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  • Libye : Sarko, Cameron et BHL en route vers la CPI ?

    La lutte contre les djihadistes est notre priorité, et les djihadistes sont nés de la destruction des Etats. Actuellement, nos regards se tournent vers la Libye, que l’on découvre si proche de nous. Sauf que pour la France, le bilan est accablant, et il faut maintenant mettre en accusation les responsables de ce terrorisme importé.  

    La France a été initiatrice, manipulatrice, et coordinatrice de la destruction de la Libye. Cette destruction a conduit à l’expansion du djihadisme au Nord du Mali, qui a justifié l’intervention de la France, et hypothèque l’avenir du Mali. Et ces derniers temps, la France se permet encore de soutenir le pouvoir rebelle en Libye, « au nom de la lutte contre le terrorisme », bien sûr. Cette irresponsabilité internationale est parfaitement tolérée par la classe politique compte-tenu des petits profits internes que chacun pense en tirer. Quant à la vie des Libyens, est-ce vraiment une question pertinente ?

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    Ce massacre organisé en Libye était visible dès les premiers jours, avec l’activisme insensé de ce cinglé de BHL, et ses amours fugaces avec Sarko. À l’époque, Martine Aubry, première secrétaire du PS, approuvait cette réussite… El Blanco en était tout excité… En effet, le but était, selon la propagande, de chasser un dictateur et d'établir la démocratie... avec quelques inévitables petits inconvénients secondaires. Air connu…

    Devant le désastre, la France a organisé une commission parlementaire afin d’identifier l’ensemble des responsabilités politiques… Non rassurez-vous, la France n’a rien fait. Le consensus national est total pour, quoi qu’il arrive, légitimer ce que fait la France pour garder sa place en Afrique, son empire jamais décolonisé.

    Il n’y a donc eu aucune commission parlementaire, et ce pour une raison simple : c’est parce que c’est un sujet sérieux, et en cherchant des responsabilités, on risque de les trouver. Non, il faut mieux exciter les foules sur les trois burkinis de Nice, et les insensés discours sur la peur.

    C’est la Grande-Bretagne qui a mis en place une commission parlementaire, laquelle vient de déposer son rapport sur l’intervention de 2011.

    Pour le rapport, cette intervention était fondée « sur des suppositions erronées et une compréhension incomplète du pays et de la situation ». Les décisions ont été prises en exagérant la menace contre les civils de Bengazi – une opération militaire minimale stoppée en 24 heures – et en ignorant que les plus actifs de la rébellion étaient les islamistes. Les conclusions sont claires : la campagne de bombardements a causé l’effondrement politique et économique de la Libye.

    Selon, Sidney Blumenthal, conseiller d’Hillary Clinton, les objectifs de Sarko étaient de cinq ordres :

    - Obtenir une plus grande part de la production de pétrole libyenne ;

    - Accroître l’influence française en Afrique du Nord ; 

    - Permettre aux armées françaises de réaffirmer leur position dans le monde; 

    - Répondre aux projets de Kadhafi de supplanter la France en Afrique francophone ;

    - Améliorer sa situation politique en France.

    Les parlementaires soulignent que quatre de ces cinq facteurs correspondaient à l’intérêt de la France, alors que le cinquième « représentait l’intérêt politique personnel du président Sarkozy », un an avant la présidentielle de 2012, dans « une attitude proactive en Méditerranée censée répondre aux préoccupations des électeurs en matière d’immigration ».

    Alain Juppé, alors ministre des affaires étrangères de Nicolas Sarkozy, avait été tout aussi nul et dangereux : « La situation sur le terrain est plus alarmante que jamais. Il nous reste très peu de temps, c’est peut-être une question d’heures. » Ah oui, papy ? Selon le rapport, les menaces pesant sur les habitants de Benghazi «ont été grossièrement exagérées ».

    Il reste juste à souhaiter que les populations libyennes s’organisent déposent plainte contre Sarko, Cameron et BHL devant la Cour pénale internationale. La France et la Grande-Bretagne ayant ratifié le traité, ses agents doivent assumer leurs responsabilités lorsqu’ils s’engagent dans un conflit armé international. La loi est la même pour tous, non ? 

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    Trois grands bandits internationaux en route vers La Haye

  • Que font les militaires français en Libye ?

    Ce 17 juillet, trois militaires français, sous-officiers, membres du service action de la direction générale de la sécurité extérieure (DGSE), sont morts dans un accident d'hélicoptère en Libye.

    Que faisaient-ils là-bas ? Je ne vois aucune décision du gouvernement ou du parlement français autorisant l’engagement de troupes en Libye, ni aucun accord du gouvernement libyen pour cette intervention militaire extérieure.

    Le gouvernement français, incapable d’assurer la sécurité sur la Promenade des Anglais le soir du 14 juillet, aurait-il un plan pour la Libye ? Bien sûr, la France est là-bas pour la « guerre contre le terrorisme », je l’aurais parié mon pote ! Laissons la parole au fidèle valet, Stéphane Le Foll : « Les forces spéciales sont là, bien sûr, pour aider et faire en sorte que la France soit présente partout pour lutter contre les terroristes. »

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    Mais à part ça ?

    Jusqu’à preuve du contraire, la Libye n’est pas la France. D’après mes renseignements, la Libye serait même un État souverain, enregistré à l’ONU. D’une curiosité insatiable, j’ai étudié les cartes de géographie, et effectivement la Libye n’est pas en France.

    Alors la question est simple : dans quel cadre juridique des soldats français combattent-ils sur une terre étrangère ? Et comment justifient-ils ce démembrement de l'Etat libyen (eux qui ne cessent de chanter l'union nationale ?) 

    En Libye, le gouvernement d'unité nationale dirigé par M. Sarraj, soutenu par les Nations unies a vivement dénoncé cette présence militaire étrangère sur son territoire, exprimant « son profond mécontentement concernant la présence française dans l'Est libyen sans concertation », ajoutant qu’il n’acceptait aucun compromis « sur le respect de la souveraineté libyenne ». D’importantes manifestations ont eu lieu le 20 juillet, à Tripoli, Benghazi, Gharyan et Misrata, avec des slogans explicites : « Non à l’intervention française, Laissez la Libye tranquille”, souligne Middle East Online.  

    Là-bas, la France soutient l’action du « général » Haftar, un chef milicien de l'Est libyen, qui défie l’autorité du gouvernement, bloque son fonctionnement et prépare la dislocation du territoire. Haftar refuse de rencontrer Martin Kobler, l’envoyé spécial de l’ONU pour la Libye, et qualifie de « terroristes » qui il veut, en fonction de ses intérêts (il n’est pas le seul…).

    Bref, la France, membre permanent du Conseil de sécurité, joue contre le plan de l’ONU visant à renforcer le gouvernement d’union nationale, et prépare la prochaine guerre qui déchirera la Libye, Est contre Ouest. Avec toutes les conséquences que l’on sait.

    Illégaux et irresponsables. Totalement illégaux et totalement irresponsables. 

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  • 700 morts de plus sur la conscience de ceux qui ont détruit la Libye

    La Lybie, c’était un pays de 6 millions de personnes. Profitant d’un mandat limité du Conseil de Sécurité, une bande malfrats – Obama, Sarko et Cameron – excités par les imprécations de BHL, a décidé de renverser le régime de Kadhafi. Particulièrement cocasse pour la France qui avait reçu Kadhafi avec tous les honneurs quelques mois plus tôt. Cette attaque, contraire au droit international, était une catastrophe politique annoncée.

    Le bilan quatre ans plus tard ? Le pays, que l’on savait fragile, a explosé : on compte deux gouvernements, et à eux deux, ils ne contrôlent pas la totalité du territoire. La population s’est réduite à 4 millions personnes, créant 2 millions de réfugiés, éparpillés dans les pays alentours, et avec plus d’1,5 en Egypte. Les milices locales font la loi, et les armes distribuées par le clan occidental alimentent les groupes armés et le terrorisme.

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    C’est dans cette immense zone de non-droit que sévissent des mafieux trafiquants d’êtres humains, comptant sur la crédulité de personnes venues des nombreux pays d’Afrique, prêtes à tout abandonner pour tenter leur chan ce en Europe, et qui sont ensuite rackettées par ces mafieux, et exposés à la mort lors de la traversée de la mer.

    Alors, quand Sarko ose dire qu’il est ému… C’est lui le principal responsable, agissant il est vrai dans le consensus post-colonialiste des cornichons qui voulaient renverser le dictateur, comme la miss Aubry. Afghanistan, Irak, Libye, Syrie, et maintenant Yemen : ce jeu terrifiant de casse des Etats.

    Oui, la cause est vite trouvée, et ceux qui ont détruit la Libye sont dans l’incapacité totale de la reconstruire. J’espère que ces voyous sans scrupule seront jugés.

    Le nombre de candidats à l’exode ne peut que s’amplifier, car le clan occidental, par ses bombardements, a créé des millions de réfugiés, qu’il n’existe plus de contrôle des frontières libyennes, et que les mafieux plastronnent sur les ruines de l’Etat.

    Incapable d’être utile en Libye, l’Europe fait-elle le nécessaire pour accueillir ceux dont elle a fracassé la vie ?

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    En octobre 2013, les 3 et 11, suit à deux naufrages qui avaient fait plus de 500 morts au large de l’île de Lampedusa, le gouvernement italien s’était résolu à mettre en place une mission de surveillance et de sauvetage en mer, baptisée Mare Nostrum. Les navires italiens patrouillaient dans toute la zone maritime, s’approchant même des côtes libyennes en cas de nécessité, avec un bilan encourageant : en un an, 150 000 migrants syriens, irakiens, érythréens ou somaliens ont été secourus en mer, avec 558 interventions, 728 arrestations de trafiquants, mais malgré tout 2137 noyés et disparus en mer selon les chiffres des autorités italiennes. Il fallait renforcer le programme, car 2000 morts à quelques kilomètres des eaux de la riche Europe, c’est inacceptable… Mais on a arrêté Mare Nostrum. Un coût de 114 millions d’euros. Trop élevé pour ce pays au PIB de 2 245 706 milliards de dollars…  

    Ces lascars ont donc viré Mare Nostrum, pour adopter un plan européen, Triton, coordonnée par Frontex, l'agence européenne pour la surveillance des frontières, qui n’a strictement rien à voir : les bateaux restent à proximité des côtes européennes, avec un budget annuel de 30 millions d’euros. Pour 2015, le budget avait été réévalué à 106 millions d’euros, mais en revanche, l’Europe refuse d’assumer les opérations de sauvetage dans les eaux internationales.

    Par choix politique, xénophobe et égoïste, les dirigeants européens renoncent au sauvetage et laissent les migrants exposés aux plus grands périls : on voit le résultat.

    Alors, au moins qu’ils nous dispensent de leurs larmes de crocodile…

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  • Hommage à ce crétin fini de BHL

    Je reproduits l’excellent texte de Léa Scherer, du Nouvel Observateur, « Que sont devenus les héros libyens de BHL ? ». Que ce mec parle alors qu’il n’a rien à dire, c’est le phénomène connu des canards à qui on a coupé la tête et qui continuent de marcher. Mais qu’on l’écoute, et qu’un journal comme Le Point lui laisse une tribune, ça donne une juste idée des maladies de la presse française et de ceux qui la finance. Notre beau pays souffre de toutes ces bêtises vaniteuses.

    Dans son récit « La Guerre sans l’aimer » (Ed. Grasset, 2011), Bernard-Henri Lévy raconte son engagement dans le conflit libyen, en 2011. Une épopée mise en scène à la manière d’une vitrine d’idéaux colossaux, aux accents deLawrence d’Arabie

    Dans le chaos libyen de l’époque, BHL fait défiler un certain nombre d’hommes, d’horizons divers, dont ceux qu’il a amenés à l’Elysée puisqu’il revendique le fait d’avoir convaincu Nicolas Sarkozy de les soutenir et d’intervenir militairement ensuite pour renverser le régime de Kadhafi.

    Sept d’entre-eux ont joué un rôle d’envergure dans le renversement du régime libyen, dont Ali Essawi, Mahmoud Jibril, et Ali Zeidan, qui ont fait partie du groupe d’émissaires envoyés à l’Elysée le 10 mars 2011, afin de demander une reconnaissance officielle par l’Etat français de l’opposition au régime kadhafiste.

    Cette reconnaissance, ils l’obtiendront de Nicolas Sarkozy. Beaucoup, y compris au sein de la diplomatie française, reprocheront au Président sa trop grande connivence avec l’intellectuel BHL sur la question libyenne.

    Ces hommes providentiels, BHL les a présentés dans son ouvrage comme déterminants pour l’avenir de la démocratie en Libye. Même s’il reconnaît au début de l’aventure : « Je ne sais rien d’eux. Je connais à peine leurs noms… »

    Que sont devenus ces hommes qui, à en lire BHL, devaient instaurer la démocratie en Libye ? Hélène Bravin, chercheur spécialiste à l’IPSE (Institut prospectives et sécurité en Europe), et auteure du livre « Kadhafi, vie et mort d’un dictateur » (Editions Bourin, 2011), nous a aidé à y répondre.

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    1/ Mustafa Abdeljalil

    Ancien président du Conseil national de transition (CNT)

    BHL disait de lui qu’il avait « cet air de solitude extrême que j’ai toujours trouvé à ceux qui, à mains nues, affrontent la tyrannie ». Une fois celle-ci tombée, son parcours tournera toutefois vite court.

    A la tête du Conseil national de transition (CNT) en 2011, Moustafa Abdeljalil a commis l’irréparable erreur d’avoir confié la sécurité des sites officiels à l’islamiste Abdelhakim Bel Haj, provoquant une surenchère des milices pour l’occupation de ces derniers.

    Islamiste dans l’âme, dès son installation à la présidence du CNT, il a réclamé l’application exclusive de la charia (ce qui n’est pas le cas de tous les hommes politiques libyens).

    Une fois la passation de pouvoir entre le CNT et le Parlement élu en juillet 2012, Mustafa Abdeljalil s’est alors fait « très discret ». Il est retourné dans sa ville d’origine Al Baida (Est). Il s’est fait le garant, avec sa milice, de la protection des membres du comité de rédaction de la Constitution qui s’est installé dans cette ville.

    Pour pacifier le conflit entre milices à Tripoli qui se battent pour conquérir le site stratégique de l’aéroport de Tripoli, il a été nommé, mais en vain, réconciliateur. Il a dû aujourd’hui y renoncer.

    2/ Ali Essawi

    Emissaire lors de la rencontre avec Nicolas Sarkozy en mars 2011

    Il est soupçonné par la tribu du général Abdul Fatah Younès, ancien commandant de l’armée de l’armée de libération nationale, d’avoir participé à l’assassinat de ce dernier, mort dans des conditions épouvantables.

    Il s’est réfugié au Qatar.

    3/ Mahmoud Jibril

    Emissaire lors de la rencontre avec Nicolas Sarkozy en mars 2011

    Ex-membre du gouvernement de Kadhafi, il a été proche de son fils Saif El Islam. En 2011, il a rejoint la révolution. Aujourd’hui, il est actuellement retenu par les milices de Zentan.

    BHL raconte dans son livre comment, à la demande de Sarkozy qui souhaitait « un geste de nos amis de Benghazi », il a rédigé le 25 mars 2011 un texte au nom de Mahmoud Jibril remerciant la France, et que le philosophe envoya aussitôt à Etienne Mougeotte pour qu’il le publie dans Le Figaro…

    « [Avec Gilles Herzog] nous rédigeons, comme à la grande époque bosniaque, un projet de “lettre de remerciement au peuple français” que Mansour traduit en arabe et envoie aussitôt à Mahmoud Jibril qui est, depuis ce matin, le Premier ministre du CNT.

    Je la trouve, à la relecture, trop mélodramatique. Mais elle est dans le même ton de toutes les lettres du même genre que nous écrivions, il y a quinze ans, pour Izetbegovitch [Président de la Bosnie-Herzégovine, ndlr].

    Et Jibril, surtout, la valide. Il y ajoute une phrase, une seule, au débuut, celle où mon nom est mentionné. Mais il valide le reste et me le renvoie, signé, sur papier à en-tête et avec cachet officiel du Conseil. »

    En vue des élections parlementaires post-Kadhafi de juillet 2012, Mahmoud Jibril a créé son propre parti dont il est le président : l’Alliance des forces nationale (AFN).

    Si l’AFN a obtenu 39 sièges au Parlement, lors de ces premières élections, lui, en revanche n’a pas été élu. Se sentant visé directement, il a été très actif contre la loi d’« isolation politique » initiée notamment par les islamistes et qui visait à destituer bon nombre de libyens ayant travaillés sous le régime de Kadhafi.

    Très ambitieux, menant un jeu personnel, il a reproché, entre autres, à Ali Zeidan, l’ex-Premier ministre, sa passivité face à la situation sécuritaire, allant jusqu’à participer activement avec les islamistes à la destitution de Ali Zeidan en mars 2014.

    Certains des membres de son parti, sorte de boutique sans programme, ne l’ont d’ailleurs pas suivi sur cette question.

    Depuis l’entrée en scène à l’Est de la Libye du général Haftar, il a apporté son soutien officiel à l’action contre les djihadistes menée par ce général.

    Après un bref passage à Paris, avant les élections législatives du 25 juin, où il a été reçu au Quai d’Orsay, il se fait depuis très discret et est retourné à ses affaires. Il a une stratégie politique à long terme.

    4/ Ali Zeidan

    Emissaire lors de la rencontre avec Nicolas Sarkozy en mars 2011

    Elu premier ministre le 14 octobre 2012 par le Congrès général national (CGN), Ali Zeidan est enlevé un an après par la cellule d’opération du Conseil suprême de l’union des révolutionnaires libyens (CSUR) alors qu’il résidait à l’hôtel Corinthia. Il est relâché quelques heures plus tard.

    Depuis lors, une motion de défiance, notamment voulue par les islamistes radicaux, et même par des membres de l’AFN de Jibril, a été votée contre lui, le 11 mars 2014.

    Zeidan est sous le coup d’une interdiction de sortie de territoire émise par le procureur général pour les besoins d’une enquête concernant des faits de corruption qui lui sont reprochés. Mais l’ex-Premier ministre a préféré quitter la Libye le soir même de sa destitution « au grand étonnement des libyens », qui se seraient attendus de sa part à « moins de lâcheté ».

    Son départ perçu en Libye comme une fuite, l’a conduit tout d’abord à Malte, puis en Allemagne.

    Le 25 Juin 2014, Ali Zeidan est de retour à Tripoli, où il a voté lors des dernières élections législatives. Bien qu’il ait lancé un mandat d’arrêt contre le général Haftar en février, date de la première déclaration du général annonçant sa volonté de faire tomber les institutions libyennes, il a décidé, depuis, de soutenir ce général.

    5/ Général Mahmoud Al-Obeidi

    Successeur du Général Younès pour le commandement des forces rebelles libyennes en 2011

    Ce membre de la tribu de l’est libyen « Al-Habidate » fut très proche de Kadhafi en son temps (il a fait partie du coup d’Etat des Officiers libres libyens de septembre 1969 et n’a fait défection qu’au début de la révolution en 2011).

    Bernard-Henri Lévy revendique un rôle dans sa nomination pour succéder au général Younès pour le commandement des forces rebelles. Il écrit, à la date du 30 juillet 2011, sous le titre « Quand je recommande un successeur pour le général assassiné » :

    « Message à Abdeljalil : “Veillez bien, Monsieur le Président, au choix du successeur ; si vous prenez Khalifa Hifter ou Omar Hariri, vous nourrirez les supçons de division au sein du Conseil ; car c’étaient les deux rivaux de Younès. ses challengers depuis le début ; n’avez vous pas un autre bon général dont on ne puisse pas dire qu’il conspirait contre le défunt ?”

    Message en retour du Président : il nommera Souleiman Mahmoud Al-Obeidi, qui est un bon soldat et qui présente l’avantage supplémentaire d’appartenir à la tribu des Obeidi, qui fut celle d’Abdelfattah. »

    Aujourd’hui, Al-Obeidi se trouve à Benghazi, la métropole de l’est libyen. Son premier fils a été enlevé, il y a neuf mois, puis son second fils, il y a environ trois semaines.

    Il est depuis terré chez lui, sous bonne garde, en attente de retrouver leur trace. Les soupçons se portent sur les islamistes, qui lui reprochent son rôle durant l’ère Kadhafi. Il a en effet été gouverneur militaire de Benghazi.

    6/ Souleiman Forti

    L’homme de Misrata

    Homme d’affaires sous Kadhafi après avoir enseigné pendant huit ans en Arabie saoudite, celui qui se faisait appeler au moment de la révolution libyenne le « héros de Misrata », demeure toujours au sein de sa ville d’origine.

    Depuis, il joue les guides spirituels des milices de Misrata, dont certaines combattent actuellement les milices de Zentan à Tripoli.

    7/ Mustafa El-Sagezli

    Responsable des rebelles blessés durant la Révolution

    Islamiste farouche et membre des Frères musulmans, Mustafa El-Sagezli a été nommé au sein du CNT en 2011, responsable des rebelles blessés durant la Révolution, un poste très lucratif et objet de nombreux abus…

    Beaucoup de blessés ont en effet pu bénéficier de soins à l’étranger avec leur nombreuse famille.

    Il est très actif au sein du Parti pour la justice et la construction (PJC), parti des Frères musulmans.

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  • Les crapules qui ont tué la Libye

    Le scénario était écrit d’avance. Il n’existait en Libye aucune force politique pour renverser le régime. Donc… Mais Kadhafi, à la tête de la riche Libye, finançait nombre d’institutions africaines et anti-colonialistes, et il fallait donc le dézinguer. Le pétrole n’était pas l’enjeu car Kadhafi vendait gentiment à tous ceux et sans poser de questions à qui payait. Ce bad man était impitoyable avec tout ce qui ressemblait à un opposant, et il s’était enfermé dans les habits d’un personnage grotesque. Bref, il était devenu une cible facile. Et quand le clan des crapules de l’OTAN a décrété qu’il devait être renversé, il ne s’est trouvé personne pour le défendre. La Ligue arabe s’est empressé de la « suspendre, et de toute l’Afrique, rien de sérieux n’est sorti. Lamentable.

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    Oui, mais les faits sont là : Kadhafi avait établi une paix durable dans cette Libye partagée entre trois grandes régions – Tripolitaine, Cyrénaïque, et Fezzan – et cet Etat faible et fantasque tenait le territoire. Aussi, il était clair que rien, rien, rien n’autorisait un groupe d’Etats étrangers – l’OTAN – nourris de plus vieille carne impérialiste, à renverser le régime, ce qui été fait en aout 2011.

    Aujourd’hui, on voit le résultat.

    Le pays est à feu et à sang. Il n’existe plus aucun pouvoir d’Etat, malgré des élections factices du 25 juin, ce qui montre à nouveau que les élections en sont en rien la condition de l’Etat de droit. Les ambassades occidentales – les maquerelles de l’OTAN – déguerpissent comme des minables. La population est à l’abandon, alors que le feu menace Tripoli. Ce soir, personne ne peut assurer la sécurité de Tripoli. La seule perspective réaliste est la désagrégation de la Libye. A pleurer.

    Alors, et parce que – et dès le premier jour – j’avais ici dénoncé cette guerre illicite, je vous livre bien volontiers les cocoricos de l’époque de nos petites coqs et petites poules,… qui voudraient que l’on vote pour eux.

    Nicolas Sarkozy en pétait son pantalon : « La France continuera de se tenir au côté du CNT et de tous les Libyens pour achever la libération de leur pays de l’oppression et de la dictature, et les aider à réaliser leurs aspirations à la liberté et à la dignité ». Elle est où la France, ce soir ?

    Le grand dépressif mondain, Alain Juppé, alors ministre des affaires étrangères, était pas mal non plus, en se « félicitant des risques calculés pris par la France », et ajoutant : « La cause était juste. La France a été la première puissance à reconnaître le CNT et nous sommes déterminés à nous engager à ses côtés ». ? Oki, blaireau cravaté. Tu proposes quoi, ce soir, avec ta détermination en caoutchouc ?

    Quant à la gourdasse en cheffe de la gauche moderne et progressiste,  Martine Aubry elle s’affirmait alors « heureuse que la France ait été à l’initiative ». Et quand le journaliste lui demande s’il s’agissait d’une victoire pour Sarko, la reine de la nuit socialiste répondait : « Oui, je crois que ça l’est, parce qu’il s’est engagé au bon moment. On sait que ça avait été un peu tardif pour la Tunisie et pour l’Egypte ». Tant de perspicacité…

    Je garde pour la fin, notre Master Bouffon, l’inénarrable El Blancos, qui déclarait puissamment : « La France est forte et belle quand son action est juste, à la hauteur de son Histoire et de ses valeurs » pour conclure en saluant « le rôle prépondérant de Bernard-Henri Levy ». Merci El Blancos, mais, ce soir, qu’envisage la France « belle et forte » pour la population libyenne ?

    Bonne nuit les petits… Une jolie place vous attend dans les poubelles de l’Histoire.

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