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  • Lisa Ono, Java Jazz Festival 2015

    Parfois, la musique est tellement belle qu’on en tombe. Alors, chères amies, chers amis, merci de rester au dodo ou de choisir le plus enveloppant de vos fauteuils, si possible installé sur un voluptueux tapis. Prévoir aussi, à portée de main, tous les breuvages nécessaires, et vu les circonstances, je vous recommande l’un des si variés thés du Japon, ou – immense diversité aussi – une bonne bouteille de saké ou de shôchû.

    Lisa Ono est née à Sao Paulo, avec des parents musiciens qui avaient la tête entre le Brésil et le Japon, et à dix ans, toute la famille s’est installée à Tokyo. Le reste est une masse de travail, pour Lisa, et un pur régal pour nous. Brésil et Japon dans l'âme d'une grande musicienne, c'est un joli chemin...

    Cela fait vingt-cinq ans que Lisa Ono brille et enthousiasme les publics. Encore, vingt-cinq ans et elle fera l’ouverture d’un festival en France, si, si, je vous assure.

    Ce 7 mars, elle était au magnifique Java Jazz Festival 2015, à Jakarta (Indonésie). Les musiciens sont au top, mais hélas je ne trouve par leur nom. Merci à eux...

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  • La Cour Internationale de Justice sauve la peau des baleines

    La Cour Internationale de Justice (CIJ) a rendu un bien bel arrêt qui porte un sérieux coup de frein à la pêche à la baleine. Alors qu’un moratoire sur la pêche commerciale est signé depuis 1986, le Japon avait mis au point un programme de recherches scientifiques … qui n’était qu’un camouflage. Fin de partie, a jugé la Cour.

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    La pêche commerciale de la baleine est interdite par la Commission baleinière internationale (CBI), l'organisme international chargé de la protection des cétacés et de la régulation de la chasse à la baleine, à la suite d’un moratoire conclu en 1986, et signé par le Japon. Très bien. Mais un an plus tard, le Japon avait entrepris un programme de « chasse scientifique » dans l'océan Austral,... qui n’était la poursuite de l’activité commerciale sous un faux nez.

    La CBI l’a vite vu, car elle a elle-même défini des programmes de recherche, qui n’avaient rien à voir. Les négociations ont repris et en 1994, la CBI a déclaré l'océan Austral « Sanctuaire baleinier ». Mais rien n’y a fait, malgré maintes résolutions de la CBI, et maintes expertises internationales. L’hécatombe se poursuivait : 14 000 cétacés tués pas les pêcheurs japonais, essentiellement dans l'Antarctique.

    C’est l’Australie, soutenue par la Nouvelle-Zélande, qui en juin 2010 a décidé de porter l’affaire en justice, et devant la Cour Internationale de Justice.  L’audience s’est tenue en juin, et la CIJ a rendu hier son délibéré : le programme n'est pas conforme aux conditions requises par la réglementation internationale. La Cour « ordonne au Japon de révoque tout permis, autorisation ou licence déjà délivrés pour mettre à mort, capturer ou traiter des baleines dans le cadre de Jarpa II (Japanese Whale Research Program under Special Permit in the Antarctic) et de s'abstenir d'accorder tout nouveau permis ».

    Pour la Cour, il n’est pas besoin de tuer les cétacés pour conduire des recherches, et de plus, ce programme, qui refuse la coopération internationale, n’a rien de convaincant. D’ailleurs, les publications scientifiques sont restées bien minces. Bref, rien de sérieux, alors que le programme Southern Ocean Research Partnership (SORP) conduit par l'Australie, le Brésil, les États-Unis dans l'océan Austral est très satisfaisant.

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    Le porte-parole du ministère japonais des affaires étrangères, Noriyuki Shikata, a déclaré que son pays « regrettait et était profondément déçu » par cette décision, mais qu'il s'y conformerait. De ce que je lis, cette passion japonaise relève surtout de la fierté nationale, car la viande de baleine n’est pratiquement plus consommée. Le Japon va peut-être tenter de mettre au point un nouveau programme de recherche, mais la marge est mince compte du caractère très motivé de l’arrêt de la Cour, sur 70 pages.

    Deux autres pays pratiquent encore la pêche à la baleine, l’Islande et la Norvège, qui n’ont pas signé le moratoire de 1986. La Norvège est en tête. Elle a attribué l’an dernier à ses pêcheurs un quota de 1286 baleines de Minke dans l’Atlantique Nord, soutenant que les réserves le permettent. Seules 590 ont été pêchées,… car le marché ne suit pas ! Il faut dire que pour faire un grill, c’est plus facile avec une sardine…

    Les discussions vont donc reprendre, mais la page se tourne : la CIJ a sauvé la peau des baleines.

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  • Les B52 US en Mer de Chine : Quo vadis ?

    Le Prix Nobel de la Paix Obama a décidé hier d’envoyer des B52 – sans bombes – faire un tour en Mer de Chine. La Mer de Chine étant en effet dans la banlieue de Washington, tout est parfait. Bon, c’est un peu plus compliqué, et voici quelques infos autour de l’archipel de Senkaku-shoto, en japonais, ou Diaoyutai, en chinois. Une mise au point nécessaire, car cet archipel va devenir le centre du monde.

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    Nous sommes dans la Mer de Chine, et l’archipel regroupe cinq îles et trois rochers inhabités. 7 km2, et aucune habitation. La Chine est à 400 km, et le Japon à 600 km.

    Le Japon estime que ces îles lui appartiennent. Pour la Chine, cette revendication est une usurpation.

    Les enjeux 

    La trame est la rivalité ancestrale entre la Chine et le Japon. C’est toute l’histoire de la région, et c’est chaud depuis la nuit des temps.

    Ensuite, vient le contrôle de la Mer de Chine et de l'espace aérien, une question stratégique dans cette zone où va se concentrer la richesse du monde dans les cinquante prochaines années : Chine orientale, Japon, Corée du Sud, Taiwan, Philippines, Viêt-Nam… Si vous avez un îlot de souveraineté, vous pouvez dessiner autour les eaux territoriales, votre zone d’influence maritime et le contrôle du trafic sur mer et pour l'espace aérien…

    Ajoutez que le contrôle des eaux territoriales, c’est aussi celui du plateau continental, et qu’on trouve là-bas des richesses importantes en pétrole et en gaz.  

    Vient enfin le plus chaud, à savoir l’accord de défense entre le Japon et les US. Toute attaque des dépendances japonaises permet d’appeler l’assistance militaire des US. Pas question pour les US de faillir, car ce serait la fin de leur influence sur la grande zone Pacifique, jusqu’à l’Australie.

    Ainsi, des actes de souveraineté de la Chine à propos de ces îlots seraient considérés comme des actes de guerre par le Japon, et appelleraient une réponse US, qui se trouverait en confrontation directe avec la Chine,… Chine qui dans dix ans aura détrôné les US comme première puissance mondiale, pour peu que les autorités de Pékin tiennent la maison…

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    L’histoire

    Les Chinois ont découvert l’archipel au XIIIe, et s’y sont tenus jusqu’au au milieu du XIXe. En 1884, un industriel japonais s’y est installé pour exploiter les produits de la mer. En 1894, c’est la guerre sino-japonaise de 1894, conclue par le traité de Shimonoseki du 17 avril 1895, qui a attribué à Tokyo la propriété de Taïwan et « des îles en dépendant ». Le texte ne nomme pas les îles  Senkaku-Diaoyu… mais laissant l’ambiguïté. Les traités de fin de guerre, c’est rarement bon.

    On passe ensuite à 1945, avec la défaite japonaise. Les îles sont alors placées sous le contrôle des États-Unis (Amérique du Nord). En 1969, elles sont revendiquées par Taiwan, et par la Chine, mais, dans le contexte de la Guerre Froide, c'est du vent : les îles Senkaku/Diaoyu sont restituées au Japon.

    Ainsi, entre 1884 et 1969, la Chine a fait peu de choses pour défendre sa souveraineté sur ces îles. Y-a-t-il eu abandon ? Un point qui pèsera beaucoup si la CIJ est saisie. 

    On passe aux choses sérieuses avec le rachat par le Japon de trois des îles Senkaku à leur propriétaire privé japonais en septembre 2012. Le gouvernement chinois a réagi très vivement, et ont suivi une série de manifestations antijaponaises. Le 13 septembre 2012, la Chine a déposé auprès du Secrétaire général des Nations Unies (Convention de Montego Bay de 1982, article 16§2) le tracé des « lignes de base », à savoir les limites extérieures de la mer territoriale de Chine, incluant les îles litigieuses. C’est l’acte par lequel la Chine a juridiquement revendiqué la souveraineté sur les îles Senkaku/Diaoyu, et c’est aussi le début du vrai conflit.

     

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    Et ce 23 novembre...


    Accélération ce 23 novembre : la Chine a défini sa nouvelle zone de défense aérienne, qui inclut l’archipel. Les avions de ligne doivent fournir à la Chine leur plan de vol précis, afficher clairement leur nationalité et maintenir des communications radio permanentes.

    C’est la grosse grosse crise. Les autorités de Tokyo ont convoqué l'ambassadeur de Chine à Tokyo, et les autorités de Pékin ont fait itou avec l'ambassadeur du Japon en poste en Chine.

    Le  Premier ministre japonais Shinzo Abe a dénoncé la décision : « Je suis très inquiet car c'est une chose très dangereuse qui peut conduire à un incident imprévisible », et le Japon a annoncé qu’il allait créer une force spéciale pour assurer la défense des îles Senkaku.

    Chuck Hagel, secrétaire US à la défense, a répliqué que les îles Senkaku sont incluses dans le Traité de sécurité nippo-américain, et qu’en cas d’agression, Washington défendrait le Japon. Depuis Genève, John Kerry a dénoncé dimanche une « décision unilatérale » et averti qu'« une escalade ne fera qu'accroître le risque d'un incident ».

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    Le vol de B-52

    En laissant deux B-52 non armés, partis de l’île de Guam, survoler la zone, sans déposer au préalable de plan de vol, les Etats-Unis ont voulu tester la détermination chinoise, à la veille de manœuvres américano-japonaises.

    Les US qui ont perdu toutes les guerres engagées en dehors de leur frontières, et qui n’arrivent toujours pas à créer une Sécurité sociale crédible, larguent le Moyen-Orient pour tenter de dernières cartouches dans la Mer de Chine. Ceux qui ont perdu toutes leurs guerres depuis soixante ans croient-ils s’imposer dans la Mer de Chine ? Allez…

    Que sera le monde sous le leadership de la Chine et de la Russie ? Nous verrons dans dix ans, mais pour l’instant, c’est le spectacle des dernières batailles d’un Oncle Sam, déjà bien affaibli. 

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    La Chute, Jean-Baptiste Martin 

  • Kaori Kobayashi, étoile du jazz japonais

    Peut-être retenus par des contingences, n’avez-vous pas eu le temps de vous rendre au Java Jazz Festival 2013, ce début mars à Jakarta. Bon, pour cette fois, ça passe, mais l’an prochain il me faudra un mot d’excuses des parents ou un certificat médical. Le centre du monde est l’Asie, et les musiciens ne s’y sont pas trompés. Cette année on trouvait les locomotives du jazz : Marcus Miller, Stanley Clarke, Joey DeFransesco, Larry Coryell, Spyro Gyra, Chuco Valdes, James Carter, Roy Hargrove…

    Le principe est assez simple. Tout se tient sur trois jours dans un grand centre de congrès. Ça commence à 16 h et ça finit à deux heures du mat’, et les lieux de concerts se démultiplient pour accueillir plus de cinquante concerts par jour pendant trois jours. C’est une immersion totale ! On en voit tellement et on en rate tellement qu’en partant, on prend déjà les billets pour la prochaine édition. Et puis l’Indonésie en mars, chaleur étouffante et pluie, vous êtes vite dans l’ambiance. Jakarta est un ville-monde, bluffante et épuisante, et on se déplace facilement dans ce pays, le 4° plus peuplé, et le plus grand archipel du monde, près de 18.000 iles….

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    Le festival invite les vedettes, mais il fait aussi la part belle aux jeunes artistes asiatiques, et plonger dans cette ambiance vous fera vite oublier les longues heures de vol. Les talents sont légion, et ils n’ont peur de rien, se saisissant de tout, réinventant tout, et avec quel enthousiasme... Voici une saxophoniste-flutiste japonaise de grand talent, Kaori Kobayashi, et ses quatre amis, qui forment un groupe particulièrement efficace. On est entre rock-jazz et jazz-rock, ça balance en folie, et ce n’est que de la joie.

    Le concert démarre sec avec England Funk  et un très rock One. Le petit orchestre assure un max. Sur Lovin' U, Kaori Kobayashi est magnifique à la flute traversière. Nothing's Nothing Gonna Change My Love For You est fait pour parler au monde entier, et on imagine la joie de Kaori qui met vraiment tout son cœur sur la fin du morceau. Le meilleur est à la fin du concert, avec Great India et City Lights qui montrent toute la puissance de ce jazz généreux, joyeux et conquérant. En attendant qu’un festival invite Kaori Kobayashi et ses amis en douce France.

    https://www.youtube.com/watch?v=_0ZguYzwOyI

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  • Yuzuko Horigome s’est fait saisir son violon !

    japon, belgique, allemagneYuzuko Horigome est une très grande violoniste japonaise vivant en Belgique. En 1980, elle a remporté le Premier Prix du Concours Reine Elisabeth à Bruxelles, et elle a embrayé une carrière internationale impressionnante. Les CD suivent au CD, et elle joue dans le monde entier, et toujours avec son précieux violon, œuvre du luthier italien Giuseppe Guarneri del Gésu, de 1741. 

    Yuzuko Horigome en a fait l’acquisition en 1986, et à ce jour le violon est estimé à un million d’euros. 

    Il y a de cela une dizaine de jours, Yuzuko Horigome rentre d’un concert au Japon, et elle transite au retour par l’aéroport de Frankfort, qu’elle fréquente régulièrement. 

    Avec sa valise et son violon, elle passe la douane au titre du « rien à déclarer » quand elle se fait bloquer par les douaniers, qui lui demandent « Et le  violon ? ».

    Yuzuko Horigome explique que c’est son violon depuis 25 ans, qu’elle vit en Belgique, et passe son temps à jouer de ce violon. Rien, du tout, le violon a été acheté hors zone européenne, et il faut payer la TVA. 19 % sur un million, ça fait 190 000 euros. Et les douaniers dressent un procès verbal confisquant le violon dans l’attente du paiement.

    Yuzuko Horigome bondit chez elle pour justifier de son achat, mais ça ne suffit pas aux douaniers qui veulent la justification d’une déclaration aux douanes. Entre temps, ils ont ajouté une amende du même montant que les droits, et la somme à payer est désormais de 380 000 euros. Et en attendant, le violon reste au coffre !

    Au Japon et en Belgique, l’affaire a pris de l’ampleur et un porte-parole du gouvernement allemand a indiqué que le violon pourrait être rendu, si était apportée la preuve qu'il lui est nécessaire pour son travail…

    Alors, le violon d’un concertiste est-il nécessaire pour son travail ? On peut espérer que les douanes allemandes vont l’accepter, mais pour la taxe, ca sera autre chose…

    japon, belgique, allemagne

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