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infanticide

  • Quand la solitude est plus forte que la vie

    dessinsg4.jpgDeux infanticides après deux grossesses pour une mère de famille, incarcérée jeudi à Narbonne. Une vie trop lourde, et un solitude comme un abîme pour cette femme, qui semblait si loin du désarroi pour ceux qui la côtoyait.

    Ingénieur de formation, elle travaille dans l'exploitation agricole de ses parents, près de Castelnaudary. Mariée et trois garçons aujourd’hui âgés de 9, 11 et 16 ans. Elle a quarante ans, et le couple a flanché. Elle a cherché l'espoir, l'amour ailleurs, et entretient une relation cachée avec un amant. Il s’en suit deux grossesses, et deux naissances en janvier 2006 et juin 2007. Mais ça, personne n’en saura rien. On ne sait pas parler. Ni le mari, ni l’amant, ni les trois enfants, ni la famille. Des murs entre les vies.

    Personne ne saura rien non plus de la mort de ces enfants, qui ont été à peine vivants. Vivants juste le temps de respirer. Elle a accouchée seule, sur la banquette arrière de la voiture, isolée, loin dans les bois. Elle a aussitôt étouffé les enfants, les a placés dans un congélateur, quelques jours pour le premier, quelques heures pour le second, avant de les incinérer. Des journées de mort, et le soir la bise aux enfants.

    Mais il faut avancer. En 2009, c’est le divorce. Les deux parents donnent tous les gages d’équilibre et de mesure, et le juge aux affaires familiales prononce le divorce avec une garde alternée pour les enfants.

    A la mi-septembre 2009, c’est une tentative de suicide. Elle est à bout, hantée par ce double infanticide. Elle rencontre une psychologue, et enfin des mots commencent à sortir. Dans le cadre de cette thérapie, elle parle de l’histoire. Une force immense, insensée, pour parvenir à faire sortir ces mots de l’enfer. Pour la psycho, les faits relèvent du secret professionnel, comme des secrets confiés. Le risque pour autrui est alors inexistant, et la psycho ne dénonce pas, comme le Code pénal l’y autorise. Mais elle explique à cette femme que personne ne peut vivre avec de tels faits sur la conscience, et que dans la civilisation, la justice est la meilleure réponse au crime.

    La 5 octobre, la femme écrit au procureur de la République de Carcassonne une lettre dans laquelle elle s'accuse du double infanticide. L’histoire ne tient pas, et le procureur demande aux gendarmes d’enquêter. L’ex-mari, l’amant,… personne n’a rien à dire de cette histoire qui ne tient pas la route. Oui, elle déprime, au point de vouloir se suicider, oui, il faut qu’elle se soigne… Mais qu’elle se soigne pour quel mal ?

    En octobre, la femme vient encore consulter son avocat. Le message ne passe pas.

    Cette fin février, les gendarmes de Castelnaudary sont arrivés à réunir des charges, au milieu de mille interrogations.  La femme est placée en garde-à-vue le 23 février, présentée au juge d’instruction de Narbonne qui le 25 lui a notifié un mise en examen pour infanticide, et elle a été écrouée.

    Elle encourt la réclusion criminelle à perpétuité.

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  • Le pharmacien avait empoisonné son fils

    dessin_cour_assises.jpg« Je reconnais être coupable de la mort de mon fils, mais en aucun cas avoir voulu empoisonner mon épouse ». Xavier s’exprimait hier à la barre de la Cour d’assises de Meurthe-et-Moselle. Il est jugé cette semaine pour l’empoisonnent de son fils, Alexis, et pour une tentative d’empoisonnement de son épouse, Carine.

     

    Tous deux étaient pharmaciens, jeunes internes au CHU de Nancy, lorsqu’ils se sont mariés en 1997. Alexis est né en 2000, mais le couple patauge. C’est très difficile, très compliqué.

     

    En 2004, l’épouse, souffrant de douleurs gastriques et de malaises peu explicites, doit être hospitalisée à trois reprises. Elle pense à un empoissonnement, et porte plainte. Classé sans suite. Réglez vos histoires de couple, et tout ira mieux.

     

    La procédure de divorce est engagée. Xavier a une nouvelle amie, mais avec ce divorce à gérer, ça ne marche pas, et la nouvelle amie le quitte. Le jugement est rendu à la mi-juin : la résidence habituelle de l’enfant est fixée au domicile de la mère, qui habite désormais à Pontarlier, dans le Doubs.

     

    Le 2 juillet, Xavier vient chercher l'enfant au domicile de la mère. C’est l’exercice du droit de visite, pour ce mois de juillet. Premier mois de vacances, seul à seul avec Alexis.

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    Dans la voiture, l’enfant est pris de vomissements et de somnolences. Xavier se rend aux urgences de l’hôpital de Nancy en début de soirée. Mais l’état s’aggrave, et les médecins ne peuvent rien faire. Le jeune enfant meurt le 3 juillet 2005 à une heure du matin.

     

    Carine fait part de ses soupçons, et porte plainte. Une première enquête et des expertises toxicologiques conduisent à arrêter Xavier. Placé en garde à vue le 1er août, il reconnait avoir administré à son enfant de l'azoture de sodium, un poison violent dont la toxicité est comparable à celle du cyanure.

     

    Du coup, le premier dossier, celui de la tentative d’empoisonnement de celle qui était alors l’épouse est réouvert. Xavier nie, mais le juge d’instruction a retenu les charges, et la cour d’assises est saisie des deux séries de faits.  

     

    Et pourquoi tuer cet enfant, juste après le divorce ? Un jeune père séparé, un bon travail, des contacts réguliers avec l’enfant… que du bien banal. Le procès va durer toute la semaine. L’audience devra  dire si doit être retenue la tentative s'agissant de l’épouse en 2004, et peut-être de comprendre le pourquoi s'agissant de l’enfant.

     

    Hier, le psychiatre expert a avancé, face à la cour, trois explications possibles à cet empoisonnement : « Un, faire disparaître Alexis pour discréditer son ex-femme ; deux, pour que sa nouvelle compagne, qui l'avait quitté en raison de son statut de divorcé et de père de famille, revienne ; trois, puisque la situation était insoluble, puisqu'il était de facto éloigné d'Alexis depuis le divorce, pour que tout le monde souffre ».

     

    La peine encourue est la perpétuité. Verdict vendredi soir.

     

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    L'homme qui chavire - Giacometi

  • 25 ans de prison pour le meurtre de son enfant

    woman%20jail.jpgUne jeune femme de 19 ans qui assassine son enfant 13 mois. Le procès des mots qu’on ne trouve pas s’est tenu cette semaine devant la Cour d’assises d’Ille-et-Vilaine.

    David est né le 11 septembre 2005. Sa mère, Aline, a 17 ans. Le père ? C’est d’abord Junior, un jeune homme rencontré à Redon, dont elle est très éprise. Mais Julien n’y croit pas, et quitte la région. L’enquête permettra de savoir que le père n’était pas Julien. Aline, mineure, est hébergée chez ses parents. La naissance du bébé, c’est de la joie pour toute la famille. Beau et simple, comme la vie. Aux yeux de tous, Aline est une mère heureuse, et qui s’occupe bien de son enfant.  

    Un an plus tard, Aline qui gagne sa vie comme serveuse dans une cafétéria, quitte le domicile des parents, et s'installe dans un logement HLM, à Redon. Elle s'ennuie quand David dort. « J'avais du mal à assumer. C'était difficile d'être seule ». Alors, Aline invente Noémie, un copine qui s’occupe du David quand elle n’est pas là, et qui seconde la nourrice, disponible le temps du travail. Une autre vie de mensonge et de fuite, qui finira par un crime. Le 24 octobre, Aline part rencontrer ses copines, pendant que Noémie garde l’enfant. C’est-à-dire que David, qui a à peine plus d’un an, reste seul. Pour Aline, l’ambiance avec les amies, c’est mieux que la vie dans le petit HLM de Redon. David restera seul pendant 24 heures.

    Le 30 octobre, tout craque. Elle étouffe puis étrangle son fils de quatorze mois, avant de le jeter dans un étang, à proximité du domicile. Le surlendemain, elle déclare à la gendarmerie un enlèvement, mais sa thèse ne tient pas. Elle est placée en garde-à-vue, et reconnait l’assassinat. Explications ? Que dire,… et si difficile de parler. Motif – ou plutôt étincelle – du prison.jpgpassage à l’acte : elle venait de perdre la nourrice, ce qui risquait de l'obliger à quitter son emploi. Non, ça ne tient pas…. « Ça me fait trop mal d'en parler ».

    Aline est mise en examen et placée en détention. Deux ans plus tard, à 21 ans, elle était cette semaine devant la Cour d’assisses d'Ille-et-Vilaine

    Une expert-psychiatre a souligné le caractère « immature » d'Aline, qui se trouvait « dans une misère sociale et affective », une misère qui « est une clé du processus aboutissant à l'infanticide ».

    Pour l'avocat général, Catherine Denis, cette misère affective ne justifie rien. « Elle s'est construit cette image. Elle invente des histoires, raconte des mensonges auxquels elle s'accroche. Son fils était devenu un obstacle. Peu à peu, l'idée de le tuer a émergé. Elle voulait l'effacer de sa vie pour continuer son chemin ».

    « Elle voulait s'assumer comme une grande, mais n'y est pas parvenue. Elle s'est retrouvée dans une impasse, face à des difficultés qui lui paraissaient insurmontables. Son passage à l'acte est l'aboutissement d'un long processus », explique son avocate Me Christine Person.

    Les propos de la jeune femme ont conclu les débats : « Mes gestes ont été cruels. J'ai pris la vie de mon fils, mais je le porterai toujours dans mon cœur. »

    La Cour a condamné Aline à une peine de 25 ans d’emprisonnement.  

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    Jean Martel, La Prison de l'Esprit

     

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