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  • Espagne : Se saigner pour payer les banques

    espagne,banques,euroUn gros coup de chaud sur l’Espagne… avec des chiffres qui glacent. Bankia, la quatrième banque du pays, nationalisée le 9 mai, a demandé au gouvernement 19 milliards d’euros pour ne pas se scratcher, et le conseil d’administration a démissionné dans la foulée. L’Etat venait d’apporter 4,5 milliards à la banque, nationalisée le 9 mai, et l’ardoise s’élève donc à 23,5 milliards, chiffre certifié. 

    Le gouvernement n’a pas trop le choix, car cette banque représente 10% du marché. Autant dire que si elle tombe, tout part avec. Les clients ont retiré de leurs comptes un milliard la semaine dernière...

    Une impasse de 23,5 milliards qu’on découvre soudain… Pour situer, je lis que ce chiffre est comparable au budget du ministère de l’éducation, aux intérêts annuels de la dette ou au montant des allocations chômage… Autre élément de comparaison : le plan de rigueur présenté par le nouveau gouvernement prévoit 27,3 milliards d'euros d'économies et de nouvelles recettes….

    Les mauvaises nouvelles s’accumulent. D’après le quotidien El Mundo, il va falloir aussi trouver 30 milliards pour sauver trois établissements bancaires déjà placés sous tutelle : CatalunyaCaixa, NovacaixaGalicia et Banco de Valencia.

    Vendredi, Artur Mas, le président de la Catalogne, la première région du pays, avait  mis l’ambiance en évoquant un défaut de paiement d'ici à la fin mai et en demandant l’aide de l'État : « Peu importe comment on y arrive, mais nous avons besoin de pouvoir effectuer des paiements à la fin du mois. On ne peut pas redresser son économie si on ne peut pas payer ses factures… ». Certes. La Catalogne est en tête, mais le besoin de refinancement des régions est estimé 36 milliards pour 2012, avec déjà les plus grandes difficultés à payer les fournisseurs. espagne,banques,euro

    Oki. Mais où trouver l’argent ? et à quel coût ? et comment gérer sans affoler le système ? Car il va falloir payer en juillet les 19 milliards en juillet pour sauver Bankia.

    Le chef du gouvernement, Mariano Rajoy, a expliqué hier que l’Espagne ferait face, toute seule comme une grande, mais je vois que la plus part des journaux n’y croient guère.

    En 2009, l’Espagne avait créé un instrument de recapitalisation des banques, le Frob, mais celui-ci n’aurait en caisse que 4 à 5 milliards d’euros. Il peut emprunter jusqu'à 90 milliards d'euros avec la garantie de l'Etat, mais pour des prêts sur 10 ans, l’Espagne doit supporter un taux d'intérêt dépassant les 6%. Ca devient intenable.

    Le gouvernement étudie d’apporter ces 19 milliards d'euros directement sous forme de dette publique, contre des actions, mais les objectifs gestionnaire de l'Etat ne seraient plus tenus et ça pourrait coûter très cher en ces temps où la discipline budgétaire est surveillée à la loupe. Autre option, le recours au mécanisme européen de stabilité, qui entre en vigueur le 1er juillet. Le gouvernement dément, mais ça semble la moins mauvaise solution.

    En tout cas, on redoutait qu’après l’Irlande, le Portugal, la Grèce, il faille ouvrir le dossier Espagne. Eh bien, c’est fait. 90 milliards à trouver, 24% de demandeurs d’emplois, et un PIB qui a reculé de 0,3% au premier trimestre. Certes, mais il faut payer les banquiers.

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  • Faut-il sauver l'euro ?

    couv-economie-pour-les-nuls.jpgJe devrais faire camembert, car je ne connais rien à l’euro et à la finance internationale. Mais le sujet me parait d’une importance telle que je veux en causer.

    Si je méconnais les règles qui guident l’économie, j’essaie d’être un citoyen attentif et je constate que personne n’est en mesure d’expliquer pourquoi il faut tout faire pour sauver l’euro. Et quand j'entends notre président à 28% nous dire d’un air inspiré « il faut défendre l’euro, parce que l’euro, c’est l’Europe », je flippe carrément.

    Je veux juste poser deux questions à la recherche de réponses cohérentes.

    -          - L’euro peut-il tenir ?

    -          - Si l’euro tient, c’est à quel coût social ?

    Comme un brave soldat de la construction européenne, la paix par la prospérité et réciproquement, j’avais voté pour la monnaie unique. Nous avions alors le cœur heureux et les yeux plein d’avenir : une croissance soutenue, des échanges intra-européens en développement, avec en perspective des économies qui allaient se rapprocher. Aussi, la monnaie unique était un outil très présentable. Chaque pays gérait sa politique, et il était seulement demandé de ne pas creuser le déficit public – les fameux 3%  – pour ne pas déstabiliser l’ensemble en aiguisant les appétits des banquiers.

    Aujourd’hui, deux problèmes changent tout :

    -          les politiques économiques sont très distinctes, car les Etats doivent privilégier la cohésion interne, la démocratie européenne étant embryonnaire ;

    -          les Etats se sont endettés, d’une manière importante mais pas forcément excessive, sauf au regard de la règle des 3% qui est la condition de la tenue collective de l’euro.  1163561962.jpg

    A Bruxelles, semaine après semaine, se suivent les réunions, avec toujours le même menu : « réunion de crise pour sauver l’euro » ; et le même communiqué triomphal : « l’euro est sauvé, jusqu’à la semaine prochaine ». L’Europe s’enferme dans un tête-à-tête avec « la finance internationale », comme si le reste devenait anecdotique.

    La Grèce, abasourdie par le plan qui lui a été imposé, a fait face quelques mois, mais le remède est plus fort que la maladie, malgré les déclarations inspirées de DSK. C’est la misère qui s’installe, et la société chancelle. Déjà, l’Irlande se rebelle…

    Même cata, dans un autre genre, à voir la France se coller au centimètre près à ce que décide l’Allemagne, avec la grande trouille étant d’être emportée en 2011 par la chute de l’Espagne, que tout le monde redoute.

    Alors, serait-il une aberration absolue de dire que l’idéal de la monnaie commune n’est plus de mise quand les grandes puissances économiques – Etats-Unis, Chine, Japon – font de la politique monétaire un pilier de leur développement ? Les inconvénients seraient-ils pires que les avantages ?

    On a aimé l’euro, qui reste un aiguillon pour l’Europe. Mais dans la période actuelle, mettre l’euro entre parenthèse pour quelques années en laissant des mécanismes d’entraide, serait-il vraiment un drame ?   

    Poser la question n’est pas un sacrilège, et il est logique d’attende des réponses raisonnées, et non pas des litanies pathétiques.

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    L'euro est-il un prince charmant ou un crapaud ?
  • Euro : Les banquiers n’ont pas tous les torts

    equilibre.jpgIl y a un an, c’était le grand crack. Les Etats avaient cherché du fric tous azimuts, empruntant des sommes colossales. Le système avait tremblé, mais avait tenu. On dessinait déjà les plans d’un nouveau capitalisme, avec des banquiers faisant de vrais prêts pour de vraies affaires, avec des taux correspondant juste pile poil aux risques qu’ils prennent. Et bien sûr, leurs rémunérations devenaient sages.

     

    Un an plus tard, le même scénario se dessine sous nos yeux. Jusqu’où cela ira-t-il ? Le système tiendra-t-il ? Et à quel coût ? Ce weekend, nos dirigeants ont travaillé dur à Bruxelles, et les ministres des finances sont encore à pied d’œuvre ce dimanche soir en attendant l’ouverture des premiers marchés en terre asiatique. Il sera tôt demain, et on attendra les nouvelles : Tokyo, et son décisif indice Nikkei, mais aussi Hong-Kong, Taiwan, Seoul, Singapour et Sydney. C’est le village planétaire de la finance,…dont nous ne sommes pas les héros.

     

    La réponse européenne, c’est d’abord le soutien affiché à la Grèce, mais c’est aussi un pari vu l’ampleur de la cure imposée aux Grecs. C’est ensuite ce fonds européen de gestion de crise : la commission peut s’endetter jusqu’à soixante milliards d’euros, avec la garantie des Etats-membres, et les fonds empruntés sont prêtés aux Etats dans le besoin, à un niveau tel qu’ils puissent se défendre face aux spéculations à la perte.  equilibriste.jpg

     

    Bon, c’est sûrement très compliqué, mais c’est ni plus ni moins une garantie de caisse. Justement ce qu’on avait refusé d’instaurer dans le Traité européen, pour inciter les pays de la zone euro à une saine gestion. Oui, mais bon : nécessité fait loi.

    Pour créer ce fonds, car tout passe par le droit, on a recours à l'article 122-2 du Traité européen qui  prévoit : « Lorsqu'un État membre connaît des difficultés ou une menace sérieuse de graves difficultés, en raison de catastrophes naturelles ou d'événements exceptionnels échappant à son contrôle, le Conseil, sur proposition de la Commission, peut accorder, sous certaines conditions, une assistance financière de l'Union à l'État membre concerné ». Nous voici au moins blindés juridiquement. Blindés ? Rien n’est moins sûr. Car l’objet de ce texte n’est pas d’instituer un fonds monétaire européen qui  n’ose pas dire son nom. Ce système existe pour les pays européens hors zone euro, mais il avait été écarté pour la zone euro, au motif que la condition de la stabilité de la monnaie commune était la rigueur budgétaire. Le cap était clair. Il fallait que les Etats limitent le recours à l’emprunt pour ne pas se mettre à la merci des mouvements bancaires, qui n’ont rien d’altruistes. On est loin de cette rigueur, ce qui justifie la lecture très compréhensive de l’article 122-2, et montre que tous les torts ne sont pas du côté des banques.

    posture_equilibre.jpgLa gestion publique ne résume pas la crise, loin de là. Mais sur ce plan, c’est tout de même très mauvais.

    La référence, c’est 3% du produit intérieur brut PIB. Un chiffre qui peut être discuté, qui est trop quantitatif et pas assez qualitatif, certes. Mais ces débats sont loin.  Pour 2009, le déficit public français (Etat, comptes sociaux, collectivités locales) a atteint 7,9 % du PIB.  138 milliards d'euros ! Un chiffre à mettre en relation avec l’immense effort européen qui crée de fonds de secours de 60 milliards...  Le montant total de la dette ne devait pas excéder 60% du PIB. Fin 2009, nous en étions à 77,6%, soit un montant de 1 489 milliards d’euros, en hausse de 31,7 milliards pour le dernier trimestre. Cela représente des intérêts à payer pour plus de 55 milliards d’euros par an. C’est-à-dire un peu plus que le produit de l’impôt sur le revenu. Alors, s’il n’y a pas lieu d’être un psychomaniaque de l’équilibre budgétaire, le constat est que les finances publiques filent, et renforcent notre dépendance à l'égard des banques. Et la France n'est pas le pays le plus mal loti.

    Les finances sont faibles, mais le pouvoir est fort… On aimerait. Je passe sur la prise de décision en Europe, avec la triple présidence d’Herman Van Rompuy, de José Manuel Barroso et de José Luis Zapatero. Limpide et efficace ! Et les Etats ? Gordon Brown débarqué et l’alliance des vainqueurs qui peine à se former, Angela  Meckel en minorité au parlement, les belges sans gouvernement, Berlusconi lunaire et Sarko à 30% !

    Bon, allez les amies et les amis, pas de déprime. L’Europe a des atouts, une vraie force économique, et c’est une grande société…  En somme, il y a une Europe vivante, mais avec des finances en vrac et des gouvernements au sanatorium.

    On s'accroche, ça va passer...

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