25.12.2009
Noël sur le pont Khaju, à Ispahan
Aux dernières heures la nuit, Téhéran est encore et déjà vibrionnante. Rien ne s’arrête dans cette ville immense qui pousse toujours ses limites. Direction le Sud, et une heure et demi plus tard vous arriverez à Qom. L’une des plus anciennes villes d’Iran, de grande tradition religieuse, et devenue célèbre dans le monde entier car c’est d’ici que Khomeiny avait commencé à défier l’autorité du Shah. Quelques heures dans les rues, dans l’une des grandes universités, et vous comprenez vite que cette ville est une capitale et que beaucoup de choses s’y jouent, loin du tumulte de Téhéran.
Reprenez la voiture et repartez en direction du Sud, pour plus de deux cents kilomètres à travers un désert impressionnant, avant d’arriver dans une magnifique oasis, à environ 1 500 m d’altitude. Soudain le calme, la douceur de l’air, un incroyable lumière, et une autre société : vous voici à Ispahan, l’ancienne capitale de l’Empire Perse. Ispahan, c’est près de 10 siècle de grande architecture, depuis le XI° siècle. Allez vous garer vers la Place Naghsh-e Jahan, un ensemble unique classé au patrimoine de l’humanité. Il faudra revenir ce soir, visiter et flâner, entre les jardins, les mosquées, les palais, le bazar…
Repiquez vers le centre-ville pour traverser Ispahan par une grande avenue arborée, paisible et bavarde. Arrêtez vous un instant dans l’un des nombreux restaurants de la ville pour déguster des défilés de grillades, et laissez vos pas vous guidez vers la rivière, la Zayandeh, et le pont Khaju construit vers 1650. Une merveille. Attention, ce n’est qu’un pont, mais vous n’en êtes pas sorti ! Le pont Khaju, c’est le pont du délice. C’est un pont d’un plus de cent mètres, construit sur deux étages : le premier étage est un barrage, qui régule la Zayandeh, tumultueuse en hiver, sèche en été ; le second étage, c’est pour la traversée.
Mais tout se complique. D’abord, ce pont est d’une architecture remarquable, avec ces enchevêtrements d’arches. Admirez. Ensuite, si on passe sur le pont pour le traverser, on y vient surtout pour y rester. Car, ce pont est un morceau de ville. Un café, un salon de thé, et les arches qui cachent autant de lieux de vie et de rencontre, à l’abri des regards, avec la vision dégagée du second étage, ou dans le calme apaisant du premier étage, l’eau de la Zayandeh apportant la plus douce des fraicheurs et une musique qui se renouvelle sans fin.
Ce soir, je ne suis pas à Ispahan mais j’y étais il y a peu, et j’ai en tête bien des visages amicaux, à qui je veux dire « Joyeux Noël », et à bientôt.














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