05.05.2012
La Place des Terreaux, un monde
La Place des Terreaux, c'est quelque part entre le ciel et la terre...

Au début du siècle


Et maintenant...
La fontaine Bartholdi est au centre de la place et l'espace est dégagé

De l'autre côté, la Mairie

Côté Sud, le Musée des Beaux Arts

En face, la fontaine et les derniers immeubles des Pentes de la Croix-Rousse

Regardez bien, juste un peu sur la droite...

... c'est le restaurant "L'Etage", comme une petite salle manger perdue dans la ville
(Ne vous arrêtez pas à Lyon sans un repas à "L'Etage", ou je vous fais un procès)

By night



L'hiver, la fontaine est prise dans les glaces


Le Moulin Joli, très bon endroit pour un petit café

Mais un autre monde vous attend...
Passez la porte du Palais Saint-Pierre et vous voici dans un jardin

Vous avez juste passé une porte mais c'est un autre monde


Et à l'étage, la terrasse la plus fantastique du monde

Changement de décor... C'est la fête des Lumières









Bon, mais c'est pas tout... Il y en a qui travaillent dur derrière ces fenêtres

Et avec Saint Pierre qui veille sur moi, je ne risque rien...
01:24 Publié dans justice | Lien permanent | Commentaires (17) | Envoyer cette note | Tags : lyon
12.01.2011
Lyon : Le scandale de l’Hôtel Dieu
Lyon perd son histoire, et le soldeur s’appelle Collomb Gérard. Il faut réagir et sauver l’Hôtel Dieu des mains des marchands.
Notre ami Gégé
D’abord, je dois vous présenter notre chef de chantier local, Collomb Gérard, dit Gégé.
Gégé est l’exemple même des types de Droite qui ne se supportent pas de Droite, cause références morales de papa et maman, et qui vont se réfugier à Gauche en se flagellant tous les matins. Marginalisé après le succès de Noir, il s’est retrouvé élu en 2001 quoique minoritaire en voix, car la Droite était divisée en 4 groupes. Mieux que d’autres, il connaissait sa fragilité électorale, et il a passé six ans à draguer quelques vaisseaux de la Droite, pour faire une liste plaçant en belle posture d’éminents sarkozystes. Cette alliance Gauche/Droite l’a emporté, avec au final chez les adjoints, les socialistes minoritaires et une omniprésence du Grand-Orient. Aussi, quand on vous dit « modèle politique lyonnais », pensez à une soupe trop cuite.
C’est dans ce cadre que vient l’affaire de l’Hôtel-Dieu
L’Hôtel-Dieu, c’est l’histoire de Lyon. C’est l’histoire de la médecine et de l’humanisme à Lyon. Un imposant ensemble immobilier, 62 000 m2 exploitables, dans la presqu’île, le long du Rhône, à cent mètres de la Place Bellecour. Le bâtiment s’est structuré à partir du XI° siècle. Depuis l’origine, l’Hôtel Dieu est le grand hôpital du centre ville. L’hôpital a été le lieu toujours ouvert pour accueillir ceux que la misère rejetait. Rabelais y a exercé, et cet hôpital, depuis des siècles, est synonyme d’excellence. Au XVIII° siècle, il était une expression de la réussite. L’Hôtel Dieu a été le cadre de grandes avancées médicales, et il a toujours été l’emblème d’une médecine ambitieuse, ouverte sur la ville. Excellence scientifique et conscience sociale, l’Hôtel Dieu a été une base pour ce qui allait devenir les Hospices Civils de Lyon, le 2° CHU de France.
Oui mais voilà. L’Hôtel-Dieu ne correspond plus à ce que doit être un hôpital, alors que de grands centres hospitaliers se développent à la périphérie de la ville. Tout le monde est d’accord. Il faut tourner la page. Le CHU doit quitter ce bâtiment.
Collomb cède l’Hôtel Dieu à l’industrie du luxe
Tourner la page, oui. En profiter pour se débarrasser de l’histoire, non. Or, c’est que veut Collomb Gérard : faire du lieu qui doit sa notoriété au social l’emblème de la richesse s’imposant en centre-ville. 
Le bâtiment appartient aux Hospices Civils de Lyon, dont le maire est, de par la loi, le président. Le même est par ailleurs le président de la communauté d’agglomération, le Grand Lyon. De quoi faciliter la synergie. Tu parles. Il en a profité pour tout filer au privé.
La restructuration de l’ensemble immobilier a été confiée au groupe Eiffage, pour réaliser un programme de luxe : un hôtel, des bureaux et des commerces, le tout top niveau. Eiffage investit 150 millions d’euros, et la ville pas un centime.
C’était l’argument factice posé comme principe incontournable par Collomb Gérard : « Il n’y a plus un sou ». Sous entendu : « La collectivité aurait tellement aimé pouvoir investir, mais je dois me résigner pour ne pas augmenter vos impôts… ». A d'autres...
La ville a tous les moyens pour agir
Il n’y aurait pas un centime public pour conserver la main sur l’Hôtel-Dieu, et éviter de le céder à l’industrie du luxe ?
Précisons d’abord que l’Hôtel-Dieu n’est pas une ruine mais un lieu affecté à un hôpital, répondant à toutes les normes de sécurité et d’hygiène.
Fallait-il 150 millions d’euros pour faire vivre le bâtiment sans l’hôpital, et lui garder une mission sociale, scientifique et éducative ? Certainement pas. Car à ce niveau, on parle du financement d'équipements de luxe. 100 millions pour faire correct est très raisonnable.
De plus, il peut très bien y avoir une mixité, car personne n’est hostile à l’installation de boutiques ou de bureaux. Prenons la moitié des 62 000 m2, réaménagée avec mesure. Un coût d’investissement de 50 millions, et en contrepartie des rentrées sous forme de loyer ou de revente.
La Ville de Lyon et le Grand Lyon ne peut investir 50 millions, ou même 100, pour sauvegarder un Hôtel Dieu restant un grand centre ouvert à tous, et pas seulement aux cartes platine ?
Le budget de la Ville de Lyon, c’est 693 millions d’euros, avec une section d’investissement aux environs de 200 millions d’euros. Celui du Grand Lyon, c’est 1 665 millions d'euros. Le vice-président aux finances, Jacky Darne, estime indispensable de « maintenir un taux d’investissement très élevé » et donne des chiffres : « Le budget d’investissement pourrait passer de 445 millions d’euros en 2010 à 492 millions en 2011 ».
Bien sûr, il ne s’agit pas de dépenser 100 millions d’euros, mais d’en emprunter l’essentiel, sachant des rentrées sont attendues. Des entreprises investies dans la santé s’étaient même offertes pour des projets de type fondation ou mécénat. Aussi, l’argument « la ville ne dépense pas un centime pour l’Hôtel Dieu » est un choix délibéré de Collomb Gérard de remettre le bien aux entreprises de luxe.
La remarquable reconversion des prisons
D’ailleurs, et dans le même temps, Lyon a connu la transformation d’un autre grand ensemble immobilier, celui des prisons, toujours dans le centre ville. Le propriétaire était l’Etat, qui a arrêté un projet impeccable pour ces 60 000 m2. 35 000 sont cédés à l'Université catholique pour 25 millions d’euros. Le reste est aménagé en des logements et une résidence étudiante, sous la gestion de l’Opac et du remarquable « Habitat et Humanisme », avec aussi des commerces de proximité. Le tout dans un projet architectural audacieux.
Il faut recadrer notre Gégé
Peut-on encore bloquer la passion du luxe de Collomb Gérard ? Certainement, car toute folie se soigne, et l’Hôtel Dieu est bon lieu pour cela.
Il faut d’abord écarter ce présupposé idiot selon lequel l’équipement phare doit être un hôtel de luxe. Les lieux ne manquent pas, mais il est inacceptable de donner à cet hôtel, réservé à une clientèle très riche, une notoriété acquise par l’humanisme, la science et le social.
Ensuite, il faut rétablir le principe d’une maitrîse publique totale du projet, car c’est la moindre des choses que le plus grand ensemble immobilier légué par l’histoire soit géré par la ville. Eiffage ne vient pas se ruiner, mais faire du profit. C’est dire que l’investissement est très jouable, s’il le faut par une société d’économie mixte.
Il faudra ensuite un concours de projets, sincère, visant à assurer cette présence sociale et scientifique au cœur de la ville. Nombre d’acteurs attendent d’être sollicités : entreprises de la région exerçant dans la santé, acteurs de l’économie solidaire, groupes scientifiques et universitaires... Les soutiens sont innombrables pour faire renaître l’Hôtel-Dieu dans la fidélité.

00:46 Publié dans Histoire | Lien permanent | Commentaires (13) | Envoyer cette note | Tags : lyon, humanisme, santé
24.12.2010
Noël dans le Vieux Lyon
Mais pourquoi ne viennent-ils pas tous à Lyon ? Je n’ai jamais bien compris pourquoi les Français ne venaient pas tous en vacances à Lyon, et pour quoi les touristes étrangers allaient se perdre à Paris ou à Deauville, alors que Lyon est la plus belle ville du monde… La plus belle, dès lors qu’on se pose au Vieux Lyon, cet alliance sublime de la France et de l’Italie, cette enclave de la Renaissance qui pousse les feux de l’humanisme, accueillant à table ouverte tous les esprits perdus de nos économies sauvages et chancelantes.
Chères amies, chers amis, laissez tomber votre précieux bidon de glycol, dites adieu à Roissy, et traversez la Saône : cinq siècles de civilisation, donc de raffinement, vous attendent !













![LYON_Les_quais_de_saone_25[1].jpg](http://lesactualitesdudroit.20minutes-blogs.fr/media/01/00/1398822017.jpg)





(Prenez la deuxième à gauche, et vous arrivez chez mon amie Christina qui vous sert des Mojitos à tomber à la renverse)




















23:29 Publié dans Histoire | Lien permanent | Commentaires (20) | Envoyer cette note | Tags : lyon, mondialisation, italie
25.03.2010
Les empafés du PAF, vus du Quai de la Pêcherie
Quelle misère ! Thierry Ardisson fait un procès à Eric Zemmour, et Étienne Mougeotte renonce à licencier Eric Zemmour. Pendant ce temps, Eric Besson veut faire un procès à Stéphane Guillon, alors que Nicolas Demorand fait rempart de son corps devant Jean-Luc Hees, cornaqué par Philippe Val, le retraité de Charlie Hebdo. Laurent Guerra et Nicolas Canteloup sont appelés comme témoins de moralité. Et sur le palier d’en face, Patrick Sébastien, à peine sorti d’une cure de sevrage de l’UMP, crée son mouvement politique, le « Droit Au Respect et à la Dignité » (Dîtes le DARD, et gloussez de rire, c’est recommandé). Laurent Ruquier, assis sur son tabouret géant du service public, s’interroge. C’est le grand retour des intellectuels...
Mais quelle glue, mes amies et mes amis ! Ces polémiques à deux balles, non à zéro balle, me filent le bourdon autant que les 52% d’abstention.
Comment imaginer qu’une polémique née sur le plateau du bouffon absolu Ardisson puisse valoir l’occasion du moindre débat ? Je suis absolument sidéré de l’impact de ces brochettes d’incontinents bavards, qui entretiennent entre eux, comme un potage qui n’a jamais fini de cuire, leurs polémiques nulardes, vides de sens et décalées du réel. L’imbécile X pense une chose, donc il dit la chose. Celui qui est en face ne sait rien de la chose, ce qui est logique car la chose est creuse et vide, mais il est là en service commandé pour dire l’inverse du premier en faisant des grands mouvements avec ses petits bras et en prenant l’air de l’offensé. Quand survient un troisième, qui file un coup de gourdin sur l’auguste pensée des deux premiers, sous les rires du public esbaudit, alors qu’un quatrième s’apprête à retirer le tapis sur lequel les trois sont plantés, et qu’un cinquième actionne un lance d’incendie vengeresque, sans savoir qu’un sixième est entrain de couper l’eau. Paris, ville Lumière…
Cela fait des années que le Syndicat des Empafés du Paf (SEP) sévit. C’est le piquet de grève permanent, celui que ne bloque pas les RER mais les trains de la pensée. Leurs ennemis ? Tout raisonnement construit, toute phrase de plus de 8 mots, toute idée dérangeante, ou pire minoritaire, toute remise en question, tout effort. Coté France Inter, c’est plus grave encore, car le syndicat se pare des plumes de celui qui sait. C’est un grand malin, qui connait le truc caché, que toi tu ne connais pas. Depuis le poste radio, on voit leur chevilles qui enflent. Mais pour qui se prennent-ils ?
Alors, franchement, leurs petites querelles de familles, d’ascenseurs qu’on se renvoie, m’indiffèrent. Des braillards, comme au fond de la classe, comme sur le marché, sauf qu’ils squattent la télé et la radio. Ce qui fait qu’ils ne m’indifférent pas vraiment, car je reste scandalisé que ces farfadets détruisent ainsi l’esprit critique et le plaisir de la connaissance.
Déçu, oui, et souhaitant les virer, oui. Mais ce n’est pas la cata, car le bonheur des idées reste à portée de main. Dans notre bonne ville de Lyon, les bonnes adresses pullulent. C’est un jardin au printemps, et c’est le printemps toute l’année !
A partir du moment où vous évitez le supermarché de la FNAC, tout est bon. Gibert et Privat sont aussi tristes que l’ambiance à la mairie de Lyon. Tant pis pour eux. Mais c’est déjà le lupanar avec le géant Decitre, sur la Place Bellecour. Enchaînez avec des classiques, l’excellente Librairie Le Passage, tout près du bureau (et comme ça on pourra discuter un coup), ou la Librairie du Tramway, en face du Palais de Justice, la convivialité snobant le conflit. Revenez dans le centre, et trouvez La Musardine, Rue Neuve, qui drague Le Bal des Ardents, et à quelques dizaines de mètres Musicalame, des livres qui parlent comme de la musique. Un petit tour rue Royale pour Etat d’Esprit, un must pour la culture homo, avant de foncer rue Auguste Comte pour la somptueuse Librairie Descours, maître des livres d’art. Vous pouvez alors vous reposer Place Bellecour chez Badiane, la librairie qui célèbre la cuisine. Tout va bien ? Attention, vous n’avez fait là que la partie paisible du parcours.
Et oui, il faut ouvrir le chapitre « bouquinistes »… Commencez par la Librairie des Terreaux, et la un peu iconoclaste mais très utile La Bourse, rue Lanterne. Traversez la Saône pour La Parchemine, à l’ombre de la cour d’appel. Juste à côté, un très dangereux lieu de perdition, avec Diogène, rue Saint-Jean, toute la littérature et tous les livres dans un désordre bordélique, généreux et génial. En forme ? Alors carapatez vous à L'Epigraphe, rue de Cuire, sur la colline de la Croix-Rousse. Et ce n’est pas fini. Il y en aurait une grosse dizaine d’autres à citer, mais vous devez garder un peu de sous en poche pour mon premier fournisseur… J’ai bien sûr nommé le marché des bouquinistes du Quai de la Pêcherie, le meilleur du monde, the best of the world, chères amies et chers amis. Sur les bords de Saône et sous les platanes, avec la Renaissance italienne d’un côté, l’humanisme constructeur de la presqu’île de l’autre, et la colline des Canuts qui veille. Tous les week-ends, les livres envahissent cet espace merveilleux, et c’est l’enchantement.
Alors, oui, qu’ils sont loin les petits cafards du petit écran…

10:23 Publié dans Livre | Lien permanent | Commentaires (85) | Envoyer cette note | Tags : idées, démocratie, lyon










