Avertir le modérateur

france

  • Je prends le pari : Le Pen ne sera pas au second tour

    Rendez-vous le dimanche 23 avril 2017 à 20 h : je fais le pari que Marine Le Pen sera éliminée au premier tour. Elle faisait son grand meeting hier, et franchement, c'est faiblard.

    Imposture_(2).jpg

    1/ Marine Le Pen, comme les autres produits médiatiques, va souffrir du dégagisme. La société va vite, et comme la politique n’apporte rien de solide, il faut du neuf pour le show. Or, la famille Le Pen, c’est la préhistoire. Il y a 20 ans, c’était Jean-Marie, maintenant c’est Marine, et dans 20 ans ce sera Marion… Marine Le Pen aurait pu avoir un avenir si elle avait réellement renouvelé la donne avec du crédible, mais, s’accrochant au nom de Le Pen, alors qu’elle est en procès avec son père, elle n’assume rien et se contente de nous filer du Jean-Marie affadi.

    2/ Il fut un temps où Le Front National avait un véritable effet d’entraînement dans la société française, mais ce moteur est cassé. Sarkozy, avec le consensus de ses ministres soumis qu’étaient Fillon et Juppé, a validé tous les thèmes de l’extrême droite. Tous ! La Gauche s’est glissée dans le même moule, Hollande faisant applaudir par les parlementaires réunis à Versailles la déchéance de nationalité. Un avachissement déplorable, mais au final une question simple : pourquoi voter Le Pen quand la Droite ou la Gauche (institutionnelle) font la même chose ?

    3/ Le vote Front National a toujours été un vote de divertissement. Il m’arrive une embrouille, une administration me casse la tête, un abruti me pourrit la vie : « je vote Le Pen ». Un vote réactionnel, sans contenu, et un parti destiné au sort des baudruches.

    4/ Le programme du Front National est nul, archi nul. La France sans l’Europe, abandonnant l’euro pour revenir au franc, et sortant de la Cour européenne des Droits de l’Homme : quel avenir ! Taper sur les plaies du système, mais sans la moindre analyse, sans la moindre proposition, ça ne mène pas loin. Pour faire genre, Madame Le Pen se revendique des victoires du Brexit et de Trump, au moment même où ces modèles montrent leur vanité.

    5/ Le FN n’a pas su constituer un staff de dirigeants crédibles. C’est pitoyable… On trouve Madame Le Pen, fille de Papa, son mari Monsieur Alliot, son énarque Philippot, le toujours amusant Collard. Quatre personnes pour gouverner la France… Arrêtez le délire.

    6/ Le FN perd toutes les élections. Au-delà des fantasmes sondagiers, quels sont les résultats électoraux du FN : Hénin Beaumont, et c’est tout ! C’est-à-dire une ville ouvrière, historiquement terre du Parti socialiste, avec des leaders embourbés dans des affaires de corruption. Alors qu’en France les élections régionales sont le type même du vote « défouloir », vu l’absence de pouvoir des régions, alors que le Parti Socialiste était par terre, vu la gouvernance de Hollande, et que Les Républicains étaient par terre, vu les frasques électorales et bygmaliennes de Sarkozy, le FN n’a gagné ni la région PACA, ni la région Nord-Pas-de-Calais. Le pays n’en veut pas, c’est clair.

    7/ A longueur de journée, Les Républicains et le Parti Socialiste passent leur temps à grossir l’influence du Front National pour réduire le discours politique à une véritable prise d’otage de l’opinion : « C’est moi ou le FN ». N'ayant pas grand chose à dire, ils cherchent à profiter de cette politique de la peur. Dans la semaine, Juppé va remplacer Fillon, en expliquant : « j’accepte, parce qu’il faut faire barrage au FN ». Invoquer Le Pen, c’est un moyen de ne pas penser, et visiblement rien ne les fait plus souffrir que de penser par eux-mêmes.

    8/ Vient enfin le meilleur, le plus important mais aussi le plus évident. Le peuple français n’est ni raciste, ni xénophobe. Quand il s’énerve, il vote Le Pen, mais en dehors de la part – historiquement constante – de vote extrémiste, il n’y a aucune contagion. Le peuple français est fondamentalement solidaire et attaché aux principes fondamentaux du droit. Dès que l’occasion se présente, sur le terrain, nos compatriotes, de tous les milieux, témoignent de trésors de solidarité et d’attention pour les démunis et les vulnérables.

    *   *   *

    Non, la France n’est pas Le Pen, ne l’a jamais été et ne le sera jamais. Le FN n’a jamais rencontré le pays, ne l’a jamais compris, et ne fait pas partie de son futur.

    - Et moi, je fais quoi là-dedans ?

    - Retourne gérer tes affaires d’héritage avec ton papa, Marine, et tchao.

  • Hollande, mis en cause pour des assassinats, en route vers la CPI

    Le Président de la République a ordonné l'exécution de quatre personnes. Avec cette information, ce qui reste de la Gauche s'écroule… et le silence qui accueille cette information confirme que la Gauche est en état de mort clinique.

    Au micro de Jean-Jacques Bourdin, les deux journalistes Gérard Davet et Fabrice Lhomme ont expliqué que le Président de la République avait décidé « au moins quatre assassinats ciblés », décisions mises en œuvre par la Direction générale de la sécurité extérieure (DGSE). Aucun démenti n’a été publié.

    Cela se trouve en phase avec des informations parues en 2014. A la suite d’un accord passé dès 2012 entre Obama – le maître des assassinats ciblés, trois par jour – et Hollande, celui-ci avait donné pour ordre à la DGSE de « dégommer » Ahmed Godane, le leader des shebabs. La DGSE s’était occupée de la localisation, et l’assassinat avait été le fait des drônes US, informations données par Jean Guisnel et confirmées par les militaires US.

    Avec les révélations de Gérard Davet et Fabrice Lhomme, nous passons à autre chose, à savoir l’ordre donné par Hollande et l’exécution par la DGSE.

    C’est d’abord infliger la peine de mort.

    C’est ensuite le faire en dehors de tout processus judiciaire. Aucune loi, aucune enquête, aucun procureur, aucun juge, aucun droit de la défense... C’est de l’assassinat, commis dans le cadre de conflits armés, l’armée française étant présente au soutien des gouvernements en place, confrontés à des conflits armés.

    Alors, quel régime de responsabilité pour le chef de l'Etat ? 

    La-legge-è-uguale-per-tutti.jpg

    A – Juger le chef de l’Etat

    Selon l’article 67 de la Constitution, le Président de la République « n'est pas responsable des actes accomplis en cette qualité, sous réserve des dispositions des articles 53-2 et 68 ».

    L’article 68, c’est la destitution, prononcée par le Parlement constitué en Haute Cour... On peut donc passer à autre chose. 

    L’article 53-2 est, lui, particulièrement pertinent : « La République peut reconnaître la juridiction de la Cour pénale internationale dans les conditions prévues par le traité signé le 18 juillet 1998 ». De fait, la France a reconnu la juridiction de la CPI, et le chef de l’État est donc justiciable. Pas d’immunité pour le Président de la République devant la CPI, qui a plusieurs reprises a poursuivi des chefs d’État, notamment quand à la demande du Conseil de sécurité, poussé par la France, elle a ouvert une enquête contre Kadhafi,… ou quand elle juge Gbagbo. D’ailleurs, la France vient de déclarer qu’elle voulait faire juger Poutine pour ce qui se passe en Syrie (où il n’y a aucune compétence de la CPI, la Syrie n’ayant pas ratifié le traité).

    B – Compétence de la CPI

    On ne sait pas encore où ont été pratiqués ces assassinats, mais c'est vraisemblablement au Mali, ce qui donnerait une double compétence à la CPI. D’abord, le Mali a ratifié le statut de la CPI le 16 août 2000, et un premier procès vient d’avoir lieu devant la Cour. De plus, la France est partie à la CPI, de telle sorte que tous ses ressortissants relèvent de la compétence de la Cour. La décision de l’assassinat, qui est l’acte criminel fondamental, a été prise à Paris, au 55, rue du Faubourg-Saint-Honoré, et il y a donc à la fois compétence territoriale et personnelle.

    C – Qualification juridique

    Selon le statut de la CPI, l’assassinat ciblé décidé par le pouvoir politique et commis dans le contexte d’un conflit armé, est un crime de guerre.

    La qualification correspond d’abord à l’ « homicide intentionnel » (Article 8, 2,a, i), dont les éléments constitutifs sont :

    1 – L’auteur a tué une ou plusieurs personnes.

    2 – Ladite ou lesdites personnes étaient protégées par une ou plusieurs des Conventions de Genève de 1949.

    3 – L’auteur avait connaissance des circonstances de fait établissant ce statut de personne protégée

    4 – Le comportement a eu lieu dans le contexte de et était associé à un conflit armé international.

    5 – L’auteur avait connaissance des circonstances de fait établissant l’existence d’un conflit armé.

    Mais les faits doivent aussi être examinés sous l’angle « des condamnations prononcées et les exécutions effectuées sans un jugement préalable, rendu par un tribunal régulièrement constitué, assorti des garanties judiciaires généralement reconnues comme indispensables » (Article 8, 2, c, iv), ainsi défini :

    1 – L’auteur a prononcé une condamnation ou fait exécuter une ou plusieurs personnes.

    2 – Ladite ou lesdites personnes avaient été mises hors de combat ou étaient des civils, ou des membres du personnel médical ou religieux ne prenant pas activement part aux hostilités.

    3 – L’auteur avait connaissance des circonstances de fait établissant ce statut.

    4 – Il n’y a pas eu de jugement préalable rendu par un tribunal, ou le tribunal qui a rendu le jugement n’était pas « régulièrement constitué », en ce sens qu’il n’offrait pas les garanties essentielles en matière d’indépendance et d’impartialité, ou le tribunal n’a pas assorti son jugement des garanties judiciaires généralement reconnues comme indispensables en droit international.

    5 – L’auteur savait qu’il n’y avait pas eu de jugement préalable ou qu’il y avait eu déni des garanties pertinentes et que ces éléments étaient essentiels ou indispensables à un jugement régulier.

    6 – Le comportement a eu lieu dans le contexte de et était associé à un conflit armé ne présentant pas un caractère international.

    7 – L’auteur avait connaissance des circonstances de fait établissant l’existence d’un conflit armé.

    D – Procédure

    A la suite des révélations des deux journalistes, révélations non contestées, le Parquet de Paris a suffisamment d’informations pour ouvrir une enquête à propos de ces assassinats. Si l’enquete conforte ces révélations, il suffira alors de transférer le dossier à Madame la Procureure près de la Cour pénale internationale. Le bureau de la Procureure sera assuré de la coopération de la France... qui a manifesté sa volonté de faire juger les chefs d'État syrien et russe pour des actes commis en fonction. Si rien ne se passe, il reviendra à des associations d’agir.

    La loi doit être la même pour tous, c’est la base de tout,.. pour que l’auteur des faits puisse bénéficier d’une retraite adéquate.

    XVM508775c4-b8b2-11e5-8e31-6ce095433cb6.jpg

  • Islam : Il n’existe aucun communautarisme en France

    Raisonner à partir des faits, c’est la base de tout. Après on ajoute les opinions, les passions, les espoirs, les peurs, les fantasmes, car il faut de tout pour faire un monde, mais nous avons l’obligation intellectuelle de construire notre raisonnement à partir des faits. Et pour ce qui est du feuilleton number one – le communautarisme musulman en France – je constate qu’il n’existe pas.

    1/ L’Aïd el Adha

    Hier, c’était la fête de l’Aid el Adha, la « fête du sacrifice », qui pour les musulmans est aussi importante que Noël pour les chrétiens ou Hanoukka pour les juifs, et qui trouve ses racines dans le Coran et dans l’Ancien Testament. Une fête pour deux milliards de personnes dans le monde, et en France pour six ou huit millions. Qui en France s’est aperçu hier de l’importance de cette fête chez les musulmans ? Cette fête est vécue dans la plus totale tranquillité, la plupart des musulmans étaient au travail, tout sourire et en pleine forme,… comme si on nous demandait, à nous, de travailler le jour de Noël. Oki ?

    2/ Le même droit pour tous

    Il m’arrive d’avoir à plaider pour des concitoyennes et concitoyens de confession musulmane, qui cherchent à faire valoir leurs droits, notamment par le libre choix de leur tenue vestimentaire. L’islamisation, par la revendication obstinée des particularismes ? Rien du tout, et même pile l’inverse ! Aucun particularisme, parce que justement tous les mémoires en justice sont construits sur les bases fondamentales du droit. La question n’est pas la revendication d’un droit musulman, mais l’application des principes du droit commun à toute personne, dont les musulmans.

    Lorsque nous rédigeons les recours, mes amis avocats comme moi utilisons les bases les plus communes du droit, et des jurisprudences rendues pour toutes les religions, en demandant le même droit pour tous. Jamais je n’ai vu un musulman me demander de retirer la mention d'une jurisprudence parce qu’elle avait été rendue à propos de chrétiens ou de juifs. Une fois, il m’est arrivé qu'une personne vienne au bureau et m’explique que la loi de Dieu était plus forte que la loi des hommes. Il avait sans doute raison, mais franchement je ne pouvais rien faire pour lui en justice : plaidoirie impossible. L’arrêt burkini rendu par le Conseil d’Etat s’inscrit dans les principes établis du droit depuis l’arrêt Benjamin de 1933. Donc il faut accepter sans réserve que les minoritaires saisissent la justice car c’est une manière d’élaborer le droit commun, qui est la véritable règle de vie.

    Au passage, j’observe que de nombreuses personnes ont vomi sur l’arrêt du Conseil d’État, mais aucun n’a songé à saisir la Cour Européenne des Droits de l’Homme. Pourquoi ? A votre avis ? Ces gens sont vicieusement irresponsables. 

    3/ Droit et religion musulmane

    En 1995, en qualité d’avocat de la Grande Mosquée de Lyon et en coopération avec mon confrère et ami Chems-eddine Hafiz, avocat de la Grande Mosquée de Paris, nous avons publié chez Dalloz un livre qui s’appelle « Droit et religion musulmane ». Le livre a été relu par les très lettrés imams de la Grande Mosquée de Paris et par les très instruits relecteurs de Dalloz, et le consensus était nickel pour dire que les musulmans vivant en France ne demandent aucune modification ni du droit européen, ni droit national. Tout dans le droit existant leur permet de pratiquer et vivre sereinement la religion.

    Il y a bien sûr une inégalité s’agissant des lieux de culte, compte tenu de ce qu’est l’histoire du pays, mais il y a beaucoup de solutions pour traiter cet obstacle correctement. Surtout, pour un pays comme la France, c’est une erreur de lier la question de l’islam et celle des mosquées. Prenez la grande agglomération de Lyon, soit environ 2 millions de personnes. Si l’on prend une référence faible de 10 % de musulmans dans la société, cela fait 200 000 personnes. Or, la Grande Mosquée de Lyon peut accueillir 3000 personnes, et celles de Givors et Villeurbanne sans doute 1500 chacune. Ajoutez un bon nombre de mosquées de moindre importance, mais on atteint au grand maximum une capacité d’accueil 20 000 personnes : 10% de la communauté... C’est dire que la plupart des musulmans vivent leur foi sans se rendre à la mosquée, et le rêve de configurer un Islam à partir des mosquées est, pour ce qui concerne la société française, d’emblée à côté de la plaque. Regardez Marseille qui n’a toujours pas une Grande Mosquée…

    Le livre ne posait aucune revendication d’évolution du droit. Le droit français a une particularité, avec la neutralité de l’État et des collectivités, comme expression de la règle de laïcité, mais il s’inscrit dans le droit européen et le droit international, et convient parfaitement à la pratique des musulmans. La seule question est de ne pas instrumentaliser la loi pour en faire des pratiques discriminatoires. Donc, tu leur fiches la paix et tu les laisses vivre leur vie, dans le respect de la loi.

    4/ Les victimes de Nice

    L’acte criminel de Nice du 14 juillet 2016 laisse un bilan de 86 victimes, dont – toute la presse le dit – environ un tiers de personnes de confession musulmane. L’argument est repris pour dire que l’auteur de ce crime terroriste a causé de lourds dégâts dans la communauté, mais c’est voir les choses par le petit bout de la lorgnette. Ce que nous dit ce terrifiant bilan, c’est que les musulmans partagent entièrement les regroupements de la fête nationale. Pour le 14 juillet, ces familles musulmanes sont allées aux manifestations du 14 juillet, pour fêter la République. Où est le communautarisme ? Quand on voit trois burkinis sur la plage – à supposer qu’on les ait vus ! – c’est le délire sur l’islamisation et le communautarisme. Mais pas un mot quand il est prouvé que les musulmans viennent en masse à la fête du 14 juillet. Si à l’occasion de ce bilan, il n’y avait aucune victime musulmane, on aurait pu alors parler de communautarisme, mais là, les faits prouvent l’inverse. Alors ? On parle de quoi ? 

    5/ Bobigny

    Bobigny, un soir de ramadan, cela ressemble un peu au bled. Oki. Mais cela n’a rien à voir avec le communautarisme. C’est le simple fait de la relégation sociale, qui bloque des pauvres dans les quartiers pauvres. Mais ils font tous les efforts pour que ça change, et il suffit de voir les parcours des étudiants pour s'en convaincre. 

    Voilà. J’ai peut-être tort, et je suis prêt à examiner mon erreur… mais à partir de faits.

    slide_502048_6998442_free.jpg

    Prière de l’Aid el Adha, hier à Saint Petersbourg

  • Entretien avec Renaud Girard (2) : Les élections US ; la France, les Etats-Unis et la Russie

    Deuxième partie de l’entretien donné par Renaud Girard au Figaro, poursuivant ce vaste panorama des enjeux géopolitiques. Aujourd’hui, les élections aux Etats-Unis, les relations de la France avec les Etats-Unis et avec la Russie. Bonne lecture à toutes et à tous !

     

    PHO21a40178-9b0d-11e4-84d5-ccdc31124705-805x453.jpg

    « Trump ou Clinton, l'élection américaine 2016 ne sera pas un bon cru »

     

    Entretien d’Alexis Feertchak avec Renaud Girard

     

    FIGAROVOX. - En politique étrangère, Hillary Clinton semble se placer sur une ligne plus dure que celle de Barack Obama. Comment qualifier sa politique étrangère ?

     

    Renaud GIRARD. - L'entourage diplomatique d'Hillary Clinton est constitué de néoconservateurs. Elle est elle-même proche des thèses néo-conservatrices. Je vais vous en donner trois preuves. La première concerne l'invasion de l'Irak en 2003. A la différence de Barack Obama, qui était contre, Hillary Clinton était en faveur de cette intervention militaire. Fin 2002, elle a voté au Sénat en faveur de l'invasion. Elle a ensuite eu un rôle extrêmement important dans l'affaire libyenne. En mars 2011, elle est venue à Paris pour rencontrer Nicolas Sarkozy et les rebelles libyens que Bernard-Henri Lévy avait réunis. Elle a réussi à convaincre Barack Obama de participer à cette intervention, qui était souhaitée par les Britanniques et les Français alors que le président américain était réticent. Les Libyens et les Américains s'étaient complètement réconciliés. Mouammar Kadhafi avait en effet renoncé à toute ambition et avait même dénoncé le trafic du docteur Abdul Qadeer Khan, le père de la bombe atomique pakistanaise, qui menait le plus grand trafic d'armes nucléaires au monde. Barack Obama a d'ailleurs reconnu depuis que cette intervention était une erreur, mais il s'est laissé faire par Hillary Clinton. La troisième erreur néoconservatrice d'Hillary Clinton a été de militer, comme secrétaire d'Etat, pour le retrait précipité d'Irak en 2010, lequel constitue selon moi une erreur stratégique aussi importante que l'invasion inutile de 2003.

     

    Les néoconservateurs sont à la réalité politique de la planète ce que sont nos enfants aux programmes télévisés. Ce sont des zappeurs. Ils crient très fort contre un tyran. Une fois qu'ils ont acquis le soutien des médias, ils obtiennent l'intervention militaire, défont le tyran, se congratulent, tirent un feu d'artifice et … s'en vont, sans la moindre considération pour la situation de la population qu'ils étaient prétendument venus «libérer». Le néoconservatisme, c'est le culte fou de la démocratie privilégiée à la paix. En Irak, ils ont installé en principe la démocratie - ils ont mise en œuvre des scrutins - sans vouloir reconnaître que ces scrutins ont seulement eu pour effet de diviser la société irakienne sur des lignes confessionnelles et ethniques. Les Américains ont apporté une idée de démocratie, mais une idée seulement. La réalité, c'est que l'Irak n'est en rien une vraie démocratie, un vrai Etat de droit. Le néoconservateur préfère toujours ses idées aux populations qu'il prétend protéger. En Libye, les Occidentaux ont détruit l'administration de Kadhafi. Par respect élémentaire de la population civile, ils auraient dû en mettre une autre au pouvoir, et vérifier sur place qu'elle fonctionnait. Vous ne pouvez pas détruire les structures d'un Etat puis partir en vous désintéressant des conséquences de votre action militaire.

     

    Les médias crient haro sur Donald Trump. N'y-a-t-il pas un risque à masquer le danger néoconservateur que représente Hillary Clinton ?

     

    Les médias américains sont biaisés, il n'y a pas de vrai débat. Par exemple, les sept derniers OpEd (tribunes ndlr.) du New York Times sont anti-Trump et pro-Clinton. Le débat n'est pas balancé, il existe objectivement un matraquage de la classe intellectuelle et médiatique contre Donald Trump.

     

    Hillary Clinton vient du système et elle va laisser la technostructure gérer le pays. C'est une personne dont le comportement ne fait pas peur parce qu'elle garde en toutes circonstances un comportement réfléchi, même si l'on peut juger négativement ses positions diplomatiques. C'est une personne qui est capable de discuter et de traiter les crises internationales avec sang-froid.

     

    A l'inverse, Donald Trump est une candidature rafraichissante. Il a parfois de bonnes idées, mais, à mon avis, il a un caractère trop dangereux pour devenir président du plus puissant pays du monde. Il a montré, dans sa campagne des primaires, six traits de caractère qui ne nous disent rien de bon pour diriger la plus puissante armée de la planète: sensibilité à la flatterie ; tendance à sur-réagir face à la moindre contrariété ; intuition préférée à la réflexion ; faible capacité d'écoute des autres en raison d'un ego surdimensionné ; mépris des faits ; incapacité à changer d'opinion sur un dossier en fonction d'informations nouvelles. Bref, Trump présente pour nous un risque de sécurité. Il est peut-être faible, mais c'est un risque que nous n'avons pas envie de prendre.

     

    Clinton ne présente pas un tel caractère dangereux. C'est un peu comme si Laurent Fabius devenait président de la République. La diplomatie ne serait pas géniale, il ne réformerait pas la société (puisqu'il avait déjà promis de le faire quand il était Premier ministre et il ne l'a jamais fait). Mais ce ne serait pas une catastrophe, parce qu'il a un comportement rationnel, appuyé sur la technostructure. Je préfère voir Hillary à la Maison Blanche, parce que je n'ai pas envie, en tant que Français, de prendre le risque de voir Trump diriger les Etats-Unis. J'espère qu'elle sera une bonne présidente, j'espère qu'elle sera pro-française, mais je n'en suis hélas pas du tout sûr. Dans tous les cas, pour nous, Européens, l'élection américaine 2016 ne sera pas un bon cru.

     

    Vous qualifiez régulièrement la France de caniche des Etats-Unis. Comment analysez-vous la nature de l'alliance entre Paris et Washington ?liv-6986-que-reste-t-il-de-l-occident.jpg

     

    Il existe une alliance historique entre les Etats-Unis d'Amérique et la France et c'est très bien, parce que nous partageons les mêmes racines chrétiennes, parce que nous sommes les mêmes enfants politiques de Montesquieu, parce que nous sommes attachés à l'Etat de droit. En revanche, l'amitié franco-américaine ne signifie pas que Paris doive s'aligner sur Washington. L'alliance historique entre les Etats-Unis et la France avait déjà été très malmenée entre 1920 et 1940. Le Sénat américain n'a pas ratifié le traité de Versailles après la Première guerre mondiale, alors que c'est le président Wilson qui l'avait en grande partie négocié. Quand le président Paul Reynaud a demandé en 1940 à l'Amérique de nous aider contre le nazisme, Washington a refusé. C'est une brèche importante, qu'on oublie trop souvent dans les cours d'histoire. On oublie aussi qu'il a fallu que ce soit l'Allemagne nazie qui déclare la guerre à l'Amérique, qui ne l'aurait peut-être pas fait sans cela. Quand Roosevelt fait son discours «God Bless America» de décembre 1941 après l'attaque japonaise sur Pearl Harbour, les mots «Allemagne» et «nazisme» ne sont pas prononcés. Il reste que la France ne peut pas oublier l'aide de 1917, le Débarquement de Normandie et le plan Marshall. Cette alliance est forte parce que fondée historiquement et culturellement, parce que nourrie des mêmes racines chrétiennes, du même héritage des Lumières.

     

    Etait-ce aussi le cas par le passé de l'alliance entre la France et la Russie ?

     

    L'alliance entre la France et la Russie est plutôt une alliance de circonstance, que je ne mets pas du tout au même niveau que celle entre les Etats-Unis d'Amérique et la France. L'alliance franco-russe telle qu'elle est célébrée par le pont Alexandre III à Paris doit se comprendre par rapport à la montée en puissance de l'Allemagne au 19e siècle. La France du président Sadi Carnot s'allie avec la Russie en 1894 pour contrer Berlin. Après s'être alliés au Tsar pour battre Bonaparte, les Anglais vont quant à eux rester profondément antirusses tout au long du 19e siècle, de 1815 à 1907, très exactement. Quand il va au Congrès de Vienne en 1815, Lord Castlereagh, qui représente la diplomatie britanniques, passe par Paris ; il voit dans les cafés tous ces cosaques attablés qui crient «bistro, bistro» (vite en russe) et s’exclame : «Les Russes à Paris, c'est trop !». Toute la politique anglaise jusqu'en 1907 sera une politique de containment contre la Russie, comme l'illustrent la guerre de Crimée ou le Grand Jeu en Afghanistan. A l'inverse, la France a une revanche à prendre sur l'Allemagne parce qu'elle n'a pas digéré en 1871 que celle-ci lui ait arraché l'Alsace-Lorraine - Bismarck aurait dû se contenter de l'indemnité en francs-or! En 1935 et 1936, les gouvernements Laval et Sarraut auraient dû redynamiser cette alliance franco-russe car il était clair que la France était à nouveau menacée par l'Allemagne, que les Américains avaient lâché Paris par isolationnisme, et que les Anglais étaient plus intéressés par leur empire colonial que par les violations du Traité de Versailles sur le continent.

     

    La Russie et les Etats européens semblent évoluer lentement vers une normalisation de leurs relations, mais la méfiance semble aussi demeurer très forte depuis 2014 et la Guerre en Ukraine. Utiliseriez-vous la formule suivante : « Poutine a gagné la Crimée et perdu l'Ukraine » ?

     

    Oui, très clairement. Le chiffon rouge et l'obsession de Poutine demeurent les révolutions de couleur dans les ex-Républiques soviétiques, qu'il croit toujours activées de l'extérieur alors qu'en fait, elles ont toujours un terreau local. Elles peuvent être ensuite entretenues et nourries depuis l'Amérique, mais leur naissance est toujours locale. Ce n'est jamais la CIA qui provoque ex nihilo une révolution de couleur ! L'obsession des révolutions de couleur a pu faire commettre des erreurs à Vladimir Poutine, qui a peut-être perdu son sang-froid lors de l'affaire de Maïdan en Ukraine. Avec la désorganisation qui a eu lieu en Ukraine, Kiev serait revenue d'un mouvement naturel du côté du frère russe. L'intervention russe dans le Donbass a empêché ce retour. La Crimée a donné une énorme popularité à Poutine en Russie. Il pouvait d'ailleurs vendre cette «prise» à l'Occident comme la monnaie de la pièce du Kosovo : les Occidentaux ont pris illégalement le Kosovo à la Serbie, la Russie arrache la Crimée à l'Ukraine. Il y a eu des référendums dans les deux cas. Mais l'intervention de Poutine dans le Donbass est une erreur stratégique parce qu'il a inutilement braqué l'Occident contre lui sans lui obtenir le moindre atout stratégique supplémentaire. Dans le Donbass, en humiliant deux fois l'armée ukrainienne (été 2014 puis janvier 2015), Poutine a braqué les Ukrainiens et a fortifié un nationalisme ukrainien antirusse sans nécessité aucune. La population de Crimée est très prorusse alors que celle du Donbass est plus partagée. Surtout, l'annexion de la Crimée s'est faite sans effusion de sang, avec un référendum. Il fallait que Poutine s'arrête là. Le Donbass ne rapporte rien à Moscou, alors que la Crimée a une importance stratégique en Mer noire et, plus largement, le peuple russe lui est attaché sentimentalement. Nous sommes et resterons dans ce cadre conflictuel et méfiant tant qu'une solution n'aura pas été trouvée pour l'Ukraine.

     

    Quelle pourrait être la politique de la France dans ce contexte de méfiance entre l'Europe occidentale et la Russie ?

     

    La première chose serait de reconnaître nos erreurs. Les sanctions contre la Russie sont doublement néfastes. Premièrement, elles n'apportent pas d'efficacité politique. La politique du gouvernement russe n'a pas changé dans le sens que nous souhaitions. Croire que l'on peut faire changer par des sanctions économiques la politique d'un pays qui a pu souffrir pendant mille jours le siège de Léningrad est un peu présomptueux… Deuxièmement, ces sanctions pénalisent notre agriculture et notre industrie. On ne voit vraiment pas pourquoi, nous Français, serions pénalisés pour des sanctions qui n'ont aucune chance d'être efficaces. En plus, nous avons compromis l'indépendance et le prestige de notre industrie d'armement, qui reste le dernier secteur où nous sommes technologiquement un des leaders mondiaux. La vente de sous-marins nucléaires de DCNS à l'Australie l'a montré : nous sommes dans le peloton de tête. En ne livrant pas les Mistral à la Russie, nous avons commis une erreur. D'abord parce que les Russes ont récupéré toute la technologie : ils avaient les plans. Ensuite, le fait que la France ait tourné casaque pour des considérations politiques peut effrayer des puissances non-alignées, comme l'Inde.

     

    Lever les sanctions ne signifie pas qu'il ne faut pas être ferme vis-à-vis de la Russie. Je pense qu'il faut une grande fermeté militaire, en soutenant nos alliés au sein de l'OTAN, notamment dans les Pays baltes. Les mesures qui ont consisté à envoyer des avions de chasse étaient nécessaires. Nous sommes membres d'une alliance militaire, nous avons même - peut-être ne fallait-il pas le faire, mais nous l'avons fait - réintégré le commandement intégré de l'OTAN. Il faut dès lors être conséquent.

     

    En ce qui concerne l'Ukraine, la bonne solution serait la finlandisation : ni à l'ouest, ni à l'est. Rappelons que l'intégrité territoriale de l'Ukraine a été garantie par le mémorandum de Budapest de décembre 1994, signé par le président Eltsine. Vous pouvez considérer, par réalisme politique, que la Crimée ne doit plus empoisonner les relations franco-russes et qu'effectivement, cette presqu'île n'est pas un problème dirimant, dans la mesure où nous avons fait la même chose au Kosovo. Mais on ne peut pas accepter les ingérences militaires russes dans le Donbass.

     

    Je crois que Poutine attend de nous clarté, fermeté et équité. Il nous respectera d'autant plus. Je n'ai aucun problème avec l'idée que notre flotte aille croiser en Mer baltique et dans le Golfe de Finlande, le long des Pays baltes, afin de répondre aux bombardiers russes qui se promènent jusque dans la Manche. Il faut bien comprendre que l'article 5 de l'Otan jouera : Poutine ne peut pas attaquer les Pays baltes, sinon ce sera la guerre, et il la perdra.

     

    Comment analysez-vous ces relents de Guerre froide ?

     

    Prenons le bouclier anti-missile de l'OTAN. C'est une provocation qui relance la Guerre froide inutilement. Nous n'avons pas su faire de bonne diplomatie avec les Russes.

     

    Quand nous avons proposé un accord commercial à l'Ukraine en 2013, au lieu de laisser cette affaire être gérée par des bureaucrates inconnus de Bruxelles, il fallait qu'un dirigeant français ou allemand fasse un grand discours - comme Charles de Gaulle à Varsovie sur «l'Europe de l'Atlantique à l'Oural» - pour dire publiquement que l'Europe offrait un accord équivalent à ses amis russes. Est-ce que cet accord aurait empêché par ailleurs qu'il y ait une sphère eurasiatique de développement autour de la Russie ? Assurément non. La Turquie a un accord d'association avec l'Europe et un accord d'association avec d'autres pays, notamment en Asie centrale. Ces partenariats commerciaux ne sont pas exclusifs. Il faut se souvenir que le président Truman, quand il a présenté le plan Marshall, l'a proposé à Staline et aux pays de l'Est. Ces derniers ont refusé, mais il l'a proposé publiquement. Il fallait faire ça pour éviter que la Russie se sente humiliée.

     

    Cela a été une erreur monumentale que Hollande n'assiste pas au défilé du 9 mai 2015 à Moscou. Il fallait mettre une gerbe pour Normandie-Niemen. C'était de même une erreur diplomatique du président français de ne pas être allé à l'inauguration des jeux olympiques d'hiver de Sotchi en 2014. Poutine voulait montrer la manière dont il avait développé le Caucase. Il aurait fallu témoigner alors de la considération et même de l'amitié à la grande puissance qu'est la Russie, tout en étant très ferme sur l'Ukraine alors que la crise de Maïdan était à son plus fort. En revanche j'approuve entièrement et je salue l'initiative Hollande du format Normandie : avoir mis autour de la même table, le 6 juin 2014, les leaders russe et ukrainien, avec les leaders français et allemand comme parrains de leur dialogue. De même, j'approuve chez Hollande le processus des Accords de Minsk pour régler la crise ukrainienne. Mais tout cela a été tardif. Si les ministres Fabius et Steinmeier s'étaient rendus le soir même à Moscou après l'accord ukrainien parrainé par le France et par l'Allemagne du 21 février 2014 et qu'ils avaient formellement expliqué à Vladimir Poutine que Sébastopol resterait un port russe, que l'Ukraine ne rentrerait jamais dans l'OTAN et que le russe y serait toujours parlé, le président russe aurait certainement accepté le deal. Ce geste d'impatience de Fabius, qui est allé en Chine (au lieu de se rendre à Moscou) sans même attendre la signature de l'accord à Kiev, sera enseigné dans les écoles diplomatiques comme une erreur cardinale.

     

    Sur quels fondements repose l'amitié entre l'Europe et la Russie ?

     

    La Russie est bien notre amie et elle a toute sa place en Europe depuis toujours. Pourquoi ? Parce que notre culture intègre la culture russe. Un Français cultivé a lu Tchekhov, Dostoïevski, Tolstoï, Tourgueniev, Gogol, au lycée. En revanche, il n'a pas lu les auteurs chinois. C'est dommage, mais c'est comme ça ! La musique - Moussorgski, Tchaïkovski, Prokofiev, etc. - fait aussi partie de notre culture. C'est la même chose pour les Russes : notre culture fait partie de leur culture. Souvenez-vous des Encyclopédistes que faisait venir Catherine II à Moscou !

     

    Nous préférerions que les Russes appliquent un Etat de droit chez eux, mais ce n'est pas à nous de leur donner des leçons. Je regrette que Poutine n'ait pas choisi cette voie pour son pays, mais notre devoir à nous Français, ce n'est pas de donner des leçons à Poutine, mais de faire en sorte que notre Etat de droit, chez nous, soit exemplaire, pour que cela donne envie aux Russes de nous imiter.

  • El Blanco confie son portable aux services de sécurité israéliens

    Heureusement, cette info n’est pas parue le 1er avril. Elle est datée du 7 juillet, et voici exactement la news publiée par Le Point :

    « Selon les informations de l'Express, le téléphone portable de Manuel Valls et ceux de ses collaborateurs leur auraient été confisqué lors d'une visite officielle en Israël du 21 au 24 mai dernier. Le Premier ministre et ses accompagnateurs ont été priés de "laisser leurs téléphones sécurisés avant d'être reçus en haut lieu". En les récupérant, plusieurs d'entre eux auraient détecté des signes d'"anomalies" sur leur téléphone, révèle l'Express. L'agence nationale de la sécurité des systèmes d'information (ANSSI) a été chargée d'examiner les portables en question. Les membres du gouvernement français sont tous en possession de téléphones Teorem, ultra-sécurisés, et fournis par Thales. Du côté de Matignon, on reconnait qu'une panne a été constatée sur l'un des terminaux au cours de cette visite. L'entourage de Manuel Valls a également précisé à l'Express que "l'enquête en cours fait partie de la procédure habituelle", et que de toute manière, "un allié n'espionne jamais ses amis". De son côté, le bureau du Premier ministre israélien a rapidement réagi, niant cette information. "Israël considère la France comme un pays ami, lui transmet des renseignements en cas de nécessité, et ne l'espionne pas" ».

    C’est quand même hallu ! Laisser son portable quand on rencontre un chef à plumes, c’est du classique. Donc tu laisses ton portable à celui s’occupe de ta sécurité, et qui ne participe pas à la réunion.

    Mais là, le processus a été un peu différent : El Blanco et les membres de son équipe ont confié leur portable aux services de sécurité israéliens !

    - Bonjour les amis. Je vous laisse mon portable ultra-secret et les portables ultra-secrets de mes plus proches collaborateurs, et prenez en soin.

    - Oui, pas de problème, nous allons en prendre soin.

    Le problème est que les soins ont été un peu trop invasifs, semble-t-il, au point d'amener les portables en réparation…

    Mais bon, tout ceci n’est que médisance. Bibi a expliqué que la France était tellement une amie, qu’il n’y avait pas besoin de l’espionner… Et Bibi, c’est pas le genre à raconter des salades….

     

    115493154.jpg

Toute l'info avec 20minutes.fr, l'actualité en temps réel Toute l'info avec 20minutes.fr : l'actualité en temps réel | tout le sport : analyses, résultats et matchs en direct
high-tech | arts & stars : toute l'actu people | l'actu en images | La une des lecteurs : votre blog fait l'actu