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  • Macronie : conseil des ministres, ou conseil d’administration des affaires de la bourgeoisie ?

    Le gouvernement, comme « conseil d’administration des affaires de la bourgeoisie », c’est de Marx, et en ces périodes de politique avachie, cela fait du bien de se restructurer le sur-moi en lisant les grands auteurs. C’est notre ami, Bruno Guigue, qui a vu juste en appliquant cette formule au gouvernement du prince banquier.

    La politique institutionnelle est parterre – pas un pour relever l’autre, pas un – et il faut chercher chez ceux qui n’ont aucune chance d’être élu ou nommé dans un cabinet pour retrouver une vraie puissance d’analyse. Voici donc que ce texte de Bruno, publié dans Afrique-Asie de ce mois de juin, à diffuser tous azimuts.

    NB (Qui n’a – presque – rien à voir) : En Marche ! et le PS ont renoncé à présenter des candidats contre El Blanco, mais ce mec est en train de se faire accrocher par une vraie candidate. Dégager El Blanco est de salubrité publique, votez Farida Amrani. 

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    Élection d’Emmanuel Macron:

    Avec les compliments du Cac40, de l’OTAN et de la Françafrique

    Par Bruno Guigue

    Sauf pour ceux qui croient encore aux vertus de la démocratie bourgeoise, la victoire d’Emmanuel Macron à l’élection présidentielle ne fut pas une surprise. Car le dandy de la finance n’a pas seulement été coopté par l’oligarchie. Le chantre de l’ubérisation de la société n’a pas seulement été choyé par des médias aux mains d’une poignée de milliardaires. Comme si cela ne suffisait pas, on a assisté, dans la dernière ligne droite, à une campagne marketing impressionnante. Lancé sur le marché comme une savonnette, le godelureau du Cac40 a effectué une véritable OPA sur l’Elysée.

    Victime de ses casseroles, l’ambition présidentielle de M. Fillon a explosé en plein vol. Cette éviction du candidat de droite eut deux conséquences. Elle a ouvert un espace politique au social-libéralisme de M. Macron, et elle a offert la deuxième place à Marine Le Pen. Au deuxième tour, comme prévu, le repoussoir lepéniste a joué son rôle à la perfection. Elaborée par François Mitterrand dans les années 80, la stratégie de l’épouvantail d’extrême-droite a une vertu irremplaçable. Face à la bête immonde, elle transforme n’importe qui en héros national.

    Emmanuel Macron en a pleinement bénéficié, et le freluquet qui s’époumonait en meeting sous les applaudissements télécommandés de groupies impubères est devenu le sauveur de la démocratie. L’invocation anachronique du péril fasciste, la séquence médiatique Oradour-sur-Glane et la culpabilisation de l’électorat de gauche ont fait merveille. En jouant sur la peur qu’inspire le FN, M. Macron a obtenu haut la main les deux tiers des suffrages. Les bonnes consciences de la gauche boboïsée, au moins, n’auront pas brandi en vain l’épouvantail lepéniste.

    Défiant les lois de l’arithmétique, ces bonnes âmes expliquaient que Mme Le Pen risquait d’être élue, que le spectre de 1933 n’était pas loin et que les abstentionnistes étaient des irresponsables. Le seul résultat de ce bourrage de crânes, ce fut dix millions de voix d’avance pour le candidat de la finance. Dotée de moyens colossaux, l’opération marketing fut couronnée de succès. D’une élection difficile, elle fit un plébiscite, et d’un banquier d’affaires un président de la République. L’essentiel était sauf. Le fascisme vaincu, on a enfin pu ranger le trouillomètre.

    La première allocution du nouveau président fut à l’image de cette élection-bidon. Du bla-bla de publicitaire, une ritournelle insipide aux allures d’auberge espagnole, un filet d’eau tiède qui consiste à dire à chacun ce qu’il veut entendre. Mais avec la nomination du gouvernement, les choses sérieuses commencèrent. Choisi parmi les jeunes loups de la droite néolibérale, le nouveau premier ministre, à lui seul, est tout un symbole. Composé de juteux allers-retours entre le public et le privé, son Curriculum Vitae scintille d’un véritable joyau. Après le Don Juan du Cac40, voici le lobbyiste radio-actif.

    De 2007 à 2010, Edouard Philippe, en effet, exerça les fonctions de directeur de la communication et des affaires publiques d’Areva. En clair, sa mission était de faire du lobbying, notamment auprès des parlementaires acquis à la cause atomique. Selon l’Observatoire du nucléaire, c’est précisément pendant cette période, le 13 janvier 2008, qu’un accord est signé entre Areva et le gouvernement du Niger pour l’exploitation de l’uranium. Or cet accord est contesté par le mouvement touareg, en rébellion contre le pouvoir central de Niamey.

    Le précieux minerai est vendu à vil prix par le Niger, et les maigres revenus qu’il procure ne bénéficient pas à la population. Les gisements se trouvant dans les zones de vie traditionnelles des Touaregs, ces derniers se sentent floués. Les troubles qui agitent la région sahélienne sont donc liés à la politique d’une multinationale dont M. Philippe fut le VRP. C’est l’alliance nouée entre certains Touaregs et les djihadistes qui servit de prétexte, en 2013, à l’intervention militaire française. Et ce n’est pas un hasard si la première visite africaine de M. Macron fut destinée à cette région.

    A défaut de susciter l’enthousiasme, la séquence politique qui vient de se dérouler est riche d’enseignements. L’élection au forceps d’un télévangéliste formé chez Rothschild était déjà un signe des temps. La nomination à Matignon d’un VRP de l’industrie nucléaire au patrimoine douteux en est un autre. La volatilité des étiquettes politiques et la prolifération des retournements de veste, sur fond de bouillabaisse politicienne à l’approche des législatives, font aussi partie du paysage macronien.

    En régime capitaliste, disait Marx, le gouvernement est le « conseil d’administration des affaires de la bourgeoisie ». En faisant main basse sur l’Elysée, le jeune banquier opère la synthèse entre différentes fractions de l’oligarchie. Dès l’été 2017, cette union sacrée de la classe dominante sera scellée sur le dos des travailleurs. Ex-DRH de Dassault-Systèmes, la nouvelle ministre du Travail vient de recruter comme chef de cabinet l’ex-directeur adjoint du MEDEF. Si elle obtient une majorité parlementaire, cette équipe mettra en pièces le code du travail.

    Les détenteurs de capitaux, eux, n’auront pas à se plaindre du nouveau gouvernement. Un exemple ? Paris vient de demander l’annulation d’une réunion consacrée à la Taxe européenne sur les transactions financières. Selon Oxfam-France, un accord sur la TTF européenne était à portée de main, et la France avait une occasion d’agir dans l’intérêt général. Mais l’audace de M. Macron s’évanouit dès qu’il s’agit de mettre un frein à la spéculation financière et de rogner les privilèges des riches.

    En politique étrangère, le nouveau président a donné le ton. En s’invitant au Sahel, il s’est coulé dans le moule de la Françafrique. Sous prétexte de lutter contre le terrorisme, le pillage néo-colonial du continent africain va continuer de plus belle. Le godelureau de l’Elysée joue au dur en serrant la pogne du milliardaire new-yorkais, mais la réalité de la politique élyséenne parle d’elle-même. N’en déplaise aux flagorneurs de la presse française, l’indépendance qu’il revendique n’est que poudre aux yeux.

    Affrontant une menace imaginaire, les troupes françaises participent aux manœuvres de l’OTAN dans les pays baltes. Lors de sa rencontre avec le président russe, le freluquet de l’Elysée a ressassé le “fake” habituel sur l’arme chimique, puis il a reçu l’opposition syrienne “off shore”, faux-nez de ces terroristes modérés dont raffole l’intelligentsia parisienne. La présidence de François Hollande a battu le record des compromissions avec les marchands d’armes, les monarchies corrompues, les “rebelles modérés” et les néocons de Washington. Tel le Phénix, elle va renaître sous la présidence Macron.

  • Concessions d’autoroute: un secret de famille protégé par le Secret Défense ?

    Family Secrets.jpgLe 9 avril 2015, l'Etat, via le ministre de l’économie, et les sociétés autoroutières ont conclu un accord sur la gestion des autoroutes. On trouve de tout dans cet accord qui sent le gaz : la prolongation des concessions, les tarifs des péages, une relance de l'investissement, et une transaction pour mettre fin à des procédures en justice.

    - Mais il y a eu des débats au Parlement ?

    - Non, rien.

    - Et même pas un truc genre le Grenelle des autoroutes ?

    - Pas la moindre communication officielle.

    - Ah bon, et pourquoi l’Etat a transigé ? Il redoute la justice ?

    - C’est ben tout le problème.

    - En plus, c’est un peu nos sous, non ?           

    - Oui, ce sont tes sous qui passent à la moulinette secrète.

    - Allez, Raymond, à ton clavier…

    Le 28 avril, l’ami Raymond Avrillier a demandé à l’excellent et moderne Macron de lui remettre une copie de cet accord, ainsi que des documents annexes. Pas de réponse de Macron, et Raymond a saisi la Commission d'accès aux documents administratifs (CADA), qui a rendu un avis favorable le 9 juillet 2015. Raymond a demandé à Macron de donner suite, mais rien. Et hop là : nous voilà devant le Tribunal administratif de Paris pour statuer sur l’accès aux documents administratifs via la loi du 17 juillet 1978.

    Le tribunal administratif par un jugement n° 1514292/5-2 du 13 juillet 2016 a entièrement donné raison à Raymond, pour sa curiosité bien placée. La transaction signée, et les annexes qui permettent d’en comprendre la portée, sont des documents publics, qui doivent être communiqués. Raymond, qui dénonce « une négociation de marchand de tapis, étrangère à la conception d'intérêt public » va pouvoir se plonger dans toute cette joyeuse documentation : « Je pense très sérieusement qu'il y a dans l'accord des arrangements qu’Emmanuel Macron voulait garder secrets ».

    Donc, on va enfin savoir ce qu’il en est de la cuisine des concessions autoroutières ?

    Presque… La transparence sur la gestion autoroutière chagrine le gouvernement, qui vient de décider d’un pourvoi devant le Conseil d’Etat, quelle bonne blague ! Wahou, il ne doit pas être triste, cet accord. La gestion privée des autoroutes aussi bien protégée que le Secret Défense ? C’est juste lamentable, mais le pourvoi n’est pas suspensif, et Raymond va pouvoir faire exécuter le jugement.

    Il est bien dommage que les journalistes qui papillonnent autour de Macron ne pensent pas lui poser cette question :

    - Dis donc, Macron, il y a quoi de si spécial dans cet accord que pour tu veuilles absolument le garder secret ? Allez grand timide, c’est quoi ce secret de famille ?

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  • Le Web sous contrôle : Tim Berners Lee alerte les foules (qui s’en fichent)

    Internet pour communiquer,… et Internet pour nous contrôler : c’est tout le problème. Le Web a permis la démultiplication des échanges, c’est un bienfait quotidien, et chacun le vérifie chaque jour. Mais c’est aussi un contrôle généralisé de nos données individuelles. Les grandes agences étatiques, genre la CIA et consorts, nous épient et contrôlent tout, et les grandes firmes du web, des groupes goulus prêts à vendre père et mère pour développer leur CA, espionnent, collectent et utilisent toutes les données de notre vie privée.

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    Pour le moment nous n’avons pas beaucoup de solutions de rechange. Quand tu achètes un ordi, on te colle d’office le système d’exploitation, et il faut vraiment être le dernier des crétins pour ne pas comprendre que nous sommes suivis à la trace. Nos ordinateurs sont de véritables mouchards, d’un côté pour les systèmes de surveillance, et de l’autre pour les magnats de la pub. Liberté de façade pour encore mieux nous contrôler, tout ce système est insupportable. Aussi, si vous avez des messages particuliers, que ce soit pour les affaires ou pour les amours, je ne peux que vous recommander le plus sérieux des systèmes : une enveloppe fermée et un timbre-poste.

    Ce week-end se tenait à San Francisco le premier Decentralized Web Summit, une réunion d’experts prenant la suite de biens d’autres, pour se poser la question : comment guérir le web de sa maladie de la surveillance, en niquant les flics, sécuritaires et financiers.

    L’un des principaux organisateurs n’est autre que Tim Berners Lee, qu’il faut considérer comme l’inventeur du Web il y a 25 ans, et qui explique dans The New York Times qu’il veut le réinventer : « Les revenus publicitaires sont devenus la principale source de revenus d’un trop grand nombre d’acteurs du Web. Tout le monde assume que le consommateur d’aujourd’hui est obligé de passer un deal avec un énorme appareil marketing en échange de services gratuits, quand bien même nous sommes horrifiés de ce qui est fait de nos données. Le problème provient du fait que le web est dominé par un seul moteur de recherche, Google, un seul service de microblogging, Twitter, un réseau social. Notre problème n’est pas technologique, il est social. » La question est de parvenir à une grande décentralisation, pour compliquer la surveillance par les services secrets et les publicitaires : « Ce fut génial, mais l’espionnage, le blocage de sites, le détournement du contenu des gens, vous faire aller sur les mauvais sites web… tout ça mine complètement l’esprit d’aider les gens à créer ».

    Dans GeekWire de ce 6 juin, Tim Berners Lee expliquait : « Nous sommes au bord de découvrir qu’une entreprise peut en arriver au point où en réalité elle contrôlera tout ce que chacun d’entre nous voit. Elle décidera des posts de ses amis et des articles de journaux qu’une personne voit, et nous réalisons que nous parlons d’une seule grande multinationale qui a soudainement le contrôle complet sur la perception qu’a quelqu’un de la planète sur laquelle il habite. C’est une bataille constante et nous en sommes très proches tout le temps ».

    Alors quoi ? Peut-être commencer par MeWe, qui se revendique comme débarrassé de la marchandisation des données de Facebook. D’autres structures, d’autres systèmes ?...  Je ne connais hélas rien au fonctionnement de ce monde-là, mais je veux bien croire que les informaticiens ont des moyens de nous faire échapper, et dès que possible, aux empires que sont Google, Facebook, Microsoft… et à leurs connexions scandaleuses avec les systèmes de renseignements des Etats. Les pouvoirs sont peureux… fondamentalement peureux car ils redoutent moins le terrorisme que leur propre population. Aussi, c’est le succès final : « c’est pour ton bonheur que je te contrôle ». Et ça marche…

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    - Oui, mais comprends, notre société est menacée, nous avons besoin de citoyens parfaits…

    - Mais je suis un citoyen parfait ! Je suis en règle avec la loi, et je n’ai jamais été condamné par un tribunal.

    - Allons, sois sérieux. Face à la rapidité des menaces, nous serions bien faibles si nous annoncions à l’avance par la loi ce que nous allons faire, et nous n’aurions aucune certitude si nous nous en remettions à des juges, en plus indépendants… Ça c’est bien, c’est intéressant, mais c’est d’une autre époque. Sois réaliste, un peu...

    - Et comment prouver alors que je suis innocent si le fait de ne pas être condamné par un tribunal ne suffit plus ?

    - C’est pour ça que nous sommes arrivés au contrôle, il n’y a pas d’autres solutions, sauf pour les rêveurs… et pour les amis des terroristes. Si tu n’as rien à te reprocher, pourquoi refuses-tu que je te contrôle ? Je fais cela dans ton intérêt. Si tu as le moindre problème, je pourrais attester que toutes les données personnelles sont vérifiées, et que tu es un honnête homme.

    - Donc, c’est pour assurer ma liberté que tu me contrôles.

    - Mais bien sûr. C’est aussi pour te rassurer, pour te prouver que nous te distinguons des méchants. Nous sommes en guerre, tu le sais, et il faut être avec nous ou contre nous.

    - Bien sûr, je suis avec vous.

    - J’en étais persuadé. D’ailleurs, tu te doutes bien que, vu l’intensité de la guerre que nous menons contre ceux qui luttent contre nos valeurs, nous ne pouvons pas cibler que nos ennemis. Ça n’aurait pas de sens. Nous sommes bien obligés d’élargir le cercle, pour remonter les filières et les discerner les parcours de ceux qui flanchent. C’est pour cela que nous surveillons tout le monde. Eh bien, je dois te dire que, jusqu’à maintenant, nous n’avons rien de compromettant contre toi. Mais quand même, un petit conseil : sois prudent, car tu ne te contrôles pas toujours assez…

    - Quoi ?

    - Bon ce n’est pas vraiment grave, mais c’est embêtant. L’autre jour, tu étais au stade, et tu as parlé de politique et des mouvements sociaux. Évite ce genre d'excès.

    - Mais ce n’est pas illégal… Et c’était pour dire du bien du gouvernement, je ne suis pas du tout du côté de la CGT.

    - Oui je suis au courant. Mais quand même, réfléchis un peu. Ça ne sert à rien de s’afficher ainsi. La politique, ce n’est pas ton truc. Mène ta vie tranquille, et on te laissera tranquille. Tu pourras apprécier pleinement ton bonheur, en toute sécurité.

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  • El Blanco découvre l’Algérie

    Dans l’imaginaire d’El Blanco, les salafistes dominent le monde, à commencer par la France, où ils ont pris le contrôle de la communauté musulmane. Une assertion qui fait sourire n’importe qui connait un minimum les réalités de l’islam en France,… Le même qui nous expliquait il y a quelques mois que le pire était l’Iran, où jusqu’à preuve du contraire, les salafistes ne sont pas trop influents… Ce à l’heure où on déniche les apprentis terroristes des boites de nuit... Mais bon, El Blanco, ce n’est qu’une affaire de mois,… une grande gueule qui a tout raté, tout… alors on est déjà passé à autre chose. Sauf qu’avec l’Algérie, El Blanco se prend une jolie piqure de rappel sur que ce sont les réalités du terrain dans le monde musulman, preuves à l’appui.

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    La réaction algérienne est venue à propos des « panama papers », cette gluante calembredaine journalistique, une manip’  qui vise à donner un petit coup de balai dans la finance internationale pour désigner les pays « de bon genre » dans lesquels on pourra planquer son fric… sans que les données confidentielles soient balancées à la presse « d’investigation » par les services secrets.

    Le Monde (Occidental) a publié en une les quatre chefs d’Etat planquant leur fric à Panama, dont Bouteflika,… ce alors que le journal n’a pas publié la moindre information impliquant le chef de l’État algérien.

    La presse publie ce qu’elle veut, et l’Algérie le sait très bien, mais le problème, c’est l’adhésion du gouvernement français à l’accusation, et donc le manque de considération pour le pouvoir algérien.

    La société algérienne a payé cher la volonté du radicalisme, nourri par l’Arabie Saoudite, de déstabiliser le pays. Que vous aimiez ou non l’Algérie – pour moi c’est un grand Etat et un pays magnifique – elle reste l’une des rares grandes puissances africaines depuis la décolonisation à assumer une réelle indépendance. Il y a en Algérie une très grande vigilance quant aux velléités de déstabilisation du pouvoir, et le gouvernement a réagi de manière juste.

    Cette publication des « panama papers », par ses méthodes et ses cibles, porte une signature, et le gouvernement français, qui a immédiatement accrédité ces informations, a fait preuve d’une volonté de nuire qu’il payera longtemps.  

    Toute la presse bien-pensante a aussitôt enchaîné, pour dire qu’elle ne se rendrait pas à Alger par solidarité… Les petits blancs occidentaux, fiers d’eux-mêmes et blindés de certitudes, peuvent continuer à afficher leur suffisance… Pas de problème, nous faisons sans eux depuis longtemps, et l’absence des journalistes du Monde, de Libé ou de France-Culture, à Alger ne va pas nous traumatiser.

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  • Municipales PS à Marseille: Vers le rejet des comptes de campagne

    Le financement des campagnes électorales est très strictement encadré, l’idée étant de plafonner les dépenses, et de prévoir un remboursement par l’Etat des candidats ayant respecté les règles. Toutes les opérations de la campagne, en recette et en dépense, sont regroupées dans un compte établie selon des règles très précises, et transmis à la Commission nationale des comptes de campagnes et des financements politiques (CNCCFP), qui procède à un examen de régularité et de sincérité. Si tout est oki, le remboursement s’opère, et à défaut ce sont les sanctions ; rejet du compte, refus du remboursement, et saisine du juge de l’élection, qui en fonction de la nature du motif du rejet, peut prononcer des sanctions d’inégibilité. Aucune modification ne peut être apportée au compte par le candidat après la date limite de dépôt du compte à la CNCCFP. Tous ceux qui ont tenté leurs chances à une élection depuis vingt ans connaissent parfaitement ces règles.

    Que s’est-il passé à Marseille ?

    48758.jpgDans un courrier adressé aux huit têtes de liste (PS / EELV), le rapporteur de la CNCCFP prévient qu’il proposera à la commission de rejeter leurs comptes.

    L’établissement du compte de campagne est une responsabilité du candidat en tête de liste, soit pour Marseille sept PS et une EELV. Ils disposaient d’un délai jusqu’au dixième vendredi suivant le premier tour de scrutin, soit le 30 mai pour déposer, chacun, le compte. Et cela a été fait. Tout le problème, et que le 10 juin, ont été adressés à la Commission de nouveaux comptes, expliquant que ceux donnés le 30 mai n’étaient pas fiables. Or, aucune modification ne peut-être apportée au compte du candidat après l'expiration du délai de dépôt du compte de campagne et le candidat doit assumer la responsabilité des données qu'il contient.

    Ce travail d’établissement des comptes est une tâche d’un expert-comptable, et aussitôt David Ciot, premier secrétaire de la fédération PS des Bouches-du-Rhône, a choisi de s’essuyer les pieds sur l’expert-comptable : «D’après ce que j’ai compris, il y aurait eu une erreur du comptable dans le dépôt des comptes». Pas très convaincant.

    Eugène Caselli, tête de liste dans le 2esecteur, explique : « L'expert-comptable a dit qu'il fallait signer ce second compte de campagne. La difficulté porte sur la répartition dans les huit comptes de dépenses destinées à la campagne générale, éléments sur lesquels nous n'avions aucune possibilité de contrôle. » Guère plus courageux, mais on progresse.

    On s’approche du réel  avec Karim Zéribi, chef de file EELV dans le 5e secteur : « Le mandataire m'a dit qu'il allait intégrer des éléments qu'il n'avait pas au départ ».

    Dans les dépenses de campagne pour une ville comme Marseille, on distingue celles qui sont engagées par chaque candidat dans son secteur, et celles qui relèvent de la campagne générale (documentation de tracts généraux, meeting communs, local de la campagne…), soit en l’occurrence 450 000 €, qui doivent être réparties dans chaque secteur. Un travail qui peut conduire à des arbitrages délicats. Des propos rapportés par Karim Zéribin, on comprend que, vu l’ambiance en cette fin de campagne, l’expert n’a pu obtenir les bonnes infos dans les bons délais. Il a donc déposé un compte un peu pifométrique pour respecter la date du 30 mai, avant de voir que les éléments reçus après cette date rendaient le compte du 30 mai non sincère.

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    Dans un cas comme dans l’autre – compte non sincère ou compte sincère mais tardif – la première sanction est le refus du remboursement. Mais la Commission doit aussi saisir le juge de l’élection, qui est pour les municipales le tribunal administratif.

    Le tribunal administratif doit se prononcer sur l’analyse faite par la Commission, mais s’il reconnaît que celle-ci a statué à bon droit, il prononce le  rejet du compte. Adieu le remboursement par l’Etat, soit une somme de l’ordre de 500 000 € pour les joyeux camarades socialistes marseillais. Ambiance… Ensuite, la loi confie au juge d’apprécier « la volonté de fraude ou de manquement d'une particulière gravité aux règles relatives au financement des campagnes électorales ». S’il considère que le candidat n’a pas fraudé ou que son manquement n’est pas particulièrement grave et il ne prononce pas son inéligibilité. Dans le cas contraire, le candidat est déclaré inéligible et le cas échéant, démissionnaire d’office. Pour les scrutins de listes la sanction d’inéligibilité ne touche que la tête de liste.

    Entre deux maux, l’expert-comptable a choisi le moindre, en pensant qu’on s’en tirerait toujours mieux avec un compte sincère. Il est bien difficile de soutenir qu’il a pu prendre une telle décision sans des discussions serrées avec les élus. Aussi, le juge pourrait considérer que seul doit être considéré le compte adressé le 30 mai, qui n'était pas sincère, soit un terrain plus favorable pour des sanctions...

    Un joli cadeau pour Jean-Noël Guérini qui, hier, présentait une liste très offensive pour les sénatoriales.

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