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  • Cool, Eolas…

    L’affaire est a priori moins grave que le bombardement intentionnel de l’hôpital de Kunduz par l’armée des États-Unis (Amérique du Nord, territoire indien occupé) et moins complexe que les nouveaux rapports de force qui se dessinent au Proche-Orient autour de l’affaire syrienne. Et si une faute est en jeu, elle est en toute hypothèse bien moindre que celle des huiles de notre gouvernement, qui après avoir fait semblant la semaine dernière de s’égosiller sur la décapitation publique puis la crucification d’un mineur en Arabie Saoudite, se préparent à une tournée triomphale dans ce pays afin de signer des contrats plus pourris les uns que les autres avec les financeurs du terrorisme international.

    Notre affaire c’est 2000 € d’amende avec sursis, et 5000 € de dommages et intérêts, prononcés par l’excellent Tribunal correctionnel de Nanterre pour des faits de diffamation et d’injure. Un tel jugement ce n’est pas un traumatisme absolu, car il suffit de passer au greffe pour signer une déclaration d’appel ce qui anéantit le jugement et permet de reprendre les débats devant l’excellente Cour d’appel de Paris.

    L’affaire, vous en savez tout, et s’il y a besoin vous pouvez lire ici ou .

    Tout le monde se régale à lire les billets et tweets de l’anonyme Maître Eolas, et il faut bien constater que ce qui faisait l’objet de cette procédure n’était sans doute pas du meilleur cru, notamment pour ce qui argumentait à 0,80 m (debout… et 0, 40m assis).

    Alors pourquoi avoir débranché ?

    Le droit au silence qu’invoque Maître Eolas mérite le respect, mais nous empêche pas d’en parler. Restons cool.

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    1/

    Les avocats sont légalistes, et une condamnation par un tribunal correctionnel est toujours une chose importante. Le contre-modèle, c’est le lunaire dépressif Zemmour qui venait juste d’être condamné pour incitation à la haine raciale et qui partait se faire ovationner à une réunion de l’UMP. Pauvres gens... C’est le problème des incultes qui n’ont pas compris que la loi existe, qu’elle est le moyen de nos libertés, et que c’est le juge qui applique la loi,… ni vous, ni moi !

    Je m’estime innocent et je pense que le tribunal a tout faux : may be, mais le respect de la loi suppose celui du juge, et donc le temps de la réflexion. Peut-être que j’avais vu faux, et peut-être que le tribunal me l’explique... Un jugement est motivé, c’est-à-dire qu’il expose une raison logique. Nous sommes lassés de toutes ces personnalités, qui confrontées à un jugement de condamnation, annoncent immédiatement qu’elles font appel sans même avoir lu le jugement…

    2/

    L’anonyme Maître Eolas est dans la vie réelle un non-anonyme avocat, et un avocat condamné par un tribunal correctionnel se pose nécessairement des questions, d'autant plus que le pénal fait du pied au disciplinaire. C’est un coup. Nous aussi soyons cool : on peut lui ficher la paix quelques jours, le temps de sa réflexion.

    3/

    La réflexion attendue de chaque citoyen devant la sentence judiciaire est d’autant plus nécessaire lorsque la personne concernée est un auxiliaire de justice. La loi laisse 10 jours pour faire appel, alors même si la tendance est l’immédiateté de tout et partout, prendre 10 jours pour décider de contester le jugement d’un tribunal devant une cour d’appel, il n’y a rien de trop.

    4/

    La censure sur Internet et l’impossibilité de tweeter sur la justice… Je vois déjà apparaître la polémique et franchement c’est hors-jeu. Il n’y a aucun principe en cause dans cette affaire, et tout porte sur la gestion de la limite : état limite… et ta limite ?

    5/

    L’Institut pour la Justice Machin, ces allumés de la répression contre-productive, peuvent gagner un procès et même une médaille en chocolat lors d'un concours de chorale. On compte sur eux pour mettre en scène nos peurs, un shoot tellement délicieux pour refuser de comprendre, et imaginer un monde de gentils et de méchants... Mais qu’il conduise le si apprécié Maître Eolas dans le monde du silence, c’est le phantasme du vice qui croit anesthésier la vertu.

    Cool, Eolas, remonte sur ton cheval…

    diffamation,injure,avocat,liberté d'expression

  • Les cons en correctionnelle : La justice va être débordée

    Enfin un plan de relance de l’activité pas con, avec la jurisprudence Bedos : poursuivre au tribunal ceux qui traitent autrui de « con » ou de « conne ». Avec 60 millions d’habitants en France, et qui ne sont pas que des cons, ça doit représenter chaque jour quelques millions d’infractions : con, conne, espèce de con, fais pas le con, pauvre conne, fait chier ce connard, t’es vraiment un con, putain ce qu’il est con celui-là… Cas grave, cette connerie d’autoaccusation : te me prends pour un con.

     

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    Bref, les cons fusent et diffusent. Aussi, coller tous ces petits cons au tribunal avec une prune à la con de cent euros d’amende pour chaque infraction, et on aura vite comblé le déficit de l’Etat, ce que ces cons de politiciens ne savent pas faire.

    Premier de la liste, Guy Bedos, un sacré con, renvoyé devant le tribunal correctionnel de Nancy pour avoir traité la députée européenne UMP Nadine Morano de « conne ». Une analyse pourtant pas totalement conne au regard des apports puissants de ladite député à la pensée collective du Parlement européen. Un siège qui est le résultat d’une manip à la con : virée de partout, elle avait été recasée là par Sarko qui, pas con, voulait l’exiler pour ne plus en entendre parler.  

    Je précise bien que je ne mets pas en cause la décision du juge d’instruction, qui en droit de la presse, a une marge d’action extrêmement limitée, ce qui est bien con, mais cette conne de loi est ainsi faite. Hormis un vice de procédure, le juge d’instruction est obligé de transmettre. En recourant à cette connerie de plainte avec constitution de partie civile, notre victime à la con cherche à piéger médiatiquement l’intervention du juge : « Ce n’est pas moi, mais le juge ». Sauf que le juge, là, est obligé de transmettre. Finalement, c’est l’histoire d’une conne nous prend pour de cons. Comme disait notre grand ami Jean Yanne : « C’est pas possible ! Pour être aussi con, tu as appris ».

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  • «Casse-toi, pauvre con» : Quand l’UMP justifiait Sarko...

    Les p’tits bonhommes de l’UMP étaient bien rigolos hier à jouer les effarouchés indignés par le mur des cons. Quoi, comment, on exerce des fonctions publiques et on traite les autres de cons ? Et pourtant, quand Monsieur Nicolas Sarkozy, alors président de la République, avait injurié un visiteur du salon de l’agriculture de « casse-toi, pauvre con », les mêmes p’tits bonhommes chantaient tous en chœur pour justifier cette réponse.

    C’est donc pour moi l’occasion vous présenter le mur des surdoués du blog. De grands artistes de cirque.

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    Premier sur le mur, le collaborateur de l’injurieur, le génial et pas con du tout François Fillon. Pour lui, c’était une affaire de mecs : «Le président de la République, c'est un homme. Ce qui compte, c'est aussi la façon dont on réagit, c'est la transparence. Il n'y a pas d'hypocrisie dans l'attitude du président de la République. Franchement, je préfère ça».

    Voilà donc un bien bel argument pour la plaidoirie du Syndicat de la Magistrature devant le CSM : « pas d’hypocrisie… » Peut-être faire citer Filllon comme témoin pour être sûr de ne pas trahir cette fine analyse ?

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    Bien accrochée au mur, la pas con du tout Valérie Pécresse, Sinistre de l'Enseignement supérieur, qui n’avait vu qu’un «geste d'agacement», et rien ne permettant de «porter un jugement ni sur la personnalité, ni sur l'attitude d'un chef de l'Etat». Surtout, pas de quoi en faire «une polémique». Pas de polémique, tu as raison ma chérie… Je t’adore.

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    Un chouïa faux cul mais pas con, Xavier Bertrand, Sinistre du Travail, justifiait la réponse présidentielle car on «n'a pas le droit dans ce pays d'humilier le président de la République». Ben voilà : le mec a cherché, il a reçu, et vive la vie.

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    Une mention spéciale au pas con mais viril Michel Barnier, estimant que le président avait répondu «d'homme à homme» à quelqu'un qui «l'agressait verbalement». Et oui, mon ami Michel est un gars de rue, un viril !

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    Le blog décerne une médaille au pas con Roger Karoutchi qui avait loué le «calme» et la «sérénité» de Nicolas Sarkozy, assurant qu'à la place du président, il aurait peut-être «mis une baffe» à l'homme. Pas vrai, Roger, avec des petits biscoteaux ? Allez fais nous rire...

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    Un autre gamin des rues, recyclé dans la politique, le toujours jeune et pas con Jean-Pierre Raffarin : «C'est un dialogue privé, d'homme à homme, assez direct, assez viril». Ah ces chouchous de la virilité… Pour eux, tu es viril si tu sais insulter… Super ! Dis Jean-Pierre-Le-Viril, si jamais tu as cinq minutes, parle nous de la parentalité, ça doit être virilement assez croquignolesque…

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    Eh bien sûr, une place d’honneur sur mon mur des surdoués de la politique pour notre ami Brice Hortefeux, alors Sinistre de l’Intérieur : «les hommes politiques ne sont pas des carpettes sur lesquelles on doit s'essuyer les pieds».

    On essaie le copié/collé ? Oki : «les magistrats ne sont pas des carpettes sur lesquelles on doit s'essuyer les pieds». Ouais, ça marche ! Merci Brice, vraiment ton argument n’est pas con ! 

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  • Un perroquet est-il protégé par la liberté d’expression ?

    C’est une affaire redoutable que va devoir trancher le tribunal de Rhode Island (US) : peut-on prononcer une condamnation du fait d’un perroquet insulteur ?

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    Le contexte politico-diplomatique est celui des amours déçus entre deux habitants de cette ville, Madame Taylor et Monsieur Fontaine. Ils s’aimèrent, se marièrent, puis se séparèrent et donc se relogèrent. Une tragédie déjà rencontrée dans l’histoire de l’humanité, mais qui se double d’une belle comédie car Monsieur Fontaine s’est réinstallé chez le voisin immédiat, qui se trouve être une voisine immédiate, Madame Melker, et Monsieur Fontaine s’est remarié avec Madame Melker.

    La rupture se semble pas tout-à-fait apaisée, et la passion des amours contrariés de Madame Taylor et Monsieur Fontaine est aussi tonique qu’un concentré moléculaire de trois épisodes de L’amour est dans le pré.

    Dernière saillie de Madame Taylor : elle a appris à Willy, son perroquet, à insulter ses voisins, et en fait, surtout sa voisine. Le fidèle Willy s’en prend ainsi régulièrement à Madame Melker, l’honorant de la qualification de « putain » et autres compliments associés.

    Alors, est-ce une injure ? une diffamation ? la description d’un trait de caractère ?

    Madame Melker a porté plainte, mais en engageant le combat judiciaire sur le fondement de la loi qui sanctionne les volumes sonores excessifs émis par les animaux.

    A l’évidence, elle prend ainsi un sacré risque, car il suffirait que Willy apprenne à chuchoter, et ce pourrait être du canardage de « putain », à bas bruit, mais à feu continu.  

    La défense de Madame Taylor a soulevé une exception de procédure, soutenant que la loi pénale sur les niveaux sonores émis par les animaux est trop incertaine, et donc anticonstitutionnelle.

    Rien du tout, vient de répondre le juge, et le procès va se poursuivre.

    Si le niveau sonore est jugé excessif, il restera alors à plaider sur la liberté d’expression.

    D’abord, le juge sera nécessairement sensible à la fidélité de Willy, plus attaché à sa patronne que l’ex de celle-ci, lequel est allé faire son nid chez la voisine, se montrant ainsi plus volatile que le brave Willy.

    Ensuite, il n’est dit nulle part que les mots d’un perroquet ne puissent pas bénéficier des dispositions du 1° amendement, car ce qui est protégé, c’est l’expression de opinions, et non pas celui qui s’exprime.

    Alors, liberté d’expression pour les perroquets ? Affaire à suivre, et qui pourrait intéresser au plus haut point Libé, si j’en juge par le choix de ses unes de ces jours-ci.

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  • Italie : «Tu n’as pas de couilles» est une injure

    L’histoire est une affaire de famille, entre deux cousins. Vittorio est avocat, Alberto est juge de paix…et tous deux s’accrochent au tribunal de Potenza, dans la région de Basilicate, au Sud de l’Italie Le ton monte, et le juge de paix (assez combattif...) reproche à son cousin « de ne pas avoir de couilles ».

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    Vittorio décide de saisir la justice, s’estimant injurié alors qu’Alberto soutient que l’expression, entrée dans le langage courant, relève juste du langage coloré. Le tribunal donne raison à Vittorio, mais la cour d’appel le 24 janvier 2011 réforme le jugement et innocente le juge Alberto. L’affaire est alors venue devant la Cour de cassation, qui ne parvenant à rapprocher les parties, à du trancher l’affaire… et vient de condamner le juge.

    La décision a été signée par un homme, le juge Maurizio Furno, et elle retient pour motivation : « Outre la vulgarité du terme échangé, l’expression est de surcroît injurieuse. Elle implique non seulement un manque de virilité de la personne visée, mais aussi une faiblesse de caractère, un manque de détermination, de compétence et de cohérence, autant de vertus, qui, à tort ou à raison, sont identifiées comme appartenant au genre masculin ».

    La Cour a tenu compte du fait que le propos avait été tenu sur le lieu de travail et en présence de tiers, ce qui avait porté atteinte à la réputation de Vittorio. On peut ainsi penser que, dans un autre contexte, on en serait sans doute resté à une expression haute en couleur, mais n’atteignant pas le seuil de l’injure. Le débat n'est donc pas clos...

    Mais quand même, la Cour de cassation nous la joue macho.

    La première partie de la motivation est nickel : « Outre la vulgarité du terme échangé, l’expression est de surcroît injurieuse. Elle implique non seulement un manque de virilité de la personne visée, mais aussi une faiblesse de caractère, un manque de détermination, de compétence et de cohérence ».

    Très bien, mais pourquoi avoir ajouté : « …autant de vertus, qui, à tort ou à raison, sont identifiées comme appartenant au genre masculin ».

    Il reste à attendre une dispute entre cousines, et un nouveau procès, pour amener la Cour de cassation italienne à préciser sa pensée sur les vertus « identifiées comme appartenant au genre féminin ».

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