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johan hufnagel

  • 20 minutes.fr: l'enquête piétine

    20 minutes.fr : L’enquête piétine. Avec l’aide de Jean-Paul Gandolière, le procureur la République de Bourg-en-Bresse, ça irait plus vite… L’enquête sur la mise à pied de Johan Hufnagel progresse à peine. Tout juste quelques hypothèses.  

     

    Johan Hufnagel, le rédacteur en chef a fait l’objet d’une mise à pied conservatoire, dans l’attente d’un entretien, lui-même préalable au prononcé d’une sanction.

     

    Une mise à pied conservatoire répond à l’article L. 1332-3 du Code du travail : « Lorsque les faits reprochés au salarié ont rendu indispensable une mesure conservatoire de mise à pied à effet immédiat, aucune sanction définitive relative à ces faits ne peut être prise sans que la procédure prévue à l'article L. 1332-2 ait été respectée. » L. 1332-2, c’est la convocation à un entretien préalable. L’entretien est fixé au 22. Légalement, une mesure pourra être annoncée à partir du 24. Notez sur vos agendas.

     

    L’entretien est fait pour causer. Et il peut très bien arriver qu’après entretien, on décide d’en rester là. La vie reprend son court. Ce n’est pas l’hypothèse majoritaire, surtout lorsqu’il s’agit d’un cadre, car on n’est pas obligé d’agiter l’article L. 1332-3 pour discuter entre gens de bonne compagnie.

     

    Et puis, l’article L. 1332-3 parle de « faits reprochés » qui rendent « indispensables une mesure conservatoire ». Donc, une mise à pied conservatoire suppose des reproches, et des reproches tels que la mise à l’écart à effet immédiat est indispensable. Bigre. La jurisprudence précise bien qu’il s’agit du terrain disciplinaire, et notamment par un arrêt de la Cour de cassation n° 98-43029 du 28 novembre 2000.

     

    En droit, la suite ? Soit rien, le contrat de travail reprenant son cours après une discussion orageuse, soit un licenciement pour faute grave. Avec éventuellement une transaction, mais après coup. Et la faute grave c’est quoi ? Une immense diversité, qui répond au cadre défini par la jurisprudence de la Cour de cassation : « un fait ou un ensemble de faits imputable au salarié qui constitue une violation des obligations découlant du contrat de travail ou des relations de travail d'une importance telle qu'elle rend impossible le maintien du salarié dans l'entreprise pendant la durée du préavis » (Soc. 26 février 1991, n° 88-44908).

     

    En langage profane, cela signifie que ni la loi, ni la Cour de cassation ne disent explicitement ce qu’est une faute grave. Il revient à l’employeur de prouver, au cas par cas, ce qui a rendu indispensable le départ immédiat. Grosse difficulté pour les employeurs : retenir la faute grave implique une réaction immédiate, et le fait d’avoir su et toléré établit que le fait n’était pas si grave que ça. Il faut réagir vite, ou c’est cuit.  

     

    Est-il arrivé qu’un employeur, un jour, engage la procédure de mise à pied conservatoire avec licenciement pour faute grave à la clé, pour finalement reconnaître un peu plus tard qu’il s’était emballé, voire que c’était le seul moyen de se saisir d’une situation, et qu’il est prêt à payer des pots cassés ?  Ca arrive, comme il arrive aussi que ce soit le Conseil de prud’hommes qui le dise.

     

    Les collègues décrivent une manière brutale, mais c’est la loi, et plus d’un salarié est passé à cette moulinette là. Ce n’est pas « 20 minutes » pour faire les bagages, c’est « une minute »… Ce sont des périodes épuisantes et déstabilisantes. Je suis frappé que le débat public s’intéresse toujours aux licenciements économiques, qui sont minoritaires. Les licenciements prononcés pour motif personnel laissent souvent des blessures profondes, même si la personne retrouve ensuite, ailleurs, de belles perspectives professionnelles.

     

    Voilà pour le droit. Que sait-on des faits. Pas grand-chose, mais quand même.

     

    L’hypothèse de la boule de pétanque comme goutte d’eau qui fait déborder le vase a fait long feu. Johan Hufnagel n’était pas à la rédaction ce jour-là, et il serait difficile de soutenir que ce trait d’humour noir puisse « rendre indispensable le départ immédiat ».

     

    Il faut aller chercher ailleurs, et les regards se tournent vers le job du rédacteur en chef. Rien d’évident non plus. Au premier coup d’œil, « 20 minutes.fr » a pris un sacré coup de neuf depuis l’arrivée de Johan Hufnagel. Le site est passé de 300.000 visiteurs uniques à plus de deux millions, faisant de « 20 minutes.fr » le quatrième site d’informations générales sur le web, derrière lefigaro.fr, lemonde.fr, et lci.fr. Le tout avec de vraies idées rédactionnelles. Difficile de trouver la matière à griefs, ou alors ils auraient déjà été notifiés.

     

    Alors, histoire de sous ?  Ah, là, tu commences à me parler… Pour avoir des chiffres, il faudra attendre, mais la presse économique avait expliqué que « 20 minutes » serait bientôt rentable. Donc ne l’était pas encore. Quelle part pour le « 20minutes » papier, quelle part pour « 20 minutes.fr » ? Je ne trouve rien de solide. Mais je peux imaginer qu’existent des différends quant à la manière de rentabiliser ces deux millions de visiteurs. Ce n’est pas une hallucination que d’envisager un débat, du style.

    - Deux millions de visiteurs, c’est parce qu’il y a une qualité de rédaction et une pub contenue.

    - Oui, mais le marché est notre loi, et sans rentabilité assise, pas de développement du journal.

    Et après, qu’une discussion de ce type puisse conduire à des différends, et à des clashs…

     

    J’arrête. Il y a trop d’hypothèses et l’ADN n’a pas encore parlé.

     

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