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  • L’extrême-droite incapable de gagner une élection sérieuse

    Alexander Van der Bellen, le prof écolo, a été élu président de la République d'Autriche. Une fois de plus, l’extrême-droite montre son incapacité à gagner une élection sérieuse. Ce qui n’empêche pas les leaders d’opinion mainstream de nous gaver : « Tu vois, Marine peut gagner en 2017, alors il faut gentiment écouter ce qu’on te dit, et voter pour moi ». Laissez-moi rire.

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    Le seul point commun, entre la France et l’Autriche, mais l’Italie et la Grèce ont connu des phénomènes proches, c’est l’épuisement des partis classiques de gouvernement de droite de gauche, qui laisse de l’espace plus à droite et plus à gauche. Au premier tour, le 22 avril, les candidats du parti de droite, l'ÖVP et du parti socialiste, le SPÖ, avaient été éliminés, ce qui a fait d’autant plus mal que les deux partis forment un gouvernement de coalition. Eux qui se partagent le pouvoir depuis 1945... Air connu : « Il faut que ça change, alors votez pour nous qui avons conduit le pays dans l’impasse, mais qui sommes de grands experts ». Bref, pour l’avenir de la France, il faut donner les clés à ceux qui ont fichu le bazar : Juppé, Sarko ou Hollande, et la soi-disant nouvelle garde reproduit fidèlement le modèle.

    Pour le reste, il faut être très prudent sur les comparaisons.

    En Autriche, la fonction du président de la République n’est pas qu’honorifique mais presque. Le pouvoir effectif est exercé par le chancelier, et son gouvernement repose sur une majorité parlementaire. Aussi, la dramaturgie sur le vote qui allait changer l’Autriche était juste ridicule. Du fait des mauvais score du premier tour, le chancelier socialiste, Werner Faymann, avait démissionné pour être aussitôt remplacé par un autre socialiste, Christian Kern, qui a maintenu la coalition droite/gauche… Business as usual…

    Ensuite, le FPÖ, parti du perdant Norbert Hofer, est de droite extrême, oui, mais à l’autrichienne. Rien à voir avec frapadingues du FN, et leur programme hallu. Le FPÖ est un parti populiste, mais assez civil. Rappelons que de 2000 à 2006, il était au gouvernement dans une coalition avec la droite pépère. Eh oui… Actuellement, une des régions autrichiennes, le Burgenland, est dirigée par une coalition passée entre les socialistes et le FPÖ. Eh oui…. D’ailleurs, Norbert Hofer a fait campagne sur un ton prudent et mesurée, qui le place à gauche de bien de leaders des Rep. Eh oui...

    Enfin, Alexander Van der Bellen n’est pas à proprement parler une lame électorale. Jugé trop mollasson, il n’avait pas le soutien des Verts, et il s’était présenté en candidat indépendant ! Et c’est lui qui l’emporte…

    Et l’extrême droite perd, plafonnant à 49,7%, loin des scores promis par les instituts de sondage. Le terrain leur est propice comme jamais, avec une économie qui patauge, une Europe illisible et la question des réfugiés. Et même avec une telle configuration, ils montrent ce qu’ils sont : incapables.

    Il faut donc revenir aux réalités : l’extrême-droite ne peut pas gagner une élection sérieuse car elle veut l’emporter seule, sans coalition, et avec pour seul projet stigmatisation des étrangers et des plus faibles. Nos sociétés instruites font joujou avec l’extrême droite, mais n’envisagent pas de confier le pouvoir à des personnes incapables de l’assumer. Qu’on arrête donc de nous faire flipper avec ces loosers. Occupons nous des choses sérieuses. 

    En France ? Après l’échec des régionales, le reflux FN se confirme dans chaque législative partielle. A Strasbourg ce dimanche, la candidate FN, Andrea Didelot, a fait 10,44 %, soit à peine mieux que les 9,40 % obtenus il y a quatre ans… mais avec 78 % d’abstention, et donc un nombre d’électeurs en chute libre : 2,28 % des électeurs inscrits. Wahou, un grand souffle populaire… Le FN n’est qu’un épouvantail à moineaux.

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    Comment marche le FN

  • Extrême droite : Nouvelle défaite – cinglante – en Suisse

    Cette baudruche qu’est l’extrême-droite continue de se dégonfler à vitesse grand V, et hier soir, ce sont les allumés de l’UDC – Union Démocratique du Centre, soit en Suisse l’équivalent du FN – qui se sont pris une splendide raclée. Un plébiscite pour l’état de droit.

    L’affaire, c’est le rejet d’une « votation » sur le thème fétiche de l’extrême-droite : l’expulsion des étrangers délinquants. En 2010, les Suisses avaient accepté à 52,9% une initiative de l’UDC demandant le renvoi des délinquants étrangers, mais problème : la Suisse doit respecter les principes fondateurs du droit et ses engagements internationaux, dont la Convention européenne des droits de l’homme. Aussi le Parlement suisse est actuellement en train de débattre d’une loi qui organise l'intervention d'un juge, chargé d’apprécier si la mesure est proportionnée. Quelle horreur : le droit européen et un juge pour s’opposer à la « volonté du peuple » ?  

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    « Vous êtes trahis par les politiciens », a  vitupéré l’UDC, qui a aussitôt soumis au vote populaire un nouveau texte prévoyant une interdiction automatique, sans aménagement possible, de tout étranger, ayant été condamné au cours des 10 dernières années pour une large liste d’infractions, incluant des infractions comme des «lésions corporelles simples ».

    Pendant la campagne, les boss de l’UDC, persuadés de gagner, se sont lâchés. Je cite l’excellent Yves Nidegger, un élu de Genève : « On vient d'importer en Europe un million de paires de couilles pleines et frustrées », alors protégeons nos filles. Remarquable analyse…

    Résultat des courses ? L’UDC se prend une raclée mémorable, avec un rejet du texte par 59 %. Un échec qui en annonce d’autres dans les mois à venir, sur la législation relative aux réfugiés, l’instauration d’un système dans lequel le droit interne prévaudrait sur le droit international, ou la dénonciation des accords bilatéraux avec l’Union européenne. Il y a du travail politique à faire, mais nos amis suisses s’en occupent !

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    De quoi faire une bonne bringue,… et on peut en tirer quelques enseignements.

    L’extrême-droite veut faire croire qu’elle est le peuple, alors qu’elle n’est que l’expression de la rancœur du peuple contre un personnel politique incompétent. Dès que les leaders politiques font le job, plus ou moins bien, le vote extrémiste dévisse. C’est ainsi. Il n’y a aucune adhésion populaire pour l’extrême-droite, cette punaise ringarde, réfractaire à tout ce qu’est la société. D’ailleurs, regardez comment marchent ces partis : deux ou trois leaders qu’on voit partout, et derrière, le vide sidéral. Oui, un parti d’extrême-droite, c’est une baudruche, nourrie au gaz. Rien de consistant. Leur fin est signée. Y a-t-il une seule personne en France pour penser que Marine Le Pen puisse être présidente ? Cette fille d’héritier qui n’arrive même pas à gérer correctement le patrimoine familial…

    Leur discours de haine ne mène à rien.  Arrêtons d’avoir peur de l’extrême-droite ! L’UDC était persuadée de gagner dans le contexte lourd marqué par la crise des réfugiés en Europe. Or, elle s’est cassé les dents sur les réalités, et ces réalités sont que (1) nous sommes tous des êtres humains, alors tu me fatigues ton racisme à la con, et que (2) 8 millions de Suisses ou 60 millions de Français n’ont d’avenir que s’ils s’arrangent avec 6 milliards d’étrangers. Tu piges ?

    L’arrivée des réfugiés en Europe – et ici, je n’aborde pas la question des motifs des réfugiés – posait les termes d’un devoir d’accueil auquel Merkel a magnifiquement su répondre en acceptant, en une semaine, un million de réfugiés – allez, disons-le, de Musulmans – en Allemagne. Une épreuve, mais lisons la presse, ça ne se passe pas si mal. Pour l’avenir, il faut trouver un accord avec la Turquie, ce qui relève de la haute diplomatie vu le contexte interne et international de la Turquie. Avec la Russie et les Etats-Unis qui veulent éreinter Erdogan, ça ne va pas simplifier les choses.

    Mais ce qui reste, et qui cisaille les UDC, FN et autres, c’est le geste de Merkel : en une décision, elle a détruit le mythe xénophobe. Le recul de l’extrême-droite ne doit rien à la Gauche paternaliste ou à ses filiales défraichies genre SOS-Racisme. L’acte décisif a été porté par la Droite allemande, qui au-delà des arguments juridiques, sociaux et économiques, a su mettre en avant l’impératif des valeurs chrétiennes, et c’est pas d’hier. C’aurait été bien d’entendre un musulman d’ampleur internationale parler des valeurs musulmanes, mais hélas, il n’y a personne au téléphone...

    Bon, on reparlera de tout ça. En attendant, je vais boire une bonne bière avec Angela.

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  • Le reflux de l’extrême-droite est amorcé, et irrémédiable

    2015 aura été le dernier bon cru pour l’extrême-droite française, alors que s’amorce pour 2016 un reflux, irrémédiable, qui dans quelques années ramènera ce vote à ce qu’il a toujours été en France : marginal et malodorant.

    Le FN premier parti de France ? Oui, dans les résultats électoraux de 2014 et 2015, mais pour quel bilan ? La prise de gloire reste la mairie de Hénin-Beaumont, ce qui ne serait jamais arrivé si cette commune n’avait pas d’abord été le lieu d’excellence de la corruption PS. Et à part ça ? Le FN a presque failli gagner deux régions en France, mais n’a rien gagné du tout, avec un vote qui s’est écroulé entre les deux tours. Il faut dire qu’entre s’amuser à faire peur et donner le pouvoir à ces lunaires, il y a un monde.

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    Le vote FN est et reste d’abord protestataire. Sur le plan politique, ce parti refuse de faire des alliances, de telle sorte qu’il n’aura jamais de majorité de second tour, donc c’est mort. Sur le plan économique, son programme est une parfaite plaisanterie. Le FN a acquis nombre de votes populaires avec le slogan du maintien de la retraite à 60 ans, mais vu son projet économique de sortie de l’Europe, il n’a aucun moyen de le financer. Et la sortie de l’euro pour revenir au franc ?... Super chouette pour faire cocorico sur un plateau-télé, mais de quoi faire flipper tous les retraités... Sans oublier le fondateur défilé de Jeanne d’Arc : un message puissant pour construire la France de demain !

    Les petits malins qui s’étaient engouffrés sur les listes FN, pensant monter dans l’ascenseur pour les jolies places, se retrouvent tricards. Ayant compris qu’il est en échec car il reste une meute de frapadingues, le FN parle de changer de nom... Il va bientôt nous annoncer qu’il veut rester dans l’euro… Les dirigeants du FN viennent de passer un WE à chercher des solutions, mais tout montre un parti divisé et ingouvernable. Son axe politique est la « dédiabolisation », genre « cure de désintoxication »,... de quoi mobiliser les foules ! Et au final, on trouve effectivement du délire à l’eau plate : Marine Le Pen lance sa campagne présidentielle de 2017 avec le slogan « La France apaisée »…

    Non mais franchement, qui peut imaginer un instant cette fille à papa président de la République ? Défaite certaine en 2017, et dans la foulée, à peine une poignée de députés. Le FN est le grand parti des trouillards et des loosers, et la défaite lui va comme un gant.

    Les activistes, qui trouvent le « FN apaisé » un peu mou du genou, sont allés manifester à Calais, et ce n’est pas allé bien loin... Calais identifie l’incapacité des gouvernements de Droite et de Gauche à gérer la situation de 2000 personnes par une négociation directe avec la Grande-Bretagne… Un échec qui est une faillite politique et humaine. Et à la manif, on trouve à peine 1000 personnes, avec comme figure de proue un général à la retraite qui était chef d’état-major sous Pierre Bérégovoy et Edith Cresson. Un renouveau remarquable et une magnifique voie d’avenir… Wahou les petits de chez Petits !

    Cet échec de l’extrême-droite est irrémédiable car le FN avait une occasion en or, avec un pouvoir par terre. Les leaders officiels Hollande et Sarkozy sont discrédités et rejetés du fait de leur bilan. Au sein du PS ou des Rep, aucune idée, aucune figure… A gauche du PS, rien de vivant… Si Juppé émerge, c’est qu’il est mieux que les autres, mais bon… L’extrême droite avait donc une situation inédite pour s’imposer, et c’est raté.

    Le FN va donc bientôt retrouver son douillet caniveau, mais ses idées ont envahi l’espace politique, et ça, c’est un fait. Oki. Mais pour faire quoi ? Et combien de temps ? Ses idées, excellentes pour structurer l’électorat de la peur, sont nulles, ne marchent pas et conduisent nulle part. 

    Prenons l’exemple de la déchéance de nationalité, qui est un pur projet FN. Par le chantage aux investitures pour les législatives, Hollande va réussir à faire voter le troupeau des députés PS. Peut-être trouvera-t-il une majorité des deux tiers pour modifier la constitution. Mais pour faire quoi ? Où compte-t-il aller avec sa déchéance de nationalité ? C’est du pur produit d’extrême droite : tout à l’affichage, prime à la violence sociale et rien de sérieux. Vous imaginez un pays comme la France expliquant : « Je renonce à m’occuper de mes plus grands criminels et je les refile aux autres » ?

    L’extrême droite, c’est une combinaison délétère : le repli sur soi et l’exercice égoïste des petites libertés. Avec beaucoup de regrets, je constate que la société a adhéré à ces théories de la peur, se plaçant dans une position de repli, comme si l’exercice des libertés devenait redoutable. Nous verrons combien de temps cela durera, mais au final, et malgré maintes tentatives, rien est revenu remettre en cause l’essentiel. Ce qui fait le pays, et cela marche tous les jours, c’est la solidarité sociale et les libertés publiques.

    J’ai donc décidé d’être candidat aux élections présidentielles de 2028. Mon programme sera : « renforcer les mécanismes de solidarité, développer les libertés publiques et faire la fête avec les amis ». Mon premier ministre sera une femme, peut-être diplômée, mais surtout connaisseuse de ce qu’est la vie. Elle sera aussi à l’aise des deux côtés de la Méditerranée car c’est l’avenir de la France, et si elle est musulmane, ça ne sera pas plus mal.

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  • Exclusif : Marine Le Pen vient pleurnicher sur le blog !

    - Ben alors Marine, qu’est ce qui t’arrive… Tu n’as pas l’air en forme…

    - J’ai le moral à zéro. Non vraiment ça va pas. Je suis morte de trouille, et je n’en dors plus.

    - Mais pourtant, tu es en tête des élections. Avant c’était dans les sondages… tu dois être contente…

    - Arrête s’il te plaît… Ne m’accable pas.

    - Mais je ne t’accable pas ! Je salue au contraire ta magnifique réussite, et bientôt ta victoire… Droite et Gauche, ce sont des lascars, tu vas enfin pouvoir appliquer ton programme, et ainsi transformer le pays, le guérir de ses maladies, lui rendre sa prospérité et sa gloire internationale. Personne n’y croyait, et tu vas gagner seule contre tous, c’est vraiment magnifique…

    - Non, s’il te plait…

    - Bon, écoute ce n’est pas grave. Si c’est encore un peu court et que tu ne gagnes pas les régionales, tu remettras le paquet et tu gagneras la présidentielle…

    - Non, arrête, tu es cruel…

    - Quoi, mais qu’est-ce que tu me racontes…

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    - Eh ben écoute, sois réaliste. Papa m’avait bien appris : il faut parler, gueuler très fort mais surtout ne rien faire. Le truc, c’est d’amener les mécontents à voter pour toi, comme cela, tu as une rente. Les mecs de Droite et de Gauche gouvernent tellement mal que les gens viennent vers nous, sans que nous n’ayons rien à faire. Mais cette fois-ci, ils sont trop nuls et en plus ils reprennent nos thèmes de prédilection. Quand tu penses que la Gauche veut inscrire dans la Constitution les déchéances de nationalité… Wahou, la tronche du père de Gaulle… Tous les projecteurs se tournent vers nous et du coup, je me retrouve avec des scores au plafond, c’est une catastrophe absolue.

    - Une catastrophe absolue ?

    - Bien sûr, parce qu’un jour l’autre, ils vont nous installer au pouvoir, ces ahuris. Regarde : je suis à plus de 40 %, alors que tout le monde sait que je me contrefiche d’être président de la région, et si ça continue, ils vont me fait élire. Je suis perdue. Carbonisée…

    - Carbonisée ?

    - Allons, ne fais pas l’idiot ! Tu as lu mon programme ? Est-ce que tu as jeté un œil aux conneries que mon parti raconte sur le plan économique, social et européen ? Et puis, tu as vu les équipes de bras cassés que j’ai autour de moi ? Les seuls qui ont un peu d’existence politique, ce sont les numéros un des listes, et encore ils n’existent que par rapport à la marque déposée de la SARL Le Pen. Tu imagines mon score si je m’appelais Bernadette Bitru ?

    Non, la seule chose qui compte, c’est l’avenir de notre SARL, et il est pour cela indispensable que nous restions dans l’opposition. Quand on a les mairies de Hénin-Beaumont ou Fréjus, ça passe discrètement. Mais si par malheur, je me trouvais élue à la tête d’une région, en six mois on verrait que je n’ai rien à apporter, que je suis incapable de constituer des équipes solides, que notre programme est bidon, et on mettrait le feu aux pays.

    - Ah bon, mais tu ne veux pas gouverner ?

    - Si,… mais je ne veux gouverner que la SARL Le Pen. Je n’ai aucune solution pour le chômage, la dette, la crise de l’enseignement… Aucune. J’ai juste des phrases pour attiser le mécontentement. Tu crois que je veux m’attaquer à la réforme de la fiscalité, ou du financement de la santé et du chômage ? Et relancer l’économie : je fais comment ? La France doit faire des choix essentiels sur l’énergie, notamment pour la place du nucléaire : mais je n’ai rien à dire sur ces sujets dont j’ignore tout ! Et puis mon truc de sortir de l’Europe, c’est bidon. Même Cameron est en train de renoncer… Tu m’imagines en train de réimprimer des billets de banque, de renégocier toutes les dettes de la France, celles des entreprises, de recruter par masse les fonctionnaires devant récupérer les tâches actuellement exercées à Bruxelles… La France est liée par des centaines d’accords européens, et il faudrait tous les renégocier…

    - Ah oui en effet, je comprends…

    - Et le truc de virer les immigrés,… c’est débile. Je vais, avec mes petits bras, les installer dans les avions ou des bateaux pour qu’ils repartent ?... Et où ? Pense aussi aux pans entiers de l’économie – à commencer par le logement, la consommation de détail et les emplois précaires – qui tomberaient du jour au lendemain si les immigrés n’étaient plus là.

    - En effet…

    - Regarde notre business anti-muslim, qui est notre meilleur fonds de commerce. J’ai fait le cirque pour les prières de rue,… qui concernent environ 200 personnes. Mais il y a 6 millions de fidèles, tranquilles, qui font la prière chez eux, et se démènent pour le bonheur de leurs enfants. Je fais quoi : des perquisitions pour saisir les tapis de prière à la maison ? Non, je t’assure, il faut mieux en rire.

    - Alors c’est quoi la solution ?

    - Ben, il faut qu’on perde. Qu’on perde toujours et partout. Il faut que nous soyons dans la posture du persécuté, et que nous n’exercions jamais de responsabilités importantes. Si on exerce le pouvoir, tout s’écroule.

    - Oki, Marine, j’ai compris. Donc je te souhaite de perdre lamentablement dimanche…

    - Non, c’est plus compliqué. Il ne faut pas que ce soit lamentable. Il faudrait que je fasse un bon score, pour que j’en remette une couche sur la persécution anti-FN.

    - Donc une défaite à 47 ou 48 % ?

    - Oui, ce serait idéal. Tu me redonnes le sourire.

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  • Peut-on faire confiance à ceux qui ont fait tant de mal au pays pour le redresser ?

    Dimanche soir, le FN fêtera des résultats électoraux toujours en hausse,… et on verra les politiques – qui sont les responsables de cette déliquescence – nous expliquer doctement que maintenant ils vont redresser la barre. Non, il est impossible de leur faire confiance, et leur prétention est d’une insupportable irresponsabilité. De tous côtés, ils ont perdu : ce sont des gens du passé, dépassés… Ils ne comprennent pas le pays. Qu’ils dégagent.3344354816.jpg

    François Hollande a été élu en mai 2012, sans enthousiasme, mais un mandat clair : combattre le chômage, qui mine la société ; redresser l’endettement de la France car cette dette, qui nous place sous la tutelle des banques, est un fardeau pour nos enfants ; mettre fin aux dérives de Sarkozy en matière de droits et libertés.

    Les premiers pas du gouvernement avaient montré qu’il n’y aurait pas de rupture, et que le risque était de voir l’odieux discours moral de la Gauche utilisé pour aller plus loin que n’oserait le faire la Droite.

    À ce jour, le bilan est clair.

    1/ C’est un échec patent pour le dossier numéro un c’est-à-dire l’emploi. En cette fin du troisième trimestre 2015, le taux de chômage atteint 10,6 % de la population active, soit 3 millions de personnes, en accroissement constant depuis trois ans. Aucune perspective de redressement, dans un modèle économique fondé sur la croissance, croissance qui reste atone.

    2/ S’agissant de la dette publique française, c’est une pure catastrophe. Cette dette représentait 16 % du PIB en 1974. Elle est passée en 1995 à 55 %, puis à 67% en 2005, 90 % en 2012, 95 % en 2014, et 97,6% en mi-2015. Le chiffre va s’amplifier, car au prétexte du « pacte de sécurité » la France renonce à ses engagements économiques internationaux.

    3/ Sur le plan des libertés, le constat est que Hollande est allé plus loin que Sarko dans les atteintes aux droits fondamentaux. Sur le plan international, la France viole la résolution du Conseil de sécurité en bombardant en Syrie, et Hollande a été le seul chef d’État du monde à soutenir Netanyahou pour l’agression militaire criminelle contre la population de Gaza en juillet 2014. Sur le plan interne, le bilan est carbonisé : la persécution des Roms « qui ont vocation à rentrer chez eux », la fermeture des frontières aux réfugiés, la misère endémique pour les étrangers à Calais, l’interdiction de manifestations pour la Palestine, la loi sur le renseignement, les déchéances de nationalité… la liste est longue, et elle avait commencé par les renoncements à modifier les lois pénales de Sarko.

    JG-PDP-B.JPGMais le pire est cet état d’urgence, combiné à la suspension de la Convention européenne des droits de l’homme, rendue inefficace pour toutes les questions sensibles. Nous pouvions vivre sereins en attendant les lois liberticides d’un pouvoir autoritaire – quel qu’il soit : PS, Les Rep, ou FN – car la France, État de droit, se plaçait sous l’autorité d’une juridiction internationale, la Cour européenne des droits de l’homme. L’histoire nous a appris qu’un pays démocratique peut se laisser aveugler, et adopter des lois contraires aux droits fondamentaux, d’où la garantie essentielle du contrôle international.

    Or, en un discours, Hollande a fracassé cette protection : il va désormais suffire d’invoquer le combat contre Daech - qui va durer des années - pour se placer sous le régime de l'état d'urgence, porter des atteintes aux droits des populations les plus vulnérables, et avec la perte d'un recours effectif en droit européen.

    Ainsi, qu’il s’agisse du chômage, de l’endettement, des droits fondamentaux, le bilan du gouvernement socialiste est une catastrophe. Et s'ajoute l'importation du terrorisme. El Blanco la semaine dernière expliquait qu’il fallait reconstruire des pans entiers de la République. Donc acte sur le constat,… mais une question : comment imaginer que l’on puisse confier cette reconstruction à ceux qui ont exercé le pouvoir ces vingt dernières années, et qui sont eux les responsables de la destruction ? Ce serait l’histoire d’un médecin, passé à côté du diagnostic, n’ayant prescrit que de la poudre de perlimpinpin, et qui devant la découverte d’une aggravation de l’état de santé, soutient qu’il est le plus compétent pour l’opération chirurgicale… On lui demanderait simplement de dégager.

    Dimanche ce sont les régionales, et si vous avez un candidat sympathique, ayant réuni une équipe honnête, surtout n’hésitez pas.

    Mais ensuite, vont commencer les choses sérieuses, avec un vrai cas de conscience pour nous citoyens : impossible de confier l’avenir du pays à ceux qui l’ont amené si bas, et impossible de s’en remettre à la SARL Le Pen, et son programme d’enfermement et de « purification » de la France. Voter pour faire barrage au pire, et se retrouver avec le PS qui adopte les propositions du FN, c'est non.

    Aussi, et pour être clair, y aura-t-il une autre solution que l’abstention ? En l’état, je ne vois pas laquelle. Mais ce ne sera pas l’inaction : penser une doctrine, agir par le social, défendre les droits… mais voter pour « le moins pire », c’est fini. Ils sont prisonniers de leur passé, et nous devons construire l’avenir sans eux.

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