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jack lang

  • C'est Jack Lang qui a raison

    C’est Jack Lang qui a raison. Et ça ne m’amuse guère de le dire, car rien dans le personnage, ni dans l’action politique récente ne m’attire la sympathie.

     

    Jack Lang, s’est une série de pitreries. Parmi les récentes, ses nuits de bringue avec Laurent Gbagbo à Abidjan (cliquez ici pour voir la vidéo), ou une école portant son nom, à Beuvry-la-Forêt (Nord), inaugurée par lui-même, en qualité de député. Il aura fallu un jugement du tribunal administratif de Lille pour débaptiser l’école « Jack Lang » au nom du principe de neutralité Et puis cette prétention dès qu’il y a deux mots à dire… Insupportable.

     

    Mais il n’empêche que sur le vote au Congrès, Jack Lang a été le seul socialiste cohérent.

     

    Le vote concernait un texte de 47 articles amendant le Constitution. Toutes dans le bon sens, sauf une. Le texte renforce les pouvoirs du Parlement et rogne ceux du Président. Maîtrise de l’ordre jour, limitation du recours au 49-3, limitation du nombre de mandats présidentiels à deux, référendum d’initiative populaire, encadrement des nominations, instauration d’un défenseur des droits… Dans le même temps, le président de la République n’exerce plus la présidence du Conseil supérieur de la magistrature, et les citoyens obtiennent la possibilité de saisir le conseil constitutionnel. Des réformes demandées depuis longtemps par le Parti socialiste.

     

    Seule bizarrerie : le président de la République, qui a ce jour s’adresse aux parlementaires par des messages qui sont lus hors sa présence, au nom de la séparation des pouvoirs, acquiert la possibilité de s’adresser à eux directement, des deux assemblées réunies en Congrès. Voilà la faille, l’horreur, l’abomination. C’est la recherche du pouvoir absolu, que notre poussiéreux Badinter décrit comme l’apogée de la monocratie. Et Pasqua qui applaudit bruyamment cette fine analyse ! Tout le PS qui peut s’engouffrer : « Ne vous trompez-pas, c’était là le seul but de Sarkozy ! » Ridicule. Le texte autorise une prise de parole qui peut être suivie d’un débat sans vote, et le débat doit avoir lieu après que le président de la République ait quitté les lieux. Donc, il suffît à l’opposition de ne pas se rendre à la séance. Le président fait un discours devant les parlementaires qui le soutiennent, et il n’y a ni débat contradictoire, ni vote. Voilà le crime identifié par Badinter… Le parti socialiste lui ayant concédé sa capacité de réflexion juridique, l’affaire est close. Ce sera non, car le danger est trop grand… J’hallucine !  

     

    Quel spectacle ! Vous avez pu voir le martial Montebourg suant et soufflant à la tribune du Congrès. Il se rêvait dans les habits de Condorcet et de Robespierre, mais il n’avait pu piquer aux célèbres révolutionnaires que le string. Et encore le modèle hawaïen ! Et notre brave Ayrault, commissaire politique sans politique, nous distillant que Jack Lang s’était mis en dehors du parti. Mais comment se trouver en dehors de quelque chose qui n’existe pas ? Le PS n’est plus que le PM, le Parti des Maires, joyeux élus locaux, avec petit ventre et conseillers en com’ nourris par les subsides de la décentralisation. C’est la modernité socialiste : désormais les 2CV roulent au diesel. Ce texte était bon, et il fallait le voter. Le voter comme une série d’aménagements, qui ne valait pas une crise. Car ce qui pose problème, ce n’est pas le texte, mais la pratique du pouvoir.

     

    D’abord, c’est l’élection présidentielle qui précède les législatives : le député devient structurellement un godillot. Les socialistes ne risquent pas de dénoncer ce qui est le vice fondamental. C’est une invention de Jospin,… et tous les prétendants espérèrent en profiter après une (hypothétique) victoire.

     

    Ensuite, Sarkozy gouverne d’une main de fer. Il serait un homme d’ouverture s’il avait lâché les baskets de l’UMP. Non, il blinde son contrôle de l’UMP. Il a même refusé que son successeur soit élu, de peur que cela confère la moindre indépendance. Il se mêle de tout, annonce toutes les mesures politiques et étouffe le premier ministre. Il contrôle toutes les nominations, et veut nommer lui-même le patron de la télé publique. Depuis l’Elysée, il veut construire un groupe de presse selon ses désidératas. Et ainsi de suite.  

     

    Tout ceci fait que la position du Parti socialiste était incompréhensible, et qu’il y aura de lourdes additions à payer. Le Congrès du Parti socialiste sera passionnant, et ébouriffant d’audace, c’est évident. Peut-être, première priorité, les socialistes parviendront-ils à définir une attitude cohérente vis-à-vis de Sarkozy ? Va savoir… Ce serait déjà un bon début.

     

    Si ça continue comme ça, c’est Sarkozy qui regrettera cette réforme constitutionnelle, car lui viendra l’idée d’un troisième mandat… 
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