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  • Le bon docteur Le Men

    Ce sont des amis des Côtes d’Armor qui m’ont raconté la belle histoire d’un jeune médecin, le docteur François Le Men, médecin généraliste installé à Callac en 1953,... et toujours en activité à ce jour. 92 ans, si ça vous dit quelque chose… Un vrai et grand médecin généraliste, avec une patientèle fidèle depuis soixante ans, et une forme tellement éblouissante qu’on retrouve déjà du tonus quand le voit arriver…

    Voici une petite vidéo de BFM… J’ai adoré…Bravo toubib, continue bien !  

    http://www.youtube.com/watch?v=Zhc04xhHyhg

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  • Des vétérinaires pour remplacer des médecins ?

    bouvier.jpgSi votre médecin n’est pas disponible, appelez le vétérinaire ! Celle-là, elle est bien bonne, et il faut saluer son auteur, une haute personnalité,  Françoise Tenenbaum, adjointe au maire de Dijon en charge de la santé, vice-présidente du Conseil régional et présidente de la Conférence Régionale de la Sante et de l’Autonomie (CRSA) auprès de l’Agence Régionale de Santé de Bourgogne. On marche sur la tête…

    Admirons cette belle théorie : « J'ai réfléchi à la problématique dans laquelle nous sommes, notamment en Bourgogne où il y a des déserts médicaux, et je me suis rendue compte qu'il y avait des vrais médecins dans les territoires, ce sont les vétérinaires, qui peuvent intervenir en urgence. Je pense qu'il y a un champ de travail, mais il faudrait définir une passerelle de formation et cadrer la mission de ces vétérinaires. Surtout, ce ne serait pas à la place du médecin mais en l'attendant ».

    Beaucoup de titres, notre amie, quelle bourde !

    Le premier obstacle est légal, et il est décisif. L’acte de soigner, et ce pour tout acte de soin, est une intrusion sur le corps humain, et pour que cet acte soit licite, il doit être autorisé par la loi. La loi lie son autorisation à la titularité d’un diplôme, celui de médecin, qui répond à un programme européen de formation. Donc on peut pratiquer un acte médical que si on est titulaire d’un diplôme sanctionnant la maîtrise de ce programme. L’obstacle, décisif, est ainsi celui de l’exercice illégal de la médecine, qui est une infraction pénale (Code de la Santé Publique, art. L. 4161-1).

    Ensuite, l’acte médical n’est pas défini par la loi, car la seule référence est la mission générale du médecin : poser un diagnostic et choisir une thérapie. La loi a toujours choisi cette approche globale, car c’est la seule réponse scientifique possible. Il n’existe pas de petit diagnostic. Un mal de tête peut être un signe inquiétant. Une blessure légère peut être le siège d’une infection redoutable. Discutez un peu avec un médecin régulateur du 15, et il vous expliquera le haut de degré de prudence qui interdit toute banalisation sur un diagnostic d’emblée. Alors, le petit diagnostic en attendant le toubib… Consternant.

    Une élue pète les plombs… bof ! Mais, je vois quand même que notre amie des bêtes est présidente de la Conférence Régionale de la Sante et de l’Autonomie (CRSA) auprès de l’Agence Régionale de Santé de Bourgogne, qui sont des structures de l’Etat. Comment peut-elle rester en fonction après avoir théorisé de telles âneries ? Et là, je ne suis pas gentil pour les ânes.

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    Et nous, on peut appeler un médecin ?

  • Médiator : Les médecins irresponsables ?

    Les petits cris effarouchés des médecins n’y changeront rien : dans l’affaire du Médiator, la question de leur responsabilité est clairement posée. Et encore heureux. Les réactions des grands syndicats médicaux, demandant une irresponsabilité par principe, sont hélas nullissimes.

    Un bilan très grave

    51GXR4GMHDL__SS500_.jpgLe bilan de cet anti-diabétique, souvent prescrit comme coupe-faim, est de 500 à 2.000 décès entre 1976 et 2009, outre d’innombrables graves dégradations de l’état  de santé, par des complications cardio-vasculaires. Xavier Bertrand, dirigeant fracassé de l’UMP en convalescence au Ministère de la Santé, a usé de sa voix de fluet pour affirmer que « les médecins ne seront pas les payeurs ».

    Il a raison le Xavier de soigner ce corps professionnel qui vote encore bien à Droite, et peut avoir tant d’influence. Mais son propos est nul : à moins qu’une réforme de la Constitution m’ait échappé, ce sont les tribunaux qui tranchent les affaires de responsabilité, et pas le ministre. Xavier se croit au Bélarus…

    Jusqu’à preuve du contraire, le Médiator ne s’achetait pas sur le marché, fièrement installé entre les salades et les andouilles, mais dans les pharmacies et n’était délivré que sur ordonnance d’un médecin. Un petit détail qui a sûrement échappé à Xavier.

    Il va donc falloir que Xavier et les impayables syndicats médicaux nous expliquent pourquoi les médecins qui ont prescrit ce médicament à tour de bras seraient nécessairement à l’écart de toute question sur la responsabilité...

    Il y a au moins deux bonnes raisons d'évoquer la responsabilité des médecins :

    -          Le Médiator a souvent a été prescrit comme coupe-faim, soit en dehors de l’usage pour lequel il était autorisé

    -          Tout médicament est dangereux et une prescription à long terme doit s’accompagner d’une surveillance attentive. Or, le nombre de décès conduit à poser des questions sérieuses sur la qualité de la surveillance.

    La FMF, un syndicat de médecins libéraux, annonce qu’elle va saisir le tribunal administratif de Paris d’une requête contre l'Agence française de sécurité sanitaire des produits de santé (Afssaps) qui « ne les a pas prévenus pendant des années des risques du Mediator ». Assez consternant. La FMF doit être une filiale de Synergie Officiers, c’est pas possible autrement… Ce syndicat nous explique gaillardement qu’un médecin est juste bon à lire le Vidal et les mails de l'Afssaps, et qu’il est incapable de surveiller les effets de ses prescriptions avant l’arrêt cardiaque du patient. Trop fort !

    Que va-t-il donc se passer (dans le monde réel) ?

    89651-135-8.jpgPremier point. Les syndicats de médecins, égosillés par l’indignation, jouent le rôle de syndicat des assureurs des médecins, car en responsabilité civile, c’est l’assureur qui paie. Cotisez au syndicat, et le syndicat défendra votre assureur. Assez rigolo.

    Deuxième point. L’Etat va mettre en place un fonds d’indemnisation des patients, sur examen individuel de la situation. Si la causalité du Médiator est établie, le patient sera indemnisé. Mais le fonds aura la possibilité de se retourner – c’est ce qu’on appelle l’action récursoire – contre ceux qu’il estime les vrais responsables. La loi qui va créer le fonds osera-t-elle affirmer que toute action récursoire contre les assureurs des médecins est prohibée ? Ce qui voudrait dire que la loi laisserait tout à la charge de la collectivité publique pour ne pas causer d’aigreurs à ces petits chérubins d’assureurs de toubibs ?

    Troisième point. Qui empêchera un patient, ou sa famille, de mettre en cause le médecin prescripteur du médicament qui a fait tant de mal ? Sans la signature du médecin sur l’ordonnance, pas de Médiator dans l’estomac du patient. Et, dit le droit, pas de prescription sans un diagnostic et une surveillance « prudente, diligente, et conforme aux données acquises de la science ».  

    Quatrième point. Quel médecin peut envisager d’exercer son métier en refusant par principe d’engager sa responsabilité ? Chères amies et chers amis médecins, ne voyez vous pas le péril dans la déclaration de Xavier qui veut faire de vous des professionnels heureux car irresponsables ?

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  • La fin de vie et le droit

    Une loi sur la fin de vie ? Elle existe déjà… et date de cinq ans ! Alors, je reste surpris par ce sondage publié ce week-end appelant au vote d’une loi. Et ceux sont ainsi censés souhaiter une loi sur « l’euthanasie » auraient-ils répondu la même chose s’ils savaient ce que dit la loi ? 9782020285353.jpg

     

    Le texte en cause, c’est la loi n° 2005-370 du 22 avril 2005, qui se trouve dans le Code de la santé publique, aux articles L. 1111-10 et suivants.

     

    L’article L. 1111-10 pose le principe : la volonté du malade s’impose.

     

    « Lorsqu'une personne, en phase avancée ou terminale d'une affection grave et incurable, quelle qu'en soit la cause, décide de limiter ou d'arrêter tout traitement, le médecin respecte sa volonté après l'avoir informée des conséquences de son choix. La décision du malade est inscrite dans son dossier médical ».

     

    La loi ajoute que le médecin sauvegarde la dignité du mourant et assure la qualité de sa fin de vie en dispensant les soins palliatifs.

    -          Oui, mais quand il est trop tard, le patient peut se trouver trop faible pour exprimer sa volonté. Pourquoi ne pas lui permettre d’exprimer à l’avance ces intentions ?  

    -          Ca tombe bien c’est justement ce que dit l’article L. 1111-11, à travers la notion de « directives anticipées ».  

     

    « Toute personne majeure peut rédiger des directives anticipées pour le cas où elle serait un jour hors d'état d'exprimer sa volonté. Ces directives anticipées indiquent les souhaits de la personne relatifs à sa fin de vie concernant les conditions de la limitation ou l'arrêt de traitement. Elles sont révocables à tout moment.

    « A condition qu'elles aient été établies moins de trois ans avant l'état d'inconscience de la personne, le médecin en tient compte pour toute décision d'investigation, d'intervention ou de traitement la concernant ».

    -          Mais parfois, le patient n’a pu anticiper, et il se retrouve seul face à une maladie plus forte que lui. Il faut permettre de prendre l’avis des tiers.

    -          Pas de problème, c’est le sens de l’article L. 1111-12 :9782247081592.jpg

    « Lorsqu'une personne, en phase avancée ou terminale d'une affection grave et incurable, quelle qu'en soit la cause et hors d'état d'exprimer sa volonté, a désigné une personne de confiance (Code de la santé publique, article L. 1111-6), l'avis de cette dernière, sauf urgence ou impossibilité, prévaut sur tout autre avis non médical, à l'exclusion des directives anticipées, dans les décisions d'investigation, d'intervention ou de traitement prises par le médecin».

    -          Encore faut-il connaitre la loi me direz vous. Ce qui laisse le cas du médecin placé seul devant la décision...

    -          Rassurez-vous, le législateur y avait pensé, et le processus d’arrêt de traitement est prévu par l’article L. 1111-13.

    « Lorsqu'une personne, en phase avancée ou terminale d'une affection grave et incurable, quelle qu'en soit la cause, est hors d'état d'exprimer sa volonté, le médecin peut décider de limiter ou d'arrêter un traitement inutile, disproportionné ou n'ayant d'autre objet que la seule prolongation artificielle de la vie de cette personne, après avoir respecté la procédure collégiale définie par le code de déontologie médicale et consulté la personne de confiance visée à l'article L. 1111-6, la famille ou, à défaut, un de ses proches et, le cas échéant, les directives anticipées de la personne. Sa décision, motivée, est inscrite dans le dossier médical ».

    -          Respect des données scientifiques, processus collégial et décision du médecin : tout y est !

    -          Certes, mais les médecins s’enferment dans leurs certitudes, et poursuivre des actes médicaux qui ne veulent plus rien dire.

    -          Ah bon, mais alors ils sont en contradiction avec l’article L. 1110-5, alinéa 2.  

    « Ces actes (médicaux) ne doivent pas être poursuivis par une obstination déraisonnable. Lorsqu'ils apparaissent inutiles, disproportionnés ou n'ayant d'autre effet que le seul maintien artificiel de la vie, ils peuvent être suspendus ou ne pas être entrepris. Dans ce cas, le médecin sauvegarde la dignité du mourant et assure la qualité de sa vie en dispensant les soins palliatifs ».

    -          Cela reste un discours car on néglige les douleurs.

    -          Mais c’est alors ignorer la loi, et en particulier l’article  L. 1110-5, alinéa 4.accompagner-en-fin-de-vie-intgrer-la-dimension-spirituelle-dans-le-soin-8103278.jpg  

    « Toute personne a le droit de recevoir des soins visant à soulager sa douleur. Celle-ci doit être en toute circonstance prévenue, évaluée, prise en compte et traitée ».

    -          On s’approche du vrai problème. La lutte contre la douleur suppose d’avoir recours à de médicaments puissants, notamment à base de morphine, qui peuvent précipiter la mort, et les médecins refusent ces traitements de peur que leur responsabilité soit engagée !

    -          si tel est le cas, c’est qu’ils ignorent l’article L. 1110-5, alinéa 5, qui traite exactement cette situation.  

    « Les professionnels de santé mettent en œuvre tous les moyens à leur disposition pour assurer à chacun une vie digne jusqu'à la mort. Si le médecin constate qu'il ne peut soulager la souffrance d'une personne, en phase avancée ou terminale d'une affection grave et incurable, quelle qu'en soit la cause, qu'en lui appliquant un traitement qui peut avoir pour effet secondaire d'abréger sa vie, il doit en informer le malade, la personne de confiance, la famille ou, à défaut, un des proches. La procédure suivie est inscrite dans le dossier médical ».

    -          Mais cette phase reste trop médicale, et les bénévoles, qui auraient du temps à consacrer, sont exclus !

    -          Pas du tout, c’est l’article L. 1110-11 prévoit leur intervention.

    « Des bénévoles, formés à l'accompagnement de la fin de vie et appartenant à des associations qui les sélectionnent, peuvent, avec l'accord de la personne malade ou de ses proches et sans interférer avec la pratique des soins médicaux et paramédicaux, apporter leur concours à l'équipe de soins en participant à l'ultime accompagnement du malade et en confortant l'environnement psychologique et social de la personne malade et de son entourage ».

    Les associations qui organisent l'intervention des bénévoles se dotent d'une charte qui définit les principes qu'ils doivent respecter dans leur action. Ces principes comportent notamment le respect des opinions philosophiques et religieuses de la personne accompagnée, le respect de sa dignité et de son intimité, la discrétion, la confidentialité, l'absence d'interférence dans les soins ».

    -          Mais alors, il suffit d’appliquer la loi !

    -          Oui, c’est ce qui se fait tous les jours dans les hôpitaux.

    Pour tout savoir sur la mort, il faudra attendre un peu... et les témoignages sont rares

    Mais pour tout savoir sur la mort et le droit, il suffit d'aller chez votre libraire

  • Bettencourt : Le médecin des pauvres entre en scène

    medecin_01.jpgWoerth est tranquille sur ce coup : il n’a aucune compétence médicale. Dans l'affaire Liliane Bettencourt, le centre de gravité se déplace pour quelques jours, mais il faut bien dire que toutes les infos cumulées laissent le sentiment que les fics n’enquêtent sans doute pas pour rien. L'argent ferait-il perdre la boussole ? 

    Sur ce volet médical, beaucoup de rumeurs, et quelques infos sûres. Par exemple que l’Ordre des médecins  a décidé d’entendre une dizaine de bons docteurs. A ce  stade, le conseil départemental prend des renseignements à partir d’infos pouvant traduire des comportements non orthodoxes. Pas d’accusation donc, et encore moins de jugement.  

    Gilles Brücker s’est expliqué dans la presse. Ami de François-Marie Banier, et bon pote de Bernard Kouchner, il est devenu le médecin de Liliane Bettencourt à la fin des années 1990, fait aujourd’hui établi. Il est ausi établi qu'il a été désigné exécuteur testamentaire, ce qu’il a « pris comme une marque de confiance » mais c’est l’officier de police chargé de l'enquête qui lui a appris que cette fonction était assortie d'une dotation d'un million d'euros. C’est aussi l’enquête qui lui a appris que l'île d'Arros devait revenir à François-Marie Banier et à trois associations médicales présidées par lui-même ou sa compagne, Christine Katlama, une chercheuse spécialiste du sida, trois associations financées par la Fondation Bettencourt-Schueller. « Leurs comptes peuvent être fouillés, comme mes comptes personnels » proteste-t-il. Enfin, il confirme que Liliane Bettencourt a offert à sa fille un appartement d'une valeur de 500.000 euros, mais il précise n’avoir vu aucune raison de demander à cette dernière de renoncer à ce cadeau, car « Liliane Bettencourt était très en empathie avec ma fille ».

    Laissons bien l’Ordre des médecins faire la lumière sur ces faits, et sur les sympathiques relations qui existaient entre les médecins gravitant sans la sphère Bettencourt, avec toute la dose de coups tordus et de rumeurs. Mais si l’on ne sait pas grand chose des faits, on sait en revanche très bien ce que dit la déontologie, comme cela ressort des dispositions du Code, et des commentaires publiés par l’Ordre.

    Pas d’immixtion dans les affaires de famille

    Medecin-des-pauvres-1913.jpgArt. R.4127-51 du code de la santé publique. – Le médecin ne doit pas s'immiscer sans raison professionnelle dans les affaires de famille ni dans la vie privée de ses patients.

    Analyse de l’Ordre. Cet article définit les limites de l'action du médecin admis à pénétrer l'intimité de la famille dans le cadre de son exercice professionnel.

    Le médecin est le conseiller naturel des patients et des familles et souvent leur confident. Il ne donne pas seulement des conseils thérapeutiques, d'hygiène de vie mais aussi de psychologie. L'avis du médecin est souvent sollicité sur la nécessité d'un changement de résidence, d'une retraite anticipée, de la pratique d'un sport, etc. De même le pédiatre sera interrogé sur l'intérêt d'un redoublement scolaire, d'un changement d'établissement, le choix d'une région pour les vacances...

    La confiance dont il bénéficie peut le mettre dans des situations délicates et le conduire au-delà des limites de son rôle professionnel s'il n'y prend pas suffisamment garde.

    Le médecin doit s'interdire aussi la curiosité et s'en tenir, dans la vie privée du patient et de sa famille, aux informations nécessaires à la compréhension de la situation qu'il prend en charge. Il est évidemment impensable qu'il puisse exploiter une information obtenue au cours de son exercice professionnel à des fins personnelles.

    Pour s'en prévenir, le médecin ne doit jamais se départir de son impartialité. En cas de conflit, il doit analyser les faits et prodiguer ses conseils sans jamais prendre un parti quelconque. Il peut chercher à concilier les points de vue en présence, mais doit savoir constater l'échec de sa mission et refuser alors de s'ériger en juge de la situation ou effectuer un arbitrage, particulièrement dans les situations de divorce où il ne doit jamais prendre le parti de l'un ou de l'autre, pour la garde des enfants notamment. Il ne doit pas non plus établir à cette occasion un certificat médical imprudent qui pourrait être par la suite sujet à interprétation tendancieuse.

    Il en va de même lors des successions et de tous les actes officiels de la vie du patient auxquels le médecin se doit de rester étranger. Il doit garder une parfaite neutralité en limitant ses conseils à ceux que l'objectivité lui permet de prodiguer.

    Enfin, dans toutes les situations difficiles, quand le discernement n'est pas aisé, il ne trouvera que des avantages à s'en ouvrir au président ou à l'un des membres de son conseil départemental.

    Prohibition des avantages

    medecin.jpgArticle R.4127-52 du Code de la santé publique. – Le médecin qui aura traité une personne pendant la maladie dont elle est décédée ne pourra profiter des dispositions entre vifs et testamentaires faites par celle-ci en sa faveur pendant le cours de cette maladie que dans les cas et conditions prévus par la loi.

    Il ne doit pas davantage abuser de son influence pour obtenir un mandat ou contracter à titre onéreux dans des conditions qui lui seraient anormalement favorables.

    Analyse de l’Ordre. En cohérence avec l'article précédent, le code de déontologie précise désormais des dispositions admises depuis toujours au nom de l'éthique médicale. Cette obligation, dégagée par la jurisprudence de l'ancien régime, inscrite dès le début du XIXème siècle dans le code civil, n'était auparavant définie que par l'article 909 du code civil qui indique : "Les docteurs en médecine ou en chirurgie, les officiers de santé et les pharmaciens qui auront traité une personne pendant la maladie dont elle meurt, ne pourront profiter des dispositions entre vifs ou testamentaires qu'elle aurait faites en leur faveur pendant le cours de cette maladie. Sont exceptées :

    1°) les dispositions rémunératoires faites à titre particulier, eu égard aux facultés du disposant et aux services rendus ;

    2°) les dispositions universelles dans le cas de parenté jusqu'au quatrième degré inclusivement, pourvu toutefois que le décédé n'ait pas d'héritiers en ligne directe ; à moins que celui au profit de qui la disposition a été faite ne soit lui-même du nombre de ces héritiers..."

    Au-delà du cas d'espèce de la dernière maladie, c'est une attitude générale de prudence qui s'impose au médecin en la matière. Il ne doit en aucune circonstance pouvoir être suspecté d'avoir profité de son statut professionnel et de l'influence qui en découle pour tirer un avantage matériel quelconque de la part de son malade.

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