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  • Volkswagen : Reste-t-il assez de non-fraudeurs pour licencier les fraudeurs ?

    140503.jpgC’est un asso étasunienne et allemande, L’International Council on Clean Transportation (ICCT), qui vient de mettre Volkswagen à poil, et le spectacle n’est pas affriolant : depuis fin 2008, les voitures étaient équipées d’un logiciel espion qui enclenchait un mécanisme de limitation des gaz polluants au moment des tests, alors que le niveau réel, pour l’usage courant de la voiture, était très supérieur. Les contrôles étatiques ont été bernés, pendant des années, le temps de vendre 482.000 véhicules aux US, dit-on. Wahou.

    L’association a procédé à ses propres tests, et elle a réussi à empapaouter le logiciel vicelard : aussi, elle a trouvé de gros écarts, et a transmis à l'agence fédérale de protection de l’environnement (EPA) et à une agence de l'Etat de Californie, qui enquêtent à vitesse grand V.

    C’est de la fraude ultra-intéressée car Volkswagen en faisait des tonnes sur le thème de la voiture « propre » face à ses rivaux étasuniens, pas au niveau. C’est en plus une atteinte à la santé publique, car les voitures dégageaient tout ce qu’il ne faut pas, à commencer par le dioxyde d'azote, que nos poumons n’aiment pas du tout.

    Ces faits d’une gravité exceptionnelle interrogent sur le nombre de personnes impliquées, et leur niveau dans la hiérarchie : peut-on imaginer qu’un tel système ait pu être imaginé, conçu et réalisé pendant presque dix ans, dans le but exclusif de flinguer les concurrents, sans que les plus hauts dirigeants aient donné leur feu vert ? En agissant de la sorte, les dirigeants ont mis en péril le groupe, c’est-à-dire l’emploi des salariés qui, eux, sont d'honnêtes gens.

    Ce soir, les informations parlent d’une extension de l’enquête vers d’autres constructeurs impliqués dans diesel et vers l'Europe. Wait and see…gas-oil-movie-poster-1955-1020484655.jpg

    La direction du groupe a reconnu la fraude, a présenté des excuses, et dit qu’elle coopérerait avec la justice : « Nous avons reconnu les faits devant les autorités. Les accusations sont justifiées. Nous collaborons activement ».À vrai dire, Volkswagen n’a pas beaucoup d’autres solutions…

    Alors, quelle sanctions ?

    Amende civile

    Sur le plan financier, on parle d’une amende civile fixée par la loi sur l'air propre (Clean Air Act) de 37.500 dollars par fraude. Nous serions déjà 18 milliards de dollars. L’amende correspond pratiquement au prix de vente de la voiture et c’est donc une catastrophe totale pour le groupe.

    Bonne nouvelle : cette somme sera affectée à l’accueil des réfugiés en Europe.

    - Ah bon ?

    - Mais non, c’est pour rire ! 

     

    Suites pénales

    Il y a aussi des suites pénales, pour identifier les acteurs de la fraude, et leur juste degré de responsabilité. Il faut souhaiter que l’enquête soit soignée car c’est une affaire de près de 10 ans, et la haute hiérarchie de l’entreprise est nécessairement impliquée. Qui ? Quand ? Comment ?

     

    Concurrence déloyale

    A moins que tous les constructeurs fassent de même – nous verrons – il faudra prévoir de solides recours en concurrence déloyale, car Volkswagen s’est servi de l’argument du diesel propre pour prendre des parts de marché. A prévoir encore plusieurs dizaines de milliards de dollars.

     

    gas-oil-poster_500001_48889.jpgLicenciement des fraudeurs et des mafieux

    Hier soir, la presse annonçait le début des règlements de compte dans la haute direction, sur fond de rivalités saignantes entre actionnaires, et des démissions sont attendues. Oki. Mais ça ne règle pas le problème de droit du travail.

    Volkswagen va devoir assumer ses responsabilités d’employeur… et licencier pour faute grave tous ceux qui ont manqué à la loyauté inhérente à l’exécution du contrat de travail. Qui a imaginé le projet ? À quel degré ont été prises les décisions ? Qui fabrique ce logiciel ? Comment est-il facturé ? On trouve quoi en comptabilité ? Comment est-il installé ? Comment les contrôles internes ont-ils été truandés pour que rien n’apparaisse ? Quid des hauts responsables vantant les vertus des voitures, alors que tout était faux ? Les faits devront être appréciés avec beaucoup de sévérité, car a été imposée une terrible loi du silence, de telle sorte que cette affaire ne s’est pas ébruitée. Quelle ambiance de chiens !

    L’une des difficultés va être de savoir qui va gérer cette enquête interne et qui prendra les sanctions, alors que c’est la haute direction qui a tout manigancé... Bref, reste-t-il assez de non-fraudeurs pour licencier les fraudeurs ? Il faudra peut-être inventer l’auto-licenciement… 

  • L’OL dans les choux, et le stade aussi ?

    affiche-L-Ile-au-tresor-Treasure-Island-1950-1.jpgLe foot à Lyon c’est une belle histoire de fric, celui d’un boss Aulas Jean-Michel, ce qui ne regarde que lui, et de la communauté d’agglomération, ce qui nous regarde tous.  

     

    Depuis que je suis gamin, il y a l’OL. Des fois un peu haut, des fois un peu bas, parfois très haut, parfois très bas. C’est la vie, et ça va bien comme ça. Le foot à Lyon : pépère. Jusqu’à faiblir, se retrouver en seconde division, et voir arriver le sauveur : Aulas Jean-Michel, patron de la Cégid la semaine, et infirmier à Gerland le week-end. Une appellation prestigieuse récupérée pour 4 sous, une série de piqûres de fric, et l’OL remonte, et gagne, et gagne : 7 fois champion de France. L’OL est devenu l’ambassadeur d’image de Lyon. Vous descendez de l’avion à Buenos Aires, à Helsinki ou à Singapore, et le chauffeur de taxi fait le cador en vous expliquant qu’il connait Lyon, car à Lyon, il y a l’OL. Je lui explique les romains, la Renaissance, l’industrie, l’humanisme, la Résistance, les nouvelles technologies, la cuisine… Il s’en fout : il y a l’OL, et il y a eu Sonny Anderson.

     

    Aulas Jean-Michel, patron de l’OL, vit un mariage d’amour avec Collomb Gérard, maire de la ville, président de l’agglo, et sénateur un après-midi par an. Le principe est assez simple : Aulas Jean-Michel amène le fric, l’OL gagne les matches, la ville 3700211505246.jpgtouche les retombées, et Collomb Gérard renvoie l’ascenseur.

     

    Le truc, vous l’avez compris, a la tronche d’un compte d’exploitation. Pas de sentiments, mais des chiffres mon jeune ami… L’idée d’Aulas Jean-Michel est d’apporter le max de fric, pour qu’aucun club français ne puisse suivre le recrutement, pour avoir toujours la meilleure équipe, tout gagner, et devenir riche et célèbre… « Je me voyais déjà en haut de l’affiche ».

     

    En septembre 2007, soudain, c’est la grande scène du 8. Gerland (41 000 places) est trop petit, et catastrophe absolue et nationale, à cause de Gerland, la France ne pourra pas candidater pour accueillir l’Euro 2016. La paix dans le monde est menacée ! Il nous faut un stade de 62 000 spectateurs pour accueillir les 5 ou 6 matches du possible Euro 2016. Une dramaturgie insensée, et des cantiques entonnés par un cœur de non-vierges : Philippe Séguin, Eric Besson, Patrick Devedjian, et Michel Mercier, le régional de l’étape. Beau comme de l’antique. Or, malheur de malheur, comme on ne peut pas agrandir le stade pendant le championnat, il faut un nouveau stade,… et le gentil Aulas Jean-Michel est prêt à être propriétaire.

     

    Aulas Jean-Michel entend se sacrifier en construisant un stade privé dont il sera propriétaire, par souci d’épargner les finances publiques. Il paie pour environ 300 millions d’euros, trouve des sponsors (qui se cassent du fait de la crise), y installe un centre commercial, des hôtels, des bureaux d’affaires, et demande juste à la collectivité de payer pour les infrastructures. 18703592.jpgEt comme il s’installe en périphérie de Lyon, à Décines, il faut prévoir de quoi accueillir 7 000 voitures, avec des bus et tramways pour le surplus. Une sortie de stade de 60 000 personnes pour prendre le tram, ça sera très chou. Donc, il paie tout,… enfin presque tout, car le Grand Lyon, la communauté d’agglomération, doit payer les infrastructures, pour au minium 200 millions. 

     

    Tout ça pour permettre à la France d’être candidate pour l’Euro 2016 ! Qu’ils sont mignons quand ils nous prennent pour des andouilles.

     

    La réalité est beaucoup plus simple. L’Euro 2016 est un beau prétexte, mais un prétexte. La seule chose en jeu, c’est la finance de la SA OL, avec des actions en bourse qui ont fondu de 50% en deux ans. Aulas Jean-Michel confesse : « Les revenus tirés de la billetterie et des activités dérivées atteindront 80 millions d'euros par an, contre 22 millions actuellement ». De quoi acheter les meilleurs joueurs, gagner tous les championnats, remplir le stade et ainsi de suite. Sauf que le fric ne fait pas tout : pour la deuxième année de suite, l'OL est éliminé de la Coupe le France, de la Coupe de la Ligue et est à peine européen… Du coup, Gerland fait bien assez l’affaire !

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    Le risque est gros de voir l’OL patauger, empêtré dans des contrats trop coûteux, avec des performances qui chancellent, des spectateurs qui se barrent et un  grand stade avec une ambiance du genre Monaco amélioré. Le risque, évident, est placé sous une lumière cruelle par les piètres résultats de l’OL depuis deux ans. 60 000 personnes pour voir l’OL perdre devant Lorient, c’est pas gagné... Et pourtant Aulas Jean-Michel fonce. Patron avisé, il sait qu’à côté du stade, il y a son futur empire immobilier, porté par la notoriété du club. La rentabilité viendra du centre commercial, des hôtels et des bureaux d’affaires, devenus viables grâce aux investissements de la collectivité, qui prend le risque de tout payer pour un retour d’image nul. Et puis le club de foot, c'est une SA, et les actionnaires peuvent changer,... et d'autres investisseurs peuvent s'intéresser au club, pour devenir ensuite locataires du stade. Il faut être réactif dans la vie des affaires.

     

    Evidemment, les opposants sont nombreux, car l'impact sur l'urbanisme est lourd, et parait démesuré. Le premier supporter de l’OL, dragueur impénitent de tout ce qui ressemble à un patron lyonnais, Collomb Gérard, s’active en cuisine. Comme le PLU ne permet pas l’implantation du stade, il le modifie aussi sec. Deux fois, et deux fois annulé par la justice. Et il recommence une troisième fois. Nouvelle modification, aussi géniale que les précédentes, et nouveaux recours à prévoir.

     

    Alors, du foot à Lyon ? Pas de problème ! Comme à Bordeaux, à Lille, à Marseille ou dans d’autres villes, avec des clubs qui arrivent à amener du fric en gardant raison. La réussite de l’OL Land serait un enterrement pour le championnat de France : un club financièrement surpuissant, qui attire les stars payées à 300 000 euros le mois, et assèche les autres clubs, ce pour admirer le sourire carnassier d’Aulas Jean-Marie encaissant les 60 000 entrées payantes.

     

    Je souhaite le plein succès aux opposants de ce projet, et compte sur leur ingéniosité, en attaque comme en défense, pour un beau résultat : un à zéro, ce serait parfait. Même sur pénalty.

     

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