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industrie

  • Moribond en 2014, PSA va racheter Opel

    De quoi parle-t-on ? Que vaut le discours ambiant ? L’une des bases du consensus est l’écroulement de l’industrie française, menacée par le jeu européen et international. Bon.

    En économie, mes connaissances sont celles d’un brave débutant de première année, aussi je ne m’aventure guère. Ceci étant, je suis capable d’ouvrir les pages économiques de la presse et de me renseigner.

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    Quelle n’a pas été ma surprise en découvrant hier que le PSA, l’un des meilleurs représentants de ce qu’est la tradition de l’industrie française, qui dans ma tête était, après le plan de sauvetage de 2014, une entreprise moribonde ou souffreteuse, a en trois ans remboursé ses dettes nuisibles, dégagé un max de cash, et s’apprête à acheter deux fleurons de l’industrie allemande, Opel et Vauxhall, des filiales de General Motors. Pour ce qui est d’Opel, il y a une coopération avec Peugeot depuis cinq ans, et c’est le moment de confirmer. Et Vauxhall, c’est la première victime du Brexit : les entreprises ont besoin de stabilité.  

    - Attends, tu es en train de raconter qu’une entreprise familiale de Sochaux rachète de grandes entreprises allemandes, en les arrachant à l’empire US ?

    - Oui, c’est exactement ça !

    - Mais les jérémiades incessantes sur l’Europe et la mondialisation qui détruisent nos grandes industries, c’est du bidon ?

    - Ben, on dirait.

    - Et l’autre crétin et sa marinière ?

     - Requiescat in pace.  

    Avec cette opération, qui d’après la presse est financée, Peugeot va devenir le numéro deux en Europe, après Volkswagen, et va rejoindre le club des grands mondiaux, qui vendent plus de 10 millions de voitures par an : Volkswagen, Toyota, General Motors, Renault-Nissan.

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    Je précise que le siège social de PSA est en France, et celui de Opel en Allemagne, deux terres européennes où on paie un max de charges, mais où on trouve des facteurs incroyables de développement, en commençant sur le plan humain.

    Rien n’est simple, et tout se complique comme disait Sempé. Mais, regardons nos vraies capacités : nous avons toute notre place dans l’avenir, il suffit juste d’être réaliste. Comme vous, j’étudie, je m’interroge, j’essaye de traquer les fake : le plus difficile est de parvenir à voir la réalité telle qu’elle est. De ce point de vue, dans notre actualité, l’Europe reste un lieu béni pour le développement économique et le respect des droits.

    - Ben, c'est sûr. Les deux sont liés. 

    - Ah bon ?

    industrie,europe

    Prêt à conquérir le monde

  • Piano pliable : J’en ai rêvé, Chakib l’a fait !

    Il faut que je vous raconte une petite histoire, qui est un bonheur absolu. Ce week-end, je suis parti retrouver notre si belle Méditerranée, sur la presqu’île de Giens, glorifiée par le poète Saint-John Perse. Dans le coffre de la voiture, il y avait une petite valise, genre valise de cabine. À peine arrivé, je suis aussitôt reparti pour m’installer face à la mer, sous un généreux soleil de février, qui embellissait la mer de tant de reflets argentés. J’ai choisi un point exposé, face à la mer, bien calé sous de grands pins odorants, j’ai ouvert la petite valise, et j’ai sorti mon piano pliable,… qui s’est déplié moins de 30 secondes.

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    Comme il n’y avait personne ce jour-là, et pas de vent, j’ai pu jouer avec le son à fond, et c’était merveilleux. Le son magnifique du piano, face à la mer et qui allait se perdre dans la forêt des pins parasols... Si cela avait pu gêner qui que ce soit, je prenais mon casque, et là je serais parti pour un autre monde : la magie du spectacle engloutie par la musique.

    Ce bonheur, il vous attend tous. Le piano glissé dans la valise, c’est maintenant pour tout le monde. Vous pouvez jouer sur un quai d’Amsterdam ou à Istanbul, face au Bosphore. Vous pouvez jouer sur un bateau, sur le sommet d’une montagne, dans un coin adoré de votre ville… Vous pouvez jouer de jour ou de nuit, à l’aube ou face au soleil couchant. Dans la nuit froide et ventée de Giens, j'étais installé devant la mer éternelle, du côté de la forêt des chênes-lièges, et les notes du piano qui se perdaient dans le bruissement des feuilles, c’était à pleurer. Heureusement, j’avais à portée de la main un très honorable Laphroaig 18 ans d'âge, et tout s'est bien passé. 

    Cette histoire, ce n’est plus un rêve. C’est une réalité grâce à Chakib Haboubi, ami si généreux, inventeur de génie, pianiste… et père de famille. Car tout a démarré avec une problématique de père de famille.

    C’est le départ en vacances, la voiture est bien chargée, et là survient le drame : impossible de glisser le piano numérique, trop long et encombrant avec son 1,60 m, soit 1,80 m avec l’étui. Au revoir piano, je te retrouverai au retour.

    Au retour ? Chakib est revenu avec une idée : il faut plier le piano pour pouvoir le glisser dans la voiture à côté des autres valises ! Donc, tout simple : on coupe le piano en trois pour le plier en deux.

    Une idée de génie, puis trois ans à se passionner, avec quelques galères, pour convaincre, sans un rond d’avance, les plus érudits des techniciens afin de réaliser cet exploit. Rue89 Lyon raconte cette belle aventure.

    Ne vous trompez pas. C’est une révolution pour le piano, pour les pianistes, et pour notre voluptueuse et si sympathique maîtresse : la musique.

    Chakib et sa société, Adèle H – Victor Hugo over all – met en place la production et organise un plan de commercialisation à partir de septembre. Areva est en faillite, EDF fait de la mendicité auprès de Ségolène, nos grosses entreprises pataugent, et la bourse est dans le tourment… De tout, ça se contrefiche ! Le piano pliable, c’est un marché d’un milliard de personnes, de la Chine à la Laponie, du Sahara à la Patagonie, de Gaza à Pointe-à-Pitre. Alors, tout va bien se passer.

    Chopin, tu peux revenir et tu ne seras pas déçu : Chakib t’a réservé un de ses pianos. Tu trouveras un son somptueux, Chakib a fait marner tous ses amis concertistes. Pour acheter le piano pliable, il faut encore un peu attendre, mais vous pouvez faire des réservations en m’adressant un mail, que je transmettrai à Camila, l’adorable et adorée sœur de Chakib.

    Prochaine étape : 100 000 pianistes jouant avec leur piano pliable dans les endroits les plus invraisemblables du monde, pour un concert planétaire. Et vive la vie !

  • Alstom franco-français, c’est fini

    Après les épisodes glorieux des pompes d’Aquilino et le réchauffement des relations entre François et Valérie, une nouvelle aventure attend notre équipe de choc : l’avenir d’Alstom. Après Arcelor-Mittal et SFR, voici à nouveau la pérennité de l’industrie en France sur la table.

    Je n’ai jamais compris pourquoi l’aller-retour vers Istanbul (272 €) était au même niveau que celui vers Lyon (260 €), mais la fierté de passer sur le quai de la gare devant la locomotive Alstom du TGV, enviée dans le monde entier, calmait ma curiosité. Bon, le problème est que j’ai appris hier qu’Alstom était à la ramasse, et que la direction cherchait à vendre la firme, fleuron de l’industrie française, pour ne pas boire le bouillon.

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    Wahou ? Vous étiez au courant vous ? Alstom est en discussion avec General Electric (GE), pour que le mastodonte US rachète l’activité énergétique d’Alstom, soit 70% du CA. Pour situer, GE est, avec 140 milliards d'euros de CA et 300 000 salariés, cinq fois plus gros qu’Alstom. GE a une déjà une forte implantation en France, avec un siège à Belfort et 11.000 salariés, contre 18.000 pour Alstom. Les pourparlers GE/Alstom ont été rendus publics samedi, et depuis hier, Siemens se démène pour faire une contre-offre.

    Pour ma part, en écoutant la semaine dernière Ségo nous expliquer que la transition énergétique allait créer 100 000 emplois, j’étais trop content pour mon beauf’, qui est cadre chez Alstom. Je l’ai appelé ce soir, et pour lui c’est net :

    (1) Alstom est effectivement dans la panade, avec le poids lourd qu’est la stagnation du marché du nucléaire, et Bouygues l’actionnaire principal qui a besoin d’argent et qui veut vendre.

    (2) Tant qu’à faire, il faut mieux que l'affaire se fasse avec GE, peu présent sur les équipements énergétiques, ce qui peut booster l’excellent savoir-faire d’Alstom, alors que Siemens, le concurrent de toujours, est sur les mêmes marchés et les mêmes produits, avec un gros risque de casse. D’ailleurs, c’est pour cela que Siemens avait été écarté du plan de sauvetage d’Alstom en 2004… De plus, les affaires de Siemens ne sont pas au top, et le groupe en est plus à vendre qu’à acheter… ce qui lui impose un looping de haute voltige.

    (3) Alstom-GE, ça peut devenir une force de frappe, et Siemens a alors du souci à se faire.

    (4) Alstom replié sur le transport, son second métier (70% pour l’énergie, et 30% pour le transport), ça peut le faire, mais ça va être serré, alors que Siemens pourrait apporter des marchés.  

    Le conseil d'administration d’Alstom a annoncé une décision pour mercredi.  

    De ce qu’on lit, GE aurait proposé 9,4 milliards € pour acheter branche énergie d'Alstom, qui fait un CA de 14 milliards d'euros, et les choses sont assez avancées. Siemens a fait une offre d’un montant proche, mais c’est moins précis car Alstom et Siemens ne sont pas des amis mais de rudes concurrents. Côté équipe de France, c’est plus que mou : Areva, Schneider Electric ou GDF-Suez n’ont rien à proposer. Depuis dimanche, Siemens se démène et multiplie les arguments pour se présenter comme la base pour un plan européen, parle de réinvestissements en France, et écarte tout plan social.  

    Que peut faire l’Etat ? Alstom est une entreprise 100 % privée, et l’Etat n’a pas beaucoup de marge. Pas facile, alors que la concurrence est vive, d’apporter de l’argent – qu’il faudrait emprunter… – ou de se porter caution pour un refinancement par Alstom, alors que la grande question est la rétraction du marché. Impliquer un fonds qatari ? Rien à voir avec GE qui a l’argent,… et le métier ! La seule vraie prise pour le gouvernement est ce qui touche au nucléaire, qui est la cause sacrée.

    Nous allons dans les jours qui viennent vivre le feuilleton en direct pour l’avenir d’Alstom, mais un fait bien brutal est déjà acquis : Alstom franco-français, c’est fini. 

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  • Et Volvo est devenu chinois…

    quand-chine-seveillera.jpgLe nouveau monde économique se dessine sous nos yeux : Volvo racheté à Ford par un industriel chinois. Ce qui semblait impensable il y a dix ans est devenu presque banal.

     

    L’indien Tata avait sauvé les marques Jaguar et Land Rover, et c’est le chinois Geely qui récupère Volvo. Ford, qui avait acheté Volvo Cars pour 6,6 milliards de dollars en 1999, a revendu son trésor pour 1,8 milliard, et après trois années de lourdes pertes : 164 millions de dollars en 2007, 1,46 milliard en 2008 et 660 millions en 2009. Cumulez les pertes d’exploitation et la décote à la vente : un vertige !

     

    L’accord a été conclu hier à Göteborg, le siège de Volvo, et le vice-président chinois Xi Jinping était présent dans la capitale, Stockholm. Volvo Cars, c’est 22.000 employés dans le monde dont 16.000 en Suède : il ne manquait que l’accord des syndicats sur le plan de cession, et c’est fait.

     

    Le financement ? D’après le Financial Times, 500 à 800 millions de dollars prêtés par la Banque d'investissement européenne, 500 millions de dollars par les gouvernements suédois et belge, le solde étant apporté par des banques chinoises, des collectivités locales et Geely lui-même. Magnifique victoire pour le patron du groupe automobile Geely, Li Shufu.

     

    Parce que si Li Shufu est aujourd’hui un des grands boss de l’industrie chinoise, son ascension a été fulgurante. Geely était une entreprise familiale active sur le secteur des réfrigérateurs, et ne construit des véhicules automobiles que depuis 1997.

     

    Le monde va vite, et tout change très vite. Heureusement, nous avons Eric Zemmour et Stéphane Guillon pour nous éclairer sur les grandes questions du moment. Le gouvernement nous prépare un loi contre la burqa. Et la Gauche mobilise toutes ses forces pour s'opposer à la réforme des collectivités territoriales. Tout ceci me rend confiant, car je vois que nous abordons l'avenir avec lucidité et réalisme.

     

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