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inégalité

  • Notre princesse menacée de trois ans d’emprisonnement ?

    Sous la présidence de mon excellente consœur, bonne gaffeuse par ailleurs, Yaël Braun-Pivet (La République en marche), la Commission des lois a adopté des mesures radicales contre l’emploi de la proche famille par le personnel politique : interdiction totale, pour le conjoint, le partenaire de pacs, le concubin, les parents et les enfants, et en case de manquement, c’est passage direct en correctionnelle avec à la clé trois ans d’emprisonnement et 45 000 euros d’amende.

    La première chose qui m’a rassuré, c’est cette maîtrise du législateur pour encourager l’illégalité, si ce n’est l’immoralité : un politique peut embaucher sa maîtresse ou son amant, mais ni son épouse, ni son époux. Donc si tu entretiens une relation cachée car contraire à la loi, tu peux encore embaucher ta petite chérie, ce sera parfaitement légal. Ouf ! Les parlementaires sont rassurés.

    La seconde chose qui m’a inquiété, et beaucoup, c’est le sort de notre princesse, qui est la collaboratrice de notre bon et juste prince, mais qui est aussi son épouse, ce qui va lui valoir trois ans de prison… Que faire, alors que son rôle est manifestement indispensable au bon fonctionnement des institutions de la République ?

    La première solution serait de divorcer, mais il faudrait aussi ne plus cohabiter, car le concubin est également visé par la loi. Il faudrait donc redevenir aux amours clandestins, mais est-ce compatible avec le bon fonctionnement des institutions de la République ?

    Aussi, la seconde solution a été de créer un statut spécial pour la princesse, pour que, de tout le monde politique, elle soit la seule à pouvoir être collaboratrice de son mari. Le statut discriminatoire a pour mérite de souligner que nous ne sommes pas de la même classe. De plus, on va lui attribuer budget, ce qui est une première dans l’histoire du pays, et va permettre de mettre fin à cette hypocrisie sur l’égalité des êtres humains, qui a fait tant de mal à notre société.

    macronie, inégalité

  • La vie d’un gendarme français ou d’un enfant yéménite vaut-elle autant que celle d’un journaliste étasunien ?

    Quand nous étions des p’tits gones, nous avions inventé des vélos rigolos, et on se promenait dans la ville à deux à l’heure pour causer des bouchons de gens énervés, avec le slogan : « Ne partez pas en vacances, restez-y ! ». J’aurais bien dû me caler sur cette juvénile sagesse, parce que comme un con, je viens de « rentrer de vacances », et là, c’est le choc.

    J’ai découvert qu’il s’est passé hier le fait le plus grave de l’année, peut-être de la décennie : deux journalistes étasuniens, d’une chaîne de télé locale en Virginie (Etats-Unis, Amérique du Nord, territoire indien occupé), ont été tués par un frapadingue, sur fond de conflit relationnel, et le mec s’est ensuite suicidé. Aussitôt, nos mainstream médias se sont mis à l’arrêt, avec ton grave et mine abattue de circonstance, pleurniche obligatoire, images en boucle qui ne montrent rien, et défilé d’experts aussi divers qu’avariés. C’était la une absolue,… et attention de bien pleurer en chœur !   

    J’ai vite compris que les meurtres, ce mardi dans la Somme, par une brute avinée, d’un père de famille, d’une jeune femme de 19 ans, de son bébé de 9 mois, et d’un gendarme n’étaient qu’un épiphénomène. Ni journalistes, ni étasuniens, là, on joue à peine en promotion d’honneur.

    Je ne parle pas des 40 morts qui ont été retrouvés hier dans la cale d’une barque en bois au large de la Libye, par des gardes-côtes suédois. D’après mes informations, il s’agirait de personnes noires et réfugiées,… alors pourquoi en parler, et même simplement chercher à les identifier ?

    Des victimes du terrorisme, c’est déjà plus vendeur… mais pour ce début cette semaine, je n’ai sous la main que six personnes tuées et vingt-huit blessées dans un attentat-suicide à Damaturu, capitale de l’Etat de Yobe, dans le nord-est du Nigeria. Nigéria ?... Bon… ça n’a pas l’air de passionner les foules. Je remballe.

    Ne désespérons pas : les Nigérians encore, on les compte. Mais pour les Yéménites, on ne compte plus, on en fait des paquets par dizaine, pour nous dire que « des dizaines de Yéménites ont été tués dans des raids aériens sous commandement saoudien et des combats au sol à Taëz ».

    Je n’ai pas besoin de prolonger… Tout ceci témoigne de l’ancrage terrifiant des conceptions inégalitaires au sein de notre humanité. « Libre et égaux en droit… » Suprême hypocrisie. Ça me colle la gerbe au dernier degré.

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  • Banlieues : Les disparités se sont accrues en 5 ans

    Refonte-LOGO.jpgMon cher Eric, tu trouveras ci-dessous ma contribution au débat sur l’identité nationale. Il s’agit d’une synthèse du rapport annuel de l'Observatoire national des zones urbaines sensibles (Onzus). Rappelle-toi : le 1er août 2003, avait été publiée la loi d'orientation et de programmation pour la ville et la rénovation urbaine. Son objectif était de réduire les inégalités en banlieue pendant une période de cinq ans, pour que la France soit encore plus belle et tout le toutim.

    La référence, ce sont 751 quartiers, dit zones urbaines sensibles, regroupant une population totale de 4,4 millions de personnes.

    Commençons par le seuil de pauvreté, soit 908 euros/mois. En 2006, 30,5% des habitants des Zus vivaient sous ce seuil, chiffre en augmentation à 33%. Pour le reste du territoire, le pourcentage est 12%. Le revenu par habitant de ces Zus représente 56% de celui mesuré au sein des agglomérations les abritant. Vous cherchiez les ghettos : vous avez trouvé. Chez les mineurs, le taux atteint 44,3%. Près d'un mineur sur deux. 1979810139_small_1.jpg

    On poursuit avec le taux de chômage, passé de 17,2% en 2003 à 16,9% en 2008. Une remarquable diminution de 0,3. La loi de 2003 ambitionnait de réduire d'au moins un tiers le nombre de chômeurs dans les Zus sur une période cinq ans. Autre ambition : rapprocher le taux de chômage des Zus de celui de l’agglomération de référence. C’est raté : 17% pour les Zus, et 7,7% pour les  autres quartiers des agglomérations. Les jeunes sont les premières victimes du chômage : un sur 4 est inactif, contre un sur 8 dans les centre-villes. En 2008, le taux de chômage des hommes de 15 à 24 ans originaires de ZUS a explosé, atteignant 41,7 %.

    Pour la sécurité, c'est plus inattendu. La délinquance de proximité est inférieure de 12% dans les Zus par rapport à leurs circonscriptions de rattachement mais « le sentiment d'insécurité au domicile ou dans le quartier est plus important ».

    S’agissant de l’éducation, le bilan n'est pas bon. Le taux de réussite au brevet a certes progressé, mais dans le même temps, l'écart entre les collégiens des Zus et les autres a augmenté, passant de 9,9 à 12,1 points. La réussite aux baccalauréats généraux, technologiques ou professionnels dans les établissements en Zus reste inférieure aux moyennes nationales.

    Le génial programme national de rénovation urbaine (PNRU) de l’alibi Fadela Amara a pris deux ans de retard. Oui, mais ce retard va être rattrapé grâce à « une accélération des engagements ». Nous voici rassurés.

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