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  • Andrea Motis, Jazzaldia 2015 : Le jazz vote Espagne

    Et comment va notre archi-chérie Andrea Motis ? Un peu tracassé de savoir comment, si jeune, elle a pu dépasser un succès bien mérité... Eh bien, elle assure Andrea Motis. Par le travail, et avec l’œil, protecteur et exigeant, de Joan Chamorro. La voici en concert au Jazzaldia 2015, un grand grand moment,…qui en annonce tant d’autres. D’emblée, on mesure le travail accompli, c’est splendide. Avec de remarquables musiciens : Ignasi Terraza au piano, Josep Traver à la guitare et Esteve Pi à la batterie. On est au top du jazz espagnol dès les quatre premières mesures… et le concert bascule un peu plus tard avec Manha de Carnaval (33:00), un sublime duo saxo trompette… suivi d’un merveilleux Besame Mucho (39:45).

    Comme je suis accro, je ne suis pas objectif. Oki. Alors, bon, attendons encore un peu, pas trop, un an ou deux, pour trouver toute la plénitude… Et là, vous pourrez faire un procès à votre festival de jazz préféré s’il n’a pas invité Andréa et Joan…

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  • Sílvia Pérez Cruz, Jazzaldia 2011 : « La beauté sauvera le monde »

    Un ami m'avait prévenu : « Tu ne connais pas Sílvia, vas-y à petites doses, tu n’es plus tout jeune, alors fais attention ». Bien sûr, je ne l’ai pas écouté,... et je commence à peine à récupérer.

    Ce 23 juillet 2015, à San Sebastian, j’étais installé dans les premiers rangs, histoire de ne rien manquer, avec à portée de main quelques munitions d’Heineken, car dans ce pays vivant qu’est l’Espagne, on admet que l’alcool fait partie de nos vies. Incroyable mais vrai… C’est Heineken qui subventionne ce si créatif festival. Chacun mène sa vie, et vive la vie…

    Quand l’orchestre se met en place, on comprend vite le problème : trois violons, un violoncelle et une contrebasse… Pour un concert de jazz ? Hé oui, Paulo… Et ce concert est absolument fantastique ! Sílvia Pérez Cruz a été formée par la grande musique classique, version lyrique, la plus difficile des écoles. Elle a su ensuite créer cette magnifique musique espagnole, tout en swing, en douceur, en force…

    De ce côté (dépressif) des Pyrénées, Sílvia est une inconnue. De l’autre, elle parle à l’âme des Espagnols, et fait chavirer les cœurs… Ce concert est d’une beauté bouleversante. Comme un chat, j’ai viré… Vous voici avertis ! 

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  • La Catalogne, Etat indépendant ?

    Quand on arrive à Barcelone, on sait vite qu’on se trouve en Catalogne : c’est affiché de partout. L’histoire, la langue, la culture… Oui, la Catalogne a une forte identité.

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    S’ajoute l’économie, et on devine bien la trame, qui a un air connu et frelaté : « Nous sommes riches et puissants, grâce à notre vaillant travail, mais on reste à la peine, car nous devons trimbaler le chargement des autres ». Pour la Catalogne, c’est pile-poil ça : la région, avec 7,5 millions d'habitants, qui a connu un fort développement économique, se trouve très endettée et « c’est la faute aux pauvres », car le pouvoir central n’assure pas un juste retour. Donc, on se déleste du fardeau et vive la vie. C’est la logique simpliste Thatcher, abordant l’Europe avec sa calculette : « I want my money back ».

    Le vrai moteur est la culture, et la langue, très pratiquée, mais sur le plan économique les dirigeants de la région n’ont pas entièrement tort... face à l'immobilisme du pouvoir central. Par le passé, des projets d’autonomie renforcée, dans le cadre de la régionalisation existante ou de réformes fiscales, ont été rejetés, sans alternative. La crise économique et sociale, très dure, que connait l’Espagne, a conforté les volontés indépendantistes, et la Catalogne a connu d’immenses manifestations. Là aussi, pas de réponse du pouvoir central… et les dirigeants régionaux se sont enhardis.  

    En janvier 2013, le Parlement catalan a adopté une déclaration de souveraineté.  

    Après bien des discussions, un large accord a été trouvé au sein de l’assemblée régionale, et le 12 décembre, Artur Mas, le chef du gouvernement catalan, a annoncé la tenue d’un référendum le 9 novembre 2014, avec deux questions :

    « Voulez-vous que la Catalogne soit un Etat ? »

    « Si oui, voulez-vous que cet Etat soit indépendant ? ».

    Hier, le Tribunal constitutionnel espagnol a déclaré ces décisions illégales : « Dans le cadre de la Constitution, une communauté autonome ne peut, de manière unilatérale, convoquer un référendum d'autodétermination pour décider de son intégration à l'Espagne ».

    Dans le même temps, le tribunal déclare « nul et inconstitutionnel » la déclaration de souveraineté, au motif que le Parlement catalan ne peut se prononcer que dans le cadre de la Constitution.

    On en revient donc à du classique, qu’ignorent La France à Mayotte, et Poutine en Crimée : un référendum sur l’indépendance du territoire d’un Etat doit être organisé par le pouvoir central et permettre à tous les habitants de se prononcer.

    Le Parlement espagnol a été saisi, et il doit se prononcer ce 8 avril. Mais le résultat est connu d’avance, et on se retrouvera donc à la case départ. Dans le même temps, tout laisse à penser que les dirigeants régionaux vont bien organiser le référendum.   

    Rajoy reste ferme : « Personne de manière unilatérale ne peut priver l'ensemble du peuple espagnol du droit de décider de son avenir ». Certes, camarade. Mais il y a un problème sérieux à traiter, et tu proposes quoi ?  

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  • La justice argentine va juger les crimes du franquisme

    Ça se gâte : les droits de l’homme deviennent universels. Normalement, les droits de l’homme, c’est pour les anciennes puissances coloniales qui font régner la justice à leur manière. Par exemple, la justice espagnole qui s’occupe des crimes de Videla et de Pinochet… mais qui refuse de se saisir de ceux de Franco. Seulement, la roue tourne... et maintenant, voilà la justice argentine qui se charge d'agir contre cette impunité criante. Elle vient de demander l'extradition de quatre anciens policiers espagnols accusés de tortures pendant le régime franquiste (1939-1977). Un très mauvais exemple,... qui pourrait de donner des idées à l’Algérie...

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    La question de l’impunité est bien présente en Espagne. Les victimes espagnoles des crimes commis par le régime de Franco se comptent par milliers : disparitions, homicides, torture, enfants volés… Problème : toutes ces procédures sont bloquées du fait d’une loi d’amnistie de 1977. Les petits fachos de mirlitons s’étaient offert un préservatif judiciaire XXL. Cette amnistie n’a pas été remise en cause, malgré la loi du 20 novembre 2002 qui (enfin...) a condamné le coup d’Etat du 18 juillet 1936 et engagé un processus de réhabilitation des victimes.  

    Le feu procédural a repris à l’initiative de trois exilés de la dictature franquiste, devenus argentins, qui ont déposé plainte devant les juridictions argentines. Après cette première plainte somme tout banale – un citoyen victime d’un crime commis à l’étranger par un étranger est recevable à agir devant les juridictions de son propre pays – on entre dans le plus inhabituel, avec l’application d’un régime de « juridiction universelle » : les crimes contre l'humanité peuvent être jugés en dehors de tout critère de rattachement, du seul fait de leur extrême gravité. Exactement ce qu’avait tenté la justice espagnole contre Pinochet, en fonction d’une législation de « juridiction universelle » depuis abrogée par l’Espagne.

    Les régimes de compétence universelle sont rares et particulièrement complexes à mettre en oeuvre, du fait des incidences diplomatiques, mais ils tendent à s’affirmer comme un moyen effectif en cas de recours à la torture, du fait de la spécificité de crime. Aussi, nous verrons à l'épreuve des faits ce qu’il en sera de la force de ce régime en droit argentin.

    Après trois ans d’instruction, la juge Maria Servini de Cubria a cerné ses travaux sur des faits de torture commis contre des militants arrêtés pour des activités politiques, et ce 18 septembre, elle a demandé aux autorités espagnoles l’extradition de Jesus Muñecas, ancien capitaine de la garde civile, Celso Galvan, ancien inspecteur de la brigade politico-sociale, José Ignacio Giralte, ancien commissaire de police et José Antonio Gonzalez Pacheco, alias Billy el Niño, ancien inspecteur. 

    Maria Arcenegui, porte-parole de la plateforme de soutien à la plainte argentine contre les crimes franquistes (AQUA)  s’est réjoui de la décision du juge : « C'est une décision historique qui marque le début de la fin de l’impunité ». Et elle a annoncé de nouvelles plaintes.

    C’est désormais au gouvernement de Mariano Rajoy de répondre à cette demande d’extradition. En cas de refus, un joli contentieux est à attendre, car la décision sera prise en Espagne et doit respecter les principes du droit européen, pour lequel la torture est un crime de jus cogens, soit un régime juridique international impératif, qui recadre les législations internes (TPIY, 10 décembre 1998, Furundzija;  CEDH, Soering 1989; Cruz Varas A991; Chahal 1996; Selmouni, 1999 ; Al-Adsani, 2001 ; Ould Dah, 2009).

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  • Andrea Motis et Joan Chamorro : Le jazz du bonheur

    Vous allez craquer. Craquer de chez Craquer. Craquer comme quand on rencontre le bonheur, et ce bonheur, c’est une histoire espagnole. Joan Chamorro, un jeune vieux routier du jazz en Espagne a trouvé une perle, Andrea Motis, née à Barcelone et qui, à seize ans, le 1er décembre 2011, a ébloui le public du festival de jazz de Barcelone. Le début d’une immense aventure.  

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    Fermez les yeux, écoutez d’abord le son de la trompette qui ouvre le concert avec Our Love Is Here To Stay… Eh oui, ce n’est pas Quincy Jones mais Andrea Motis. C’est magnifique. Quel son, et quelle assurance... On enchaîne pour la bossa, avec un splendide Desafinado. Vous êtes déjà perdus ? Moi aussi, et j’ai juste eu le temps de prendre mes gouttes car arrive Someday My Prince Will Come. (Je me porterais bien candidat, mais bon…) Avec la même aisance, vient un authentique New Orleans, Twenty For Hours A Day, qui porte à l’enthousiasme, avec les danseurs, Andréa au saxo ténor et un grand numéro d’Ignasi Terraza au piano… Mais pas de pause. Andrea Motis et Joan Chamorro nous ont préparé une surprise, pour décoller à la verticale… Un innocent one, two, three, four… et nous voici projetés dans un My Baby Just Cares For Me qui aurait emballé Nina Simone. Comme si ça ne suffisait pas, Andréa rejoint les danseurs. Quel bonheur !

    Nouvel appel au quatre temps… Cette fois-ci c’est un quatuor à cordes qui répond avec un retour à la bossa How Intensitive… Mais ils savent tout faire ? Andrea Motis et Joan Chamorro repartent illico… pour le meilleur de be-bop : Dizzy Atmosphere, avec Andrea qui excelle à la trompette. Puis viennent de grands classiques du jazz : Andrea chante Body and Soul, votre cœur va pleurer…, puis Crazy He Calls Me et Lullaby Of Birdland. Non, mais franchement… Tous les musiciens se régalent. Vient, je crois, le meilleur quand avec son incroyable simplicité, Andréa chante, juste accompagnée de la guitare et de la contrebasse, un Halellujah qui donne une idée des immenses années qui l’attendent. Admirons.

    Et c’est la fin,... pour ce soir. On retrouve le son éclatant de la trompette d’Andréa pour I Can't Believe You're In Love With Me… Ben si, justement.

    Le génial Joan Chamorro, qui joue de la contrebasse du sax baryton et du sax tenor veille sur la perle et emballe l’orchestre qui, comme nous, se régale : Ignasi Terraza au piano, Josep Traver à la guitare et au banjo (indispensable pour le New Orleans), Iscle Datzira au sax tenor et à la clarinette, Eva Fernández au sax alto, au sax soprano et à la clarinette, David Mengual à la contrebasse et Esteve Pi à la batterie. Pour le p’tit fun avec le quartet à cordes, les violons sont Edurne Vila, Marc Armengol et Ignasi Ferrer alors qu’Esther Vila est au violoncelle. Les danseurs, sans qui la fête ne serait pas complète : Jana Grulichová, Jordi Mundet Cordó, Neus Castells Marcé, Xavi Recuenco Betriu.

    L’enregistrement est entrecoupé de quelques minutes d’entretien avec Andrea Motis et Joan Chamorro. Je vous quitte, c’est l’heure de mon cours d’espagnol.

    Bonne soirée à Barcelone.

    http://www.youtube.com/watch?v=TMpwRzX4JpI

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