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  • I am Kenyan ?

    Hier, 147 étudiants ont été tués par un commando de quatre islamistes somaliens shebab à l'Université de Garissa, dans l'est du Kenya. On compte aussi 79 blessés.

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    A 3h30 le matin, les membres du commando ont abattu les deux gardes postés à l'entrée, pour pénétrer dans la résidence universitaire, où étaient hébergés plus de 500 d'étudiants. Les terroristes se sont précipités dans les chambres, et ont tiré tous azimuts. Un carnage... Ceux qui n’étaient pas abattus cherchaient à fuir, dans de terrifiantes scènes de panique. Les forces de l’ordre ont pris position, et nombre d’étudiants ont été pris en otage, avec des exécutions pour qui osait bouger. Dans l’après-midi, les forces de l’ordre ont donné l’assaut. Les quatre terroristes ont été abattus, mais cela a été la troisième phase de la tuerie. Un crime terroriste d’une ampleur rare.

    Animés par la flamme du courage républicain, les braves gens manifestaient à Paris le 11 janvier sous le slogan « même pas peur ». Mais on n'a pas exactement ressenti la même conviction pour maintenir les voyages en Tunisie où, depuis l’attentat du Bardo, les réservations ont chuté de 60%. « Même pas peur » ? A Paris, oui, mais à Tunis… faut voir ». Et pour ce qui est des étudiants de Garissa, c’est « I am Kenyan… or not… ».

    C’était une petite carte postale depuis le pays des indignations sélectives.  

  • Mau Mau : La Grande-Bretagne va payer pour ses crimes colonialistes

    236.500.jpgEvénement historique : le gouvernement britannique a entrepris des négociations avec les représentants des Mau Mau, les premiers patriotes kenyans, pour les indemniser des dommages causé par la répression colonisaliste.

    Après avoir tout tenté pour s’opposer à cette action judiciaire, le gouvernement a fait ses comptes et préfère négocier. C’est une première, qui a vocation à concerner tous les Etats qui composaient l’Empire Britannique. Et il faut espérer que ces lumières britanniques éclaireront la justice et la diplomatie en France.  

    L’affaire concerne le Kenya, et la lutte pour l’indépendance entre 1952 à 1960. Les leaders étaient membres du mouvement Mau Mau, et la répression britannique a été sauvage : 10.000 morts, 90.000 torturés ou mutilés, et 80.000 et 300.000 détenus. Une historienne, Caroline Elkins, a publié en 2005 un livre de référence décrivant ces camps avec «le goulag britannique». Tout ceci était parfaitement connu à Londres. Caroline Elkins fait état d’un rapport du procureur général du Kenya, Eric Griffith-Jones expliquant que les méthodes utilisées « rappellent douloureusement celles de l'Allemagne nazie et de la Russie communiste » et qu'elles restent secrètes: « Si nous péchons, nous devons pécher discrètement ».

    Après l’indépendance en 1962, le nouveau régime avait refusé toute action pour ne pas fâcher  la Grande-Bretagne, économiquement surpuissante, et le mouvement Mau-Mau est resté illégal jusqu'en 2003. Depuis, ces magnifiques combattants du droit ont rattrapé le temps perdu.

    Quatre Mau Mau, torturés et mutilés à l’époque, ont engagé un procès en 2009, alors qu’ils étaient âgés entre 60 et 70 ans. L'un d'eux est décédé depuis. Des masses d’archives ont été rendues publiques. Les traces médicales rendaient les mauvais traitements incontestables, et les autorités britanniques avaient pour défense que la responsabilité incombait au Kenya, au nom de la continuité de l’Etat...{f6876b77-0335-de11-afac-001cc477ec70}.jpg

    Tout avait basculé le 5 octobre 2012, avec un arrêt de la Haute Cour de Londres. Le juge Richard McCombe avait retenu « qu'un procès équitable restait possible » en raison de la présence de preuves pertinentes : « J'estime que la base de documents disponibles est tout à fait substantielle et de nature à dégager un tableau très complet de ce qui se passait dans les cercles gouvernementaux et politiques à Londres et au Kenya durant la loi d'urgence ».

    Le gouvernement avait annoncé sa décision de faire appel, mais le Guardian a révélé qu’il s’était ravisé, et avait entrepris des négociations confidentielles avec les victimes, via leurs avocats. Le Foreign Office se dit prêt à «tirer les leçons de notre histoire». L’avocat des victimes, Leigh Day, a confirmé.

    Les trois combattants Mau Mau ont ouvert la voie, mais la solution devra être globale. On parle de 10 000 familles à indemniser chez les Mau Mau. Mais cette affaire va jouer comme un appel d’air pour les autres peuples colonisés aux temps de l'Empire Britannique.

    La France estime qu’elle n’a pas à traiter ces questions : c’était la guerre, et la guerre est finie… Un point de vue irréaliste car il croit pouvoir passer les droits fondamentaux par pertes et profits, ce qui ne marche jamais. Pourquoi celui-qui a causé un dommage, et des plus graves, ne devrait-il pas réparation ?  

    Et puis ce n'est pas que du droit. C'est aussi de la morale, non ? Morale laïque ? 

    kenya,colonisation,grande bretagne

    De grands défenseurs du Droit

  • Le Kenya défie la CPI

    Uhuru Kenyatta emporte les élections au Kenya et son adversaire, le président sortant, Raila Odinga, conteste mollement sa défaite en annonçant s’en remettre à la Cour suprême. Le pays est calme, et la presse salue cette volonté conciliatrice. Tout va donc au mieux,... à ceci près que Uhuru Kenyatta est accusé par la Cour pénale internationale de crime contre l’humanité et qu’il est attendu pour son procès à La Haye le 9 juillet, avec des audiences prévues pour s’échelonner sur deux ans. William Ruto, un ancien rival devenu allié, est également poursuivi, et attendu le 28 mai à La Haye.

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    En droit, la procédure est incontestable. Le Kenya a ratifié le traité de la CPI le 1er juin 2005, reconnaissant la compétence de la Cour. Précision : depuis 2009, un magistrat kenyan, Madame Joyce Aluoch, est membre de la Cour. Le procureur, informé des violences graves qui ont suivi les élections de 2007 – le climat était alors insurrectionnel et on avait compté 1300 morts – a ouvert un dossier. Compte des éléments de preuve réunis, il a saisi la Chambre préliminaire, une formation de la CPI, qui a autorisé l’ouverture d’une procédure pour des faits de meurtre, viol, autres formes de violences sexuelles, déportation ou transfert forcé de population et autres actes inhumains.

    Alors chef d’Etat et poursuivi pour crime contre l’humanité ?

    La situation est inédite, et va poser des problèmes sérieux sur le plan diplomatique. Les relations d’Etat à Etats ne peuvent qu’être maintenues, mais faudra-t-il ne pas serrer la main au président démocratiquement élu ? Le chef de l’Etat kenyan pourra-t-il se déplacer selon les besoins de la vie politique ? Il faudra nécessairement trouver des aménagements, et ce ne sera pas simple.

    Mais cette victoire électorale est un défi pour la CPI. La tentation facile est de dénigrer la CPI, comme une instance prétentieuse et inefficace. C’est plus complexe.

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    Le fait qu’une personne tracassée par la justice en fasse sa gloire et en profite pour s’acheter une conduite n’est pas réservé à la CPI. C’est un risque à assumer, mais la vraie difficulté est que le CPI est bien mal armée pour répondre à ce défi.

    Il faut d’abord bien distinguer le procureur et la cour. La politique de poursuites résulte essentiellement du procureur, alors que la CPI juge les faits qui lui sont soumis, de manière indépendante et en fonction de règles de droit reconnues. Plus d’une fois la Cour s’est nettement dissociée des accusations du Procureur, et une critique globaliisante ne serait pas pertinente.

    La grande faille est que, par le choix des poursuites, la Cour Pénale Internationale est devenue la Cour Pénale pour l’Afrique. Les faits parlent : les dossiers en cours concernent l’Ouganda, le Congo, la République centrafricaine, le Soudan, le Kenya, le Libye, la Cote d’Ivoire et le Mali. C’est une vraie caricature, de quoi prêter le flanc à toutes les critiques. L’Afrique connaît trop de faits sinistres, mais est-ce le seul continent concerné ?  

    Le Conseil de sécurité ajoute à la confusion. Des pays tels que les US, la Chine et la Russie, qui refusent de reconnaitre la CPI,… la saisissent pour des Etats qui eux non plus n’ont pas ratifié le traité ! C'est le cas pour le Soudan et la Libye, et les pressions sont fortes pour ouvrir un dossier pour la Syrie,… sachant que la CPI ne pourrait rien faire pour des raisons matérielles évidentes. Ces plaintes abusives sont faites pour donner un os à ronger à l’opinion et affaiblir la CPI, que redoutent les puissances.  

    Dans l’affaire de Côte d’Ivoire, on veut juger Gbagbo à La Haye pendant que ses proches sont torturés par les hommes de Ouattara à Abidjan…

    Pour la Palestine,  le procureur a tout fait pour enterrer le dossier. Alors qu’il devait saisir la chambre préliminaire pour que la cour se prononce sur sa compétence, il a choisi, sans aucun fondement légal, d’interroger l’ONU pour savoir si la Palestine avait la qualité d’un Etat,… et quand l’ONU a répondu oui, il n’a pas bronché une oreille.

    Dans son rapport de septembre 2012, le rapporteur spécial de l’ONU pour la Palestine a listé quinze grand groupes internationaux qui permettent la colonisation et en font leur profit, et il appelé à l'engagement de procédures. Mais le procureur de la CPI n’a rien fait.

    Les US pratiquent une politique d’agressions systématiques, violant la souveraineté d’Etats ayant ratifié le traité de la CPI. Les arrestations illégales, suivies de tortures dans des prisons secrètes, sont de notoriété. Le gouvernement US revendique de pratiquer des assassinats en terre étrangère, par les tirs de drones. Et que fait le procureur ? Rien. Il n’y a pas même un communiqué pour dénoncer ces crimes de droit international.  

    Comme toutes les juridictions, la CPI doit s’attendre une part inévitable de critiques, vu le décalage entre le besoin de justice et les moyens de son action. Mais la politique du bureau du procureur, hélas, se limite à la mise en scène de  justice des vainqueurs. Le fait est flagrant, et alors il ne faut pas s’étonner de cette crise d’autorité, qui rend démuni devant une épreuve.

  • La Grande-Bretagne face à son passé de colonialiste et tortionnaire

    C’est une très grande décision de justice qu’a rendue la Haute Cour de Londres ce vendredi, jugeant recevable la plainte de trois patriotes Kényans âgés de plus de 70 et 80 ans qui ont été torturés pendant l'ère coloniale britannique, dans les années 1950.

    Une grande victoire pour les trois plaignants, et au-delà, d’immenses perspectives qui s’ouvrent pour les peuples, par le respect du droit. 

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    Le mouvement Mau Mau

    Les faits datent des années 1952 à 1960, dans ce qui était le Kenya colonisé par les British. Les premiers feux du mouvement d’indépendance ont été ceux de Mau Mau, des patriotes avant-gardistes, qualifiés de terroristes criminels selon la propagande habituelle (encore très couramment utilisée de nos jours).

    L’occupant étant armé (et comment…), la résistance Mau Mau s’est armée. Radicalement non-violent, je dois bien admettre, avec toute la pratique du droit international, que la présence d’un occupant armé légitime la résistance armée. C’est le prix de la paix, et le fautif est l’occupant,… qui doit juste déguerpir chez lui et payer pour les dommages occasionnés.

    La répression britannique a été sauvage et on estime qu’au moins 10.000 résistants Mau Mau ont été tués, dont 1090 pendus.

    La Commission kenyane pour les droits de l’homme a déclaré que 90.000 Kenyans avaient été exécutés, torturés ou mutilés lors de la répression, et 160.000 détenus dans des conditions épouvantables.

    Chez les colons britanniques, le chiffre est connu : 32 morts.

    Le Kenya est devenu indépendant en 1962, miné par les divisions internes qu’avait cultivées les British, et malgré son rôle dans l’indépendance, le mouvement Mau-Mau est resté illégal jusqu'en 2003, date à laquelle l'actuel président Mwai Kibaki a levé l'interdiction.

    Désormais, trône au centre de Nairobi une statue d'un des principaux dirigeants Mau-Mau, Dedan Kimathi, qui avait été arrêté en octobre 1956 et pendu l'année suivante. Il a été réhabilité cinquante ans plus tard, et est aujourd’hui considéré comme un héros de l'indépendance.

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    L’action en justice des trois Kenyans

    C’est dans ce contexte que prend place l’action en justice engagée par quatre Kenyans torturés au cours de la révolte des Mau Mau, en 2009. L'un d'eux est décédé depuis.

    Les trois Kényans, une femme et deux hommes âgés de 60 à 70 ans – Jane Muthoni Mara, Paulo Muoka Nzili et Wambugu Wa Nyingi – affirment avoir été torturés et victimes d'abus sexuels alors qu'ils étaient en détention dans un camp britannique. Deux d'entre eux ont été castrés par leurs gardes, et la femme a été violée.

    Les autorités britanniques n’ont pas trop contesté les tortures, trop évidentes, mais elles ont plaidé d'une part la prescription, et d'autre part la responsabilité du Kenya indépendant, au nom de la continuité de l’Etat. Ben voyons... En partant, ils gardent sur place leurs services secrets et le contrôle de l'économie, mais la responsabilité, c'est pour eux.

    La Haute Cour, sous la signature du juge Richard McCombe a estimé « qu'un procès équitable restait possible » en raison de la présence de preuves pertinentes : « J'estime que la base de documents disponibles est tout à fait substantielle et de nature à dégager un tableau très complet de ce qui se passait dans les cercles gouvernementaux et politiques à Londres et au Kenya durant la loi d'urgence ».

    Le gouvernement, foncièrement épris de justice, a annoncé sa décision de faire appel.

    Dans le cadre du procès, le Foreign Office a été obligé de rendre public toutes ses archives se rapportant à cette époque coloniale. Avec 300 cartons de documents qui étaient restés confidentiels.

    L’ordre plutôt que la justice ? Ce genre de système d’Etat mafieux, qui peut tenir longtemps et fait des ravages, perd toujours. C'est une leçon millénaire que les crapules d'Etat n'arrivent pas à imprimer. Heureusement, il reste des patriotes, des lois, des juges et le goût de la liberté.

     

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    La statue du grand homme politique Dedan Kimathi, à Nairobi

  • Grève du sexe : C’est la lutte finale !

    raffaele_fragile1.gifMarx et Freud ringardisés par les femmes kenyanes : grève du sexe pour la satisfaction de revendications non sexuelles, genre droits sociaux et égalité homme/femme. Mais où vont-elles chercher tout ça…

    La femme est l’avenir de l’homme, disait mon ami Louis Aragon. Mais, répondent les militantes  du Kenya, cette femme du désir peut te tuer avec la pire des grèves, et te transformer en légume dépressif. Et oui, un danger domine le monde : l’abstinence revendiquée pour faire plier l’homme ! Parce que la Veuve Poireau, ce n’est pas un avenir.

    En guise de préliminaires, c’était une grève perlée : dix associations de femmes avaient appelé les Kényanes à l’abstinence le 29 avril. Revendication : mettre un terme aux disputes entre le président Mwai Kibaki et le premier ministre Raila Odinga, un couple d’enfer qui bloque toute évolution du pays. Et ça ne rigolait pas : l’épouse du Premier ministre s’était jointe au mouvement. Euh, en fait, à l’absence de mouvements. 000256480.jpg

    Agnès Leina, chargée de programme à la Coalition sur la violence contre les femmes (Covaw), a souligné à Afrik.com que la cause était la situation sociale : « La grève n’était pas à propos de sexe mais de gouvernance et de la colère des Kényans. En ce moment, il y a une sévère sécheresse. Il n’y a pas assez à manger et le prix des denrées alimentaires est très élevé, ce qui pénalise en premier lieu les femmes et les enfants ». Et n'oublions pas les  violences post-électorales ont été terribles, et plombent l’avenir : « Beaucoup vivent encore dans des camps de déplacés. Ils manquent cruellement de nourriture, d’abri et demandent que des dirigeants s’occupent d’eux ». Pour finir, Agnès Leina soulignait que l’instabilité au Kenya « affecte les plus pauvres et les enfants, qui n’ont personne pour parler en leur nom. D’où cette grève ».

    Rukia Subow, présidente de Maendeleo Ya Wanawake Organisation (MYWO), la plus ancienne association de femmes du Kenya, avait ensuite appelé à une prolongation de la grève jusqu’au 6 mai, de quoi ébranler le système patriarcal du pouvoir. Miracle : menacés par le péril, les deux plus hauts responsables du pays ont accepté de reprendre leur travail en commun, avec le 4 mai, une entrevue entre le chef de l’Etat et le chef du gouvernement, et le 7 une réunion de cabinet. Peut-être aussi de réunions de boudoir, mais le Journal Officiel est resté muet.

    Vous avez bien compris : cette grève est une forme nouvelle du blocage des trains, mais dont les effets sont radicaux.

    la greve du sexe pour stopper la guerre.pngHeureusement pour le moral des troupes, les échos de cette grève du sexe, une première dans l’histoire des luttes et de la turlutte, étaient restés confinés. Mais hélas, la menace réapparaît dans le contexte des élections gabonaises.

     

    Cette fois-ci, le jeu est franchement inattendu. C’est un homme, Samuel Ntoutoume Ndzeng, président du Mouvement de Libération des Gabonais (MLG),  qui appelle à une « grève du sexe illimitée » en cas de victoire d'un homme à la présidentielle du 30 août prochain. Samuel n’y va pas par quatre chemins : « Nous dormirons avec nos habits ». Bref, c’est la perspective d’une grève générale,  et en forme d’abnégation, car le but de cette grève est que « le pouvoir doit revenir aux femmes ».  Samuel lance les somations : « Les hommes commenceront leur mouvement dès le 30 au soir si c'est un homme qui est élu ».

     

    Dans ce genre de conflagration sociable, il faudra une voie sage pour se situer au dessus des partis, ce qui est possible, et au dessus des parties, ce qui semble plus difficile. Mais si la grève qu’envisage Samuel peut se comprendre – c’est le tour des femmes – peut-on raisonnablement envisager que la sagesse, niée par les urnes, puisse venir des burnes ?

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