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  • Macronie : Notre génial Prince conduit les handicapés à la victoire

    Dans Le Figaro, Bruno Le Maire, le Sinistre de l’Economie, explique que pour respecter les 3 % de déficit public, il va falloir se désintoxiquer des dépenses publiques, et donc prendre des mesures difficiles, c’est-à-dire la réduction des dépenses sociales. Ah ces salauds de pauvres qui empêchent l’économie de décoller…

    Alors, une question : de combien le montant de l’allocation adulte handicapé (Taux d’incapacité supérieur à 80% ), soit 808,46 € va-t-il augmenter cette année ? Tu vis, toi, avec 808,46 € par mois de revenus ?

    Allez, je suis grincheux, alors que notre génial Prince a montré le chemin du bonheur pour les personnes en fauteuil : il suffit de faire du sport, et d’y croire très fort, car on joue pour gagner. Aussi, je ne saurais trop comment remercier ce message de la propagande en marche : il faut donner aux handicapés l’envie de gagner, et tant pis si leur revenu est inférieur au seuil de pauvreté, qui se chiffre entre 50 et 60% du revenu médian en France, soit entre 840 et 1008 € par mois. L’argent n’est rien quand on a la gagne.

    Merci notre Prince pour votre compréhension qui allège le sort des démunis.  

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  • Le Gouvernement veut faire les poches des handicapés

    Notre excellent Gouvernement « social-libéral » poursuit sa campagne contre son véritable ennemi, le monde de l’argent, en s’en prenant enfin aux scandaleuses rentes de situation de ces hyperprivilégiés que sont les bénéficiaires de l'allocation adulte handicapé (AAH). Après avoir recherché à diminuer les ressources des avocats travaillant à l’aide juridictionnelle, le gouvernement frappe les handicapés au portefeuille. Un peu de justice sociale ne fait pas de mal…

    Le projet de budget pour 2016 prévoit en effet de prendre en compte dans le calcul de l'AAH les intérêts non imposables des comptes d'épargne, tels que le livret A.

    Vous devez en effet savoir que la nomenklatura de l'AAH perçoit la fabuleuse somme de 807 € par mois, au maximum, et ceux qui touchent l'AAH à taux plein se gavent de manière somptuaire avec un complément de ressources de 179 € , ou une majoration pour la vie autonome de 105 €.

    C’est dire qu’il était temps de réagir, et de savoir prendre l’argent là où il est, pour le redistribuer sous forme d’aides généreuses à notre si sympathique patronat.

    Vous devez encore savoir que ces richissimes handicapés arrivent parfois à avoir un livret A, qui peut leur rapporter jusqu’à 205 € par an.

    Ici, le gouvernement a su marquer la justesse de sa politique sociale : ces handicapés capitalistes vivant dans le luxe grâce à ces intérêts, vont voir leur allocation diminuée d’autant, et ceux qui étaient à taux plein vont perdre ainsi les aides complémentaires soient entre 1.257 à 2.151 € par an.

    Tout ceci était bel et bon, finement pensé… Mais hélas le crypto-marxiste syndicat révolutionnaire qu’est l’Association des Paralysés de France (APF) a menacé d’enlever la chemise de Macron… Aussi, dans une tension insoutenable, Macron a annoncé hier soir qu’il renonçait à son beau projet

    Misérable…

    35-emmanuel_macron_-_il_faut_des_jeunes_francais_qui_aient_envie_de_devenir_milliardaires.jpg 

  • Charlie, journal de l’insignifiance

    A la une de Charlie Hebdo cette semaine, un dessin de Riss représentant Nadine Morano avec les traits d’une enfant trisomique, dans les bras du général de Gaulle, et ce titre : « Morano, la fille trisomique cachée de de Gaulle ». Très drôle : la dérive de la droite vers l’extrême-droite est assimilée à la trisomie 21, et la trisomique, on la vire, car il nous faut de vrais beaux enfants. Le handicap, c’est pas comme nous. Juste à vomir.

    Mais il y a plus. De Gaulle et Madame étaient les parents d’une fille atteinte de trisomie 21, Anne, qui est morte à 20 ans d'une pneumonie. Ce n’était pas une fille cachée, mais une fille dans la famille, avec l’amour de ses parents... La seule chose que dit ce dessin, c’est la violence.

    Il n’y aurait aucune raison de parler de cette feuille en faillite,… si nous n’avions pas été sommés de nous assimiler – tu es Charlie ou indexé – et si le joli consensus de l’asservissement n’avait pas fait de ce journal insignifiant une marque des valeurs de la République.

    Tout ceci est bien triste, mais plus que triste.

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  • Pas d’accès handicapé au tribunal : Le blog condamne la Justice !

    Tout simplement consternant : un palais de justice sans accès handicapé,…  et l’audience se tient dans la rue.

    C’est Le Républicain Lorrain qui nous raconte cette affaire.handicap,justice,peine

    Au départ, rien que du très commun, avec une convocation devant le Juges aux affaires familiales de deux parents pour statuer sur l’aménagement de la garde des enfants.

    La mère sait que ce sera une épreuve… Non pas pour l’audience en elle-même, mais pour l’accès au tribunal (TGI de Briey,  Meurthe-et-Moselle). Elle se déplace en fauteuil roulant et le tribunal n’est pas accessible, l’entrée étant barrée par une voilée de six marches d’escaliers.  Elle explique : « J'étais déjà venue il y a deux ans et je savais qu'il n'y avait pas de rampe d'accès. Mais, à l'époque, on m'avait portée ».

    Mais cette fois-ci,  tout se complique : « Le vigile n'a pas pu le faire car il avait mal au dos. La greffière a essayé de me faire passer par le garage, mais il y a également des marches que je ne peux pas franchir ».

    Personne d’autre n’accepté de faire une petite équipe pour porter le fauteuil… de peur d’engager sa responsabilité en cas d’accident. Les ravages du principe de précaution !

    Les pompiers ont été appelés, mais ils ont refusé de venir car ils ont estimé qu'il n'y avait pas d'urgence.

    Alors le juge aux affaires familiales a proposé que l'audience se déroule dans la rue, devant le palais de justice, en présence des parents et des avocats. La mère commente : « Les voitures passaient, les gens venaient sur le parvis fumer leurs cigarettes, c'est aberrant. Dans la rue, je ne me sentais pas à l’aise pour parler de ma vie privée ».

    Argument en défense pour la Justice ? La loi handicap du 11 février 2005 prévoit une mise aux normes d’accessibilité d’ici au 1er janvier 2015. Les travaux ont été lancés en décembre 2011 et il y a bon espoir d’avoir une rampe d’accès courant 2013.

    Argument rejeté, car ne valant pas un rond ! Du niveau de la défense de DSK à Manhattan, c'est dire ! Voici la photo de l’entrée du palais de justice.

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    Installer un accès provisoire par un plan incliné n’est tout de même pas un défi architectural ! Cela aurait du être fait bien avant la loi de 2005, et sûrement bien avant 2013 !

    Le tribunal du blog a donc décidé de condamner sévèrement le ministère de la Justice qui est out tant par son attitude que sa réponse. Et comme il serait compliqué de placer le condamné sous mandat de dépot, le tribunal prononce une peine de travail général, à savoir installer un plan incliné provisoire.

    handicap,justice,peine

  • Handicapés vs Gouvernement : 3 à 0

    38374.jpgNos parlementaires se plaignent de ne pas être respectés, mais notre dépit est salutaire, comme le montre ce nouvel épisode dans la bataille menée contre les droits des personnes handicapées. Après deux arrêts du Conseil d’Etat, c’est cette fois-ci le Conseil constitutionnel qui annule une loi qui s’autodétruisait. La loi du chaos…

    Je rappelle le match.

    La loi Chirac sur les droits des handicapés de 2005 a posé pour principe que toute construction neuve est accessible à tous. Comme ça coûte cher, l’astuce avait été de prévoir des décrets d’application pour, en loucedé, organiser la non-application de la loi.

    A deux reprises, le gouvernement – une fois Raffarin, une fois Fillon – a adopté des décrets fixant des dérogations à la loi. A deux reprises, le Conseil d‘Etat avait annulé ces décrets, et le blog l’avait raconté.

    D’où cette nouvelle manœuvre. Ce que ne peut pas faire le décret, la loi va le faire. Et l’UMP a voté une modification de la loi qui instaure la possibilité de prendre des décrets dérogatoires. Mais pour pas que ça ne se voit trop, la loi a laissé l’objectif d’accessibilité. La loi qui s'autodétruit : on innove.   

    On part du texte existant, celui de la loi de 2005, devenu l'article L. 111-7 du code de la construction et de l'habitation. C’est le texte qui pose le principe de l’accessibilité pour les équipements neufs : 9782845652026FS[1].gif

    « Les dispositions architecturales, les aménagements et équipements intérieurs et extérieurs des locaux d'habitation, qu'ils soient la propriété de personnes privées ou publiques, des établissements recevant du public, des installations ouvertes au public et des lieux de travail doivent être tels que ces locaux et installations soient accessibles à tous, et notamment aux personnes handicapées, quel que soit le type de handicap, notamment physique, sensoriel, cognitif, mental ou psychique, dans les cas et selon les conditions déterminées aux articles L. 111-7-1 à L. 111-7-3 »

    Du classique : l’article L.111-7 pose le principe et l’article L.111-7-1 prévoit l’intervention des décrets d’application.

    La manip a consisté à modifier cet article L. 111-7-1. La nouvelle loi permettait au gouvernement, par décret, de « fixer les conditions dans lesquelles des mesures de substitution peuvent être prises afin de répondre aux exigences de mise en accessibilité ».

    Accrochez vous ! On pourra adopter des mesures de substitution. Dérogation, on connaît, mais substitution, kézaco ? Et en particulier, substitution à l’accessibilité, Kézaco ? Mais ces mesures de substitution devront répondre aux exigences de mise en accessibilité.

    Magique non ?

    9782845655652_1_75.jpg- La loi désigne un but, l’accessibilité

    - La loi prévoit des mesures d’application

    - Une modification de la loi dit que les mesures d’application seront en fait des mesures de substitution

    - Les mesures de substitution devront respecter le but de la loi, l’accessibilité.

    Ah ils sont trop forts !

    Le but réel était de voter une loi disant une chose et son contraire ce qui aurait permis de rependre tous les décrets, car ceux-ci auraient toujours été conformes, qu’ils disent eux-mêmes une chose ou son contraire. La loi organise le chaos où tout est possible car tout est légal, le principe comme l’exception.

    Le Conseil constitutionnel n’a pas apprécié la plaisanterie : la loi est inintelligible ! Lisons : « En adoptant de telles dispositions, qui ne répondent pas à l'objectif d'intelligibilité et d'accessibilité de la loi, le législateur n'a pas précisément défini l'objet des règles qui doivent être prises par le pouvoir réglementaire pour assurer l'accessibilité aux bâtiments et parties de bâtiments nouveaux ».  

    Et bing, revoilà nos petits coquins à la case départ. Cette fois-ci, ils vont peut-être changer la Constitution ? Faire un coup d’Etat ?

    A moins qu’ils se résolvent à faire appliquer la loi qu’ils ont votée… il y a six ans.

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