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mélenchon

  • Désolé, mais Mélenchon me gave…

    41VCTJ8S83L._SX327_BO1,204,203,200_.jpgJe n’ai jamais été pro-Mélenchon, jamais, quitte à chagriner de nombreuses amies et de nombreux amis qui adhèrent, voyant dans ce mouvement la structure la plus pertinente pour créer une alternative à gauche. Quand on regarde ce qui passe dans cette mouvance, à coup sûr, il ne faut pas tout jeter.

    Pour aujourd’hui, je passe sur le Mélenchon grand orateur ou grande-gueule (make your choice), et sur ses outrances anti-européennes, qui confondent tout et emmêlent tout. Heureusement que nous avons le droit européen pour contenir la sauvagerie sociale.

    Je passe aussi sur le côté « culte de la personnalité », avec une com’ aussi blindée que chez le Prince, comme si on pouvait imaginer de refonder la vie politique à gauche à partir de la présidentielle… Projet romantique ou juvénile ?.. La seule priorité, c’est de construire un programme assis sur une idéologie, à partir de la base, c’est-à-dire de la vie sociale, ce quels que soient les délais et les difficultés. Si on n’y arrive pas, dont acte, laissons la place aux autres. Mélenchon se nourrit d’un irréalisme qui en fera un grand appui à Macron, quand viendront les temps difficiles.

    Dans l’immédiat, j’ai une seule question à poser.

    Mélenchon n’a pas envie d’écouter un discours d’une heure et demie de Macron, et je le comprends bien. Personnellement, je ne pourrais supporter cette épreuve que 1) avec des boules Quiès de compétition ou 2) complètement bourré.

    Mais ce qui fait la différence est que je ne suis pas député. Si je suis élu député, c’est que j’ai obtenu un mandat dans le cadre de la Constitution, notre règle commune, avec les droits, mais aussi les devoirs de cette charge.

    Alors, sachant que selon l’article 18 de la Constitution, le Président de la République le droit de prendre la parole devant les deux chambres réunies, constituées en Congrès et siégeant à Versailles, au nom de quoi, un député se permet de boycotter cette convocation et cette réunion de la représentation nationale ?

    Oki, il reste la liberté. Très bien. Mais alors, j’ai moi aussi la liberté de ne faire aucune confiance à celui qui s’inscrit dans un système pour prendre ce qui l’intéresse et refuser ce qui ne lui plaît pas.

    Chères amies, chers amis, éloignons-nous de Mélenchon, nous gagnerons du temps sur ce que nous avons à faire.

  • Mélenchon, l’illusionniste du droit social

    Ouh la la, il faut que je fasse gaffe. A l’heure où Hollande et sa bande d’ahuris fait moins bien qu’un Bayrou, je m’en prends à celui qui défend la flamme à Gauche, l’illustre Mélenchon… Allons, chères amies, chers amis… Ouvrez les yeux sur les illusions de Mélenchon, et son soutien à Kerviel est une bonne occasion.

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    Mélenchon pour sauver la Gauche ?

    Hollande, ce roublard éclairé par la puissance intellectuelle de Valls, s’est planté en six mois, et il poursuit la destruction de l’idée d’une Gauche de gouvernement en Europe, après Blair au Royaume-Uni, Schröder en Allemagne et González en Espagne. Alors, on regarde du côté de Mélenchon, ça peut se comprendre, mais désolé, c'est de la crédulité.

    Mélenchon a fait carrière grâce au Parti socialiste et à la proportionnelle. Il prend la posture du râleur de Gauche, promet l’été en hiver, et fait toujours 10%, ce qui lui donne sa paie. C'est sa vie : supplétif du courant majoritaire du PS.

    Il est si populaire qu’il a perdu toutes les élections auxquelles il s’est présenté sous son nom, sauf une fois : pour les élections cantonales de l’Essonne en 1985, élections qui ont marqué l’histoire du pays.  

    Il faudra revenir sur ce Saint-Just en fromage blanc, mais regardons son soutien à Kerviel. Que des salariés dans la mouise fassent confiance à cet illusionniste oblige à apporter quelques précisions, et please, prenez le temps d’analyser, même si je vous énerve.  

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    « Kerviel est innocent »

    C’est le cri du cœur de Mélenchon sur son blog. Lisez cette introduction au délire, faisant le parallèle entre Dreyfus et Kerviel… Consternant.

    « Pour le militant politique que je suis, défendre un trader dans un conflit avec sa banque est aussi décalé que l'était la défense d'un capitaine monarchiste au début du siècle précédent contre l'institution militaire unanime. Le militarisme était alors notre ennemi car nous ne voulions pas de la guerre qu'il préparait. Dreyfus en était un rouage conscient et satisfait. Mais il était innocent. Les banques sont nos ennemis aujourd'hui car nous ne voulons pas du désastre qu'elles organisent. Kerviel en était un rouage actif, content de lui et du système. Mais Kerviel est innocent ».

    Mélenchon est soudain saisi par cette question : « Et s’il était innocent, ce serait terrible ». Ça, c’est sûr, banane : ça s’appelle l’erreur judiciaire, et ça existe depuis que la justice existe. Comme il y a 60 000 détenus en France, mon Mélenchon-chonchon a trouvé de quoi s’indigner dix fois par jour, tous les jours… sauf que ce n’est pas avec le condamné de base que Mélenchon va passer à la télé.

    Jérôme Kerviel a été reconnu coupable par un jugement du tribunal correctionnel de Paris (200 pages) confirmé par la Cour d’appel de Paris (100 pages), mouchant le distrayant avocat David Koubi : cinq ans de prison, dont trois ferme, et 4,9 milliards d'euros de dommages et intérêts.

    Je m’attendais aussi à une analyse critique de ces décisions de justice. Non rien. Ces deux décisions ne sont même pas visées dans la diatribe de Mélenchon. Le mec nous raconte un conte de fée, genre « les playmobil et les méchants banquiers ». Soyons sérieux : comment parler d’innocence sans critiquer les décisions de justice qui ont condamné ? C’est du niveau Sarko. Oui, désolé, mais c’est ça : du niveau Sarko pour le mépris de la justice.

     

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    La soupe sociale de Mélenchon

    Mélenchon s’était bien gardé de faire le malin devant la cour d’appel de Paris, car il savait qu’il aurait été ridiculisé en cinq minutes. Mais là, devant le Conseil de Prud’hommes, ça lui parait moins risqué, alors il a ramené sa fraise : en retour, il n’a reçu qu’un joli coup de pied au cul. Et bien mérité.

    Regardons cette soupe : « Dans quelques jours, le 4 juillet prochain, Jérôme Kerviel passe aux Prud'hommes. C’est le dernier recours dont il dispose pour contester qu’il ait commis la « faute lourde » dont l’accuse la banque. Car cette incrimination, en plus de toutes les autres peines, le condamne à la mort sociale, sans aucune ressource et sans aucun accès aux droits sociaux les plus élémentaires. Je crois que Jérôme Kerviel est innocent. Ceux qui l’ont fait condamner sont donc coupables ».

    1/ Kerviel, licencié en 2008, saisit les prud’hommes… cinq après ! Typique de la démarche d’un mec convaincu de son bon droit… Que peuvent bien en penser les salariés licenciés, et qui se précipitent  aux prud’hommes à peine reçue la lettre de licenciement ?...

    2/ La faute lourde n’est pas une incrimination, car ce n’est pas pénal. Nul.

    3/ « Je crois que Jérôme Kerviel est innocent » : on te demande pas tes croyances, mais tes preuves.

    4/ « Ceux qui l’ont fait condamner sont donc coupables » : au pénal, c’est le procureur qui fait condamner. Niveau Sarko.

    5/ Ce licenciement laisse « sans aucun accès aux droits sociaux ». C’est faux : un salarié liencié a droit au chômage, calculé sur les derniers salaires, quel que soit le motif du licenciement. On parle du montant des indemnités chômage de Kerviel ?

    6/ Kerviel demande une expertise pour prouver qu’il n’a pas commis de faute, mais la cour d’appel, après une instruction conduite par un juge et au cours de laquelle Kerviel pouvait faire toute demande dans la défense de ses droits, a reconnu la faute. Donc, c’est plié !

    7/ En pratique, ne reste en débat que la qualification de faute lourde. Passer de « faute lourde » à «  faute grave » lui permettrait de toucher ses congés payés ! De quoi en faire une cause nationale, en effet…

    On pourrait continuer… Mélenchon n’est qu’une illusion, qui n'apporte à la Gauche rien de plus que Hollande.

     

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     Hollande et Mélenchon font de la politique "de Gauche"....

  • Pourquoi ne pas voter Mélenchon ?

    democratie_en_chantier_web.jpg« Et toi, tu voteras pour qui ? » Il y a quelques semaines, la réponse était : « Hollande, car il faut se débarrasser de Sarko ». Depuis quelques temps, la réponse devient : « Mélenchon, ce n’est pas mal… ».

    Elire Hollande, ok, mais pour quelle politique ?

    Sur le plan économique, Hollande et Sarko sont kif-kif. Hollande prendrait quelques mesures pour faire « Gauche », mais ça ne serait qu’à la marge. Nous vivons une accalmie, mais les problèmes sont devant nous, et le président élu devra gérer la dette. C’est-à-dire qu’Hollande devrait, comme Sarko, emprunter des sommes colossales pour payer les intérêts de la dette, donc être gentil avec les banques, et donc suivre la politique de Merkel.

    Sur le plan de la politique extérieure, le PS est plus atlantiste que l’UMP. Il reste à Droite des réminiscences gaullistes, et Sarko est plus sérieux qu’Hollande sur ce domaine. La manière dont Fabius s’est fait traiter en Chine en dit long.

    Sur le plan social, Sarko est à moins dix. Mais où en est Hollande ? Il a été le premier « leader » de la Gauche à préconiser comme solution de limiter l’immigration légale en France. Trop d’immigrés légaux ! Ca, ça ne passe pas. Il n’a aucun plan pour les régularisations d’étrangers, et pour les banlieues, il patauge toujours avec ses messes folles sur l’intégration, rêvée comme du blanchiment d’arabes. Les soc’ se croient tellement supérieurs qu’ils sont incapables de comprendre l’égalité ! Question « laïcité », c’est la dénonciation obstinée de l’islam comme religion mère de tous les dangers, à un point tel qu’il faut inscrire la loi de 1905 dans la constitution. Justice, logement, pauvreté ? Rien de structuré, juste de belles idées creuses, et saupoudrées de « dignité ». Sarko est dans le dérapage permanent, mais on fait casser ses lois liberticides les unes après les autres. Alors, où est réellement la différence ? 023.gif

    La méthode du PS est de culpabiliser l’électorat de Gauche sur le thème : « Tu es obligé de voter pour moi, même si tu ne m’aimes pas, sinon ce sera toi le responsable de la réélection de Sarko ». Assez, stop : la Gauche n’a d’avenir que si elle se débarrasse du PS. Ca ne sera pas simple, mais ça vaut la peine de s'en occuper.

    La preuve par neuf de la nullité d’Hollande, c’est son incapacité à emballer cette campagne des présidentielles. Il est consternant qu’avec un adversaire aussi carbonisé que Sarko, Hollande piétine et soit incapable de créer l’adhésion autour de lui. Coincé dans sa bulle, se répétant tous les matins « je suis le meilleur », avec son entourage d’ectoplasmes émerveillés, frétillant devant leur étiquette « gauche morale ». Depuis Jospin, c’est la même salade : le PS sait mieux que le peuple, et le peuple doit gentiment aller vers lui. Non, c’est dans l’autre sens que çà marche.  

    Alors, Mélenchon... Bravo, tout simplement bravo. Voilà quelqu’un à qui on donne la possibilité de faire campagne,… eh bien il fait campagne. Une petite équipe, des idées, le goût de la conquête, et c’est parti en cherchant à élargir les cercles.  

    Il y a des pro-Mélenchon du premier jour - Le Front de Gauche - et je n’en suis pas, loin de là. Ses propositions économiques et son Europe d’un autre temps, ce n’est pas mon truc. Je me méfie beaucoup aussi du rôle qu’il a toujours joué dans le PS, de rabatteur de voix à Gauche pour ensuite négocier des majorités improbables. Donc pas d’enthousiasme, mais le réalisme du démocrate.

    Je dois lui reconnaître deux choses. D’abord, il a su attaquer le FN alors que le PS n’a jamais fait que de la figuration. Ensuite, il a créé dans cette campagne un rassemblement qui va bien au-delà du pré-carré du « Front de Gauche ». C’est là qu’il se passe quelque chose, à Gauche mais bien à côté du PS. C'est là qu'affluent tant d'amies et d'amis. Il y a trois ans, les Verts avaient atteint 16%, talonnant le PS. Aujourd’hui, Cohn-Bendit candidat aurait pu taper très haut aussi.

    262.gifC’est dire que la question du programme est dépassée. Elle existe, mais elle n’est pas centrale. La réalité, tout simple, est qu’il existe une Gauche de la vraie société, qui croie à la solidarité, et qui se détourne d’un PS redevenu la SFIO, avec en figures de proue, ses impayables roitelets locaux et leurs têtes de concierges éduqués.

    La chanson du PS ces jours-ci va être un nouveau couplet de maître chanteur : « On a compris le message, mais avec Mélenchon trop haut, ça va faire fuir le centre, et Hollande sera marron au second tour ». Ca, mes amis, c’est votre problème, pas le nôtre ! C’est vous qui avec DSK, puis Hollande, avez choisi le candidat le plus blafard pour ne faire peur à personne. C’est vous qui avez organisé cette campagne de planqués, attendant la chute de Sarko. Et si Hollande veut commencer une belle campagne, décidé à regarder la société qu’elle est, et à lui répondre…. après tout, il lui reste encore quatre semaines… Au lieu de pleurnicher sur Mélenchon, qu'ils se bougent ! Rien ne leur interdit d'emballer la campagne.

    Se débarrasser du PS, ce rentier d’un moralisme amoral, prendra plus de cinq minutes. Il ne suffira pas d’une campagne électorale, et l’essentiel viendra du mouvement social. Collectivement, individuellement, sur tous les terrains de la vie, en s’emparant des droits pour les défendre, pour en créer d’autres, pour imaginer de nouvelles solidarités dans un monde qui va si vite.

    Pour le moment, c’est un temps fort de la démocratie. Chacun s’exprime et vote, en toute liberté. Ca permettra de savoir où on en est.  

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