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liberté des peuples

  • L’Afghanistan : Beaucoup d’interrogations…

    00002_rj.jpgOn aura rarement connu une victoire électorale aussi inquiétante. Un coût astronomique pour la campagne et la tenue du scrutin, des zones entières du pays qui n’ont pu voter, deux mois de dépouillement pour constater des fraudes massives, négocier un résultat ouvrant sur un second tour, puis renoncer à ce second tour orchestrée par le secrétaire général de l'ONU, et enfin proclamer comme vainqueur de celui dont tout le monde savait qu’il gagnerait. D’anthologie ! Gloire et honneur au grand dirigeant Karzaï !

     

     

    Quel échec pour les US et la coalition qui devaient en quelques années rétablir la démocratie. Vous avez sûrement repéré le commentaire enthousiaste de Robert Gibbs, le porte-parole de la Maison Blanche : « Le président Karzaï a été déclaré vainqueur de l'élection afghane… Donc naturellement il est le dirigeant légitime du pays ». Alors déception aux US ? Non, leur responsabilité est écrasante.

     

     

    L’avenir nous apprendra beaucoup, mais déjà, la matière ne manque pas pour se poser des questions cruciales. La semaine dernière, le New York Times révélait que le frère du président, Ahmed Wali Karzaï, décrit de toute part comme un pivot du trafic de la drogue, avait collaboré avec la CIA ces huit dernières années. Il était rémunéré pour recruter des hommes pour la force paramilitaire qu’il dirige dans la région de Kandahar, bastion des talibans, et aider à prendre des contacts avec les partisans des talibans. On estime que 85 à 90% de l’héroïne consommée en Europe provient d’Afghanistan, et les quantités n’ont cessé de croître depuis 2001. Alors ?aineafghan1.jpg

     

     

    Oui, il y a de quoi être inquiet, car les mauvais signes s’accumulent. Il est acquis que les rebelles progressent sur le terrain. Le nombre de soldats blessés ou tués ne cesse d’augmenter, et le commandement US réclame de nouveaux, et importants renforts. Karzaï veut-il, peut-il inverser la donne ?

     

    Avec cette élection bidon, reposant sur fraude massive de près de 30%, Karzaï a bien peu d’allure. Depuis son arrivée au pouvoir en 2001, il n’a fait que structurer le pouvoir de son clan, par la corruption et le clientélisme. Le peuple souffre, et tout tient par la pression militaire, des US, de la coalition, et des troupes afghanes. Mais si le clan Karzaï ne fait rien de plus, les alliés pourront-ils encore exposer leurs soldats, et les  troupes accepteront-elles de se battre pour un gouvernement qui n’offre rien ? Impossible de soutenir, 8 ans après l’arrivé des soldats, qu’il s’agit seulement d’éradiquer le phénomène taliban. Les efforts des soldats sont pourris par l’absence d’issue politique. Les troupes restent « d’occupation », et on sait que jamais une armée n’est parvenue à s’imposer durablement en dehors de ses frontières. Et que signifierait un départ des troupes, suivi d’un effondrement du pouvoir de Karzaï…

     

    Le malaise est d’autant plus palpable, que coup sur coup, des engagements forts d’Obama se sont révélés velléitaires. En Afghanistan, le processus électoral, qui était la marque choisie pour implanter la démocratie, est humilié. En Israël, l’opposition franche à toute nouvelle implantation de colonie a été abandonnée, devant un Netanyahu triomphateur. Alors, pas de doute qu’il faut savoir se dégager d’une situation compromise, mais de tels renoncements affaiblissent considérablement.

     

    A l'opposé de ces contorsions, ce qui parait indérogeable, c'est le droit des peuples à disposer d'eux-même.

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