de la cinquantaine, sans emploi depuis plus d'un an et demi : « J'ai écrit partout, et je n’ai aucun entretien. Je suis obligée de revenir vivre chez mes parents parce que je ne trouve pas de travail. Qu'est-ce que vous pensez faire pour des gens comme moi ? Je ne suis pas toute seule dans ce cas-là et on sera de plus en plus à revenir vivre chez nos parents, qui ont plus de 70 ans et qui n'ont besoin pas de ces soucis là. Et on a des enfants à élever en plus ! ».

    Hollande avec sa tête qui opine et son sourire mièvre : « Si on est là, c'est bien pour que même pour les personnes qui sont chômeuses de longue durée comme vous, nous puissions trouver des solutions ».

    C’est tout. Nathalie revient à la charge : « Mais qu'est-ce qu'on fait ? Pour l'instant, il n'y a rien de concret ! »

    Hollande est déjà parti. Là-bas, on l’attend pour qu’il lise un excellent discours sur la lutte contre le chômage de longue durée.

    Je ne suis pas économiste, et me garde de m’aventurer sur des terres qui me sont inconnues. Mais je sais que les entreprises créent des emplois, et ça, je pratique un peu, pour avoir démarré à un et être aujourd’hui à neuf. Eh bien, les choses sont claires : il n’y a aucune politique pour les entreprises. Bien sûr, nous ne baissons pas les bras, et nous allons tout faire pour nous renforcer et nous développer. Vis-à-vis du gouvernement, que je ne confonds pas avec les services de l’Etat, la question est simple : nous ne demandons rien et n’en attendons rien ; nous cherchons juste à nous organiser pour résister aux mauvais coups qu’il prépare. Et on sera encore là quand eux seront n'y seront plus. 26589745632.jpg


  • Loi sur les salaires des patrons : Une belle couillonnade !

    Tout part de l’engagement 26 du programme du leader minimo : « J’imposerai aux dirigeants des entreprises publiques un écart maximal de rémunérations de 1 à 20 ». Et dans le privé, ça allait aussi swinguer : taxe à 75%, fin des stock-options, limitation des bonus, encadrement des rémunérations des patrons...

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    Dans L’Express, Ayrault, le 29 mai 2012 était intraitable : « Je crois au patriotisme des dirigeants, qui peuvent comprendre que la crise suppose l'exemplarité des élites politiques et économiques. Cette fourchette s'appliquera donc, y compris aux contrats en cours ».

    Un décret a été pris en juillet pour les entreprises publiques, avec un maxi de 450.000 € par an. Pour le privé, Mosco annonçait alors une loi qui « régulera, voire prohibera, certaines pratiques qui nous semblent excessives et donnera davantage de place aux représentants des salariés dans les instances qui fixent les rémunérations ».

    Le 3 mars, nos amis suisses ont adopté une limitation des rémunérations des patrons, en particulier pour les parachutes dorés, et Ayrault en est tout content : « C’est une excellente expérience démocratique où les Suisses montrent la voie et, personnellement, je pense qu'il faut s'en inspirer ».

    De fait, le 20 mars, Ayrault annonce à la tribune de l’Assemblée Nationale (lieu de la souveraineté) : « Dans quelques semaines, Mesdames et Messieurs les députés, je vous proposerai un projet de loi pour que cette mesure s'applique aussi aux dirigeants des grandes entreprises privées ».

    Le lendemain, Bambi confirme sur LCI « le dépôt d'un texte de loi avant l'été dans lequel il s'agira de mettre fin à un certain nombre de pratiques et d'introduire de la transparence dans la rémunération des dirigeants des grandes entreprises ». 

    Début mai, c’est encore chaud bouillant. Le gouvernement publie un bien joli document, à savoir le point d’avancement des soixante engagements, et pour le n° 26, on lit : « Un projet de loi sera présenté dans les prochaines semaines sur la gouvernance des rémunérations dans le secteur privé ».

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    Très bien,… mais vendredi, ce sont les funérailles des beaux discours.

    Dans Les Echos, Moscovici est interrogé sur « le projet loi sur la gouvernance des entreprises qui doit permettre d’éviter les rémunérations excessives ? »

    Mosco répond : « Il n’y aura pas de projet de loi spécifique sur la gouvernance des entreprises. J’ai choisi d’agir dans le dialogue. Dans cet esprit, j’ai rencontré la semaine dernière la présidente du Medef, Laurence Parisot, et le président de l’Afep, Pierre Pringuet, qui se sont engagés à présenter rapidement un renforcement ambitieux de leur code de gouvernance ».

    Le gouvernement s’en remet donc au patronat pour limiter les rémunérations du patronat. Une jolie victoire pour Parisot.

    Et Mosco poursuit : « Nous préférons miser sur une  autorégulation exigeante. Mais attention : si les décisions annoncées ne sont pas à la hauteur, nous nous réservons la possibilité de légiférer ».

    Wahou, le Medef tremble à nouveau… Il va falloir une « autorégulation exigeante », sinon, le gouvernement fera voter une loi très très sévère.

    Allez, va, on a bien compris : cette loi, c’était juste une couillonnade, comme on dirait à Marseille.

    Pour conclure, je vous livre cet extrait des propos de campagne du leader minimo, en février 2012, que l’on pourra ressortir de la naphtaline en février 2017 pour prendre de nouveaux engagements : « J'apprécie le travail, le mérite, mais ce que je n'apprécie pas, ce sont les richesses indécentes, qui n'ont rien à voir avec le talent ou l'intelligence, le scandale des stock-options, bref tout ce qui fait que les Français sentent une injustice. J'ai appris les progressions considérables des rémunérations des patrons du CAC 40, deux millions d'euros par an en moyenne. Comment l'accepter ? »

    Il parle bien le mec. Je sais pas vous, mais moi, je crois que je vais voter pour lui... Il m'inspire confiance.

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  • Je vous souhaite une santé aussi bonne que celle du CAC 40

    si_j_etais_le_patron,0.jpgChères amies, cher amis, la crise est finie : on se tape des taux de croissance qui vont faire pâlir les Chinois, et les Etats-uniens vont passer de la dépression à la mélancolie. Ce n’est pas le succès de la marinière ou du Bleu de Bresse, mais… de nos grands groupes industriels et de services, qui ont appris à conquérir le monde.

    Le CAC 40 explose toutes les prévisions,  avec un gain annuel de 15 %. C’est le lupanar ! C’est la seule info qui aurait dû circuler ce 1° janvier, alors que nous avons assisté au défilé attristant de nos brochettes de cafards locaux. Il n’y a plus de gouvernement, il n’y a plus de parlement, il n’y a plus d’opposition, mais il reste des grands groupes français qui brassent fric à la pelle à partir de leur réussite économique. 

    En 2010, le CAC 40 avait reculé de 2,15 %, et en 2011, de 17,9 %. Il a pratiquement tout rattrapé en un an. Surtout, nous sommes sur une courbe majestueuse : le CAC 40 était par terre en juin, et il a gagné 25 % en six mois.

    Bien sûr, tout ceci est dû à la vaillante politique du glorieux leader minimo, qui a repris l’agenda de Sarko en faisant Rungis et un service d’urgences pour les fêtes de fin d’année, plutôt que d’acheter normalement des cartes postales à Bormes-les-Mimosas avec la femme de sa vie.

    Euh… En fait, on m’explique que cette réussite ne doit rien à Monsieur Gochmole et doit tout au discours de la fin juillet de Mario Fraghi, président de la Banque Centrale Européenne, ancien de la Goldman Sachs, annonçant que la banque achèterait en tant que de besoin les emprunts des États européens en difficulté.

    Voilà où nous en sommes... Des gouvernements incompétents et diaphanes, et des grandes entreprises qui dominent le monde dès qu’elles ont un banquier.

    Vous n’aimez pas les patrons du CAC 40 ? Moi non plus ! Mais eux au moins n’ont pas fait comme les dirigeants politiques qui ont dépensé l’argent qu’ils n’avaient pas. Ca ne joue pas que pour l’Etat : les collectivités locales dépensent à tout va pour leur gloire. 

    Le jeu politique est devenu un divertissement, et les choses sérieuses se passent dans les grands groupes. Ca plait ou ça plait pas, mais c’est comme ça. Voter Nicolas ou François, qui font la même politique, alors tout dépend des décisions du patron de la BCE ? Ouvrons les yeux et regardons les faits.

    Tiens, par exemple : le SMIC a bénéficié ce 1° janvier d’une hausse socialiste de 0,3%, ce qui correspond à un peu plus de 3 centimes socialistes de plus par heure normale. 

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    Bonne année, bonne santé ! 

  • Religion au travail : ce qu’en dit la Halde

    halde.jpgLa Halde a rendu le 10 avril un très intéressant avis, relatif à la conciliation entre le contrat de travail et l'exercice de la liberté de religion, avec les possibilités de limitations par le règlement intérieur. Résultat : toute interdiction absolue serait illégale, les restrictions devant être proportionnées aux contraintes de l'entreprise, et justifiées. Le régime est donc beaucoup plus souple que dans le service public, avec le devoir de neutralité qui s'impose aux agents. Voici des extraits de ce document, que je vous livre à l’état brut, comme pièce du débat. 

     

    La Halde commence par le rappel d’abord quelques textes, dont celui qui – il faudra bien s’y habituer, ait référence, l’article 9 de la Convention européenne de sauvegarde des Droits de l’Homme :

    «1. Toute personne a droit à la liberté de pensée, de conscience et de religion ; ce droit implique la liberté de changer de religion ou de convictions, ainsi que la liberté de manifester sa religion ou sa conviction individuellement ou collectivement, en public ou en privé, par le culte, l’enseignement, les pratiques et l’accomplissement des rites.

    « 2. La liberté de manifester sa religion ou ses convictions ne peut faire l’objet d’autres restrictions que celles qui, prévues par la loi, constituent des mesures nécessaires, dans une société démocratique, à la sécurité publique, à la protection de l’ordre, de la santé ou de la morale publique, ou à la protection des droits et libertés d’autrui. ».

     

    En droit interne, l’article L.1121 du code du travail rappelle que «Nul ne peut apporter aux droits des personnes et aux libertés individuelles et collectives des restrictions qui ne seraient pas justifiées par la nature de la tâche à accomplir ni proportionnées au but recherché » et il faut relever qu’aucune disposition législative ou réglementaire, aucun accord des partenaires sociaux, n’encadre spécifiquement l’exercice de la liberté de religion ou de convictions au sein de l’entreprise privée.code-du-travail.jpg

     

    Ainsi, le salarié est en droit d’exprimer librement ses convictions dans l’entreprise mais cette liberté n’est pas sans limites et le salarié doit lui-même s’en imposer.

     

    Dans un arrêt en date du 25 janvier 1989, le Conseil d’Etat a censuré un règlement intérieur interdisant « les discussions politiques ou religieuses et, d’une manière générale, toute conversation étrangère au service ». La haute juridiction a considéré que ces dispositions du règlement intérieur excédaient l’étendue du pouvoir patronal « eu égard à l’atteinte qu’elles portaient aux droits de la personne ». (CE 25 janvier 1989 Société industrielle Teinture et apprêts). (…)

     

    En conséquence, le collège de la Halde rappelle que le principe dans l’entreprise privée est celui de la liberté de religion et de convictions.

     

    11803443930_discriminations.jpg* Le comportement du salarié doit être analysé au regard de la sincérité des rapports contractuels, c'est-à-dire de l’obligation d’exécuter le contrat de bonne foi qui pèse sur les deux parties par application des dispositions des articles L.1221-1 du code du travail et 1134 du code civil.

     

    * Cette liberté de religion et de convictions doit pouvoir s’exercer, non seulement, dans les limites que constituent l’abus du droit d’expression, le prosélytisme ou les actes de pression ou d’agression à l’égard d’autres salariés, mais également en raison de la nature du poste et des fonctions exercées.

     

    * Le Collège de la Halde, dans sa délibération n°2006-126, a également rappelé que l’employeur ne pouvait, par le règlement intérieur, restreindre cette liberté qu’en justifiant la nécessité de sa décision par des éléments objectifs et proportionnés.ValleeFM_CUCS_discrimination.jpg

     

    * Le Collège de la Halde considère que si l’employeur souhaite introduire dans son règlement intérieur, une disposition afin de restreindre la liberté religieuse et de convictions des salariés en raison de la nature du poste et des fonctions exercées, la rédaction de celle-ci devrait être la plus précise possible afin d’éviter une interdiction générale et absolue.

     

    * Il pourrait être rappelé, au préalable, les dispositions de l’article L.1121-1 du code du travail selon lesquelles « Nul ne peut apporter aux droits des personnes et aux libertés individuelles et collectives des restrictions qui ne seraient pas justifiées par la nature de la tâche à accomplir ni proportionnées au but recherché ».

     

    * La disposition du règlement intérieur pourrait ensuite énoncer le principe issu de la jurisprudence qui exige, que, lorsque la restriction de la liberté de religion ou de convictions est justifiée par la nature spécifique des tâches à accomplir et proportionnée au but recherché, les modalités de cette restriction doivent pouvoir être discutées avec les intéressés afin de concilier au mieux leurs convictions et les intérêts de l’entreprise.

     

    * Enfin, il devra être rappelé que cette appréciation ne peut se faire qu’au cas par cas et qu’il doit être justifié de la pertinence et de la proportionnalité de la décision de restreindre la liberté religieuse et de convictions au regard de la tâche concrète du salarié et du contexte de son exécution afin de démontrer que cette restriction est, en dehors de toute discrimination, proportionnée et effectivement justifiée par la tâche à accomplir dans les circonstances de l’espèce.

     

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