Avertir le modérateur

juge instruction

  • Dis Sarko, c’est vrai que t’as touché 800 000 euros en liquide ?

    bettencourt, juge instructionL’immunité de Sarko est plus blindée que sa voiture. Oki. Le juge d’instruction de Bordeaux voit passer Sarko sous ses fenêtres et ne peut rien faire. Mais sur un blog, on a plus de pouvoir qu’un juge,  ligoté par le Code de procédure pénale.

    Alors, mon Sarko, je te remercie de répondre à ces deux questions :

    -          Est-ce que, pour ta campagne de 2007, tu as touché 800 000 euros en liquide de Liliane Bettencourt ?

    -          Si la réponse est oui, comptes-tu rendre cet argent ?

    Je te pose ces questions un peu pénibles en toute amitié car, figure-toi, que le juge – un petit pois bordelais – cherche à savoir, et Patrice de Maistre, l’ancien gestionnaire de fortune de Liliane Bettencourt, s’est fait entauler car il n’avait su quoi répondre. La justice, pour l’aider à rassembler ses souvenirs dans le calme et le protéger de toute pression, l’a encabané… ce qui est aussi un moyen de mettre la pression, tu en conviendras.  

    Comme tu es un peu occupé ces jours-ci, je vais te résumer l’affaire.  

    Patrice de Maistre avait été mis en examen depuis le 15 décembre 2011 pour complicité d'abus de confiance et escroquerie aggravées au préjudice de Liliane Bettencourt. En gros, il lui était reproché de construire sa fortune en détournant l’argent de la mamie. Il avait été placé sous contrôle judiciaire, en réglant une caution de 2 millions d’euros. Autant dire que le juge était un peu fâché...

    L’enquête s’est poursuivie, et est revenue de Suisse une commission rogatoire internationale, l’acte par lequel le juge de Bordeaux avait demandé à la police judiciaire suisse d’effectuer certaines investigations. Les questions du juge étaient simples : quels étaient les mouvements de fonds, dont les retraits en espèce, sur les comptes de la mamie pour lesquels Patrice de Maistre avait procuration ? bettencourt, juge instruction

    Les Suisses ont fait le job et renvoyé le tout au tribunal de Bordeaux. Le juge Jean-Michel Gentil y a trouvé du solide… même pour ces trafics en liquide. La banque a donné le détail des retraits en espèces, poste par poste. Difficile à contester… Entre 5 février 2007, le 7 décembre 2009, les Suisses ont retrouvé la trace de 4 millions d’euros passés en douce en France. Ce qui pose deux questions : la fraude fiscale et l’utilisation de ces sommes.

    Patrice de Maistre a dû raconter pas mal de choses au juge, car son audition a duré jusqu’à tard dans la nuit. Là, quand même, ça bloquait, et on a une petite idée du pourquoi de la chose.

    Le juge d’instruction ne décide pas lui-même de la mise en détention. Quand il estime que cette mesure est nécessaire pour l’avancement de l’enquête, il saisit le juge des libertés et de la détention (JLD), qui est seul compétent pour décerner un mandat de dépôt. Mais quand il transmet le dossier à son collègue, le juge d’instruction explique le pourquoi de la chose dans une ordonnance.

    Le JDD a eu cette ordonnance entre les mains et en donne des extraits assez intéressants. Et quelle n’a pas été ma surprise de lire qu’on parlait de toi, mon Sarko !

    Dans son ordonnance du 22 mars, le juge Gentil insiste sur les deux versements de 2007 qui tombent pilepoil pendant ta campagne électorale.

    « Patrice de Maistre et Éric Woerth, le trésorier de l’UMP, ont admis s’être rencontrés une première fois le 19 janvier 2007 à 8h30 dans un bar de Paris situé à proximité du siège de campagne du candidat Nicolas Sarkozy », écrit le juge.

    Le premier versement en espèces de 2007 a lieu le 5 février, soit indique le juge « deux jours avant le deuxième rendez-vous dans un bar entre Patrice de Maistre et Éric Woerth intervenu le 7 février 2007 »

    La deuxième remise de 400 000€, du 26 avril 2007, a lieu « le même jour que la mention de François-Marie Banier d’une conversation de Liliane Bettencourt qui lui confie : ‘De Maistre m’a dit que Sarkozy avait encore demandé de l’argent. J’ai dit oui’ ».

    bettencourt, juge instructionEh, eh, ça se précise…

    L’ordonnance continue : « Il convient de noter que des témoins attestent d’une visite du ministre de l’Intérieur Nicolas Sarkozy au domicile des Bettencourt pendant la campagne électorale de 2007 ».

    Moyennant quoi, le juge d’instruction explique à son collègue : « Des investigations sont donc nécessaires s’agissant de ces premières remises de 2007 ».

    Patrice de Maistre a plaidé sa mise en liberté devant la chambre d’instruction de Bordeaux, qui a rejeté cette demande. Lors de l'audience, l'avocat général Pierre Nalbert a soutenu le raisonnement des juges pour réclamer le maintien en détention, avançant des risques de « pression », « de disparition de preuves » et la nécessité que « M. de Maistre ne puisse nuire aux investigations ».

    Une nouvelle audition par le juge d’instruction aura lieu ce jeudi. On risque de parler de toi... 

    Je crois que le juge raison d’insister. Après sa première mise en examen, Patrice de Maistre avait déclaré : « Je n'ai rien fait de ce qui m'est reproché, j'ai seulement travaillé. Ce que je n'ai pas fait, c'est arrêter un système qui existait depuis 40 ans. Ca aurait été plus facile pour moi de dénoncer ». Dénoncer ? Le juge, sympa, veut lui donner un coup de main.

    Mais toi aussi tu peux l’aider. Tu sais, tu connais bien Patrice de Maistre pour lui avoir décerné la légion d’honneur, alors ne laisse pas un ami dans la mouise. Je compte sur toi.

    En cadeau, je t’offre le lien pour « Voir un ami pleurer », de Jacques Brel.

    bettencourt, juge instruction

  • Pasqua entôlé ? Ca va chauffer...

    rpr.gifLe jugement rendu par le tribunal correctionnel de Paris dans l’affaire de l’Angolagate impressionne d’abord par sa sévérité : six ans ferme pour Pierre Falcone et Arcadi Gaydamak, un an ferme pour Charles Pasqua, 15 mois pour l'ancien préfet Jean-Charles Marchiani, deux ans avec sursis pour Jean-Christophe Mitterrand, un an ferme pour l’avocat fiscaliste Alain Guilloux…

    Un commerce illicite de  matériels de guerre pour un montant de 793.039.977 dollars, avec à la clé trafics d’influence et fraudes fiscales : « Rarement on avait atteint un tel degré dans l'organisation et la dissimulation d'une délinquance générant des profits considérables », affirme le jugement.

    Pierre Falcone, qui avait eu le courage de se présenter à l’audience a été aussitôt incarcéré, alors qu’Arcadi Gaydamak a préféré la fuite, et s’est vu décerner un mandat d'arrêt international.

    Les principaux condamnés ont aussitôt fait appel et Charles Pasqua était dès hier soir sur le plateau de France 2, annonçant un changement de décor pour l’audience devant la Cour d’appel. La-memoire-venimeuse-de-Charles-Pasqua1_articlephoto.jpg

    Pasqua a soudain des idées : « Je crois que sur ces affaires de ventes d'armes, il faut que les choses soient clarifiées. Le président de la République (Chirac) était au courant de l'affaire de vente d'armes à l'Angola. Le Premier ministre (Ballamou) était au courant, la plupart des ministres aussi (Juppé aux affaires étrangères). Moi je n'étais pas compétent dans ce domaine. (…) Je demande au président de la République de lever le secret défense sur toutes les ventes d'armes, sur toutes ces opérations qui ont été réalisées à l'étranger, afin que l'on sache s'il y a eu des retours de commissions en France, et qui en a bénéficié », avant d’ajouter : « J'en ai vu d'autres et je ne me laisserai pas abattre ».  

    Impossible de commenter ce jugement, décrit comme long et argumenté, sans l’avoir lu. Mais quelques enseignements se dégagent, et j’en retiendrai trois.

    menottes-1.jpgPasqua condamné. Pour qui se rappelle ce qu’était la puissance du Monsieur et de ses réseaux, c’est un monde qui bascule, et l’ancien boss du 92, de la Corse, de l’Afrique et des casinos réunis n’envisage certainement pas de partir gentiment à l’ombre en laissant les copains au soleil. Grand moment attendu devant la cour : Ballamou témoignant à l’audience, devant un Pasqua qui a retrouvé la mémoire… La roue tourne, et Jacques Chirac qui attend pour la fin de semaine les conclusions du juge d’instruction dans l’affaire de financement d’emplois fictifs va passer une mauvaise semaine, même si le parquet a requis un non-lieu. Et oui, le parquet estime que le dossier ne laisse pas apparaitre de charges suffisantes à l'encontre de Jacques Chirac, ... mais le juge d'instruction est libre de sa décision.

    L’instruction saluée. Du fait de l’appel, tous sont encore juridiquement innocents. Le jugement du tribunal, plusieurs centaines de pages, très argumentées, est explosé par l’acte d’appel. Mais, pour les appelants, il va falloir désormais contester ce jugement, qui sera la référence pour la Cour d’appel. Ce que je relève, c’est que, s’agissant de ces gros dossiers, instruits par des juges compétents et disposant de moyens, lorsque l’audience ne laisse pas apparaître de coup de théâtre, l’instruction se trouve la trame du jugement. Villepin a de quoi méditer.

    La prison ferme change tout. Pasqua, tout d’un coup, se rappelle que le président de la République et le premier ministre étaient au courant, et il demande la levée du secret défense. Quel dommage que ces souvenirs ne l’aient pas frappé pendant l’instruction, car on aurait sans doute avancé ? Imaginons dans le procès Clearstream, Gergorin condamné a de la prison ferme : peut-être de quoi réactiver des réminiscences sur le pourquoi du comment.

    Une chose est sûre : l’ancien RPR occupe beaucoup la justice… 

    0233-Le-RPR-a-20-ans-Avec-sursis.jpg
Toute l'info avec 20minutes.fr, l'actualité en temps réel Toute l'info avec 20minutes.fr : l'actualité en temps réel | tout le sport : analyses, résultats et matchs en direct
high-tech | arts & stars : toute l'actu people | l'actu en images | La une des lecteurs : votre blog fait l'actu