01.12.2009
Banlieues : Les disparités se sont accrues en 5 ans
Mon cher Eric, tu trouveras ci-dessous ma contribution au débat sur l’identité nationale. Il s’agit d’une synthèse du rapport annuel de l'Observatoire national des zones urbaines sensibles (Onzus). Rappelle-toi : le 1er août 2003, avait été publiée la loi d'orientation et de programmation pour la ville et la rénovation urbaine. Son objectif était de réduire les inégalités en banlieue pendant une période de cinq ans, pour que la France soit encore plus belle et tout le toutim.
La référence, ce sont 751 quartiers, dit zones urbaines sensibles, regroupant une population totale de 4,4 millions de personnes.
Commençons par le seuil de pauvreté, soit 908 euros/mois. En 2006, 30,5% des habitants des Zus vivaient sous ce seuil, chiffre en augmentation à 33%. Pour le reste du territoire, le pourcentage est 12%. Le revenu par habitant de ces Zus représente 56% de celui mesuré au sein des agglomérations les abritant. Vous cherchiez les ghettos : vous avez trouvé. Chez les mineurs, le taux atteint 44,3%. Près d'un mineur sur deux. 
On poursuit avec le taux de chômage, passé de 17,2% en 2003 à 16,9% en 2008. Une remarquable diminution de 0,3. La loi de 2003 ambitionnait de réduire d'au moins un tiers le nombre de chômeurs dans les Zus sur une période cinq ans. Autre ambition : rapprocher le taux de chômage des Zus de celui de l’agglomération de référence. C’est raté : 17% pour les Zus, et 7,7% pour les autres quartiers des agglomérations. Les jeunes sont les premières victimes du chômage : un sur 4 est inactif, contre un sur 8 dans les centre-villes. En 2008, le taux de chômage des hommes de 15 à 24 ans originaires de ZUS a explosé, atteignant 41,7 %.
Pour la sécurité, c'est plus inattendu. La délinquance de proximité est inférieure de 12% dans les Zus par rapport à leurs circonscriptions de rattachement mais « le sentiment d'insécurité au domicile ou dans le quartier est plus important ».
S’agissant de l’éducation, le bilan n'est pas bon. Le taux de réussite au brevet a certes progressé, mais dans le même temps, l'écart entre les collégiens des Zus et les autres a augmenté, passant de 9,9 à 12,1 points. La réussite aux baccalauréats généraux, technologiques ou professionnels dans les établissements en Zus reste inférieure aux moyennes nationales.
Le génial programme national de rénovation urbaine (PNRU) de l’alibi Fadela Amara a pris deux ans de retard. Oui, mais ce retard va être rattrapé grâce à « une accélération des engagements ». Nous voici rassurés.

07:43 | Lien permanent | Commentaires (12) | Envoyer cette note | Tags : banlieue, inégalité, discrimination










