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  • H1N1 : La santé publique en réanimation

    knock01.jpgNouvelle bulle de Brice, l’ineffable auvergnat de Neuilly : « La santé n’a pas de prix ». Bien vu. Mais elle a un coût, gros malin, et la campagne H1N1 c’est plus d’un milliard d’euros. Avec un bilan qui est un discrédit pour la santé publique : seulement 9% de la population a été vaccinée.

     

    « La santé n’a pas de prix ». Ca, c’est bon pour les vœux, ou quand ta petite chérie est bien malade. Tu ferais n’importe quoi, en commençant par le non raisonnable. Le problème, c’est que de la part d’un responsable politique, on attend un peu plus d’analyse. C’est devant les chiffres du bilan H1N1 qu'Hortefeux nous a gratifié de sa fine pensée.

     

    Il est bien bon, le Brice, mais sa prise de position va un peu dérouter dans les hôpitaux, où commence à entrer en application la loi dite HPST « Hôpitaux, Patients, Santé, Territoires » votée ce mois de juillet, qui vise à imposer la logique gestionnaire dans les établissements de santé sur la base : un patron, le directeur, pour rationnaliser le fonctionnement et les coûts. Interrogez vos amis médecins, kinés ou infirmières : le seul mot d’ordre, c’est on dépense trop, et il faut serrer les budgets. Merci de ne pas en vouloir à mon ami Brice : il travaille tellement qu'il n’a pas le temps de lire les lois qu’il signe.

     

    La volonté de contenir les dépenses de santé, ce n’est pas une nouveauté de la loi HPST. C’est depuis un certain Raymond Barre, premier ministre de Giscard, qui avait mis fin au système aberrant du « prix de journée ». Trente ans de politiques concordantes, Droite et Gauche. knock.jpg

     

    Alors, élève Brice, en punition, tu copieras cent fois :

     

    - Toutes les études et comparaisons internationales montrent qu’il n’existe aucune corrélation entre le montant des dépenses et le niveau de l’état de santé d’une population.

     

    - Toute dépense mérite un financement et doit être évaluée en fonction de son efficience, ce qui conduit à fixer des critères et à faire des choix, surtout quand la dépense de santé est largement publique.

     

    Le budget de la campagne de vaccination H1N1 se situera au dessus du milliard d’euros.  Il y aura maints rapports, mais on sait déjà beaucoup. Premier poste, la commande de 94 millions de doses de vaccins, soit entre 720 et 870 millions d’euros.  On a arrêté à la moitié, avec un dépense effective entre 360 à 430 millions, indemnités incluses.  Le 16 février devant le Sénat, Roselyne expliquait : « 5,5 millions de doses utilisées, 10 millions de doses offertes à l’OMS sur 44 millions de doses. Il reste environ 25 millions de doses utilisables, et que l’on va utiliser, car la vaccination contre le virus A/H1N1  est toujours d’actualité, au moins jusqu’au septembre - jusqu’à l’apparition de la grippe de la saison ». Un mois plus tard, la campagne a pris fin.

     

    Ensuite, on trouve dans nos placards 1 milliard de masques destinés aux malades, 900 millions de masques de protection, pour les personnels de santé. Mieux vaut faire envie que pitié : bien vu ! Ajoutez un montagne de traitements antiviraux et de matériels : au minimum 200 millions. Pour faire le bon poids, l’indemnisation des personnels de santé réquisitionnés, entre 150 à 250 millions d'euros, les frais de gestion pour rameuter la foule vers les centres de vaccination, 30 millions, et les frais des collectivités territoriales pour au moins 100 millions.      

     

    romains.jpgUn milliard… pour 5,7 millions de personnes vaccinées, soit 9% de la population visée. Eh oui, ça fait beaucoup de blé pour des prunes. Mais le pire n’est pas là.

     

    La protection de la santé, c’est une savante alliance entre l’action des pouvoirs publics et celles des professionnels de santé. La figure de la santé, c’est le médecin. Depuis toujours, on cherche à équilibrer, en défendant la santé publique, avec toutes sortes de politiques et d’organismes. Des efforts considérables avaient été faits depuis les naufrages de la transfusion sanguine, des affaires de la vache folle, de l’amiante et autres.

     

    Les choix politiques d’Hortefeux pèsent lourd. C’est lui qui a imposé la dramatisation, avec une campagne de vaccination gérée au plus haut degré par le ministère de l’Intérieur ! C’est lui qui a écarté les médecins, leur déniant la capacité de vacciner, pour mettre en place ses improbables centres de vaccination dans les gymnases.

     

    Il y avait une imprévision sur l’ampleur de la grippe, certes, mais invoquer aujourd’hui l’incertitude scientifique est un peu court. En choisissant, à l’inverse d’autres pays européens, la politique de la panique absolue et de la précaution maximale, le gouvernement a fait un choix : rejeter les pratiques partagées et foncer vers le toujours plus.

     

    Il va falloir aussi que Brice et ses petits copains paient la facture de la confiance perdue entre les Français et les institutions de santé publique. Des années d’efforts et toute une intelligence de la complexité parties en fumée. Les prétentieux qui essaient de gouverner ont éliminé les médecins, et ont subi un fiasco : moins de dix pour cent de la population a suivi. Aujourd'hui, comment rétablir la confiance ? La santé publique est en réanimation.  

     

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    - Brice découvre la santé publique -

     

    Leçon n° 1 : Comment faire pour que le malade l'ouvre et se la ferme ?

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