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  • Qatar 2022 : L’esclavage, sous nos yeux

    Une grande découverte : il fait chaud au Qatar en été. Pour juillet, la moyenne est à 45°, avec des pics à plus de 50°, et s’ajoutent de grands vents venus du désert, qui finissent de vous sécher. Quand il faut sortir, on attend dans l’hôtel que la voiture climatisée s’approche, et on se précipite. Une fois dehors, on a l’impression de se trouver devant un four géant. La nuit, on ne trouve pas le frais, mais on peut tenir.

    La FIFA s’est inquiétée de ces conditions climatiques extrêmes, et pour protéger la santé des joueurs et des spectateurs, elle envisage de tenir la Coupe du monde de 2022 en hiver. Le Comité exécutif de la FIFA se prononcera la semaine prochaine, et il choisira évidemment l’hiver, car l’été au Qatar, c’est juste intenable.

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    Mais, tôt ou tard, la FIFA va devoir se saisir de la question des salariés, embauchés en masse pour les chantiers de la coupe du monde. On arrivera à 1,5 million, soit 90% de la population vivant au Qatar.

    Le Guardian a publié hier un dossier accablant, « Les esclaves de la Coupe du monde au Qatar », sur la situation des travailleurs népalais, qui représentent près de 40% des immigrés. Entre le 4 juin et le 8 août, l’ambassade a recensé 44 morts, soit un chiffre global estimé à 100. Pas la peine d’interroger les autorités du Qatar... Les salariés meurent d’épuisement ou de troubles graves liés aux terribles conditions de travail. L’ambassadrice du Népal à Doha a craqué, et dénoncé : « Le Qatar est une prison à ciel ouvert ».

    Le dossier du Guardian relance l’affaire, et les encravatés prennent l’air grave et préoccupé, alors que tout ceci est parfaitement connu.

    Tout ce qui existe à Doha, et enthousiasme nos braves gens, a été construit dans ces conditions, qui méprisent les droits fondamentaux.

    Dès juin 2012, Human Rights Watch avait publié un rapport très complet de 146 pages « Building a Better World Cup: Protecting Migrant Workers in Qatar Ahead of FIFA 2022 » (« Construire une meilleure Coupe du Monde : protéger les travailleurs migrants du Qatar avant la coupe de la FIFA 2022 ») qui exposait le système mafieux d’Etat qui fait office là-bas de Code du travail.

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    Ce sont d’abord des frais de recrutement au plafond, empruntés avec des taux délirants et il faut des années pour rembourser.

    A leur arrivée, les immigrés se voient confisquer leurs passeports, et ils sont soumis au régime du parrainage qui donne aux employeurs une emprise totale. Pour changer de travail, un ouvrier est soumis à la décision discrétionnaire de son employeur, et il ne peut quitter le pays que si l’employeur l’accepte, et signe un « permis de sortie ». 

    Ni syndicat, ni droit de grève, bien sûr. S’ajoutent des salaires ridiculement bas (150 à 200 € par mois), des retards de paiement, pour renforcer la dépendance des salariés, des déductions arbitraires, des camps de logement surpeuplés et insalubres, une sécurité du travail inexistante.

    Sharan Burrow, secrétaire générale de la Confédération syndicale internationale (CSI), australienne, est décidée à se faire entendre, et elle explique tout cela à la FIFA, dans une lettre de ce 20 septembre :

    http://www.ituc-csi.org/IMG/pdf/fifa_exco_blatter_letter200913.pdf

    « Des vies humaines ne peuvent être sacrifiées au nom du succès sportif et commercial de la Coupe du monde. Le fait que 1,2 million de travailleurs migrants soient forcés de travailler dans de telles conditions, sous des températures extrêmes et en l’absence de toute protection et de droits est la cause directe d’au moins une mort par jour en moyenne ».

    « La FIFA doit envoyer un message très fort et clair pour faire comprendre au Qatar qu’elle ne permettra pas que la Coupe du monde se déroule sur le dos d’un système d’esclavage moderne qui représente désormais la réalité pour des centaines de milliers de travailleurs migrants dans ce pays. Sans les changements nécessaires, plus de travailleurs mourront en construisant l’infrastructure de la Coupe du monde qu’il n’y aura de joueurs en compétition au Mondial ».

    Au titre de l’article 2 a) de ses statuts, la FIFA se donne pour objet « d’améliorer constamment le football et de le diffuser dans le monde en tenant compte de son impact universel, éducatif, culturel et humanitaire et ce, en mettant en œuvre des programmes de jeunes et de développement ».

    Très sensible à ces preuves flagrantes d’un esclavage moderne et meurtrier, la FIFA va donc convoquer toutes affaires cessantes les dirigeants qataris pour exiger d’eux qu’ils appliquent les normes de travail de l’OIT, en installant sur place des missions de la CSI pour contrôler la mise à exécution.

    Gentil garçon, le Qatar va illico presto interrompre les travaux des stades et engager un vaste programme de construction de logements pour ce 1,5 millions de salariés. Tous vont faire l’objet d’un bilan médical approfondi, et les salaires vont être multipliés par 5. Enfin les spécialistes de l’OIT vont procéder à la visite de tous les chantiers, définir les plans d’exposition aux risques, et lister les mesures de sécurité à adopter avant la reprise des travaux. Enfin, le Qatar va adopter une série de lois pour permettre à ces salariés de faire venir leur famille, au nom de l’universel droit à une vie familiale normale.

    Si rien ne change, c'est un mort par jour, soit 4.000 morts d'ici 2022, et des dizaines de milliers de vies brisées. Pour les valeurs du sport ? La violence du Qatar est trop visible, et la CSI joue gros. Un grand combat syndical.

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  • Ibrahimovic marque un but contre la tranche à 75%

    7321950076581.jpgLe moralisme fiscal de la tranche à 75% se vautre avec l’arrivée de Zlatan Ibrahimovic au PSG : il a négocié un salaire de 14 millions d’euros, net. C’est le club qui paiera le reste… Le PSG est un super patron qui paie les impôts de son salarié !

    Les 75%... on verra bien, mais l'annonce était simple : l’impôt sur le revenu est progressif jusqu’à 1 million, et au dessus on prend 75% avec un prélèvement est forfaire Motif : en période de crise, la solidarité doit jouer. Si on ajoute la CSG, on arrive à 83%. Autant dire qu’entre 1 et 2 millions de salaire versé par le patron à un salarié célibataire, la différence s’effondre, et pour l’employeur c’est peu motivant. Nous avions ici débattu de ce 75%, et même si les avis divergeaient sur les modalités, tout le monde constatait une sacrée saignée. C’était d’ailleurs le but du jeu.  

    Le grand sourire de Zlatan Ibrahimovic s’explique car il a négocié en net. Les augmentations d’impôts, si elles se font, seront compensées par un abondement du PSG. Le PSG finance les yeux fermés car il sait dans le monde du football business tout ce qui va lui rapporter les images et les pubs faites autour du joueur. Chacun a pu constater la furie médiatique de la conférence de presse hier… Nasser Al-Kelaifi, le patron du PSG, était supercool : « On respecte les lois françaises. On le fait aujourd'hui et on le fera demain. La signature d'Ibrahimovic est très positive pour le PSG, mais aussi pour le football français ».

    Le Figaro a calculé ce que ca donnerait si la taxe à 75% était appliquée. Je crois savoir que notre ami est marié et père de deux enfants et bénéficie donc de trois parts fiscales,... mais quand même. Il en résulterait un montant total de 56 millions d'euros pour les caisses publiques, soit 40 millions en impôts et 16 millions en charges sociales. 56 et 14, on a 70 millions de salaire brut.

    Peut jouer le régime des imparités, la cas des salariés étrangers, recrutés par des entreprises françaises alors qu’il ne résidaient pas en France. Cela pourrait donner une exonération sur le revenu allant de 30% à 50%. Si le régime joue, ca sera un bonus de facto pour le SG.

    Bambi a expliqué à la sortie du conseil des ministres : « Je crois que le montant du revenu touché par ce joueur a choqué beaucoup de gens et donc il me paraît naturel qu'il puisse contribuer à l'effort collectif ».

    C’est raté, chère Bambi. Il garde ses 14 millions nets. Les mesures fiscales abruptes donnent de l’imagination pour les contourner. Ici, elles ont accélérées la course à l’argent. PSG est sur que l’investissement sera rentable.

    Même si c’est un plan business, les chiffres sont assez indécents et vont avoir des répercussions sur tous les clubs en compétition. Aussi, les déclarations politiques de tout bord, ont raison de désapprouver, mais je pose une petite question.

    Pour le ministre des Sports, Valérie Fourneyron, ces chiffres sont « astronomiques, déraisonnables, à l'image aujourd'hui de ce qu'on peut déplorer dans le football ». Pour le ministre du budget Jérôme Cahuzac :  « Ces chiffres ne sont pas impressionnants, ils sont indécents ». Et il explique très bien comment de telles dérives chez les leaders mettent en péril les autres clubs.

    La question : Si le PSG brille dans les trophées, et arrive en finale de Champions League,  est-ce que les ministres boycotteront la finale au nom de la morale ?

     

  • Trop de noirs et de gris chez les bleus

    s_13.jpgLa Fédération Française de Football va exploser de ses pratiques puantes, ça fera du bien à tout le monde. Je fais évidemment totalement confiance à Fabrice Arfi qui ne se serait pas amusé à raconter ces histoires de quotas raciaux décidés par la Fédération Française de Football histoire de faire de la mousse.

    Nous aurons donc dans quelques jours les enregistrements, et tous les abrutis racistes en marcel (de marque) ravaleront les assignations en diffamation font ils agitent la menace.

    Bien plus sérieux : ce sont eux qui seront poursuivis en correctionnelle pour discrimination raciale, ce qui leur permettra de développer tous leurs arguments de réponse. Genre : le grand saut dan le vide.

    L’histoire, c’est une réunion qui s’est tenue le 8 novembre 2010. Tout le gratin du foot, mais ne plus un micro placé là par une qui n’était plus des amis. La Direction technique nationale (DTN) explique savamment qu’il faut trier les gamins dès l'âge de 12-13ans selon leur origine.

    Le foot est merveilleux. En deux ans nous avons eu tout eu.

    Des salaires de malade, des primes pour jean foutre, des trafics d’argents sur les joueurs devenus des choses, la construction de stades défigurant l’urbanisme des villes, un capitaine qualifiant son équipe par un but de la main, des hordes des cinglés violents, des supporters racistes poussant des cris de singes, des anniversaires de rêves avec des prostituées mineures, les élus qui s’amusent dans les vestiaires, le pays qui s’arrête car des joueurs ont refusé deux heures d’entrainement, la Fédération qui invente le licenciement pour faute grave après le délai légal de deux mois… pour mieux perdre, et négocier gentiment.AFFICHE_AfricaParadis.jpg

    Il nous manquait la sélection raciale des beaux jeunes gens. C’est fait.

    Là, on va rire. Car, après avoir à  contre cœur licencié Raymond-la-Science parce qu’il a lu un communiqué des joueurs (Si les joueurs font des communiqués, on est  cuit), on va maintenant licencier tous les lascars présents à la réunion du 8 novembre, pour eugénisme racial.

    Pour aider nos futurs démissionnaires à rédiger leurs communiqués de protestation, je me permets de leur adresser, à ces enfoirés, une référence réglementaire fort pertinente, à savoir l’arrêté du 10 novembre 1942 du commissaire aux questions juives créant une commission scientifique pour l’étude des questions de biologie raciale, signé par Darquier de Pellepoix.

    Cette commission est devenue le 23 novembre 1042 l’Institut d’Anthropolo-Sociologie, et son président était Claude Vacher de Lapouge, le fils de Georges Vacher de Lapouge, le théoricien du racisme. Dans la foulée, furent créés deux organismes satellites : en direction de l’opinion, l’Union française pour la défense de la race, le 6 janvier 1943, et à destination de l’élite, l’Institut d’études des questions juives et ethno-raciales, dirigé par l’universitaire George Montandon, expert-ethnoracial auprès du CGQJ le 26 mars 1943. La Direction technique nationale trouverait à coup sur dans les archives de bons arguments.

    Bref, de grands humanistes incompris vont se retrouver chomdus. On va coller sous le nez de ces gros nazes leurs belles déclarations sur les valeurs du sport.  

     

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  • Sarko va-t-il faire exclure la France de la FIFA ?

    humoursarkozy036.gifL’empereur du Karcher et de la Rolex réunis va se faire moucher par la FIFA. Ca ne va pas tarder, et c’est heureux. Sinon, les déclarations de l’équipe infernale avec Nicolas en avant-centre et Roselyne comme gardien de but, annonçant la reprise en main du foot français, conduiraient tout droit à l’exclusion de la Fédération Française de Football (FFF) de la Fédération Internationale de Football Association (FIFA). L’équipe de France pourrait continuer à jouer, mais elle devrait inventer ses propres compétitions.

     

    Regardons un peu comment ça marche,

     

    Aux termes de l’article 1 de ses statuts, la FIFA est une association régie par le Code civil suisse (Art. 60 et suivants). C’est une personne morale de droit privé, et elle n’a aucune attache gouvernementale.

     

    Le long article 2 définit l’objet de la FIFA. En particulier, elle organise ses propres compétitions internationales (b), fixe ses règles (c) et prend les mesures permettant d’en assurer le respect (d).

     

    Tout est bien clair : si les statuts de cette association qu’est la FIFA ne vous plaisent pas, menez votre vie ailleurs et soyez heureux. Mais ne venez pas marcher sur les plates-bandes de la FIFA. Les Etats peuvent très bien organiser une coupe du monde à eux, mais ils ne devront rien emprunter à ce qui relève du système FIFA, et donc pas un joueur licencié dans l’une des fédérations affiliées. Ce qui laisse un effectif assez maigre.petitpresident.jpg

     

    Quid des associations nationales ? Les membres de la FIFA (10.1) sont des associations responsables de l’organisation et du contrôle du football dans un pays. Vous avez bien lu : sont concernées les associations, pas les gouvernements.

     

    Lorsqu’une association, telle la Fédération Française de Football, candidate pour être membre de la FIFA, elle s’engage (10.4) à se conformer aux statuts de la FIFA et se place sous la juridiction du Tribunal Arbitral du Sport. Personne n’étant obligé d’adhérer, cette soumission à des autorités spécifiques est incontestable.

     

    Après, tout se joue avec l’article 13, qui définit les obligations des fédérations membres de la FIFA. Connaissant les convoitises des gouvernements sur le sport, l’article 13.1.g précise que ces associations nationales doivent « diriger leurs affaires en toute indépendance et veiller à ce qu’aucun tiers ne s’immisce dans leurs affaires ». Donc l’Etat. L’article 13.2 précise que la violation de ces obligations par un membre entraîne l’exclusion, et l’article 13.3 ajoute : « La violation de l’article 13.1.g entraîne également des sanctions, même si l’ingérence du tiers n’est pas imputable au membre concerné ».

     

    La Fédération Française de Football a été fondée le 7 avril 1919 sur le modèle de la loi du 1er juillet 1901. Elle est indépendante comme toutes les associations 1901. Le Conseil Fédéral regroupe 21 membres, mais aucun n’est lié de près ou de loin au gouvernement.

     

    President%20Camembert%20de%20Campagne.jpgLes seuls liens avec le Ministre chargé des Sports sont traités par l’article 47, et sont limités à la transmission des documents administratifs et comptables.

     

    Tout ceci est parfaitement cohérent : des associations s’organisent entre elles. Celui qui pense faire mieux est entièrement libre, mais il respecte l’indépendance de ses associations.

     

    Après les déclarations insensées de Poupette Yade et d’Impérator Sarkozus, voici Roselyne expliquant que la démission du président de la FFF est indispensable. Une série d’immixtions exactement contraires à l’article 13.1.g  et qui conduisent tout droit vers la sanction prévue à l’article 13.3 : exclusion même si l’intrusion est le fait d’un tiers.

     

    C’est en substance ce qu’explique Jérôme Valcke, le secrétaire général de la FIFA : « Du moment où il y a une preuve qu'il y a eu une quelconque interférence politique, la première décision est de suspendre. Ensuite, quand la suspension est active, il faut voir comment les choses peuvent évoluer. Mais pendant la suspension, ce qui est sûr, ce qu'il n'y a plus aucune capacité pour ce pays de jouer dans aucune compétition. »

     

    Il reste donc au présidant la République une seule chose à faire : camembert.

     

     

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    Qui le calmera ?
  • L’OL dans les choux, et le stade aussi ?

    affiche-L-Ile-au-tresor-Treasure-Island-1950-1.jpgLe foot à Lyon c’est une belle histoire de fric, celui d’un boss Aulas Jean-Michel, ce qui ne regarde que lui, et de la communauté d’agglomération, ce qui nous regarde tous.  

     

    Depuis que je suis gamin, il y a l’OL. Des fois un peu haut, des fois un peu bas, parfois très haut, parfois très bas. C’est la vie, et ça va bien comme ça. Le foot à Lyon : pépère. Jusqu’à faiblir, se retrouver en seconde division, et voir arriver le sauveur : Aulas Jean-Michel, patron de la Cégid la semaine, et infirmier à Gerland le week-end. Une appellation prestigieuse récupérée pour 4 sous, une série de piqûres de fric, et l’OL remonte, et gagne, et gagne : 7 fois champion de France. L’OL est devenu l’ambassadeur d’image de Lyon. Vous descendez de l’avion à Buenos Aires, à Helsinki ou à Singapore, et le chauffeur de taxi fait le cador en vous expliquant qu’il connait Lyon, car à Lyon, il y a l’OL. Je lui explique les romains, la Renaissance, l’industrie, l’humanisme, la Résistance, les nouvelles technologies, la cuisine… Il s’en fout : il y a l’OL, et il y a eu Sonny Anderson.

     

    Aulas Jean-Michel, patron de l’OL, vit un mariage d’amour avec Collomb Gérard, maire de la ville, président de l’agglo, et sénateur un après-midi par an. Le principe est assez simple : Aulas Jean-Michel amène le fric, l’OL gagne les matches, la ville 3700211505246.jpgtouche les retombées, et Collomb Gérard renvoie l’ascenseur.

     

    Le truc, vous l’avez compris, a la tronche d’un compte d’exploitation. Pas de sentiments, mais des chiffres mon jeune ami… L’idée d’Aulas Jean-Michel est d’apporter le max de fric, pour qu’aucun club français ne puisse suivre le recrutement, pour avoir toujours la meilleure équipe, tout gagner, et devenir riche et célèbre… « Je me voyais déjà en haut de l’affiche ».

     

    En septembre 2007, soudain, c’est la grande scène du 8. Gerland (41 000 places) est trop petit, et catastrophe absolue et nationale, à cause de Gerland, la France ne pourra pas candidater pour accueillir l’Euro 2016. La paix dans le monde est menacée ! Il nous faut un stade de 62 000 spectateurs pour accueillir les 5 ou 6 matches du possible Euro 2016. Une dramaturgie insensée, et des cantiques entonnés par un cœur de non-vierges : Philippe Séguin, Eric Besson, Patrick Devedjian, et Michel Mercier, le régional de l’étape. Beau comme de l’antique. Or, malheur de malheur, comme on ne peut pas agrandir le stade pendant le championnat, il faut un nouveau stade,… et le gentil Aulas Jean-Michel est prêt à être propriétaire.

     

    Aulas Jean-Michel entend se sacrifier en construisant un stade privé dont il sera propriétaire, par souci d’épargner les finances publiques. Il paie pour environ 300 millions d’euros, trouve des sponsors (qui se cassent du fait de la crise), y installe un centre commercial, des hôtels, des bureaux d’affaires, et demande juste à la collectivité de payer pour les infrastructures. 18703592.jpgEt comme il s’installe en périphérie de Lyon, à Décines, il faut prévoir de quoi accueillir 7 000 voitures, avec des bus et tramways pour le surplus. Une sortie de stade de 60 000 personnes pour prendre le tram, ça sera très chou. Donc, il paie tout,… enfin presque tout, car le Grand Lyon, la communauté d’agglomération, doit payer les infrastructures, pour au minium 200 millions. 

     

    Tout ça pour permettre à la France d’être candidate pour l’Euro 2016 ! Qu’ils sont mignons quand ils nous prennent pour des andouilles.

     

    La réalité est beaucoup plus simple. L’Euro 2016 est un beau prétexte, mais un prétexte. La seule chose en jeu, c’est la finance de la SA OL, avec des actions en bourse qui ont fondu de 50% en deux ans. Aulas Jean-Michel confesse : « Les revenus tirés de la billetterie et des activités dérivées atteindront 80 millions d'euros par an, contre 22 millions actuellement ». De quoi acheter les meilleurs joueurs, gagner tous les championnats, remplir le stade et ainsi de suite. Sauf que le fric ne fait pas tout : pour la deuxième année de suite, l'OL est éliminé de la Coupe le France, de la Coupe de la Ligue et est à peine européen… Du coup, Gerland fait bien assez l’affaire !

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    Le risque est gros de voir l’OL patauger, empêtré dans des contrats trop coûteux, avec des performances qui chancellent, des spectateurs qui se barrent et un  grand stade avec une ambiance du genre Monaco amélioré. Le risque, évident, est placé sous une lumière cruelle par les piètres résultats de l’OL depuis deux ans. 60 000 personnes pour voir l’OL perdre devant Lorient, c’est pas gagné... Et pourtant Aulas Jean-Michel fonce. Patron avisé, il sait qu’à côté du stade, il y a son futur empire immobilier, porté par la notoriété du club. La rentabilité viendra du centre commercial, des hôtels et des bureaux d’affaires, devenus viables grâce aux investissements de la collectivité, qui prend le risque de tout payer pour un retour d’image nul. Et puis le club de foot, c'est une SA, et les actionnaires peuvent changer,... et d'autres investisseurs peuvent s'intéresser au club, pour devenir ensuite locataires du stade. Il faut être réactif dans la vie des affaires.

     

    Evidemment, les opposants sont nombreux, car l'impact sur l'urbanisme est lourd, et parait démesuré. Le premier supporter de l’OL, dragueur impénitent de tout ce qui ressemble à un patron lyonnais, Collomb Gérard, s’active en cuisine. Comme le PLU ne permet pas l’implantation du stade, il le modifie aussi sec. Deux fois, et deux fois annulé par la justice. Et il recommence une troisième fois. Nouvelle modification, aussi géniale que les précédentes, et nouveaux recours à prévoir.

     

    Alors, du foot à Lyon ? Pas de problème ! Comme à Bordeaux, à Lille, à Marseille ou dans d’autres villes, avec des clubs qui arrivent à amener du fric en gardant raison. La réussite de l’OL Land serait un enterrement pour le championnat de France : un club financièrement surpuissant, qui attire les stars payées à 300 000 euros le mois, et assèche les autres clubs, ce pour admirer le sourire carnassier d’Aulas Jean-Marie encaissant les 60 000 entrées payantes.

     

    Je souhaite le plein succès aux opposants de ce projet, et compte sur leur ingéniosité, en attaque comme en défense, pour un beau résultat : un à zéro, ce serait parfait. Même sur pénalty.

     

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