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hortefeux

  • Brice, l’écouteur écouté

    06-09-10_043035_1240750352_50.jpgBrice les grandes oreilles lui-même écouté… Non, rassurez-vous : ce ne sont pas Guéant, Péchenard ou Squarcini qui vont faire une telle chose à l’ami Brice. L’histoire est plus rigolote : un ancien copain de Brice est mis sur écoute sur ordre d’un juge d’instruction, et Brice l’appelle pour lui annoncer qu’il vient de prendre connaissance du dossier d’instruction. On imagine la tête du flic, puis du juge, qui héritent d’un tel cadeau !

    Ca me rappelle une autre histoire vraie : dans un café, un type s’embrouille avec un autre, et l’alcool aidant, ça part en vrille. Le type a une arme, tire, et tue. Il fonce dans sa voiture pour prendre la fuite, et appelle son frère pour lui raconter. Pas de chance : le frère était sur écoutes pour trafic de drogue…

    Donc, le 14 septembre dernier, alors que rien n’a été publié dans la presse, Brice appelle son ami Thierry Gaubert, avec qui il avait cogéré la campagne de Ballamou.

    Quelques jours plus tôt, Hélène, Madame Ex, est venue voir le juge pour lui raconter comment, au temps de cette campagne, elle accompagnait son mari d’alors, Thierry Gaubert, pour récupérer les mallettes d’argent liquide, qu’ils allaient ensuite donner au directeur de cabinet de Ballamou.

    Brice veut vite partager ces infos secrètes pour gérer au mieux... Pas de chance, le portable de Thierry est sur écoute, et c’est Brice qui régale !

    Brice : « Elle balance beaucoup apparemment Hélène. »

    Thierry : « Qu’est-ce que tu as comme infos là-dessus, toi, parce qu’elle me dit qu’elle dit rien. »

    Brice : « Ça m’embête de le dire par téléphone. Il y a beaucoup de choses, hein. Je te raconterai, mais ils ont énormément de choses. (…) T’as eu Bazire, parce que visiblement il est lui dans cette histoire.»allo_je_t_aime_1952.jpg

    Ca, c’est pour la violation du secret de l’instruction.

    Mais, le fond de l’affaire, c’est la partie immergée de l’iceberg. Le Monde reproduit aussi une autre conversation du 19 juillet. Plusieurs mois d’écoutes…

    Ce jour là, c’est Nastasia, la fille de Thierry Gaubert, qui téléphone à un ami, David. C’est le bazar dans la famille, car les flics ont retrouvé un compte planqué au Bahamas, avec de l’argent du père, mais mis au nom  de Madame Ex. Celle-ci, visiblement, n’apprécie pas la plaisanterie, et parait bien décider à expliquer aux flics qu’elle ne veut pas porter le chapeau.  

    - Nastasia : « En fait, ils ont trouvé un compte aux Bahamas, et euh... mon père l'avait mis au nom de ma mère. »

    - David : « Oui, oui. »

    - N. : « Donc voilà. Il a dit à ma mère : si tu craques euh..., toute la famille saute, on saute tous (...) Il lui a dit euh... vraiment, on est dans la merde. »

    - D. : « Putain. »

    - N. : « Ouais. Et euh... personne pour l'aider parce que euh... Copé est trop dans la merde. Hortefeux est trop dans la merde. Et si euh... Sarko ne... ne passe pas au deuxième tour, euh... lui aussi est (inaudible) dans la merde et personne ne l'aide. Il a dit... Mon père, il a dit à ma mère : personne m'aidera. Parce que tout le monde est dans la merde (...). Sarko, il veut même pas l’aider. Enfin là, ça va encore, mais si... si Sarko il passe pas en 2012 euh..., vraiment, ils sont tous dans la merde. »

    1450402323.gif- D. : « Ah là je crois que si Sarko il passe pas, ils sont morts. »

    Patrick Gaubert a fait pression sur Madame Ex, pour qu’elle mente aux policiers, sur le thème : « Si je coule, tu coules avec moi.» Pas de chance, Madame Ex avait enregistré ces menaces, et a confié les enregistrements au juge.  

    Voilà. Alors, imaginez tout ce qui peut ressortir de ces mois d’écoutes, de l’examen de ces comptes bancaires, des témoignages de ces couples déchirés, de ceux des militants politiques écartés…

    Allez, pour finir, une séance de rattrapage pour ceux qui ont raté cette bellle passe d’armes sur Canal.

    Olivier Morice, l’avocat des familles, qui voit dix ans d’efforts aboutir, est confronté à Nadine Morano. Il parle de corruption, des rétro-commissions, et met en cause Hortefeux.

    « Diffamation », réplique Nadine Morano, expliquant que les mises en examen sont la preuve même d'une « République irréprochable. »

    Réponse de l’avocat : « Votre République irréprochable, vous pouvez vous la mettre où je pense »

    Ca s’appelle avoir l’esprit de synthèse.

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    Pas de doute : Brice est en grande forme

  • Polygamie : Du bidonnage absolu

    deux-nigauds-et-la-momie-affiche_18925_10418.jpgBrice et Eric, nos grands deux nigauds, partant à la chasse à l’épouvantail à moineaux. Mieux vaut en rire !  

    Le plus étonnant, c’est leur air instruit et un peu mystérieux, sur le thème : « On va voir ce qu’on va voir ». Car c’est vite vu.

    La polygamie est un infraction, ainsi définie par l’article 433-20 du Code pénal :

    « Le fait, pour une personne engagée dans les liens du mariage, d'en contracter un autre avant la dissolution du précédent, est puni d'un an d'emprisonnement et de 45000 euros d'amende.

    « Est puni des mêmes peines l'officier public ayant célébré ce mariage en connaissant l'existence du précédent ».

    Donc, c’est très très simple. Tu es polygame si tu te maries devant le maire alors que tu es déjà marié. Comme le premier document qui est demandé par la mairie, c’est un acte de naissance, qui porte la mention de l’état matrimonial, il est en pratique impossible d’être polygame en France. Sauf si le maire est de mèche, et qu’il a fermé les yeux, et c’est pour cela que la loi pénale a prévu que, dans ce cas, il part en prison comme toi pour un an.

    Alors, pour savoir si Bernard ou Paulette sont polygames, pas besoin d’une enquête très compliquée. Pas comme pour la rumeur : il ne sera pas besoin de mobiliser le boss du contre-espionnage. Une vérification à l’état-civil de Bernard et de Paulette. Et un « mariage religieux », si tant est que cela soit établi, ce qui n’est pas le cas ? Mais, diable républicain, le mariage religieux n’a pas force de loi, calmez vous !  Et pourquoi ? Justement, parce qu’il est religieux.

    Donc, c’est plouf ! Brice et Eric ont parlé pour rien, pour rien de rien du tout. Et attention ! La polygamie est en France une infraction pénale. Or, imputer à Bernard ou Paulette d’avoir commis une infraction alors qu’ils sont innocents constitue à son tour l’infraction pénale de diffamation. J’en connais un qui doit avoir des démangeaisons du côté de la citation directe en correctionnelle.2nigaudscontredrjekyllaff.jpg

    Après, Brice et Eric viennent nous dire « retrait de la nationalité ». Et de prendre à nouveau l’air instruit et un peu mystérieux qui leur va si bien. Alors que la réponse est tout aussi simple.

    Lisons l’article 25 du Code civil.

    « L'individu qui a acquis la qualité de Français peut, par décret pris après avis conforme du Conseil d'Etat, être déchu de la nationalité française, sauf si la déchéance a pour résultat de le rendre apatride :

    « 1° S'il est condamné pour un acte qualifié de crime ou délit constituant une atteinte aux intérêts fondamentaux de la Nation ou pour un crime ou un délit constituant un acte de terrorisme ;

    « 2° S'il est condamné pour un acte qualifié de crime ou délit prévu et réprimé par le chapitre II du titre III du livre IV du code pénal ;

    « 3° S'il est condamné pour s'être soustrait aux obligations résultant pour lui du code du service national ;

    « 4° S'il s'est livré au profit d'un Etat étranger à des actes incompatibles avec la qualité de Français et préjudiciables aux intérêts de la France ».

    On peut éliminer les 1° et 3°. Le 2° aussi, qui concerne les agents publics ayant abusé de leur autorité.  

    Il reste donc le 4° pour nourrir la réflexion profonde de Brice et Eric : Bernard et Paulette se livreraient à la polygamie au profit d'un Etat étranger. Fine analyse pour deux grands nigauds.

    Tout cela est assez consternant.

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  • H1N1 : La santé publique en réanimation

    knock01.jpgNouvelle bulle de Brice, l’ineffable auvergnat de Neuilly : « La santé n’a pas de prix ». Bien vu. Mais elle a un coût, gros malin, et la campagne H1N1 c’est plus d’un milliard d’euros. Avec un bilan qui est un discrédit pour la santé publique : seulement 9% de la population a été vaccinée.

     

    « La santé n’a pas de prix ». Ca, c’est bon pour les vœux, ou quand ta petite chérie est bien malade. Tu ferais n’importe quoi, en commençant par le non raisonnable. Le problème, c’est que de la part d’un responsable politique, on attend un peu plus d’analyse. C’est devant les chiffres du bilan H1N1 qu'Hortefeux nous a gratifié de sa fine pensée.

     

    Il est bien bon, le Brice, mais sa prise de position va un peu dérouter dans les hôpitaux, où commence à entrer en application la loi dite HPST « Hôpitaux, Patients, Santé, Territoires » votée ce mois de juillet, qui vise à imposer la logique gestionnaire dans les établissements de santé sur la base : un patron, le directeur, pour rationnaliser le fonctionnement et les coûts. Interrogez vos amis médecins, kinés ou infirmières : le seul mot d’ordre, c’est on dépense trop, et il faut serrer les budgets. Merci de ne pas en vouloir à mon ami Brice : il travaille tellement qu'il n’a pas le temps de lire les lois qu’il signe.

     

    La volonté de contenir les dépenses de santé, ce n’est pas une nouveauté de la loi HPST. C’est depuis un certain Raymond Barre, premier ministre de Giscard, qui avait mis fin au système aberrant du « prix de journée ». Trente ans de politiques concordantes, Droite et Gauche. knock.jpg

     

    Alors, élève Brice, en punition, tu copieras cent fois :

     

    - Toutes les études et comparaisons internationales montrent qu’il n’existe aucune corrélation entre le montant des dépenses et le niveau de l’état de santé d’une population.

     

    - Toute dépense mérite un financement et doit être évaluée en fonction de son efficience, ce qui conduit à fixer des critères et à faire des choix, surtout quand la dépense de santé est largement publique.

     

    Le budget de la campagne de vaccination H1N1 se situera au dessus du milliard d’euros.  Il y aura maints rapports, mais on sait déjà beaucoup. Premier poste, la commande de 94 millions de doses de vaccins, soit entre 720 et 870 millions d’euros.  On a arrêté à la moitié, avec un dépense effective entre 360 à 430 millions, indemnités incluses.  Le 16 février devant le Sénat, Roselyne expliquait : « 5,5 millions de doses utilisées, 10 millions de doses offertes à l’OMS sur 44 millions de doses. Il reste environ 25 millions de doses utilisables, et que l’on va utiliser, car la vaccination contre le virus A/H1N1  est toujours d’actualité, au moins jusqu’au septembre - jusqu’à l’apparition de la grippe de la saison ». Un mois plus tard, la campagne a pris fin.

     

    Ensuite, on trouve dans nos placards 1 milliard de masques destinés aux malades, 900 millions de masques de protection, pour les personnels de santé. Mieux vaut faire envie que pitié : bien vu ! Ajoutez un montagne de traitements antiviraux et de matériels : au minimum 200 millions. Pour faire le bon poids, l’indemnisation des personnels de santé réquisitionnés, entre 150 à 250 millions d'euros, les frais de gestion pour rameuter la foule vers les centres de vaccination, 30 millions, et les frais des collectivités territoriales pour au moins 100 millions.      

     

    romains.jpgUn milliard… pour 5,7 millions de personnes vaccinées, soit 9% de la population visée. Eh oui, ça fait beaucoup de blé pour des prunes. Mais le pire n’est pas là.

     

    La protection de la santé, c’est une savante alliance entre l’action des pouvoirs publics et celles des professionnels de santé. La figure de la santé, c’est le médecin. Depuis toujours, on cherche à équilibrer, en défendant la santé publique, avec toutes sortes de politiques et d’organismes. Des efforts considérables avaient été faits depuis les naufrages de la transfusion sanguine, des affaires de la vache folle, de l’amiante et autres.

     

    Les choix politiques d’Hortefeux pèsent lourd. C’est lui qui a imposé la dramatisation, avec une campagne de vaccination gérée au plus haut degré par le ministère de l’Intérieur ! C’est lui qui a écarté les médecins, leur déniant la capacité de vacciner, pour mettre en place ses improbables centres de vaccination dans les gymnases.

     

    Il y avait une imprévision sur l’ampleur de la grippe, certes, mais invoquer aujourd’hui l’incertitude scientifique est un peu court. En choisissant, à l’inverse d’autres pays européens, la politique de la panique absolue et de la précaution maximale, le gouvernement a fait un choix : rejeter les pratiques partagées et foncer vers le toujours plus.

     

    Il va falloir aussi que Brice et ses petits copains paient la facture de la confiance perdue entre les Français et les institutions de santé publique. Des années d’efforts et toute une intelligence de la complexité parties en fumée. Les prétentieux qui essaient de gouverner ont éliminé les médecins, et ont subi un fiasco : moins de dix pour cent de la population a suivi. Aujourd'hui, comment rétablir la confiance ? La santé publique est en réanimation.  

     

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    - Brice découvre la santé publique -

     

    Leçon n° 1 : Comment faire pour que le malade l'ouvre et se la ferme ?

  • Hortefeux : Des excuses ou la retraite d’office ?

    state-newspaper-excuses.jpgHortefeux rattrapé par la sanction qu’il vient de prononcer contre un préfet… Se revendiquer procureur de la tolérance zéro est un exercice très périlleux.

     

    Le 31 juillet, un préfet, Paul Girot de Langlade, s’énerve lors d’un contrôle à l’aéroport : « On se croirait en Afrique ici. » Ajoutant d’après les plaignants : « De toute façon, il n'y a que des Noirs ici ». Brice Hortefeux suspend le préfet, et se met droit debout sur la ligne de la tolérance zéro : « Je ne tolérerai jamais que des propos racistes ou discriminants soient tenus dans notre pays, d’autant plus par un représentant de l’Etat, quel qu’il soit». La chasse aux propos discriminants est ouverte, et mercredi, le ministre officialise la mise à la retraite d’office du préfet.

     

    Mais voilà que ressort une vidéo de Brice Hortefeux sur campus des « jeunes populaires », soit la jeunesse UMP, le week-end dernier. Le ministre de l'Intérieur prend la pose avec un militant maghrébin. Une voix féminine balance : « Il est catholique, il est catholique, il mange du cochon et boit de la bière », ce qui est d’un niveau remarquable. Et notre ministre d’enchaîner : « Ah, mais ça ne va pas du tout alors, il ne correspond pas du tout au prototype, alors c'est pas du tout ça ». La femme poursuit : « C'est notre petit Arabe » ! Et le minsitre en remet une couche : « Bon tant mieux, il en faut toujours un. Quand il y en a un ça va. C'est quand il y en a beaucoup qu'il y a des problèmes ». Et tout le monde rigole un bon coup, Coppé en tête. 4cjro80j.jpg

     

    Malaise, Blaise. Et réponse emberlificotée. Dans un communiqué, Hortefeux affirme que « pas un seul » de ses mots ne faisait « référence à une origine ethnique supposée d'un jeune militant. » Brice, quand même…  Et sur RTL, il tente une plongée en apnée : « Il n'y avait dans ma bouche aucune référence à une origine ethnique, arabe, maghrébine ou africaine. (…) Je me dirigeai vers la sortie quand un jeune m'arrête et me demande une photo. On plaisantait sur les Auvergnats et on disait que un, ça allait, mais que ça posait problème quand il y en avait plusieurs ».

     

    Voici donc la vérité : c’est le problème des Auvergnats qui mangent du cochon et boivent de l’alcool, des atypiques, qu’on suporte à l’unité mais qui posent problème car il y en a beaucoup.

     

    Voyons voir.

     

    Le propos du préfet n’était pas au  niveau et méritait une remise au pli. La retraite d’office, je n’en suis pas sûr. Et un procès pénal, je n’en sais rien, car il y discussion sur la teneur exacte du propos. De plus, un propos qui puise dans la fange raciste n’est pas forcément une infraction, correspondant à la stricte définition légale. L’enquête est en cours, et ça, c’est normal. Ce qui était plus inattendu, c’est la déclaration tonitruante du ministre qui a suivi. S’il faut sanctionner tout propos discriminant, commençons par la pratique du tutoiement par la police… Ce qui va faire beaucoup de conseils de discipline.

     

    excuse%2520terminator.gifEt bing, vient là-dessus la sortie du ministre… Une phrase plus gênante. D’abord, ce n’est pas le type crevé par une nuit d’avion et agacé alors qu’il se dépêche pour sa correspondance. C’est un moment de détente et ça rigole… Ensuite, l’incidente de la voix féminine est beauf’ de chez beauf’ : « Voilà un arabe bien blanchi qui n’est pas musulman ». On a tous entendu ça à la sortie d’un match de foot,… et on se l'est tous fermée. Non, le ministre répond sur le thème du « prototype », puis de la fatalité « il en faut toujours un »… Oui, jamais sans mon Mouloud ! Avant de partir en dérapage incontrôlé : « un ça va, mais beaucoup… ». Le problème, c’est qu’il y en trop, comme disait l'autre.

     

    Bon, désolé, mais c’est le truc du bon raciste de base. Donc, le ministre a failli. Mais il a failli bien davantage avec ses explications alambiquées… qui n’auraient jamais été s’il n’avait pas du intégrer sa tolérance zéro revendiquée après la saillie du préfet.

     

    Ni le préfet, ni le ministre ne sont racistes. Ce n’est pas le débat. L’un et l’autre auraient du reconnaître le dérapage et présenter des excuses. Qui n’a jamais mis le pied en touche ? Reconnaître ses fautes n’est pas une faiblesse, bien au contraire, et admettre que chacun peut déraper n'a rien à voir avec la lutte déterminée contre ce poison du racisme.

     

    Au lieu de ça, nous voilà partis dans une nouvelle affaire. Le ministre va résister, pour trouver d’autres justifications, quitte à prendre le risque de la légitimation. Quatre mots et tant de choses qui remontent à la surface, c’est bien qu’il y a des problèmes de fond qui ne sont pas réglés quelque part.

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  • Hortefeux reconduit à la frontière… de la légalité

    EJFW9CAHR30GWCAXIX20GCA040CY8CAUXINVCCANTL2MWCA1X5TD4CANLSA3ICA2116XYCABIURNFCA7YL0RKCAUSYG1SCAI70S1MCAX3TAD1CA3TGISECATPK0MOCA48KURPCAGG0OGICA1WT9SS.jpgHortefeux reconduit à la frontière… de la légalité. La défense des droits des sans-papiers conduit à sanctionner le ministre de l’immigration, qui s’est assis sur la loi. Pas banal. Car, voyez-vous, dans notre monde incertain, le respect de la loi fait partie de l’identité nationale.

    Ce qui est cause, c’est le dispositif légal d'aide aux personnes placées en centre de rétention administrative (CRA). Depuis des années, c’est une association, la CIMADE, qui exerce cette mission. Ce qui signifie que la CIMADE est présente dans les CRA, en contact permanent avec les autorités administratives et juridictionnelles. Donc, entre nous, si elle avait dérapé, ça se serait vite vu. Mais la CIMADE n’a jamais dérapé, loin de là : elle est même plutôt efficace, au service de la mission légale qu’elle remplit. Le ministre aurait dû s’en féliciter, car la CIMADE, par son action, participe à la bonne application du droit. Ce qui n’est pas indifférent dans une démocratie.7B1FKCAWI27TTCA9XC9MJCAIXKI0ECAOMHCDQCA50KF2LCANXN4K2CAODKR1KCAFRHO6DCA5HERI1CAX8T3SNCAX953UMCARLLI8QCATDAEU6CASA7YZACAD3UTAICADG29EPCAWKI73YCA51H2FR.jpg

    Se tromper sur  l’application de la loi,… du quotidien assurément. Le droit est une construction complexe, et la mise en œuvre des règles juridiques est toujours délicate car il ne s’agit pas d’appliquer « une loi », mais de trouver la bonne solution à travers la mise en forme de règles de droit venues d’horizons différents. D’où tous les problèmes d’interprétation. Quand il y a désaccord, on saisit le juge. Et le juge se trompe parfois lui-même, ce qui amène une juridiction d’appel, ou une Cour internationale, telle la Cour européenne des droits de l’homme, à rectifier le tir. Donc, l’erreur de droit, c’est du quotidien.

    Le problème est bien différent dans l’affaire CIMADE. D’abord, un ministre n’est pas seul devant la page blanche. Il est entouré de services et dispose des meilleurs conseils. Surtout, Hortefeux a été avisé, dès le début, que son projet était mal barré. D’ailleurs, le but était bien explicite : il s’agissait par le biais d’un appel d’offres de vider la loi de son objet, en écartant la CIMADE, parce qu’elle centralise l’information du fait de son implantation nationale, et a montré son efficacité sociale et juridique. La réponse a été simple : on fonce. Avec ce résultat : le tribunal administratif de Paris enjoint au ministre se suspendre l’appel d’offres. Joli looping.

    VWM38CAWNTVN1CARPH81GCA6JP0TECA66HZP7CABQ1IOLCAB7CP0SCANBRZAWCAE2IZRTCAZOKXFHCADDS9KSCAUTVK65CAFH0EL8CAMW0A9XCAB58IDKCA4TSEYZCACMSXBLCA0G3MM2CAZTMH8P.jpgL’affaire n’est pas définitivement jugée, mais c’est mal parti pour le ministre. Le recours a été déposé par la Ligue des droits de l'homme, le Groupe d'information et de soutien des immigrés, le Syndicat des avocats de France, les Avocats pour la défense du droit des étrangers et l'association des avocats du réseau ELENA spécialisé sur l'asile. Le juge, dans un ordonnance de ce 14 octobre, a estimé l’irrégularité telle qu’il a suspendu l’appel d’offres, en attendant le jugement sur le fond. Et le tribunal accélère le mouvement : ce jugement interviendra sous une dizaine de jours. C’est une procédure spéciale de référé, applicable aux marchés publics. L’ordonnance n’est pas motivée, ce qui est compensé par la fixation rapide de l’audience sur le fond.

    Donc, on en saura plus sous quinzaine, mais cette ordonnance accrédite les critiques qui avaient été formées depuis l’origine. Le principe est simple. Un appel d’offres doit s’inscrire dans le cadre exactement défini par le texte réglementaire mis en application. D’où la tentation, récurrente, de petits malins de rédiger l’appel d’offres avec quelques points qui échappent à la rigueur du texte. On détricote le texte par le biais de l’appel d’offres. Et Brice Hortefeux s’est fait prendre à ce petit jeu, pas très glorieux.

    Brice Hortefeux a fait le choix de casser ce qui marche.40D6ICAMQUHQYCAQ91733CAC2BITOCADARRBHCA4Z8CR1CAWD3RJHCAX5VTDECAGQILBUCARNSSI9CAPBBD70CA2J0GPCCAIAZ3W3CAKMSHOWCAYIWFJ3CAHZ4GZRCABQMUHWCAS59IQ0CABC3QL6.jpg

    A priori, ça se joue sur deux points. Avec le nouveau dispositif, les CRA de France sont découpés en huit lots distincts, et il est interdit à deux associations d'intervenir dans un même centre. Ce qui est contraire aux règles des marchés publics : «L’appel d’offres l’interdit, alors que la loi l’autorise», affirme Serge Slama, maître de conférences, qui conseille le collectif. Autre irrégularité: le Code définit la mission comme un accompagnement juridique des étrangers afin de leur permettre un accès effectif au droit, alors que l’appel d’offre limite la mission à une simple permanence d’information. Rien à voir.

    Ce ne sont donc pas des vices de forme ou des questions périphériques. C’est le cœur du sujet : les sans-papiers ont des droits. Et la France peut conduire les politiques qu’elle veut, dans ce domaine comme dans les autres. A une condition : respecter la loi. Le vice fondamental est que Brice Hortefeux – il n’est pas le seul – pense qu’en matière de politique de l’immigration, le respect des droits est un handicap.

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