Avertir le modérateur

hopital

  • Hôpitaux : Deux accidents graves par jour

    urgences-hopital-clinique-malade-blesse-2503882_1378.jpgEn 2006, on a compté 735 accidents médicaux graves dans les structures hospitalières. Ce sont les chiffres de l'Observatoire des risques médicaux.

    Vendredi 2, c’est un nourrisson de six mois, Louis-Joseph, hospitalisé depuis à l'hôpital de pédiatrie et de rééducation de Bullion (Yvelines) qui est décédé dans l'après-midi après son transfert à l'hôpital Necker à Paris.

    Le directeur du Centre hospitalier a fourni de premières explications. 

    « Le 1er janvier, vers 13 heures, une infirmière et une auxiliaire puéricultrice étaient chargées de changer la perfusion de l'enfant, qui se trouvait en attente d'une greffe de l'intestin. Il fallait régulièrement perfuser l'enfant qui disposait d'un cathéter. Les deux personnels devaient régler la vitesse du dosage mais ont commis une erreur en validant une vitesse trop importante d'écoulement du substitut alimentaire. »

    « L'infirmière, qui était très grippée ce jour-là, a validé, en appuyant sur la touche de l'appareil, l'action de l'auxiliaire puéricultrice. Lorsque l'autre équipe s'est aperçue de l'erreur, le médecin de garde a appelé le Samu des Yvelines qui a transféré l'enfant en réanimation à l'hôpital Necker. »

    « L'infirmière, qui souffre terriblement de son erreur, est en arrêt maladie à cause de sa grippe. »droit.gif

    Une faute dans la préparation de la pompe, et une validation trop rapide : inattention dans un geste de routine, et s’en suit le décès d’un enfant dont l’état de santé était, nous dit le directeur, stabilisé. Une affaire dramatique, que la mort de ce très jeune enfant, mort des mains qui le soignaient.

    Pour l’essentiel, je ne peux que renvoyer aux deux notes des 26 et 29 décembre sur l’affaire de l’hôpital de Saint Vincent de Paul, tant les problématiques juridiques sont proches. Une même conjugaison des désarrois…

    Le directeur n’a donné aucune indication sur les effectifs et la charge du travail, mais le présence en service d’une infirmière « fortement grippée » ressemble bien à un malaise dans le fonctionnement, un premier janvier. L’infirmière, qui aurait sans doute du être placée en arrêt maladie, a préféré venir assumer son service. Un comportement qui témoigne d’un investissement professionnel tout particulier, et dont un tribunal devra en tenir compte. Mais, il sera difficile de dire que cela suffit à faire disparaitre une faute d’inattention.

    Il faut donc dans cette affaire prévoir des suites pénales, et le Parquet a d’ailleurs été saisi, ce qui est la procédure. Evidemment, la grande différence est qu’il n’y pas de garde-à-vue, ce qui établit, s’il en était besoin, l’erreur de Roseline Bachelot soutenant que c’était la procédure normale.

    5811.jpgLà où il y a "gros malaise", c’est que cette affaire s’inscrit dans une série : décès d’Ilyes à Saint-Vincent-de-Paul le 24 décembre, d'un patient de 57 ans le 28 décembre, après une longue recherche d'un lit en réanimation, d’une octogénaire, le 26 décembre à l'hôpital de la Pitié-Salpêtrière à Paris après s'être étouffée en prenant son repas. Et ce soir c’est la maternité de Bastia qui est mise en cause…

    Je vais peut-être surprendre,… mais il va falloir s’y habituer à ces chiffres. Le système hospitalier souffre de toute part. Un indice ? La durée moyenne de carrière d’un infirmière n’est que de douze ans : trois ans de formation pour douze ans de carrière... Et sur un autre plan, la majorité de hôpitaux sont désormais en déficit. Pour autant, la qualité des soins n’a pas reculé. Je dirais même le contraire, et je prends en compte deux indices parmi d’autres : la chute du nombre d’accidents en anesthésie et du taux d’infections nosocomiales.  

    Non, des infos sur des accidents graves, il faut s’attendre à en avoir deux par jour, si les médias restent intéressés. Mais si chaque fois, c’est une « breaking news » avec reportage émotionnel, ça va être très dur pour les hôpitaux, et le moral de patients. Car les statistiques s’établissent à environ deux accidents graves par jour. Ces chiffres résultent des publications de l’Observatoire des risques médicaux. Le dernier rapport publié concerne l’année, 2006, mais les chiffres restent du même ordre de grandeur.

     

    L’Observatoire avait recensé 735 accidents graves, en distinguant :

     

    Non renseigné   7

    Acte de prévention (Vaccination)    1

    Acte de diagnostic    81

    Acte de soin    591

    Autres (acte à finalité non thérapeutique)    55

     

    Au sein de l’activité de soin, première cause des dommages, la répartition est la suivante :

     

    Acte technique fautif 31 %

    Acte non fautif (aléa) 19 %

    Infection nosocomiale 19 %

    Accident dû à la prescription ou à la délivrance de produits de santé  3 %

    Accident dû au matériel médical ou à un produit de santé 1 %

    Défaut d'information 1 %

    Problème organisationnel  7 %

     

    Tout cas individuel est dramatique, et mérite une réponse très personnalisée. Mais les chiffres de l’Observatoire montrent qu’il est impossible, au seul vu de ces évènements dramatiques, d’en tirer des leçons générales sur les difficultés actuelles des hôpitaux.

     

    2573843904_11cb0ddc7c.jpg

     

Toute l'info avec 20minutes.fr, l'actualité en temps réel Toute l'info avec 20minutes.fr : l'actualité en temps réel | tout le sport : analyses, résultats et matchs en direct
high-tech | arts & stars : toute l'actu people | l'actu en images | La une des lecteurs : votre blog fait l'actu