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  • Eléphantes de Lyon : Le tribunal comme vétérinaire ?

    Deux éléphantes du Parc de la Tête d’Or à Lyon sont destinées à être abattues pour cause de tuberculose, et le ministère préfère botter en touche pour que le tribunal se prononce. Je croyais que le tribunal disait le droit, pas les diagnostics médicaux…

    Baby et Népal, propriétés du Cirque Pinder, ont été confiées à la Ville Lyon, gestionnaire du Parc de la Tête d’Or depuis mars 1992. De ce que je lis, il semble que le contrat était juste un dépôt provisoire. Il y avait mésentente parmi les animaux du cirque, d’où l’hébergmeent au Parc, mais le cirque voulait reprendre Baby et Népal pour les installer dans un centre d’attractions, fin 2013. Entre temps, la Ville de Lyon en avait la garde… et donc les bons soins.

    Problème : les deux éléphantes sont devenues malades. Peu de signes apparents, mais les vétérinaires suspectaient la tuberculose, maladie très contagieuse et transmissible de l'animal à l'homme. De fait, les éléphantes étaient confinés depuis deux ans. Plus de contact possible avec le public et les autres animaux du parc, par mesure de précaution. Pas drôle, la vie…

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    Ce mois d’août 2012, une troisième éléphante est morte de vieillesse, et des prélèvements effectués ont confirmé qu’elle était atteinte de tuberculose, alors même que la maladie était dormante. S’agissant de Baby et Népal, les analayses vétérinaires se sont poursuivies, la cohabitation pendant des années avec une éléphante porteuse de la tuberculose renforçant l’idée d'une contamination.

    Ce début décembre, la Direction Départementale de la Protection des Populations (DDPP) du Rhône a préconisé l’euthanasie des éléphantes. Un arrêté de la préfecture du Rhône a ordonné la mise à mort avant le 20 décembre 2012, justifiant sa décision par les «risques graves que l'infection dépistée font peser sur la santé des personnes évoluant dans l'environnement proche des animaux ». D’un côté, un  diagnostic probable et un traitement possible mais coûteux ; de l’autre, le risque pour la santé publique et la difficulté à mettre en œuvre le traitement.

    La Ville de Lyon n’entendant pas s’engager dans ces soins coûteux et incertains, et elle a informé le cirque Pinder en fin de semaine dernière, l’adjoint Jean-Louis Touraine précisant : « Une autopsie sera ensuite réalisée le jour même en présence d'un vétérinaire de la direction départementale de la protection des populations du Rhône dans l'installation d'équarrissage de Viriat dans l'Ain ».

    Réaction furieuse de Gilbert Edelstein, le directeur du cirque Pinder, avisé au dernier moment… et qui conteste la décision prise : « Lorsque j'ai confié mes éléphantes, elles n'étaient pas malades. Si elles ont attrapé la tuberculose, c'est par les autres animaux du Parc. Je veux qu'on les soigne et qu'on me les rende ». Les éléphantes ont quarante ans, et l'espérance de vie dépasse soixante ans. Ne craignant pas la démesure, il a lancé pendant le week-end une lettre pétition à François Hollande pour qu’il exerce son droit de grâce… comme s’il s’agissait de la peine de mort pour un être humain.

    Et ça a marché ! Alors que la mort était programmée pour ce mardi, un arrêté ministériel est venu désavouer les services départementaux, laissant un délai de grâce pour que Gilbert Edelstein puisse engager une procédure de référé devant le tribunal administratif de Lyon. On abandonne la décision, et on s’en remet au juge…

    Mais le juge n’est pas un vétérinaire, et il serait curieux qu’il accepte de désigner un expert pour discuter un diagnostic et une thérapie. Le précédent serait redoutable… Vous contestez le diagnostic du vétérinaire ? Un référé ! Un doute sur les choix faits par votre médecin ? Saisissez le tribunal en urgence… Ca ressemble beaucoup à une fausse piste. 

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  • Experte devant le tribunaux… mais non diplômée !

    devenir_expert_comptable_soushome.jpg« Certains filtres n'ont pas fonctionné » a déclaré le procureur de la République Périgueux Yves Squercioni. Oui, un gros filtre, qui s’appelle justement le bureau du procureur.

     

    La belle histoire commence il y a trois ans. Une femme atteignant la cinquantaine, psychologue, avec la licence, une maîtrise et un DESS de psychologie de l’enfance et de l’adolescence, faisant état de brillants états de service, obtient son inscription sur la liste des experts de la Cour d’appel de Bordeaux. Couronnement d’une carrière.

     

    Un joli résultat, car les places sont chères. Pour être inscrit sur la liste des experts, il faut tout un parcours. Bien sur, les diplômes, mais ça ne suffit pas. Il n’y a pas à proprement parler d’examen d’entrée, mais les candidats doivent déposer un dossier très fournie un devant le secrétariat du procureur de la République. Il faut aussi une solide expérience professionnelle, si possible des publications, des lettres de recommandations… Mais, il ne suffit pas d’être diplômée et bon professionnel : il faut aussi une capacité à exercer la fonction d’expert, et le candidat soit se soumettre à une enquête effectuée par les services de police ou de gendarmerie. Si tout parait OK, le procureur interroge les chefs de juridictions du ressort, pour recueillir d’éventuels avis. Le procureur saisit ensuite l’assemblée générale du Tribunal de grande instance, qui donne un avis. Puis le dossier est transmis au procureur général, qui après un nouvel examen, soumet la candidature à l’assemblée générale de la Cour d’appel. Si la Cour dit banco, l’expert est d’abord nommé comme stagiaire, travaillant sous le contrôle d’un senior, et si l’expérience est concluante, l’inscription sur la liste est alors acquise. Ouf ! love_psy.jpg

     

    Et notre experte psychologue n’a pas chômé. D’après La Dépêche du Midi, qui rapporte l’affaire, on compte près de 400 expertises en trois ans et demi, devant le tribunal de grande instance de Périgueux et la Cour d’appel de Bordeaux, ce qui est une grosse activité, et avec de déposition dans les procès les plus compliqués, en cour d’assises.

     

    Oui, mais voilà. A l’occasion d’une affaire concernant personnellement notre experte, la gendarmerie vérifie les états de service, et d’aperçoit que les diplômes sont faux. L’expert psychologue n’était pas psychologue !  

     

    Elle a été mise en examen à Périgueux le 30 avril pour « usage de faux administratifs, usurpation du titre de psychologue et usurpation de qualité d'expert judiciaire ».

     

    Ce qui pose tout de même beaucoup de questions tant sur la qualité de l’enquête lors de l’inscription sur la liste, que sur les expertises déposées devant le tribunaux, et qui pèsent tant dans les jugements rendus…

     

    Ca parait tout de même très léger… même si la psychologie n'est pas une science exacte.

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