29.03.2012
L’UMP impose l’ordre moral à La Réunion
L’UMP devrait prendre pour emblème le faisan tellement sa politique est faisandée. L’andouille du jour s’appelle Didier Robert, et c’est le digne président du conseil régional de La Réunion.
Cette buse vient de retirer la subvention de 150 000 euros qui avait été allouée au festival de musique Sakifo, le plus important de La Réunion. La somme représente à peu près le tiers du budget, et c’est le festival lui-même qui est menacé.
Motif du l’ahuri Didier Robert ? « J'ai été élu pour défendre des valeurs. Ces valeurs, ce sont celles de la famille, de la tolérance, du vivre ensemble». Je croyais que les élus devaient appliquer la loi, mais celui-là pense pouvoir imposer sa morale à la noix : « La violence verbale, les appels à la haine, au viol, à la pédophilie, à la violence physique portés par l'un des artistes invité du Sakifo 2012 ne peuvent obtenir ma caution. Quelle serait notre attitude face à des personnes prônant aujourd'hui l'extermination des juifs, des musulmans, des catholiques, des orthodoxes, des tamouls et des autres ? »
J’ai tout de suite fait le lien avec l’actualité, avec des cibles évidentes.
L’attaque contre les valeurs de la famille, c’est DSK qui traite les femmes de « matériel », et ce « matériel » dénonce sur PV un défoulement sexuel, bestial.
La violence verbale, c’est Sarko pour qui un arabe est un « musulman d’apparence », même quand c’est un kabyle catholique. Ce n’est plus l’habit qui fait le moine, c’est la couleur de sa peau.
L’appel à la haine, c’est Marine, la misérable gérante de la SARL Le Pen qui tente de se refaire une santé en vomissant que Mohamed Mehar « se considérait comme musulman avant d’être français », ce qui signifie que les musulmans sont des sauvages que la France essaie de civiliser.
En toute logique, ces déclarations appelleraient trois procès, certes,... Mais pourquoi avoir retiré la subvention ? Je crains d'être sur une fausse piste.
En fait, ce retrait de subvention ne doit rien à ces propos indignes, mais à une œuvre de création, une chanson,… et qui date de 2009. Trois ans pour que ça remonte au cerveau de notre ectoplasme UMP. 
La chanson, c’est Sale pute, et le chanteur Orelsan. Un mec raconte sa séparation, son désarroi, et sa haine contre son ex-devenue une « sale pute ». C’est d’une grande originalité, car aucun artiste n’avait traité cette question…
Le chœur des nouilles hexagonales, de Ségo à Ni Putes Ni Soumises – cette Académie des sciences associales – avait poussé des petits cris, et Orelsan avait expliqué sur Rue 89 : « Je comprends que ça ait pu heurter certaines personnes et c'est dommage et je m'excuse auprès de ces personnes mais j'ai le droit d'avoir fait cette chanson, c'est une fiction et je ne regrette pas de l’avoir fait ».
Depuis, il a repris ses concerts. Il sera à l’Olympia en mai, aux Solidays en juin, et il a récupéré deux victoires de la musique 2012.
On se retrouve ainsi avec une bonne grosse censure, au nom de l’ordre moral. La problématique est archiconnue : on laisse le mec s’exprimer, et s’il y a abus de la liberté d’expression, on engage un procès, mais on n’interdit pas a priori.
Le grand mérite de l’artiste est de savoir dire les choses. Décrire le désarroi d’un mec abandonné, montrer comment un amour blessé fait basculer dans la violence, c’est dire ce qui se passe, mais ce n’est pas l’encourager.
S’il veut être cohérent – hypothèse d’école – l’UMP Didier Robert doit envoyer demain ses brigades morales pour faire retirer des librairies les œuvres de Sade, publiées La Pléiade, J’irai cracher sur vos tombes de Boris Vian, Bagatelles pour un massacre de Céline ou Les Fleurs du Mal, de Baudelaire.
Cette décision est ouvertement illégale, la jurisprudence étant établie pour dire que doivent s’exprimer toutes les idées « même celles qui choquent, qui heurtent ou qui blessent » (CEDH, Handyside, 1976). Un petit référé devant le tribunal administratif – la procédure est urgente car le retrait de subvention met en péril l’existence du festival – remettrait un peu de méthode dans la tête de notre agité de l’ordre moral.
Je pense d’ailleurs que les élus PS de la région vont être les premiers à protester, car le PS est le grand ami des artistes, non ?
Alors, DSK, Sarko et Le Pen blanchis, pendant qu’Oreslan est censuré... Juvénal, le poète romain l’avait si bien dit : « La censure pardonne aux corbeaux et poursuit les colombes ».

Le maréchal Mac Mahon, gouvernement de l'ordre moral, 1873-1877
01:12 Publié dans Libertés | Lien permanent | Commentaires (19) | Envoyer cette note | Tags : censure, ump, la réunion
26.02.2012
Amitiés à nos compatriotes de La Réunion
La Réunion flambe, et la révolte populaire embrase les cités, car l’injustice économique y atteint des sommets. Les violences redoublent, les émeutes s’installent et le ministère de l’Intérieur envoie des renforts par avion : mais tout le monde, en métropole, s’est fout. Ce soir, la une c’était les bouchons sur les routes des stations de ski.
Pourtant, le schéma se reproduit. Après Mayotte – qui a le statut juridique de territoire occupé par la force militaire – voici La Guadeloupe, pui s La Réunion... Paris montre son incapacité à gérer ce qui reste de son ancien empire.
Pour mettre fin aux légendes, je vous propose comme juge de paix l’INSEE : en 2010, les prix étaient plus chers de 12,4% à la Réunion qu'en métropole. Une différence qui monte à 14,8% pour la Guadeloupe, 16,9% pour la Martinique et 19,6% en Guyane. Ajoutez des salaires plus faibles, et un chômage endémique.
Hier, le « gouvernement » a dégagé une solution : baisse des prix sur le riz, les haricots et la viande de porc. Amies et amis réunionnais, sœurs et frères de cœur, Paris vous dessine un avenir : des repas avec du riz, des haricots et du porc.
Allez, va, sachez puiser dans votre ancestrale sagesse pour évitez les émeutes, car pour assurer l’ordre, il y aura toujours assez d’effectifs à débarquer depuis Paris, mais comment ne pas comprendre votre révolte ?
Il faut suivre de près ce qui se passe à La Réunion. La glorieuse ile avait viré les crypto-fascistes de Pétain dès le 30 novembre 1942, pour devenir une base de la Résistance. Le soleil s’est toujours levé à l’Est.
Il reste qu’ici, en Gaule de haute civilisation, les histoires de La Réunion, c’est un autre monde… A peine trois lignes. C’est que La Réunion, c’est loin, pas comme le 9-3. Alors voici de quoi vous faire une idée de l’importance des troubles qui secouent notre République.














00:26 Publié dans social | Lien permanent | Commentaires (10) | Envoyer cette note | Tags : la réunion, colonisation, police
03.08.2010
La Réunion, une idée du bonheur
La Réunion, ça commence à la descente de l'avion : une lumière et un inoubliable parfum de nature dans l'air. Aussi, une seule solution : faites la bise aux amies et amis qui vous attendent, et allez vite louer une voiture pour partir sur des routes que même des sorcières ne pourraient imaginer.
Le lagon quand le soleil se lève,... et une heure plus tard vous voici au belvédère du Piton Maïdo, avec une végétation qui change aussi vite que la route monte. Admirez le cirque de Mafate, plus de 1000 mètres de dénivelé, et là vous êtes flingué par la douceur de l'air et des brumes enchantées qui s'installent. Redescendez et prenez la route du bord de mer, à l'apic de la montagne où vous étiez il n'y a même pas une heure, et qui vous menacerait si d'énormes filets de ferraille, accrochés aux parois, ne protégeaient pas cette route qui drague l'Océan Indien.
Soufflez un instant, vous voici à Saint-Denis, et une pause s'impose sur l'esplanade du Barachois, en bord de mer, avec ses antiques canons tournés vers le large. Tiens à propos de canons, les bars ne manquent pas... Mais ce n'est pas encore le moment.
En route vers le Sud, mais sur la côte Est, si différente de la côte Ouest. Ici, c'est l'Est qui a des airs de forêt tropicale, avec les champs de cannes à sucre, et un peu plus loin la plaine des Palmistes avec ses fougères arborescentes. Mais vous êtes malins, et vous avez trouvé les trois routes qui vous conduisent dans les trois grands cirques. On dirait les entrailles de l'ile : Mafate, Cilaos et Salazie. Et là, c'est l'enchantement pur et simple. Le cirque de Mafate... Mais vous étiez la-haut, il y a à peine trois heures, et vous voici dans le si tendre village de Hell-Bourg, et ses impensables maisons créoles cachées dans les fleurs...
Allez, il faut finir le tour. Alors ce sont à nouveau les jardins luxuriants du bord de mer,... avant que revienne l'envie de monter vers les hauteurs, pour découvrir un désert d'altitude avant d'arriver au Pic de la Fournaise, et au volcan, avec au loin le Piton des Neiges... enneigé ! Là, normalement, vous succombez. Pour les survivants, c'est une longue redescente, qui permet de retrouver le bord de mer, et pile au Sud, les énormes blocs de roche noire, tout droit venus des éruptions du volcan, qui se cassent dans le plus bleu des océans. Moi, je ne m'en suis jamais remis.
Pour survivre, il ne vous reste que le rhum arrangé, et un ami qui prend le volant pour vous ramener sous les envoûtantes lumières du soleil couchant vers la ville du bonheur... Saint-Gilles !
Demain, on fait la même, mais à pied, et direction le coeur de l'ile. Le Trou de Fer, comme une ile dans l'ile du paradis. Mais là, je ne suis pas sûr d'en revenir...
* * *
Au réveil, avec ça sous les yeux, qui voudrait bouger?
Et pourtant, suivez moi....











































22:01 Publié dans Voyage | Lien permanent | Commentaires (21) | Envoyer cette note | Tags : la réunion
23.12.2007
Miss France contre de Fontenay
« Je ne me vois pas, moi, me promenant dans les provinces, dans les communes rurales, escortée d'une fille comme ça. Comme elle est à la Réunion , qu'elle y reste! ». Madame Geneviève de Fontenay, vedette d’Endemol, un club français de grands intellos, a visiblement pris un coup de chaud à propos de Valérie Bègue, Miss Réunion 2008. Mais il faut qu’elle se calme. Peut-être en venant tremper son petit popotin dans les eaux douces de l’Océan Indien : vielle méthode utilisée « dans les communes rurales » pour calmer les poules en chaleur.
Parce que le problème est simple : Madame Geneviève de Fontenay aurait-elle utilisé la même formule « Comme elle est à la Réunion , qu'elle y reste! » s’il s’était agi de la Creuse, du Cotentin, ou des Alpes-Maritimes ? Bien sûr que non ! Or, faut-il rappeler que l’ile s’est vue attribuer son nom « La Réunion » par les révolutionnaires de 1793, et alors que la présence française était déjà séculaire ? Que La Réunion a été le premier département libéré de Vichy, dès novembre 1942 ? Que La Réunion a fait partie du territoire avant bien d’autres départements ?
Et comme ça ne suffit pas, Madame Geneviève de Fontenay en rajoute : « C'est une fille indigne.» Attention, si les eaux de l’Océan ne suffisent pas à éteindre le feu, il faudra le tribunal. Parce que c’est vraiment le feu du n’importe quoi. Celle qui fait défiler les miss en bikini aménagé en tenue d’ange crie au blasphème pour une photo de Valérie Bègue sur une sorte de croix, dans une piscine. Photos volées, je précise, pratiquement avec les mêmes intentions que s’agissant de Laure Manaudou ! Le minimum aurait été d’apporter un peu de soutien à Valérie Bègue, qui annonce qu’elle va engager un procès pour ce vol d’intimité.
D’où la question : attaquer pour bien se défendre ?
Valérie Bègue et Endemol sont engagées par un contrat, qui, au terme d’un des plus célèbres articles du Code civil, l’article 1134, est la loi des parties :
« Les conventions légalement formées tiennent lieu de loi à ceux qui les ont faites.
« Elles ne peuvent être révoquées que de leur consentement mutuel, ou pour les causes que la loi autorise.
« Elles doivent être exécutées de bonne foi. »
Si elle est démissionnée pour une faute qu’elle n’a pas commise, Valérie Bègue pourra utiliser ce bon vieil article 1134, applicable dans « les provinces » comme à La Réunion. Elle gagnera son procès, et elle pourra alors demander à Madame Geneviève de Fontenay de démissionner.
12:15 Publié dans Blog | Lien permanent | Commentaires (75) | Envoyer cette note | Tags : Miss France, De Fontenay, Code civil, La Réunion










