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  • Désolé, mais Mélenchon me gave…

    41VCTJ8S83L._SX327_BO1,204,203,200_.jpgJe n’ai jamais été pro-Mélenchon, jamais, quitte à chagriner de nombreuses amies et de nombreux amis qui adhèrent, voyant dans ce mouvement la structure la plus pertinente pour créer une alternative à gauche. Quand on regarde ce qui passe dans cette mouvance, à coup sûr, il ne faut pas tout jeter.

    Pour aujourd’hui, je passe sur le Mélenchon grand orateur ou grande-gueule (make your choice), et sur ses outrances anti-européennes, qui confondent tout et emmêlent tout. Heureusement que nous avons le droit européen pour contenir la sauvagerie sociale.

    Je passe aussi sur le côté « culte de la personnalité », avec une com’ aussi blindée que chez le Prince, comme si on pouvait imaginer de refonder la vie politique à gauche à partir de la présidentielle… Projet romantique ou juvénile ?.. La seule priorité, c’est de construire un programme assis sur une idéologie, à partir de la base, c’est-à-dire de la vie sociale, ce quels que soient les délais et les difficultés. Si on n’y arrive pas, dont acte, laissons la place aux autres. Mélenchon se nourrit d’un irréalisme qui en fera un grand appui à Macron, quand viendront les temps difficiles.

    Dans l’immédiat, j’ai une seule question à poser.

    Mélenchon n’a pas envie d’écouter un discours d’une heure et demie de Macron, et je le comprends bien. Personnellement, je ne pourrais supporter cette épreuve que 1) avec des boules Quiès de compétition ou 2) complètement bourré.

    Mais ce qui fait la différence est que je ne suis pas député. Si je suis élu député, c’est que j’ai obtenu un mandat dans le cadre de la Constitution, notre règle commune, avec les droits, mais aussi les devoirs de cette charge.

    Alors, sachant que selon l’article 18 de la Constitution, le Président de la République le droit de prendre la parole devant les deux chambres réunies, constituées en Congrès et siégeant à Versailles, au nom de quoi, un député se permet de boycotter cette convocation et cette réunion de la représentation nationale ?

    Oki, il reste la liberté. Très bien. Mais alors, j’ai moi aussi la liberté de ne faire aucune confiance à celui qui s’inscrit dans un système pour prendre ce qui l’intéresse et refuser ce qui ne lui plaît pas.

    Chères amies, chers amis, éloignons-nous de Mélenchon, nous gagnerons du temps sur ce que nous avons à faire.

  • 2002/2017 : La mainstream class a cassé le droit et banalisé les thèmes FN

    Chacun voit midi à sa porte, et peut donc se tromper. À quatre jours du second tour, de grandes forces sont en jeu dans l’opinion, mais cela ne doit pas nous empêcher d’essayer de raisonner de manière calme, argumentée et réfléchie. Devant ma porte le 22 avril 2002, il y avait une réaction générale, profonde et tellement sincère. Pas un instant, nous n’avions parlé du programme économique ou européen du FN : la question était la défense du droit, à l’extérieur comme à l’intérieur, avec le défi d’une France qui tournerait le dos à l’État de droit, instaurant tous azimuts des politiques discriminatoires, en désignant comme bouc émissaire l’étranger pauvre, cause de tous nos maux.

    C’était en 2002, et devant le constat du renforcement constant du FN, nous devons examiner le bilan 2017, ce du point de vue des responsables politiques, et non pas des électeurs, que l’on ne cesse de culpabiliser.

    La légalité internationale

    La grande tradition de la France, qui crée d’elle-même le « front républicain », on la trouve le 10 mars 2003 quand Chirac annonce que la France fera usage de son droit de veto au Conseil de sécurité pour empêcher l’agression militaire sur l’Irak, et le 18 mars, quand dans une déclaration fameuse, il rejette l’ultimatum du criminel de guerre George W. Bush, pour défendre la coexistence pacifique des peuples, « dans le respect de la charte de l’ONU qui est notre loi commune ». Merci Chirac. Ce jour-là, le vieux militant de gauche que je suis n’était pas déçu d’avoir voté Chirac contre Le Pen. Par la suite, Bush et Blair ont violé la légalité internationale pour détruire l’Irak : on en apprécie aujourd’hui toutes les conséquences.

    Et que se passe-t-il ensuite ?

    Ensuite, c’est l’agression de la France et de la Grande-Bretagne sur la Libye, en violant ouvertement la résolution du Conseil de sécurité qui n’autorisait ni les soldats au sol, ni le renversement du régime. Une agression organisée sur commandement de BHL, avec unanimité de Sarkozy, Fillon, Juppé et Aubry qui était première secrétaire du PS (Rempart de quoi ?). Le retour du militarisme des agités, avec ce puant discours perverti par la glue morale : la guerre pour rétablir la démocratie, ben voyons... En faisant cela, ils ont tué l’esprit démocratique, car la démocratie, c’est d’abord le respect du droit international. Oui, tout part de là : le droit international, c’est l’égalité des peuples, c’est-à-dire légalité des êtres humains. À partir du moment où un être humain s’estime plus fort qu’un autre, on entre dans un processus vicieux, qui est la voie du crime.

    Bilan : où en est la Libye ? Étudions ce qui arrive au peuple libyen, et à tous les malheureux soumis à la loi des mafieux... Les responsables français et britanniques ont-ils purgé leur faute, de destruction d’un peuple ? Rempart de quoi ?

    Le même reniement du droit international s’est retrouvé avec la Syrie, en reconnaissant précipitamment, pour faire plaisir à nos clients que sont l’Arabie Saoudite et le Qatar, un Conseil national syrien comme seul représentant du peuple, alors que la Syrie est toujours membre de l’ONU, puis en finançant et en armant sans contrôle des réseaux djihadistes, et enfin en préparant une attaque militaire contre la Syrie sans mandat du Conseil de sécurité, écartée de justesse par le parlement britannique qui a fini de convaincre Obama. Rempart de quoi ?

    Le mépris incroyable du droit international s’est retrouvé avec la Palestine, quand en juillet 2014, la France a été le seul État au monde à donner un appui sans réserve à Netanyahou qui attaquait par un déluge de feu la population de Gaza. Le seul au monde… Ca, ça n’était pas dans le mandat de 2012. Rempart de quoi ?

    La légalité européenne

    Le même mépris du droit international, on le retrouve au niveau européen avec la question des Roms, depuis 2007. Les Roms sont des citoyens européens, mais quels droits européens la France leur a-t-elle reconnus ? Ce quand El Blanco déclare que les Roms ont vocation à rentrer chez eux… Qui détruit l’Europe ? Qui renie les droits de l’homme ? Pour sa politique xénophobe à l’égard des Roms, la France a été dénoncée par les rapporteurs spéciaux de l’ONU. Rempart de quoi ? La Hollanderie a-t-elle changé quoi que ce soit ? Non, la gauche a légitimé un ostracisme viscéral vis-à-vis des Roms.

    Et comme si ça ne suffisait pas, le dramatique couple Hollande / El Blanco a également tourné le dos à l’obligation d’accueillir les réfugiés, réfugiés qui étaient le fruit de leur politique de destruction des États. El Blanco est allé en Allemagne pour dire que la France n’accueillerait plus de réfugiés ! Et ça votre France ? Le rejet des réfugiés par une autorité politique, sans contrôle du juge ? Rempart de quoi ? Ah les misérables…

    Ils ont détruit la France comme garant droit international, mais ils n’ont guère fait mieux en droit européen. Le Pen mise tout sur le rejet de l’Europe, mais qu’ont-ils faits pour défendre l’Europe ? Le 29 mai 2005, la France avait rejeté le référendum sur le projet de traité constitutionnel européen avec 54,67 % des voix, je le regrette, mais c’est ainsi. Mais il était démocratiquement malhonnête de faire adopter le 4 février 2008 par le Congrès réuni à Versailles le même texte, juste présenté de manière différente. Ce n’est pas l’Europe qui n’est pas démocratique, mais les dirigeants nationaux.

    Malhonnêteté encore vis-à-vis de l’Union européenne, quand tous se retrouvent pour tacler les technocrates de Bruxelles, alors que la réalité est extrêmement simple : l’Europe se construit par la volonté des États. Rempart de quoi ? La France s’est battue pour faire voter les traités de Maastricht et de Lisbonne qui instauraient la vocation unitaire de l’Union européenne. Les traités portent la signature des responsables politiques. Une fois les traités signés, les dirigeants français se sont engagés la main sur le cœur pour dire qu’ils en respecteraient les termes, parce qu’effectivement l’endettement est un héritage morbide que nous laissons à nos enfants, et qu’il place les États sous la dépendance des banques. Aussi, la question n’est pas une fantasmée politique des technocrates de Bruxelles, mais seulement la valeur des engagements qui ont été pris par la France. La France a signé le pacte de stabilité et s’est engagé à plusieurs reprises à le respecter : sa signature a-t-elle à ce jour encore une valeur ? Il n’y a pas de critique valable des institutions européennes tant que l’on n’a pas répondu à cette question : la France va-t-elle honorer ses engagements ?

    Il y aurait tant à dire sur la question européenne, mais quand même, il faut déplorer cette manière lamentable qui consiste à recycler sur le plan européen les politiques rejetés par le jeu français. Être nommé à la Commission ou élu au Parlement devrait être le signe d’une réussite, de responsables politiques qui émergent sur le plan européen. Or c’est trop souvent le moyen de donner à des emmerdeurs de quoi manger : Dati, Morano et les secondes classes de Pygmalion réfugiés au Parlement européen ; une feignasse intégrale comme Peillon au Parlement, ou encore le plus nul de tous nos ministres des finances, Moscovici, nommé en repêchage commissaire européen. Rempart de quoi ? C’est lamentable.

    C’est lamentable, mais il y a plus grave.

    Après les attaques terroristes du 13 novembre 2015 à Paris, Hollande le fébrile a instauré l’état d’urgence. Deux ans plus tard, aucune procédure sérieuse n’en a résulté, et la mesure n'était pas nécessaire. Les services publics maîtrisaient la situation quelques heures après cette attaque. Comme on passe son temps à critiquer le service public, je rappelle qu’à l’occasion de cette terrible attaque, tous les blessés ont eu la vie sauve, avec un savoir-faire exceptionnel des services d’urgence. Sur le plan du droit, l’atteinte terrible qu’a apporté François Hollande a été de faire une déclaration auprès de la Cour européenne des droits de l’homme en indiquant que, vu les nécessités de l'état d'urgence, la France s'autorisait à échapper à la Convention européenne des droits de l’homme. C’est du jamais vu : le rempart s’effondre. La base, c'est que les velléités politiques de Le Pen sont nulles et qu'on s'en fiche, car elles se fracasseraient sur la légalité européenne... et voilà que Hollande admet que la France puisse s'en extraire. Dans notre pays, la garantie essentielle des libertés publiques est de pouvoir saisir une Cour européenne, capable de pointer les débordements du parlement ou du gouvernement. Or, la déclaration par laquelle la France se permet d’échapper à la Convention européenne des droits de l’homme en fonction de ses priorités est un terrible précédent. Ce jour-là, du point de vue du droit, Hollande a véritablement cassé la dynamique européenne.

    Et en droit interne ?

    Rempart de quoi ? C’est à pleurer.

    En 1981, le looser Giscard avait voulu jouer la carte de la sécurité en faisant voter la loi n° 81-82 du 2 février 1981 renforçant la sécurité et protégeant la liberté des personnes. Toute la gauche, et pas seulement des intellectuels défraichis, s’était mobilisée, et le combat avait été la défense des libertés contre les illusions de la sécurité. Où en sommes-nous ? Je vous épargne les innombrables lois - toutes aussi inefficaces les unes que les autres - pour en venir à ce simple constat : en 2016, El Blanco adopte le slogan de Le Pen, selon lequel la sécurité est la première des libertés. Alors à ce stade, El Blanco, tu es garant de quoi ? Nous sommes arrivés à une inversion complète de ce qu’était la société française en 2002, à savoir la défense du droit. Et ça, c’est le lourd bilan de cette classe politique. Validant les grands thèmes du FN, comment peuvent-ils aujourd’hui nous dire qu’ils sont un rempart ?

    De Sarko à Hollande / El Blanco, ils ont détruit la notion de laïcité. Alors que la laïcité est un régime de garantie par l’État de l’expression des convictions religieuses, et surtout des minorités, ils en ont fait un outil de modélisation sociale et de stigmatisation de la minorité musulmane. Ils ont tous couru après le discours xénophobe de Le Pen de 2002, mais ne pouvant assumer un discours anti-arabe, donc raciste, ils l'ont intellectualisé, en remplaçant l'arabe par le musulman, et en détournant l'approche juridique de la laïcité, pour mieux imposer leurs vues : tu n'as rien à dire, moi je t'applique le droit. Sauf que le raisonnement juridique est tellement faux qu'il est inversé: la laïcité n'est plus un devoir de neutralité de l'Etat mais une obligation de comportement des particuliers, du grand n'importe quoi, nourri par les thèses pourries du FN. Cet été 2016, instrumentalisant la tuerie de Nice, le gouvernement a voulu imposer aux musulmans un cadre placé sous l’autorité d’un ancien ministre de l’Intérieur. Ces dirigeants incultes savent-ils encore ce qu’est la foi, ce qu’est l’intimité de la croyance ? En quoi la spiritualité d’une personne leur fait-elle peur ? Rempart de quoi ?

    La boucle est bouclée, quand la pasionaria des droits de l’homme de gauche explique qu’il est normal d’être islamophobe, et qu’il ne se trouve personne pour la faire citer devant le tribunal correctionnel. Triste bilan…

    En réalité, tout avait commencé en juin 2007, avec la formation du gouvernement. Historiquement, l’immigration relevait du ministère des affaires sociales, car il s’agit de la vie des personnes et de leur place dans la société. En 2017, Sarkozy avait créé le ministère de l’Identité nationale, soit une thématique FN (Rempart de quoi ?), mais ce ministère est devenu un déversoir xénophobe, et Sarko a dû renoncer. Or, au lieu de renvoyer la compétence au ministère des Affaires sociales, il a confié la question de l’immigration au ministère de l’Intérieur. L’étranger n’est donc plus un être humain dans la société, mais un trouble de l’ordre public. La brave gauche a vivement protesté, et c’était juste. Mais en 2007, quand Hollande a nommé El Blanco au ministère de l’Intérieur, il a confirmé la compétence sur la question des immigrés. La brave gauche a fermé son sifflet, alors que Hollande acceptait une commande du FN.

    La boucle est bouclée quand le président de la République, devant la formation solennelle des parlementaires réunis en Congrès à Versailles, a demandé l’adoption du principe de déchéance de nationalité, qui est une authentique notion FN. Rempart de quoi ?

    En 2002, Le Pen au premier tour avait réuni 4 804 713 voix, soit 16,86 % des voix, et au deuxième tour, 5 525 032, soit 17,79. En 2017, après 15 ans de rempart du front républicain, Le Pen a réuni au premier tour 7 679 494 voix, soit presque le double. Pour le second tour, il est acquis qu’elle fera plus que doubler 2002. Et que on voit-on : l’ensemble des acteurs de la vie politique depuis 2002, à part Mitterrand et Chirac, qui sont toujours en place, et viennent (1) culpabiliser les électeurs de ne pas avoir bien voté, et (2) demandent qu’on fasse confiance pour faire rempart votre Le Pen.

    - Tu veux dire que le conducteur qui a mis le car dans le fossé, avec un lourd bilan, exige d’être le conducteur pour la suite de la course ? Y’a pas un petit problème ?

  • Mélenchon va-t-il demander l’asile politique dans le 9-3 ?

    Je n’en sais rien, mais c’est bien probable, parce qu’il n’y a que deux options.

    La 1/ c’est 65 ans et deuxième gadin aux présidentielles, il se casse, sur l’air « Nous avons créé le printemps, mais c’est vous qui cueillerez les fleurs ». Sauf que dans ce jeu unipersonnel qu’a été France Insoumise 2017, on ne voit pas très bien le leader de rechange. Je ne veux fâcher personne, mais quand même… après cette campagne hyper-personnalisée, la retraite du leader filerait un sacré gadin au mouvement.

    La 2/ c’est je reste dans le circuit, et on mise à fond sur les législatives, en blindant toutes les circonscriptions gagnables, avec le jeu suave des triangulaires et quadrangulaires. L’objectif est au final d’avoir un groupe à l’Assemblée, en espérant qu’il n’y ait pas de majorité nette à l’issue des législatives, de telle sorte que tout se jouerait accord parlementaire après accord parlementaire, ce qui donnerait un rôle décisif à la France Insoumise. Et n’oublions pas le volet finance : un bon score au premier tour des présidentielles ne rapporte rien. En revanche, un bon score aux législatives, c’est un financement public assuré pendant cinq ans, et un groupe parlementaire à l’Assemblée, bref de vrais moyens de fonctionnement

    - Ouais, super, et tu crois que je pourrais embaucher mon épouse ?

    - Sois gentil, lâche-nous, François…

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    Ceci posé, la suite est simple : on cherche les circonscriptions où ça a cartonné.

    Dans le Val-de-Marne, c’est pas mal avec 32,70 à Champigny, 37,32 à Bonneuil, 42,00 à Valenton, 39,67 à Ivry et 35,24 à Vitry.

    Dans les terres qualifiées FN, les scores révèlent de belles surprises : dans les Bouches-du-Rhône, 29,54 à Martigues et 44,33 à Port-de-Bouc ; en Meurthe-et-Moselle, 35,53 à Villerupt et 37,89 à Homécourt.

    Bons scores aussi dans de nombreux endroits du territoire : dans l’Isère avec 32,61 à Saint-Martin-d’Hères et 29,90 à Échirolles ; dans la Loire avec 32,31 à La Ricamarie ; dans les Landes avec 31,21 % à Tarnos ; dans l’Oise avec 39,69 à Montataire ; en Indre-et-Loire avec 36,68 à Saint-Pierre-des-Corps ; dans l’Essonne avec 42,28 à Grigny ; en Seine-Maritime avec 36,40 à Saint-Étienne-du-Rouvray et 46,51 % à Gonfreville-l’Orcher. Je n’oublie par 29,70 à Toulouse.

    Mais le mieux, c’est le 9-3. Mélenchon est à 45,07 à Villetaneuse, 41,10 à Aubervilliers, 43,39 à Saint-Denis, 47,09 à Gennevilliers, 32,97 à Nanterre, 36,28 à Bagneux, 44,36 à La Courneuve...

    Alors, une petite place au chaud dans le 9-3 ? Justement, on parle de la 4e circonscription, qui regroupe La Courneuve, Blanc-Mesnil, Stains et Dugny, avec un score supérieur à 40%. Pour le moment, Marie-George Buffet est investie au nom du PCF, mais elle a bien envie de passer la main, et c’est une grande amie de Jean-Luc.

    - Donc tout va bien ?

    - Non, c’est un peu plus compliqué.

    Plus compliqué, car tous ces bons scores se font sur les dernières réserves du Parti communiste. France Insoumise peut-elle imposer de partout des candidats contre les camarades du Parti Communiste ? Le vote de premier tour des présidentielles est-il assez significatif pour espérer renverser des élus et réseaux communistes bien ancrés ? France Insoumise va-t-elle dealer avec le Parti Communiste ?

    A suivre. Les candidatures pour les législatives seront déposées entre le 15 et le 19 mai.

  • La gauche à 25%....

    La-chute.jpgIl y avait hier le sourire au Parti socialiste après la magnifique victoire de Bruno Hamon à 6,1% sur Nicolas Dupont-Aignant à 4,9%...  Allez, mieux vaut en rire…

    Respect pour les chiffres, respect pour les électeurs, regardons les choses en face et prenons le temps d’y réfléchir. Avec une participation qui fait le plein, la gauche a fait 25%. Une bérézina.

    On pourra parler des heures et des heures des causes, des coups tordus, des malentendus, mais le résultat est là : seulement 25% de suffrages pour la gauche. C’est attristant, consternant, ça renvoie à de lourdes responsabilités vers les leaders, les uns et les autres, la cible est large, très large. Oki, on verra tout ça plus tard.

    Mais en attendant, arrêtons-nous sur ce chiffre de 25% qui marque un terrible échec collectif, et ne faisons pas comme si nous étions déjà demain, avec des projets magnifiques propres à enflammer les meetings. La gauche est en rade, et pour longtemps.

    Elle ne s’en sortira pas par ce piège que sont les présidentielles, mais en définissant une idéologie et un programme, et s’inscrivant dans le terrain de l’action sociale, en France et à l’étranger.

    Elle ne s’en sortira pas par ces illusions que sont les gonflettes de Facebook, Youtube et Tweeter, mais par des vraies rencontres, des vraies discussions, entre de vrais gens qui s’écoutent et se parlent, et agissent là où se crée la solidarité.   

    Elle ne n’en sortira pas, dans un monde fait de dominations, sans une réflexion saine sur la politique internationale, fondée sur l’égalité et la solidarité entre les peuples et les êtres humains. Tous égaux et solidaires, oki ?

    Ce soir, nous sommes politiquement et socialement parterre, et parterre un jour de pluie froide. On n’est pas le matin du printemps de je ne sais quoi, comme chante l’autre phraseur, non, on patauge dans la mouise, et on n'a pas fait avancer d'un centimètre la cause des plus démunis. Et on ne fera pas confiance à ceux qui nous amenés là pour nous en sortir.

  • Bonsoir Marie, Bonsoir Marianne,

     

    Je vous dirais d’abord que cette présidentielle est insaisissable, et qu’en réalité tout se jouera aux législatives. C’est la seule chose dont je suis sûr. Nous allons élire le Prince de l'Elysée. Si Fillon gagne, ce qui est toujours possible, il aura une majorité écrasante, mais il ne dirigera pas les législatives, ce sera l'affaire de Sarko et Wauquiez. Si c'est Macron, nous allons provisoirement passer à un régime d’Assemblée. Macron est un dérivatif parfumé de Davos, rien de plus. En l’état actuel, les deux grands partis (Les Rep et le PS) laissent des candidats qu’ils ne maîtrisent pas jouer leur vie, car ils savent que la reprise en main se fera à l’occasion des législatives. Ce sont les législatives qui donnent le pouvoir, les réseaux et l’argent, un truc un peu plus sérieux que cette présidentielle qui est devenu un show.

    Il ne se ressortira rien de solide de cette présidentielle, et ne perdez pas votre temps à me foutre la trouille avec une victoire Le Pen, un truc hors sujet. Mélenchon aurait pu surprendre, mais il préfère une défaite honorable, c'est son problème. La vie politique reprendra son cours. Le PS va récupérer les points un à un, en vue des municipales de 2020, sa vraie base. On tournera la page du feuilleton « Macron, Mélenchon, Hamon et leurs amours », pour revenir aux choses sérieuses. La vie politique est structurée, c’est comme ça.  

    Je n’ai pas soutenu Hamon…

    Oui, et c’est pas demain la veille, mais j’ai essayé d’être logique. Une dizaine de jours après la primaire PS, j’exprimais l’idée que Hamon avait vraiment une carte à jouer .

    Je n’ai jamais soutenu Hamon, ni la « Gauche du PS ». Ça avait de la gueule quand c’était Jean Poperen, mais depuis c’est usurpé par des Mélenchon, Hamon, Montebourg et autre Dray, de l’enfumage. Une gauche du discours, comptant cyniquement sur les déceptions que va mécaniquement créer le courant majoritaire du PS, pour garder une zone d’influence qui permet d’avoir son lot de permanents et  d'investitures. No future...

    Retour à 2017

    Littéralement, il y avait des choses intéressantes dans les textes de Hamon. Oki. Mais il ne faut pas inverser le jeu politique. La responsabilité de la campagne dépend du candidat, et pas des soutiens. Or qu’a fait Hamon ?

    Alors qu'il était député PS, il avait soutenu une motion de censure contre le gouvernement PS, il y a un an. Ce n’est pas rien. Il avait sans doute raison, mais quand un an plus tard, il voulait être le leader de ce parti, il fallait quand même faire des gestes politiques,... surtout quand il n’a jamais fait plus de 10 % aux congrès du PS. Vouloir être Président de la République, ce n’est pas animer un club d’amis philosophiques. Il devait abandonner son confort de minoritaire, et assumer l’étiquette PS qu’il avait sollicitée.

    Candidat PS, faut assumer

    Au premier tour de la primaire, Hamon a fait le score inespéré de 36 %. Or il sait très bien qu’il ne pèse pas 36 %, mais que nombre d’amis ont voté pour lui pour bloquer El Blanco.

    Hamon sait qu’il ne représente, au mieux 20 % du PS, et je suis généreux. Aussi, parce qu’il ne se présentait pas en free-lance mais comme institutionnel du Parti, il devait dès le lendemain partir à l’assaut des élus, fédérer les réseaux internes, composer avec tous dans le respect des influences, jouer la fibre historique du PS, et dealer avec l’arme-clé, les investitures pour les législatives.

    Or, il est allé se perdre dans des configurations insensées avec les Verts, et pour quel résultat ? Il a fini de se marginaliser pour laisser une circonscription indue à Paris à Duflot, qui n’a aucun programme à part emmerder le PS.

    Tout le monde aurait accepté que Hamon modère son programme, tourne la page des frondeurs, aille rameuter les sections PS du territoire, restées fidèles à 95 %, et basta. Mais Hamon a oublié les sections pour ses petits jeux parisiens. Et puis pour quelle politique européenne ? Quelle politique internationale ? Quelle politique sur la Syrie ? Incapable d’assumer une posture PS crédible, donc c’était cuit pour lui. Mélenchon a beaucoup défauts, mais il est seul et il assume. Si vous êtes élu en interne du PS, il faut savoir respecter les codes.

    Hamon a choisi une autre voie et il s’est isolé. C’est sa responsabilité, pas la mienne. Mais vous verrez qu’Hamon est décevant. Je donne rendez-vous au prochain congrès du PS, où on le verra batailler pour récupérer son pourcentage, avec ses permanents et ses investitures. Il se retrouvera heureux et minoritaire, et pourra nous livrer son « discours de gauche ».

    Je ne crois pas être négatif, mais seulement réaliste.

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