29.01.2012
Mais qui mettra Davos en faillite ?
Chaque année à Davos, une association de malfaiteurs se réunit en toute impunité, devant une presse qui se pâme devant ce ballet de Porsche Cayenne sur fond de sapins enneigés.
Ce truc s’appelle le forum économique mondial, qui réunit – ne riez pas – les élites économiques du monde. Donc, nous sommes les crétins, privés de Davos, et les élites se réunissent chaque année pour savoir ce qu’elles vont faire de nous.
Il y a la fashion week…, et là, c’est la economic week, avec son défilé de mecs ventripotents et de femmes reliftées. On ajoute même « des intellectuels et des journalistes », comme le cuisinier qui rehausse le rôti avec du persil et une pincée de quatre épices.
Vous dirigez une entreprise de plâterie-peinture, vous êtes artisan boulanger ou vous êtes le boss d’une clinique médicale, et vous voulez aller à Davos pour distiller vos bonnes idées ? Bon, c’est un peu plus compliqué. Car pour être membre de l’asso qui gère le forum, il faut un chiffre d’affaires supérieur à cinq milliards de dollars.
La mafia des castes… Oui, et le système est raffiné.
Pour qu’un pédégé à plus de cinq milliards puisse poser son délicat postérieur sur une chaise à Davos, sa firme doit payer une cotisation de 60 000 francs suisses (50 000 €). Cà, c’est pour le patron boudu. Car tout se joue au sein des Industry Partners et Strategic Partners qui versent 250 000 francs suisses (200 000 €) et 500 000 (400 000 €) pour mener le bal à Davos.
Mille enfoirés,… et cinq cents « journalistes », qui œuvrent en toute indépendance, cela va de soi.
Chacun comprend donc qu’on retrouve dans les Industry Partners et Strategic Partners tous les petits lascars qui ruinent le monde.
Aujourd’hui, on tape sur Sarko. Pourquoi pas ?
Mais comment se fait-il qu’en toute impunité se tienne ce regroupement d’affameurs de populations ? En trente ans, ils n’ont pas vu venir une seule des grandes évolutions, de l'effondrement boursier au printemps arabe. Ce groupe d’encravatés représente tout ce qu’il y a de plus nocif sur le plan boursier et financier, et il légitime, pour la défense de ses petits intérêts, les pires agressions économiques et sociales contre le monde vivant.
Non, tout ce qu’ils méritent, c’est une assignation en liquidation judiciaire, vu le dommage causé.

Davos, en attendant le tribunal ?
01:34 Publié dans économie | Lien permanent | Commentaires (6) | Envoyer cette note | Tags : mondialisation, mafia
11.01.2010
Racisme en Italie : Mais que fait l’Europe ?
Des immigrés se font tirer de dessus, le gouvernement italien s’en contrefiche, et que font les dirigeants européens ? Ils se la ferment ! Quelle bande de nazes ! C’est pas possible cette histoire.
Que s’est-il passé à Rosarno, petite ville de Calabre ? On ne sait pas exactement, mais on a tout compris. Le racisme le plus abject et le plus violent, en toute tranquillité. Dans une région dominée par la mafia, on a tiré sur des hommes, parce qu’ils sont africains, et qu’on ne veut pas les payer pour le travail qu’ils ont fait. Et pendant ce temps, les Européens enfilent des perles.
Kamal, un Marocain résume au journal La Repubblica : « Ces types nous tiraient dessus comme s'ils étaient à la fête foraine, et ils riaient. Je hurlais, d'autres voitures sont passées mais personne ne s'est arrêté, personne n'a appelé la police ».
Là-bas, c’est la plaine de Gioa Tauro, l’un des paradis des mandarines et des oranges. On y compte 1200 entreprises agricoles, et chaque année, quelques milliers de travailleurs immigrés y débarquent, essentiellement d’Afrique, pour la récolte qui s’étale entre décembre et mars. Ces travailleurs vivent dans la misère la plus absolue, hébergés dans des usines désaffectées ou d’anciens silos, sans eau, ni électricité, ni sanitaires. Le salaire ? 25 euros pour des journées de dix à quatorze heures, et la mafia du coin, la ’Ndrangheta, qui contrôle le marché des agrumes, envoie ses sbires pour piquer 5 euros au passage.
Ca dure depuis des années, et ça nous permet de trouver les belles mandarines sur les marchés pour Noël. De ce que je lis, tout ceci est parfaitement connu : sur 20 000 ouvriers agricoles saisonniers employés en 2008, seuls 6 400 étaient légalement autorisés.
Cette année, c’était trop. Trop dur, trop misérable, trop de retard dans les salaires. Les boss locaux ont joué la provoc’ à fond, pour amener un début de protestation, et les marlous de la mafia ont lâchés leurs bandes de racistes.
Aujourd'hui, ces travailleurs s’enfuient comme ils peuvent, cherchant à sauver leur peau. D’autres sont évacués comme des réfugiés, et d’autres doivent rester, car ils n’ont rien et n’ont pas été payés. Laura Boldrini, porte-parole du Haut commissariat pour les réfugiés en Italie, explique : « Ils ont peur. A Rosarno, ils ne se sentent plus en sécurité mais ils sont nombreux à ne pas avoir reçu leur paie. Or, cet argent, ils en ont un besoin désespéré. »
Roberto Maroni, le ministre de l’Intérieur, issu du parti extrémiste La Ligue du Nord, ne fera rien, se complaisant à constater « le signe d’une trop grande tolérance envers les clandestins ». Le gouvernement d’une économie pourrie par la mafia, et qui voit ses travailleurs immigrés lynchés, a d’autres préoccupations. Il faut vraiment que la Gauche italienne soit indécrottable pour le Berlusconi Circus reste aux affaires. Donc, rien de viendra des autorités italiennes.
Alors, il faut très clairement se tourner vers les dirigeants européens pour leur poser cette question simple : Vous attendez quoi pour vous secouer la couenne ?
Ce sont les droits de l’homme qui sont en jeu, fondamentalement. Il est impossible d’accepter que des actes de cette gravité, criminelle, restent sans suite, à part l’enquête bidon que fera semblant de conduire Maroni. Les Européens doivent exiger une enquête approfondie, et sur tous les aspects de cette affaire. Ils doivent envoyer dès demain leurs agents sur place pour voir comment vivent ces travailleurs, vérifier quel est leur état de santé, obtenir le juste paiement de leur travail, et enquêter sur le rôle de la police.
L’Europe a maintenant trois présidents : notre ami Van Rompuy, fraîchement installé qui a là une magnifique occasion pour imposer son autorité, Zapatero du fait de la présidence espagnole et Barroso, pour la commission. Alors, c'est très simple : on les colle tous les trois dans un avion et ils sont demain à Rosarno.
Je sais bien qu’ils ne feront rien. Eh bien, ils souscrivent à l’injustice, ils tolèrent le crime, et ils ridiculisent l’Europe à la face du monde.
Le seul qu’on ait entendu, c’est le Pape. Oh, le Pape, t’es mon pote...

00:01 Publié dans racisme | Lien permanent | Commentaires (203) | Envoyer cette note | Tags : racisme, mafia, europe
21.10.2008
Italie: La mafia menace un écrivain
Italie : La mafia menace un écrivain. Parce qu’il est un écrivain libre, courageux comme la liberté, Roberto Saviano, menacé par la mafia, doit quitter une Italie qui s’endort.
La mafia, c’est un truc comme ça, qui sent l’Italie qui ne sent pas bon, mais qui fait un peu partie du paysage. Marchés truqués, racket des entreprises, trafics de drogue, proxénétisme institutionnalisé et mainmise sur les politiques véreux d’un côté. De l’autre, une législation spéciale, des magistrats et des flics en mission, très protégés, les déclarations grandiloquentes des gouvernements qui se succèdent, et un opinion qui semble aussi lassée qu’indifférente. Une sorte d’atavisme, secoué de temps à autre par des règlements de compte sanglants, et par des procès retentissants, nourris par les infos venues de repentis.
C’est ce sentiment d’une mafia devenue partie intégrante de l’Italie que s’est attelé à dépeindre, sous la lumière la plus crue, l’écrivain italien Roberto Saviano, dans son livre Gomorra. Un grand talent, et une bonne dose de courage, c’est devenu une arme, une arme de l’intelligence.
Le propos de Roberto Salviano, c’était de débarrasser la mafia de ses caches-sexe plus ou moins folkloriques, pour montrer, dans les termes de ce début du troisième millénaire, une mafia qui avance à la vitesse où l’Etat recule, et qui ne connait qu’un guide : le plus de fric possible, et le plus vite possible. Ce qui l’amène à s’intéresser à tout les marchés, des ordures ménagères aux trafics d’organes.
Le malheur de Roberto Saviano a été l’immense succès de son livre, publié en 2006 : 1,2 millions d’exemplaires vendus, et je ne compte pas les exemplaires volés. A moins que les nombreux mafieux qui ont lu le livre l’aient acheté, ce qui serait déjà un progrès. Car ce livre a fait bouger les consciences y compris dans les rangs des mafieux. Oui, dans les rangs des mafieux, provoquant des désertions pour rejoindre le statut de repenti. Et ce à tel point qu’un des plus puissants clans camorristes de Caserte a rendu l’écrivain responsable de la condamnation à perpétuité de certains de ses membres, ce qui équivaut à une condamnation à mort.
Aussi, depuis deux ans, Roberto Saviano vit sous protection policière. Sans domicile, toujours planqué. Mais l’écrivain s’est accroché. Son livre est devenu un film, réalisé par Matteo Garrone, qui a remporté le Prix du Jury au Festival de Cannes 2008. Il a été choisi pour représenter l'Italie aux Oscars. L’aventure continue, et avec elle les pires menaces. Des arrestations ont conduit à de nouvelles révélations. Cette fois-ci c’est le clan des Casalesi qui projetait d'assassiner Roberto Saviano avant Noël. Les procureurs anti-mafia de Naples ont confirmé ces menaces.
Dans le quotidien de gauche La Reppublica, où il publie régulièrement, l’écrivain avait laisser exploser son amertume le 22 septembre dernier, dans une longue Lettre à Gomorra : « Les responsables ont des noms. Ils ont des visages. Ils ont peut être une âme. Ou peut être pas. (…) Dans n'importe quel autre pays, la liberté d'action laissée à une telle meute de tueurs aurait suscité un débat, une polémique, des réflexions. Au contraire, ici, on traite ce cas comme si ces crimes étaient liés à la nature d'une province considérée comme le trou du cul de l'Italie. »
Roberto Salviano a tenu un mois de plus. Cette semaine, il annonce amèrement son intention de fuir l’Italie : « La bulle de solitude qui m'enserre m'a rendu mauvais, soupçonneux, inquiet. »
Salman Rushdie lui avait apporté son soutien. Hier, ce sont six prix Nobel, qui dans une tribune publiée à la une de La Repubblica en appellent à l'Etat : Orhan Pamuk, Mikhaïl Gorbatchev, Desmond Tutu, Günter Grass, Dario Fo et Rita Levi Montalcini : «L'Etat doit faire tous les efforts possibles pour le protéger et vaincre la camorra. Mais le cas Saviano n'est pas seulement une affaire de police. C'est un problème de démocratie. La liberté de Saviano nous concerne tous, comme citoyens».
Lisez Roberto Saviano. Pour le meilleur goût de la liberté.

08:20 Publié dans Blog, Livre, Web | Lien permanent | Commentaires (43) | Envoyer cette note | Tags : mafia, saviano, gomorra, liberté










