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  • Gregory : L’expertise génétique ordonnée

    adn_helice.jpgL’affaire du petit Grégory bientôt élucidée ? Ce qui reste l’un des plus célèbres des naufrages de l’instruction « à la française » a passé ce 5 mai une étape décisive. Un tournant.

    C’est le procureur général M. Jean-Marie Beney, qui l’a annoncé à l’AFP : « Par une ordonnance en date du 5 mai, le président de la chambre d'instruction de la Cour d'appel de Dijon, Jean-François Pontonnier, a désigné le laboratoire Biomnis de Lyon, pour examiner les scellés (du dossier Grégory) et en extraire les éventuelles empreintes génétiques ». Le président de la chambre d’instruction a demandé au laboratoire « un rapport préliminaire dès que possible », les résultats de l'expertise étant attendus au mois de juillet.

    L’assassinat de Grégory, alors âgé de quatre ans, c’était le 16 octobre 1984. A l’époque, l’expertise par la recherche d’ADN n’existait pas. La mère Marie-Christine Villemin avait été inculpée et placée en détention, avant d’obtenir un non-lieu en 1993. Innocente, mais cassée, et ça ne donne pas le nom du coupable. Bernard Laroche avait lui aussi été inculpé. Libéré quelques mois plus tard, faute de preuve, mais le juge avait maintenu l’inculpation, et n’avait pas pris de mesure de précaution. Jean-Marie Villemin avait ensuite abattu Bernard Laroche.

    Lors de l’été 2007, l’avocat des parents Villemin avait déposé une requête près du procureur général de Dijon pour solliciter la réouverture de l'Information. On sait à quel point il est difficile de faire revenir la justice sur un jugement rendu : les impossibles procès en révision. Ici, la situation procédurale est différente : la dernière décision de justice est un non-lieu rendu au profit de Marie-Christine Villemin, et s’agissant de test-adn_301.jpgBernard Laroche, qui avait été le premier inculpé, le juge d’instruction n’y croyait plus, et les poursuites se sont éteintes du fait du décès. Il n’y a donc pas « d’autorité de chose jugée », et l’instruction peut être réouverte si apparaissent des éléments nouveaux.

    L’élément nouveau, c’est l’évolution des techniques. Le 3 décembre 2008, la chambre d'instruction de la cour d'appel de Dijon avait fait droit à la demande et ordonné la réouverture de l'enquête. Ce 5 mai, c’est la désignation du laboratoire.

    Une expertise n’est jamais « de droit ». Aussi, il faut penser que la chambre de l’instruction y a regardé à deux fois, et s’est enquis de la pertinence de cette expertise si tardive, postérieure de 25 ans aux faits. Si l’expertise a été ordonnée, c’est a priori que les scellés du dossier sont exploitables : vêtements, cordelettes et  enveloppes des lettres du corbeau…

    Le lendemain du meurtre, les parents ont reçu une lettre anonyme: « Ton fils est mort. Je me suis vengé ». Aujourd’hui, c’est peut-être la vengeance de la science. Non, pas la vengeance, seulement une étape vers la vérité. Tout le monde le souhaite pour les parents... et pour la justice, car qu'une telle affaire reste non élucidée est consternant.

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